Vu du Japon : Yokohama capitale de l’Afrique

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TICALa 5ème ConfĂ©rence internationale de Tokyo sur le dĂ©veloppement de l’Afrique (TICAD V),a ouvert ses travaux le samedi 1er juin Ă  l’HĂ´tel Intercontinental de Yokohama, ville situĂ©e Ă  150 km de la capitale du Japon.

 

Rares sont les chefs d’Etat africains qui ont manquĂ© l’occasion. Le Mali, malgrĂ© la situation actuelle, est bien reprĂ©sentĂ© par une forte dĂ©lĂ©gation, conduite par le PrĂ©sident par intĂ©rim, Dioncounda TraorĂ©, et comprenant, entre autres, les ministres de l’Economie et des Finances et des Affaires Etrangères et leurs plus proches collaborateurs.

 

La cĂ©rĂ©monie d’ouverture, prĂ©sidĂ©e par le Premier ministre japonais Shinzo Abe, a enregistrĂ© la participation d’Ă©minentes personnalitĂ©s, dont le PrĂ©sident en exercice de l’UA et non moins Premier ministre de l’Ethiopie, le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU, la PrĂ©sidente de la Commission de l’UA, la Directrice du PNUD et plusieurs reprĂ©sentants d’organismes et ONG internationaux.

C’est devant tout ce beau monde que l’hĂ´te japonais a prononcĂ© son discours, qui consacrait Ă  la fois le 50ème anniversaire de la dĂ©funte OUA, devenue l’UA, et le 20ème anniversaire de la TICAD. Shinzo Abe, sous un soleil rayonnant, a commencĂ© ses propos par ces termes: «il fait beau temps chez nous aujourd’hui. Les Africains ont apportĂ© avec eux le soleil, c’est très beau, c’est formidable».

Ensuite, il a fait un bref rappel historique de la crĂ©ation de l’UA et de celle de la TICAD, avant d’entrer dans le vif du sujet, aider l’Afrique Ă  se dĂ©velopper et Ă  surmonter nombre de difficultĂ©s auxquelles elle est confrontĂ©e.

 

Le Japon, a t-il dit, soutient l’Afrique. Les grands axes de cet accompagnement ont Ă©tĂ© dĂ©clinĂ©s. Ils concernent la croissance Ă©conomique, pour combattre la pauvretĂ©,  l’aide aux investissements privĂ©s, l’amĂ©nagement des infrastructures, le dĂ©veloppement de l’agriculture, celui des infrastructures routières, notamment les corridors internationaux, et la formation des ressources humaines. S’y ajoute le partenariat public – privĂ©.

 

Ce n’est pas tout. Le Premier ministre du Japon entend faire profiter l’Afrique de l’expĂ©rience sanitaire de son pays et d’une agriculture modernisĂ©e, pour se nourrir mais aussi pour vendre et gagner de l’argent. Selon lui, le niveau de coopĂ©ration du Japon avec l’Afrique est plus que bon. «Nous sommes des co-gestionnaires”, a-t-il dĂ©clarĂ©, avant d’affirmer «le futur sera plus radieux, plus lumineux».

Pour le PrĂ©sident en exercice de l’UA, des progrès ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s et il s’agit maintenant de mettre l’accent sur de nouvelles prioritĂ©s, plus en phase avec les besoins des populations. Pour sa part, le patron de l’ONU a estimĂ© que l’Afrique Ă©tait bien partie, avec 6% de croissance annuelle en moyenne. De son point de vue, les objectifs de la TICAD sont aussi ceux de l’ONU. Ban Ki Moon n’a pas manquĂ© de faire un vibrant plaidoyer pour la paix, le dĂ©veloppement et la sĂ©curitĂ©.

 

Quant Ă  la PrĂ©sidente de la Commission de l’UA, elle a martelĂ© que l’Afrique consommait ce qu’elle ne produisait pas. Aussi a-t-elle souhaitĂ© des transferts de technologies, comme par exemple pour le tĂ©lĂ©phone, dont notre continent est un grand consommateur sans en produire un seul. Elle a donc plaidĂ© afin que la DĂ©claration de Yokohama et le Plan d’actions 2013 – 2017 prennent en compte cet aspect.

 

En marge du sommet, le PrĂ©sident Dioncounda TraorĂ© a eu un programme très chargĂ©, avec de nombreuses audiences. Au moment oĂą nous mettions sous presse, il Ă©tait en train de prononcer son discours d’ouverture du Thème V, consacrĂ© au renforcement de la construction de la paix (nous y reviendrons).

 

Rappelons que l’Emprire du Soleil Levant a rĂ©alisĂ© plusieurs projets au Mali, dans les domaines de l’Ă©ducation, de la santĂ© et de l’hydraulique principalement. D’autres sont en cours de rĂ©alisation. Avec la crise actuelle, il a annoncĂ©, lors de la rĂ©cente ConfĂ©rence des donateurs pour le Mali, 120 millions de dollars au bĂ©nĂ©fice de 13 pays du Sahel. Sur ce pactole, 38 millions nous sont attribuĂ©s au titre de l’aide humanitaire. S’y ajoute la contribution d’urgence  de 6 millions de dollars au profit de la MISMA. A suivre.

 

Chahana Takiou, depuis Yokohama

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