Soumaïla Kanouté dit Soumissi: « Je manque d’inspiration sur scène, habillé en Bazin ».

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Comme possédé par la musique Soumaïla Kanouté dit Soumissi vit, respire, mange et boit la musique depuis l’âge de 6 ans. Alors que ses parents et entourage voyaient cela d’un mauvais œil, le chouchou des femmes a cru à sa bonne étoile. Et on peut dire qu’il a eu raison. Ses deux premiers albums sur le marché des disques l’ont projeté au sommet de son art. Le dernier album ‘Bi Mogoya’ attendu dans la première quinzaine du mois de décembre 2012 devrait confirmer ce talent venu de ‘Kita kuru ani Budofô’.

 

L’Enquêteur : Présentez vous

Soumissi : Je m’appelle Soumaïla Kanouté dit Soumissi. Je suis né en 1973 à Bamako et j’ai grandi entre Bamako et Kita, mon village paternel. Je suis divorcé et père de 3 enfants. Deux garçons et une fille. Dont un, que j’ai eu au Burkina Faso.

L’Enquêteur : Comment est ce que tu es arrivé à la musique ?

Soumissi : Je suis griot, né dans une cour de griots, mais mon père était chauffeur, il ne s’adonnait pas à la pratique. Par contre moi, j’ai embrassé la musique depuis l’âge de 6 ans.

L’Enquêteur : Peux-tu nous parler de ton parcours musical ? De tes débuts à aujourd’hui ?

Soumissi : Je crois que je suis prédestiné à la musique. Parce que je n’ai eu d’envie depuis ma petite enfance jusqu’à aujourd’hui que de faire de la musique. Aucun métier sur terre ne m’enchante, que la musique. Je suis sûr que si je n’étais pas griot, je serais devenu quand- même musicien chanteur. Au début aucune considération n’était accordée à la musique. D’aucuns pensaient que la musique était synonyme de la drogue, de l’alcool enfin de toutes les pratiques néfastes, mais je me suis entêté contre vents et marrées. J’ai débuté ma carrière ici à Bamako avec un groupe de Kita qui avait en tout et pour tout, une guitare sèche comme instrument. Quelques temps après, je suis parti parce que ne les jugeant pas trop ambitieux. Alors j’ai rejoint l’orchestre ‘Super Damonzon’ de Alpha N’diaye à Badialan 2. En cette période, on pouvait avoir 750 FCFA après prestation mais on s’en moquait car le plus important en ce moment-là était de faire de la musique, notre passion noble.

L’Enquêteur : C’était en quelle époque ?

Soumissi : C’était au début du groupe Farafina Lolo de Cheick Hamala, Samba Toué et autres. Et voyant qu’avec le ‘Super Damonzon’, j’étais encore loin de mes ambitions, en 1994 je suis allé en aventure au Burkina Faso où les choses étaient un peu plus en avance. J’ai pu là-bas, développer mon talent en évoluant dans plusieurs groupes et en prestant dans nombreux espaces culturels jusqu’en 2002, date de mon retour au pays.

L’Enquêteur : Ton premier album ?

Soumissi : Une année après mon retour au Mali en 2003, j’ai mis sur le marché mon premier album intitulé « Malo Kini Najima » produit par la SEIDONI Mali, une maison de production burkinabè.

 

L’Enquêteur : Et tu as combien d’album aujourd’hui ?

Soumissi : Je suis à deux albums sur le marché de disques, le deuxième ‘Toulonkè’. Le troisième intitulé ‘Bi Mogoya’ de douze titres qui va sortir dans, tout au plus, deux semaines.

L’Enquêteur : Quels sont les thèmes abordés dans tes chansons ?

Soumissi : J’aborde tous les thèmes de la société, mais avec une prime pour les chansons d’amour qui ne font plus recette aujourd’hui. Il y a des titres comme ‘’Mogoya’’ du futur album, qui invite à la fidélité, parce qu’aujourd’hui, des femmes comme des hommes passent leur temps à changer de partenaires. Alors j’ai composé le morceau pour dénoncer cela. Le titre invite également à moraliser les relations humaines et à arrêter les comportements fumistes. Quand tu es là on parle bien de toi, mais dès que tu tournes le dos, on te diabolise. La chanson demande d’arrêter ça.

 

L’Enquêteur : Comment expliques- tu que la majorité de tes fans soit des femmes ?

Soumissi : Ma mère m’a expliqué un jour que depuis bébé, j’étais le chouchou des femmes. Elles adoraient me prendre dans leurs bras au point que, des fois, elle avait la poitrine pleine de lait à allaiter. Et aujourd’hui je prie Dieu de continuer à être l’artiste Chouchou des femmes.

L’Enquêteur : On sent par moment du ‘Sékouba Bambino’ dans tes chansons. Avez- vous déjà travaillé ensemble ?

Soumissi : Non ! Nous n’avons jamais travaillé ensemble, mais nous sommes des amis. Je voudrais dire que, depuis mon enfance, Sékouba m’inspire et à l’heure où je vous parle, il est mon modèle d’artiste. Ceci dit, je n’essaie pas de chanter comme lui, mais plutôt avoir la même tonalité que lui. En plus, j’ai eu des titres qui ont été arrangés par Djessou Mory Kanté, le frère de Karfala Kanté qui, à l’époque, travaillait avec Sékouba Bambino.

L’Enquêteur : Au-delà de cela, on note une forte influence de la musique guinéenne dans vos chansons.

Soumissi : Moi-même, je suis guinéen parce que je suis originaire de Kita et nous avons presque les mêmes pratiques. Il n’y a pas de barrière entre nous.

L’Enquêteur : Soumissi, c’est aussi les costumes. Pourquoi ce choix ?

Soumissi : Bon ! Chacun à son style. J’ai des bazins, seulement que je manque d’inspirations sur scène, habillé de la sorte.

 

L’Enquêteur : Travailles-tu en équipe ?

Soumissi : Non, je suis mon producteur, arrangeur et distributeur.

L’Enquêteur : Nombreux sont les artistes qui ont décidé de faire le moins d’albums possibles à cause du piratage. Pendant ce temps, vous entrez en studio sans appui technique et managérial. Pourquoi ?

Soumissi : Je crois qu’on ne peut rien contre le piratage à l’état actuel des choses. De ce fait, je continue de travailler.

L’Enquêteur : Le Mali traverse la plus grave crise de son histoire moderne. Quel peut être la partition de Soumissi dans la recherche de solutions au retour à la normalité ?

Soumissi : En tant qu’artiste, j’ai composé un morceau qui invite les maliennes et maliens, les musulmans, les chrétiens, les animistes, les hommes et les femmes politiques, les jeunes et les vieux, du nord et du sud, de toutes les races, à se donner la main pour soutenir l’armée  afin de sortir le pays du calvaire. Nous sommes arrivés à une phase de la crise où tout le monde doit se lever pour défendre son pays. Il ne s’agit plus de la seule affaire des militaires.

 
SOURCE:  du   30 nov 2012.    

3 Réactions à Soumaïla Kanouté dit Soumissi: « Je manque d’inspiration sur scène, habillé en Bazin ».

  1. Intello

    Soumissi la liberation du NORD est le travail des militaires et EUX seils car ils sont exactement payes ds ce sens.

    S’ils ne font pas ce travail, de grace qu’ils laissent au moins le peuple en paix au lieu d’arrestation arbitraires sans tete ni queue et le desire de revenir ds le nepotisme qu’eux meme ont etale le 22 mars pour justifier leur coup. :?: :?:

    Aujourd’hui ils ne jurent qu’a nommer leur proche partout…Indignefils du pays qu’ils sont et fyuards en plus :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

  2. nordmali2012

    Ce journal devait transformé cette interview en portrait. Sinon, l’artiste ne fait que répété ce que des centaines on dit.

  3. Kadi

    « les deux albums…l’ont propulsé au sommet de son art » ça c’est pas pour le servir ou le complimenter que d’appeler ça « sommet de son art ». S’il s’arrête là c’est pas fameux.