Vive tension au sommet de l’Etat après les décisions de la CEDEAO sur le Mali – 12 mois de transition dirigée par le président de la République par intérim – Les membres du CNRDRE sommés de retourner dans les casernes – Djibril Bassolé à Bamako à la demande du CNRDRE qui rejette en bloc les instructions de la CEDEAO

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Suite au sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO qui s’est tenu le 26 avril 2012 dans la capitale ivoirienne, il a été décidé ” de porter la transition au Mali sur une période de 12 mois et ” d’étendre le mandat des organes de transition sur cette période». Quant aux membres du CNRDRE, ils ont été sommés de ” retourner dans les casernes et de se consacrer à leur mission régalienne de défense du territoire “. Ces décisions prises en présence du président de la République par intérim, Dioncounda Traoré, ont fait grincer des dents au QG de la junte à Kati où le président du CNRDRE s’est indigné de la violation de l’accord-cadre du 6 avril 2012 par la CEDEAO. Raison pour laquelle, le capitaine Sanogo a demandé à s’entretenir d’urgence avec le représentant du médiateur de la CEDEAO, en la personne de Djibril Yipènè Bassolé qui a été reçu, à cet effet, le samedi dernier, par le capitaine Sanogo qui n’a pas hésité à cracher ses quatre vérités.

Capitaine Amadou Haya Sanogo

Dans le communiqué final qui a sanctionné ce sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement, la conférence a dit prendre acte de la mise en place des organes de la transition au Mali conformément à l’Accord-cadre du 6 avril 2012. Comme principales décisions prises à l’issue de cette rencontre, il a été décidé de ” porter la transition au Mali sur une période de 12 mois, au cours de laquelle les élections présidentielles doivent être organisées pour choisir un nouveau Président “. De même que le sommet a également décidé ” d’étendre le mandat des organes de transition, notamment le Président par intérim, le Premier ministre et le gouvernement sur cette période de 12 mois pour assurer, dans la limite des pouvoirs qui leur sont conférés par la Constitution, la continuité de la gouvernance du pays “.

En ce qui concerne le CNRDRE, le sommet d’Abidjan a intimé l’ordre à ses membres ” de retourner dans les casernes et de se consacrer à leur mission régalienne de défense du territoire “. Il a en outre mis en garde ” le CNRDRE que ses membres qui commettraient désormais toutes actions arbitraires et unilatérales seront passibles de sanctions individuelles ciblées “.

Sur la situation au nord Mali : la conférence s’est bornée à ” réaffirmer la proposition de médiation de la CEDEAO en vue d’un règlement négocié de la crise au nord Mali…et décide de prendre toutes les mesures nécessaires visant à assister le Mali dans le rétablissement de son unité et de son intégrité territoriale “. Le sommet a instruit à la Commission de la CEDEAO “de prendre toutes les mesures nécessaires pour mobiliser les ressources, assister les populations affectées, protéger les corridors, ainsi que les acteurs et les biens humanitaires… “. A cet égard, le sommet a lancé un appel à toutes les agences humanitaires et à la communauté internationale d’intensifier leur assistance au Mali. La conférence a instruit à la Commission “de commencer, avec effet immédiat, le déploiement de la force en attente de la CEDEAO conformément au mandat approuvé “.

Là il s’agirait, selon certaines sources, d’envoyer dans notre pays quelque 3000 hommes pour, dit-on, la protection des institutions de la transition. Qui viendront non pas pour aller libérer le nord Mali mais pour…assurer la protection du président de la République par intérim, du Premier ministre et des ministres, etc. Drôle de sommet ! C’est à Abidjan que la durée de la transition a été fixée. Comme si les autorités maliennes n’étaient là que pour la forme. Comme si notre pays était désormais sous tutelle de la CEDEAO.

Le nouveau Premier ministre, Dr Cheick Modibo Diarra et son gouvernement vont-ils, comme des béni-oui-oui, avaliser ces propositions qui vont à l’encontre de l’Accord-cadre du 6 avril 2012 conclu entre l’organisation sous-régionale et le CNRDRE ? A Bamako et à Kati, les avis sur le “retour des membres du CNRDRE dans les casernes” sont partagés. De même que sur l’envoi dans notre pays des troupes étrangères de l’ordre de 3 000 hommes…pour la protection des personnalités étatiques et des responsables des partis politiques.

A la suite de la rencontre avec la délégation de la CEDEAO, le samedi dernier, le capitaine  Amadou Haya Sanogo arejeté en bloc les décisions de la CEDEAO sur le choix porté sur le président de la République par intérim pour diriger la transition et sur l’envoi éventuel de troupes de la CEDEAO à Bamako. Ne parlons pas d’un éventuel retour des militaires  dans les casernes que la junte assimile à “une plaisanterie”. C’est en protestant contre ces décisions  que le capitaine Amadou Haya Sanogo a fait appel au représentant du médiateur de la CEDEAO, Djibril Yipènè Bassolé pour des entretiens qui ont eu lieu le samedi dernier dans notre capitale.

Quand on que sait le président du CNRDRE, le capitaine Sanogo avait mis en garde, lors d’un point de presse le 10 avril, ceux qui seraient tentés de ne pas respecter l’Accord-cadre du 6 avril 2012 qui stipule dans son article 8 que “le CNRDRE mettra en œuvre le présent Accord-cadre sous l’égide de la CEDEAO et avec l’appui de la communauté internationale “. Voilà avant même la fin des 40 jours durant lesquels le président de la République par intérim dirige le pays, la CEDEAO vient de mettre dans le placard ledit accord-cadre. Ce qui a crée une vive tension au sommet de l’Etat. Attendons donc de voir : si la junte rejoindra, comme cela lui a été instruit par la CEDEAO, les casernes et si le président de la République par intérim ira tranquillement au-delà des 40 jours prévus par la Constitution du 25 février 1992 en ce qui concerne la date limite de son mandat à la tête de l’Etat. Rien n’est moins sûr. A défaut d’un dialogue national permettant aux Maliens se s’asseoir à la même table pour discuter des points d’achoppement. Il est de nécessité absolue que pouvoir civil et pouvoir militaire se parlent directement en frères au lieu de continuer à cultiver une tension qui ne sert, in fine, aucun des camps.

En tout cas, il faudra éviter que le pays ne replonge dans une crise dont les conséquences seraient dramatiques.

Mamadou FOFANA

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1 commentaire

  1. communiqué du mouvement national de liberation de l’AZAWAD (MNLA):
    -le MNLA a apris avec tristesse l’intasbilité persistante qui secoue son voisin du sud suite au coup de farce perpetré contre la democratie malienne depuis le 22mars,ainsi le president de MNLA invite le peuple malien a la retenue et a prendre dans les plus brefs delais les decisions responsables pour la bon fonctionement de la legalité constitionnelle.
    -le MNLA exhorte la junte malienne a un retour rapide dans les casernes sinon les frontieres de l’AZAWAD seront fermées jusqu’a nouvel ordre.
    -L’azawad se dit tres preocupé par la situation du mali notamment pour la securité de ses ressortissants azawadiens sur le territoire malien et n’exclut donc pas l’envoi d’une force de maintient d’ordre dans la capitale malienne au cas ou un retour rapide a l’ordre n’est pas assuré.
    SG DU MNLA

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