Le PUS d’Ibrahim Boubacar KEITA dans ses grandes lignes : Le timing politique ne doit pas éclipser la pertinence des actions envisagées !

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KOULOUBA : L'Interview du Président de la République, S.E.M Ibrahim Boubacar KEÏTA, en langue Bamanakan, sur les consultations en cours

Dans la grande interview accordée à l’ORTM à l’occasion du 4è anniversaire de son investiture à la magistrature suprême du pays, le président Ibrahim Boubacar Kéita s’est beaucoup appesanti sur le Programme présidentiel d’urgences sociales (PUS). Une série d’actions envisagées pour faire face aux préoccupations et aux difficultés des Maliens. Certains diront sans doute pourquoi attendre la dernière ligne droite de son mandat pour exécuter ce programme ? Mais, pour d’autres, mieux vaut tard que jamais !

«L’eau, aujourd’hui, est une urgence dont nul ne peut contester la réalité… Dans un pays comme le Mali  au 21e siècle que l’électricité ne soit plus un luxe, je crois que cela est de notre devoir… Et quand on veut faire aussi en sorte que le pouvoir d’achat de nos compatriotes soit amélioré et soutenu, il y a des efforts à faire pour fouetter ce qu’il faut à ce niveau-là» !

Des extraits de la grande interview accordée à l’ORTM par le président de la République qui n’ont pas échappé à beaucoup de Maliens.

Marketing politique ? Il est en tout cas clair qu’Ibrahim Boubacar est conscient ou a pris conscience qu’en plus des efforts pour la paix et la réconciliation, ses compatriotes ont beaucoup d’autres préoccupations. Et il sait que les attentes socioéconomiques non comblées nourrissaient en partie le malaise social qui s’est manifesté ces derniers mois lors des rassemblements de protestation contre le projet de révision constitutionnelle.

«Il y a urgence de mettre en place un mécanisme  qui donne un nouveau dynamisme ce à quoi je tiens, à ce que j’estime nécessaire et urgent pour le quotidien du Malien», a précisé le chef de l’Etat dans l’entretien. Cette volonté d’assurer le bien-être de ses compatriotes sera concrétisée dans les mois à venir par le Programme d’urgences sociales.

Cette initiative va permettre des réalisations concrètes au bénéfice des Maliens dans des secteurs névralgiques comme l’éducation, la santé, l’emploi, l’agriculture, l’élevage et la pêche, les infrastructures routières et les équipements, l’eau et l’énergie.

Comme expliqué par IBK, le Programme Présidentiel d’Urgences Sociales repose sur des investissements de proximité qui amélioreront de manière rapide et significative le quotidien des bénéficiaires ; la nécessité de faire plus en faveur des couches les moins favorisées de nos populations, malgré les ressources limitées de notre pays ; la réduction des inégalités dont sont victimes nombre de Maliens dans l’accès aux services sociaux de base ; la préservation autant que possible du pouvoir d’achat grâce à une politique constante de soutien à la consommation.

Au niveau de l’Education, on retiendra le lancement du programme d’amélioration substantielle de l’accès à l’éducation et à la qualité des apprentissages dans 41 communes vulnérables du Mali pour un coût d’environ 6 milliards F Cfa. Et l’Etat a investi en 2017 près d’un milliards F Cfa pour des cours de soutien. Ce qui s’est traduit par un taux de réussite plus élevé dans les filières techniques de 28 à 41%.

Pour la prochaine rentrée scolaire,  le PUS a prévu la distribution de 550 000 kits scolaires. Sans compter l’informatisation de plus de 200 salles de classes d’écoles fondamentales publiques F2 du District de Bamako.

Le gouvernement prévoit de lancer l’année prochaine un programme de soutien aux inscriptions et aux bourses dans les écoles privées, d’un montant d’environ 37 milliards F Cfa.

Le lancement de la réalisation de Cases internet scolaires, la subvention au profit des étudiants d’outils informatiques dès la rentrée prochaine (tablettes numériques, ordinateurs…) sont, entre autres, actions prévues au niveau de l’Education.

Le secteur de l’agriculture va s’enrichir de la construction de 14 bâtiments de stockage alimentaire réfrigérés à énergie autonome pour les marchés de Bamako et environs, Sikasso, Mopti et Kayes, pour un montant de 700 millions F Cfa. Le projet permettra aux femmes de ne pas bazarder leurs fruits et légumes ainsi que leurs poissons de Sélingué à Mopti.

Quant à celui de la pêche, il va bénéficier de l’installation et l’empoissonnement de 120 cages flottantes pour les localités de Bamako, Kayes, Koulikoro, Sikasso, Gao et Ségou, pour un montant de 720 millions F Cfa. Il s’agit ici d’augmenter la production et la productivité des filières poissons par la valorisation des plans d’eau.

Il est prévu 600 tonnes de poissons additionnées tous les 6 mois et 600 emplois directs créés avec un impact notable sur le panier de la ménagère.

Pour booster l’élevage, le président Kéita a annoncé la réalisation d’une unité de découpe et de conditionnement des produits de l’élevage, en particulier de la volaille qui pourrait être désormais vendue en pièces.

Tout comme l’installation d’une unité laitière à Bamako afin de satisfaire des besoins en lait de la zone périurbaine de Bamako, avec une capacité de production de 20 600 litres de lait par jour, pour un montant de 650 millions F Cfa. Sans compter la mise en norme des capacités de l’abattoir frigorifique de Sabalibougou et la révision des contrats de concession des abattoirs, notamment de Ségou, Bamako et Mopti.

Dans le secteur de l’énergie, le chef de l’Etat a annoncé la réalisation d’une centrale solaire photovoltaïque de 50 MW à Koulikoro pour assurer la demande et éviter les délestages. Ce projet permettra de relancer des activités socio-économiques des zones couvertes. Ainsi, 434 000 foyers qui seront desservis à Banamba,Touba, Kiban et Koulikoro.

Une autre centrale solaire photovoltaïque de 50 MW sera réalisée à Yanfolila pour augmenter la production de l’énergie propre et assurer la couverture de la demande et éviter les délestages.

Le Programme présidentiel d’urgence sociale prévoit aussi la réalisation de 5000 branchements sociaux pour améliorer l’accès aux services de l’eau au plus grand nombre de la population, en multipliant et facilitant les conditions des branchements sociaux. Ce qui va nécessiter un investissement de près de 550 millions F Cfa.

Il est également attendu la réalisation de 101 bornes fontaines pour accroître l’accès à l’eau potable dans les localités de Bamako, Markala, Sélingué, Gao, Ségou, Kita et Mopti, Sévaré pour un investissement de 1,739 milliards F Cfa.

Le Programme présidentiel est très explicite en ce qui concerne l’aspiration et l’ambition de chaque malien et de loger sa famille et de la soustraire de l’incertitude. Il se fixe comme objectif 50 000 logements.

Ainsi, le président Ibrahim Kéita a évoqué la réalisation de 850 logements du Programme gouvernemental dont 500 en attente d’attribution dans les régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti et Gao.

La construction et la réception de 3873 logements sociaux en Partenariat public-privé (PPP). Il reste les travaux hors-site qui consistent à amener le réseau d’eau, de l’électricité et à l’aménagement des voies d’accès aux différents sites. Sans compter la réalisation en cours de 7896 logements du Programme gouvernemental, dont 270 dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti ainsi que 7626 logements au titre du Partenariat Public Privé (PPP). La promotion et la vulgarisation des matériaux locaux dans la construction est un axe important de ce programme de logements sociaux.

A cela s’ajoute d’importantes mesures dont, la relecture du Code Domanial et Foncier destinée à rationaliser la gestion du domaine de la Nation ; l’élaboration d’un système d’information foncière (Guichet unique du foncier) en tant qu’outil de gestion du foncier et de la fiscalité locale foncière ; la réalisation prochaine dans le quartier de Sébéninkoro à Bamako de 1 500 logements pour les militaires.

Sans combler les attentes, toutes ces réalisations annoncées par le président de la République vont contribuer à booster la production agricole et sylvo-pastorales, à améliorer la croissance par la relance des économies locales, donc à engager des actions concrètes contre la pauvreté.

Même si l’interview du président de la République n’a pas manqué de soulever des questions sur le timing (loin d’être un fait au hasard) de ce Programme présidentiel d’urgences sociales, mais comme le dit un ami diplomate en poste à Bamako, le timing politique ne doit pas éclipser la pertinence et l’opportunité des actions envisagées.

«D’aucun pourrait y voir un clin d’œil  politicien, je pense que non et qu’on me reconnaît une certaine sensibilité au sort de mes concitoyens, de l’autrui. Je ne pourrais jamais me satisfaire d’un confort qui serait égoïste, de partage solitaire, ce n’est pas moi», s’est d’ailleurs défendu Ibrahim Boubacar Kéita dans son entretien avec l’ORTM.

Comme pour anticiper sur le débat que ses annonces n’auraient pas manqué de susciter !

Moussa Bolly

 

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