Ces héroïnes venues des sables

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L’importance d’un développement territorial porte par les collectivités locales à la lumière de la crise dans le nord du Mali» tel était le titre de la belle communication faite par Mme Seck OumouSall, maire de  la commune urbaine de Goudam, lors du sommet Africité tenu à Dakar du 4 au 8 décembre dernier. Nous vous faisons l’économie de certains passages.

À la lumière de l’intensité de la crise sécuritaire et du poids de ses impacts sur les générations à venir, explique t-elle, les Collectivités ont le devoir d’adopter une nouvelle approche de gestion des questions de paix, de sécurité et de développement, qui soit intelligente, engagée et soutenue. Une nouvelle approche  qui permettrait à la fois de renforcer le processus démocratique, d’enraciner la décentralisation et de favoriser le développement économique et social. Cette nouvelle approche c’est la « Gouvernance Démocratique de la Sécurité » dont le versant pratique est la « Gouvernance Partagée de la Sécurité ».

Plusieurs raisons poussent à l’exigence de cette approche : la militarisation de la vie politique et civile et, conséquemment, la démilitarisation de la guerre, la multiplication des conflits communautaires et les violations des droits de la personne qui en résultent, la nécessité d’un contrôle démocratique du secteur de la sécurité par des institutions civiles appropriées, les déficits de sécurité face à la montée de certains périls intérieurs et aux menaces extérieures, l’émergence sur la scène sécuritaire de nouveaux acteurs et les exigences de la bonne gouvernance, etc.

La gouvernance démocratique de la sécurité que nous suggérons ici exige que l’homme soit placé au cœur de la sécurité et que le secteur de la sécurité soit intégré au processus démocratique global, de sorte que la sécurité devienne un coût du développement et le développement une dimension fondamentale de la sécurité.

Cette nouvelle gouvernance requiert la participation active de tous les acteurs du développement (pouvoirs publics, administration, société politique, société civile, secteur privé, collectivités territoriales, communautés, partenaires au développement, etc.) à la gestion des questions de sécurité. Elle appelle une redistribution des cartes de la sécurité et un juste partage des rôles et responsabilités entre tous les acteurs du secteur de la sécurité, un contrôle démocratique ainsi que le respect de certains critères de bonne gouvernance comme la responsabilité, l’imputabilité, la transparence, l’obligation de rendre compte etc.

En somme, il s’agirait d’une gouvernance du secteur de la sécurité participative et démocratiquement contrôlée où les Collectivités pourraient jouer un rôle clé dans la sécurité et le développement global.

Une gouvernance qui, à terme, permettrait de faire de la sécurité non pas la résultante d’un rapport de force physique ou militaire mais simplement le fruit du dialogue et de la concertation, l’effet de la démocratie et du respect des droits de la personne, la retombée de l’amélioration du niveau d’éducation et de vie, un corollaire de la prospérité économique et du bien-être social dans nos terroirs.

Mme Haidara Aichata Cissé dite Chato

Présidente du Réseau parlementaire Femmes Développement et Protection de l’enfance, promotrice de l’agence de voyage « Wanitour », Mme Haïdara  Aichata Cissé dite  Chato est une femme engagée, énergique, et  jouissant surtout d’une grande notoriété au sein de l’Assemblée nationale. Cerise sur le gâteau,  elle est aussi une personne-ressource de qualité, pour tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à cette épineuse et non moins sensible question du Nord-Mali. Ce n’est donc pas un hasard, si elle a été un membre à part entière de la délégation malienne à avoir arpenté les couloirs feutrés du parlement européen,  pour solliciter aide, appui  et compréhension auprès de leurs homologues européens .Quant on sait que la meilleure bataille reste aujourd’hui celle de la communication, l’on mesure alors à sa juste  portée, le sens d’un tel voyage.

La dénonciation des mauvais agissements et traitements infligés par les « renégats » du MNLA aux populations civiles, Mme Haidara en a désormais fait  son vibrant et infatigable  combat. Lors des assises de l’occupation tenues les 3 et 4 octobre dernier  à Bamako à l’initiative de la Coalition pour le Mali, elle n’avait   guère porté de gants , pour exprimer en de termes parfois crus , son opposition claire et franche à toute idée de négociation avec les islamistes. Sa description des conditions de vie dantesque de ses sœurs restées à Bourem donnent souvent froid dans le dos à cause notamment  de leurs  affreuses conditions de précarité dépassant parfois l’innommable.

« Aujourd’hui, ces femmes  ne peuvent plus aller au marché, ni sortir de chez elles sans se couvrir. Ces femmes faisaient du commerce, avec leurs enfants et aujourd’hui, elles n’ont plus aucun moyen de subvenir à leurs besoins avec la présence du Mujao à Bourem., le tissu  social est  en passe d’être entièrement détruit, le lien social et économique  y est aussi affecté. Les femmes mariées sont aussi victimes de viols collectifs, notamment à Tombouctou » Il n’en fallut pas tant pour qu’elle plaide vivement pour une intervention militaire visant à  libérer le Nord.  il faut dit-elle  qu’on arrête « d’être ridicule dans ce pays. Que voulez-vous qu’on négocie avec le Mujao et Ansar Dine ? Aujourd’hui, ils ne respectent pas la laïcité et veulent imposer  la charia contre la volonté populaire de la nation malienne » .C’est pour cela, que depuis le commencement de cette crise,  elle fait  –avec une redoutable efficacité– du « lobbying» à tout va,  pour que l’intervention armée se mette en marche, car  ceux qui continuent (naïvement) de croire aux vertus de la simple  négociation, se trompent sur toute ligne. « On ne peut négocier sans de véritables armes de  guerre, ni en position de faiblesse. Il faut que les conditions matérielles adéquates soient réunies pour accepter un tel dialogue avec des islamistes sans foi ni loi ».

Le règlement de ce conflit dépendrait en principe d’un bon climat de solidarité et d’entraide au niveau de nos premiers responsables politiques d’abord, croit également savoir cette battante venue des sables mouvants de son Bourem natal .Persuadée en son for intérieur que sans une réelle cohésion de la classe politique, tous ses efforts entrepris ici et là seront quelque peu voués au ralenti. Ce n’est que justice et reconnaissance, lorsque cette « héroïne » au grand cœur a été accueillie avec tous les honneurs dignes de sa combativité, pour sa merveilleuse prestation intervenue  un soir  sur les plateaux de TV5. Pour une femme politique de son rang, une liesse populaire d’une  si grande  sensualité a sans doute aussi  son pesant d’or et de  suffrages.

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2 COMMENTAIRES

  1. Vive le combat de nos sœurs du Nord pour la libération du Mali. Courage et bonne chance, le Mali entier est derrière vous.

  2. Chère soeur député chato mes félicitations à vous pour votre courage et affection pour Bourem. qu’Allah le Tout Puissant nous assiste et nous guide.
    concernant cette guerre que nous vivons aujourdhui il y a des douleurs et du bien.
    vous dites qu’aucune femme ne peut sortir sans se couvrir,je dis qu’il n’y a pas mieux pour Allah aux femmes, que de se couvrir.
    Aussi toutes les investissements faits au Mali depuis 1992 à nos jours,je crois en partie que c’est grâce au combat de ses rebelles.
    je suis contre MNLA et je suis pour ceux qui veulent faire prévaloir la religion d’Allah.
    vous dites qu’ils ne sont pas bons musulmans,je dis entre deux maux choisissons le moindre.
    Un mauvais musulman n’est-il pas meilleurs qu’un incrédule.
    ceux qui ne gouvernent et ceux qui les soutiennent sont dans la plupart des corrompus,des débauchés,des traitres,des charlattants et consultant les fétiches,et je dis qu’ils ne reussisseront jamais.
    chère soeur repentez-vous. merci et salut.

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