Mali: un atelier pour aider la Commission dialogue et réconciliation

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Aider la Commission dialogue et réconciliation du Mali à entamer l’immense chantier qui l’attend. Tel est l’objectif de l’atelier qui s’est tenu jusqu’au vendredi 7 juin dans la capitale malienne. Organisé par l’OIF, l’Organisation internationale de la francophonie, cet atelier a permis aux membres de la Commission de rencontrer des personnalités qui ont eu à participer à des commissions similaires dans d’autres pays.

 

Rafia, une femme réfugiée du Mali, se repose sous un arbre près de son abri de fortune à Mangaizé, dans le nord du Niger. © HCR/H.Caux
Rafia, une femme réfugiée du Mali, se repose sous un arbre près de son abri de fortune à Mangaizé, dans le nord du Niger.
© HCR/H.Caux

Plus de deux mois après sa mise en place, la Commission malienne pour le dialogue et la réconciliation donne le sentiment de ne pas s’être vraiment mise au travail. C’est qu’elle est confrontée à de nombreuses questions auxquelles l’atelier organisé par l’OIF a justement tenté de répondre : par quoi commencer ? La justice fait-elle partie du mandat de la Commission ? Ce mandat, d’une durée de deux ans, pourrait-il évoluer ?

 

Monseigneur Nicodème Bariga-Bénissan a été le président, de 2009 à 2012, de la Commission vérité justice et réconciliation du Togo. Il est venu témoigner de ce qui a été pour lui la plus grande des difficultés : « C’est la méfiance, parce que les conflits naissent souvent d’une méfiance, d’une volonté de tellement s’affirmer qu’au final on veut écraser l’autre. Le bien d’une nation exige que l’on reconnaisse l’identité de l’autre comme une composante normale. Un partenaire à prendre en compte aussi dans l’édification d’un pays. Si les protagonistes n’acceptent pas de dialoguer, à quoi aura abouti le travail qui aura été mis en chantier ? »

 

Ahmedou Ould Abdallah est l’ancien représentant spécial des Nations unies en Somalie, où il a joué le rôle de médiateur pour la paix de 2007 à 2010. Il pose quant à lui des questions très concrètes de méthode. « Est-ce qu’on fait des procès, est-ce qu’on fait des explications avec le pardon. Et qui le décide ? Comment continuer après les élections de juillet ? Il faut que les principaux candidats acceptent le mandat de cette commission et qu’ils le respectent ».

 

Un message qui s’adresse donc à la fois aux membres de la Commission… et au futur président de la République.

 

Par RFI

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