Les médias maliens qui couvrent la présente session de la Cour d’assises de Bamako ont rapporté l’information suivante : Natié Pléa a été condamné à cinq ans de prison ferme pour viol sur la petite Aïssata Diallo, âgée de seulement 13 ans. Il se trouve que par malheur, notre ministre de la Défense est un certain Pléa Natié et ce dernier doit maudire le jour où les parents de ce criminel ont choisi de le baptiser ainsi. Des homonymies de ce type sont de nature à provoquer des boules de colère et une peur bleue de la confusion. Ne vous inquiétez pas, Monsieur le ministre, nous sommes assez intelligents pour ne pas faire un rapprochement de mauvais goût.
Du Rififi à Tonka
Tonka est un arrondissement enclavé des confins de Goundam, dans la région de Tombouctou. Dans le cadre du Cinquantenaire (non, cette fois, c’est pas dans le cadre du PDES de notre cher président bien-aimé), les notables et leaders d’opinion du village ont décidé de baptiser leur école publique. Ils ont donc envoyé une délégation à Bamako, convaincre les grands tonkois en vue. Sauf qu’il y a problème. Alors que Tonka dispose de figures historiques comme l’éducatrice émérite Anta Haïdara ou l’instituteur réputé Moussa Traoré qui ont transmis le savoir à des générations, la délégation était venue à Bamako avec un nom choisi d’avance : Aly Coulibaly, un jeune plein aux as qui dirige un projet sur place. Les délégués, a-t-on appris, sont arrivés ici entièrement pris en charge par le jeune ambitieux mais ils ont appris à leurs dépens que tout n’est pas achetable. Aly Coulibaly peut se rhabiller, il ne sera pas parrain. Les Maliens et l’argent !
Top étoiles filantes
L’émission de vendredi soir sur Télé Bozola est une succession de play back nases et d’âneries convenues qui plaisent beaucoup dans les foyers et donnent à ceux qui vivent pour le bling bling et l’apparence, une illusion d’importance. Les musiciennes et musiciens se succèdent à longueur de semaines, mais à part de rares vedettes du terroir comme Djénéba Seck, Fantani Touré, Mohamed Diaby, Yaye Kanouté ou Nahawa Doumbia, le reste est généralement constitué de croquenotes atroces genre Nafi Diabaté ou Babani Koné. Et on applaudit à tout rompre les coui coui catacata, ayayaya, hohoyoyo. Apprendre que Top Etoiles est l’émission la plus regardée de l’ORTM veut tout dire sur la qualité des productions de la boîte. Toutes nos excuses à Bazoumana Sissoko.
Ambassadeur au bar
Le président d’une association de Maliens dans un pays pas loin ne décolère pas contre l’ambassadeur du Mali dans ce bled. Sans doute assailli par la jalousie, il maugrée : « Il est plus facile de voir cette excellence au bar d’un quartier très connu que dans son bureau. Il tient compagnie à Bacchus toutes les nuits, jusqu’au petit matin. On ne doit pas nommer un ivrogne de cette espèce représentant officiel du Mali à l’étranger ! » Le concitoyen exagère. On a déjà vu un ambassadeur du Mali fumer un joint de marijuana dans un pays occidental et un autre prendre le postérieur de sa secrétaire pour un accoudoir.
Cortège funèbre
Dimanche dernier, un autre cortège de mariage est devenu une procession mortuaire à Bamako. Un jeune amateur de cascades a chuté de sa Jakarata (les mauvaises langues disent : lahara ta) pour se retrouver sur le tablier du pont Fahd et sous les roues d’un taxi. Il a perdu la vie. Depuis le temps que les autorités disent « lutter » contre ces mortelles escortes, les citoyens s’en moquent comme de leur dernière paire de chaussures et ils savent qu’il n’y aura aucune sanction. Cependant, les autorités sont toujours promptes, efficaces à mâter les marcheurs et autres revendicateurs de droits démocratiques. Il est vrai que l’injustice frappe toujours les plus faibles.
Recteur pour université fantôme
Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a fièrement diffusé ses avis de recrutement pour le poste de recteur de l’université (pas virtuelle) de Ségou. Nous n’en sommes qu’à la pose de la première pierre et les fonds ne sont pas encore complets. Un ancien titulaire du département, débarqué pour incompétence ou incompatibilité d’humeur, se répand auprès de ses amis en racontant que le président de la République lui aurait promis le poste. Il pense certainement que pour un ancien ministre, recteur est encore plus prestigieux. A notre avis, il ferait mieux de se méfier des promesses, surtout en ce qui concerne l’enseignement supérieur égaré du Mali.
Les anciennes rajeunissent
Le Festival identitaire de la femme africaine au Mali (FIFAM) a célébré sa première année au Musée nationale par une série de conférences, expositions, défilés et dégustation de mets. L’occasion aussi de retrouver ces femmes pionnières, du moins celles qui sont encore parmi nous. Il y avait là Sira Diop, Soumaré Assa Diallo, Diarra Safiatou Traoré et bien d’autres qui ont occupé de prestigieuses fonctions ou initié de grands projets. L’ex-maire de Ségou, Mamadou F. Simaga, 71 ans révolus, a retrouvé « certaines » de ses «ex-cavalières ». Elles ont certes vieilli les grandes dames mais elles ont encore le port altier. C’est vrai qu’à leur époque, la femme malienne savait se mettre en valeur et se faire respecter. Sadio Touré, ancienne de l’ORTM, ressemble encore à une quadra…
24 pour un fauteuil
La Guinée est un pays ruiné, complètement détruit par la dictature, l’incompétence et l’incurie. Certains osent d’ailleurs parler de « malédiction». Après la mort de l’inégalable Lansana Conté et la malheureuse parenthèse Moussa Dadis Camara, voilà que 24 ambitieux sont en course pour prendre fonction dans le palais Sékoutoureya. Parmi eux, des gens sérieux, des clowns, des repris de justice, des voleurs émérites et des illettrés. Il paraît que l’argent coule et les péripatéticiennes se frottent les entrejambes tellement les clients sont nombreux. Le produit qui marche le plus n’est pas le journal, la profession de foi des candidats ou les programmes des partis politiques, c’est l’alcool, suivi par la drogue, le carburant et enfin, les prostituées. Astafourlah !
Coups de pieds au c…
Le ministère de l’Equipement et des transports, plus précisément les individus chargés des plaques d’immatriculation méritent franchement un bon coup de pied là où ça fait mal. En 2010, alors que pratiquement tous les pays sérieux du monde ont trouvé une formule permettant d’immatriculer à l’infini leur parc automobile, nos braves experts sont arrivés à Z et donc en fin de liste sans avoir pris les mesures idoines. On voit de plus en plus de véhicules dont les propriétaires disent aux policiers : «Il n’y a plus de numéros disponibles ! » C’est pourtant une simple question de programmation et de math. Est-ce trop demander aux fonctionnaires de faire travailler le peu de matière grise qui leur reste ?
Vive Kadhafi, champion de l’expulsion
Mouamar Al-Kadhafi est un homme chanceux qui est tombé dans la marmite de la baraka à sa naissance. Voici un mégalomane omnipotent, despote qui ne supporte ni discussion ni contradiction, érigé en symbole de l’Afrique. Pire, le parano de Tripoli, reconnu pour ne point avoir d’égard pour tout ce qui vient d’Afrique au Sud du Sahara, fait arrêter, bastonner, emprisonner et expulser des Maliens par centaines. Qu’apprend-on à Bamako pendant qu’à Paris des français authentiques manifestent en faveur des Maliens devant son ambassade ? Le bédouin sera … l’invité d’honneur du Cinquantenaire du Mali. Ah, l’argent ! Que ne ferais-tu pas faire aux hommes. Bienvenue, cher Guide éclairé et que ceux qui tremblent pour ton fric en aient pour leur portefeuille.
Maudite chaleur
Une des ministres les plus en vue du gouvernement Modibo Sidibé aime bien les missions à l’intérieur du pays, les caméras de télévision et les places pas loin du président de la République. Le seul problème de Madame, c’est qu’elle ne supporte pas la chaleur. Bureau, voiture et domicile climatisés à fond, elle n’affronte la vraie température que quelques secondes. Mais, quand elle doit trôner dans un fauteuil en mousse sur une place publique sous 42 degrés à l’ombre, elle suffoque. Et ses collaborateurs paient pour sa mauvaise humeur. Nous avons une suggestion très simple : trouver un génie qui lui inventera le climatiseur portatif. A insérer juste sous le boubou…
AFP – Une jeune Malienne a décrit lundi devant la cour d’appel de Paris l’esclavage domestique qu’elle dit avoir subi entre 1997 et 2006 près de Paris, tandis que le couple franco-malien chez lequel elle vivait a assuré qu’il souhaitait juste lui assurer "un avenir meilleur".
Les deux prévenus, Aïssata et Mamadou S., sont accusés d’avoir amené Rose, 11 ans, en France en 1997, avec de faux papiers. Ils l’auraient ensuite contrainte pendant neuf ans à travailler 15 heures par jour dans leur pavillon de Bondy, au nord de Paris.
Le 6 novembre 2009, un tribunal avait considéré que le couple avait bien soumis la jeune fille à des conditions de travail indignes et condamné Aïssata S. à deux ans de prison avec sursis et Mamadou S. à 18 mois avec sursis. Le couple avait également été condamné à verser 93.000 euros de dommages et intérêts à leur victime.
Tout comme l’association SOS Esclaves, qui soutient Rose dans son combat judiciaire, le parquet avait jugé ces peines insuffisantes et fait appel. Lundi à l’audience, il a requis la confirmation de la peine de Mamadou S. mais deux ans de prison, dont six mois ferme, à l’encontre de son épouse.
"Mademoiselle n’était pas inscrite à l’école, car elle ne parlait pas français", s’est défendue Aïssata devant la cour d’appel.
Selon elle, c’est la famille de Rose qui lui aurait demandé d’amener l’enfant en France "afin de lui trouver un mari" et de "lui donner un avenir meilleur" qu’au Mali. Lundi, elle a réaffirmé que Rose n’avait pas 11 ans à son arrivée en France, mais 15.
"Tout ce qu’elle raconte est faux. Rien n’est vrai", a réagi Rose, frêle silhouette dressée face à Aïssata bien plus imposante.
"Elle m’a montré comment nettoyer la maison, comment aller chercher les enfants, comment on fait la cuisine, comment on met le linge dans la machine… J’ai fait ça pendant des années", a-t-elle raconté.
"Du matin au soir, je nettoyais tout, le plafond, le carrelage, (…) la voiture. (…) Le week-end, j’avais quatre bassines de repassage à faire. Au début, je mangeais avec eux" et puis un jour, les enfants ont dit que "je sentais l’eau de Javel", alors "je mangeais dans la cuisine".
Aujourd’hui âgée de 25 ans, Rose a aussi raconté la première "gifle". Aïssata lui aurait alors dit : "Moi, je peux faire de toi ce que je veux".
Il a donc fallu au mois de Mai 2009 qu’on se mette sur les traces des jumelles Cissé du quartier de Darsalam (Ségou), adoptées en France dès les premières semaines de leur naissance, mais jamais retrouvées, pour que nous nous rendions à l’évidence.
Des esprits malins avaient profité du début des années 1990 pour s’adonner, sous le couvert de l’humanitaire à un véritable trafic d’enfant maquillé sous la forme d’adoption d’enfant alors que l’Etat malien n’avait pas encore légiféré sur le phénomène. Plus de 200 enfants sont dans le cas, coupés de leurs parents biologiques au motif que les parents adoptifs détiennent des actes qui stipulent que les parents biologiques n’ont aucun droit parental sur leurs progénitures. La preuve, notre rédaction est assaillie par des parents de Bamako et de Ségou qui n’ont pour seul indice, afin de retrouver leurs enfants, qu’une seule photo envoyée un ou deux ans après l’adoption.
C’est dans cette logique que nous avions pu, l’an dernier, faire découvrir au vieux Bakary Ba, éleveur à Semebougou (Ségou) sa fille Oumou, aujourd’hui baptisée Caroline dans l’Yvelines en France. Nous avions eu le dossier des jumeaux Guindo (Lassana et Hawa) depuis la fin de l’année 2009. Les recherches ont été longues mais la joie est aujourd’hui immense du côté du Badialan III à Bamako où plus de 20 ans après, nous avons pu retrouver ces maliens qui s’appellent désormais Josselin et Marjorie.
Ces jumeaux Guindo sont les derniers nés de Boukary, un ancien combattant et de Goundo Keita une ménagère. Avec deux frères et deux sœurs, les jumeaux ont été proposés en 1990 à l’adoption sur l’insistance de la correspondante de « l’ONG Rayon de Soleil » à Bamako, Danielle Boudault. Quatre ans après, ni cette dernière, se cachant quelque part en France, ni l’ONG muette comme une carpe encore moins les parents adoptifs (la famille Charriat) n’ont daigné poursuivre le contact avec les parents biologiques.
Et depuis (1994), les Guindo sont à la recherche de leurs jumeaux mais sans trace. Le père, lui mourra en 2006 sans jamais retrouver Lassana et Hawa. Nous les avons donc retrouvés. Ils n’ont jamais cru qu’une famille existe pour eux car cette étape de leur vie ne leur a jamais été expliquée. Ils se rappellent quand même de leur prénom de baptême au Mali, même s’ils écorchent le nom de famille (Gaindo prononcent-ils). Mais ce qui convainc le plus qu’ils n’en savent rien sur leur pays d’origine c’est lorsque nous leur avons demandé de nous dire l’actuel Président du Mali, après trois minutes d’hésitation : « Bon, je ne retrouve pas son nom mais j’ai vu sa photo un jour avec le gars d’Airness » bafoue Lassana alias Josselin Charriat qui est de profession paysagiste.
Quant à un retour aux sources, ils y pensent bien avant notre découverte : « Je projetai avec Josselin de découvrir notre pays d’origine, non pas pour découvrir des parents, mais juste pour connaître la culture de ce pays et leur mode de vie mais ce que nous apprenons avec vous change tout » nous rappelle Marjorie Charriat travaillant dans un centre pour handicapé dans une petite commune (Longeron) à l’Ouest de la France. Quand est ce que nous devrions nous attendre à ces retrouvailles ?
« Pas sitôt, avise Josselin. Peut-être l’an prochain ! Nous allons nous mettre des idées et puis nous travaillons. Nous devons coordonner nos jours de congés, ce n’est pas facile ; moi je le serais en Août mais pour Marjorie, c’est déjà dépassé….On va réfléchir… Il faut de l’argent. Encore, peut-être c’est pour l’an prochain ». Pour des parents qui ont attendu 20 ans avant de se faire un visage sur ces enfants âgés de 26 ans aujourd’hui, ce n’est certainement pas trop demandé !
On peut dire que le président de la République du Mali et général cinq étoiles (c’est toujours sur ses casquettes) Amadou Toumani Touré a confirmé sa réputation d’enchanteur en réussissant à calmer une sourde colère des officiers de l’armée pour une histoire d’avancement. Toujours la même précaution : pas de bruit…
Les observateurs et experts de la chose militaire sont unanimes : il y a trop d’officiers au Mali, beaucoup trop d’ailleurs et cette inflation aboutira tôt ou tard à un clash si le recrutement annuel n’est pas contingenté voire revu drastiquement à la baisse.
On entre dans l’armée pour avancer, obtenir des « galons» et s’y assurer un plan de carrière. Le prestige de l’uniforme est encore intact en Afrique. L’opinion publique ne se pose pas encore de questions profondes sur l’utilité des armées pléthoriques et budgétivores. Plus on a les épaules chargées, meilleur on paraît. La question des grades est très sérieuse et mérite un traitement urgent, les colonels l’ont fait sentir et ATT a compris qu’autant d’officiers pour très peu de fonctions ne peut continuer et il y a des limites à créer des postes de «hauts fonctionnaires de défense » dans les ministères. Il faut trouver une solution avant que la revendication ne devienne mutinerie.
Pendant plus d’un an, le ministère de la Défense dirigé par Natié Pléa, le Secrétariat général du Gouvernement, celui de la Présidence de la République, en plus de certains ministères dits techniques et l’état-major particulier du chef de l’Etat, planchaient sur un projet de décret à soumettre au Conseil des ministres. Après plusieurs réunions dites préparatoires et des « consultations », le constat a été le suivant: il y a trop de colonels bloqués à ce grade dont certains depuis plus d’une décennie.
Les officiers supérieurs qui accèdent aux étoiles de général de brigade sont rares et se comptent surtout parmi les camarades de promotion d’ATT ou ceux à qui il est lié de manière très proche (cela n’est pas dans le constat, mais reflète la pensée de certains officiers.) Comment faire pour « décongestionner » le rang des colonels et offrir un bonbon à ceux qui sont déjà très proches de la pension ? Le comité technique a donc proposé la création du grade de « colonel major » avec incidence financière. Cela permettra, au moins aux « vieux » colonels, de partir à la retraite le baume au cœur, sachant qu’ils ne seront jamais des généraux. Comme le disait l’empereur Napoléon Bonaparte à un colonel flemmard de sa cavalerie, « général, ça se mérite, par un haut fait d’arme ! » Ils ne croient pas avoir démérité, ils n’ont pas eu la chance au bon moment.
Selon un autre officier, en fonction cette fois à la Défense nationale et impliqué dans les négociations, la présidence (il soupçonne l’état-major particulier) a « refait » le dossier avec des changements majeurs. D’accord pour la création du grade de colonel major, en contrepartie, pour ne pas grever le budget national avec des salaires et avantages faramineux, une nouvelle règle s’impose. Et cette règle devait être draconienne : désormais, tous les officiers, du lieutenant au lieutenant-colonel en passant par le capitaine et le chef de bataillon seront obligés d’avoir au minimum cinq (05) ans d’ancienneté dans leur grade avant que leur supérieur hiérarchique ne puisse les proposer au tableau d’avancement. Et rien ne garantit que cette proposition aboutira à une nouvelle barrette sur leurs épaules. On peut rester sur ce fameux tableau pendant deux ou trois autres années. Il n’en fallait pas plus pour sonner la mobilisation et provoquer de sourds grognements. Pour quelle raison, estimaient les officiers subalternes, doivent-ils faire les frais d’une politique de promotion mal planifiée et mal exécutée ? Pour quelles raisons des officiers qui n’ont souvent pas plus d’un an de service à compléter sont promus au grade de général alors que rien ne le justifie ? Cet avancement, pour un militaire, est le nirvana tant les avantages et autres gâteries sont nombreux.
Un lieutenant-colonel qui revient d’un long séjour dans le Septentrion nous a confié sous couvert de l’anonymat : « Il faut une reforme du système d’avancement dans nos forces armées pour mettre fin à l’arbitraire en la matière. Je ne comprends pas que des officiers de valeurs qui suent nuit et jour sur les théâtres d’opération soient lésés alors que d’autres assis dans des bureaux climatisés avancent. Dans des pays voisins comme le Sénégal, seuls les cas d’indiscipline ou de fautes bloquent les officiers, sinon c’est automatique. C’est reconnu dans toutes les armées modernes que seul le grade de général est à la discrétion totale du président de la République. Le reste relève simplement de l’état-major. Avec tous les problèmes que nous avons, notamment au niveau de l’équipement et des conditions sociales, cette question ne doit plus être un obstacle. »
Depuis la création de l’armée malienne, la seule période « stable » fut de 1960 à 1968, explique le lieutenant-colonel : « Il était très difficile d’avancer même si les officiers étaient très peu nombreux, certains ont passé les 8 ans de Modibo au même grade. Il fallait mériter ses galons. » Il nous rappelle que de retour à Bamako après avoir «pacifier » le Septentrion, Mamadou Sissoko et Diby Sillas Diarra méritaient des étoiles, «au moins général de brigade », ils ont quasiment été ignorés et à leur mort ou assassinat, ils «n’étaient que capitaines ». Selon lui, le régime des privilèges a commencé après le coup d’Etat du 19 novembre, à commencer par Moussa Traoré lui-même, lieutenant, qui s’est bombardé colonel, en « sautant» les grades de capitaine, chef de bataillon, et lieutenant-colonel. Il a bombardé ses comparses lieutenants en lieutenant colonel. Puis, dit notre interlocuteur «rappelez-vous l’ascension fulgurante de Sékou Ly, passé de lieutenant à général en moins de dix ans et Oumar Diallo dit Birus qui était colonel alors que certains de ses camarades de promotion étaient chefs de bataillon. C’est vrai que Birus était major de promotion, mais feu Cheick Diarra aussi l’était. » Notre interlocuteur propose de revenir à l’orthodoxie « on avance parce qu’on le mérite, c’est la seule façon de garder une armée soudée, motivée et opérationnelle… »
Dès que la nouvelle de la reforme en cours a été ébruitée, les jeunes officiers et les « anciens » qui se sentent bloqués arbitrairement ont senti la poudre monter au nez et les obus siffler. Ils ont commencé à manifester insidieusement leur désapprobation, surtout auprès de leurs chefs. Visiblement, le son du clairon est monté jusqu’au palais de Koulouba puisque le président, face au danger d’une armée divisée entre « privilégiés» et « laissés pour compte », a choisi de rendre un jugement à la Salomon. Il a donc accepté la création du grade de colonel major, ce qui permettra l’avancement d’une bonne… centaine de colonels. La règle des cinq ans d’ancienneté avant toute proposition d’avancement a été purement et simplement jetée à la poubelle.
Cependant, dans la discrétion totale, comme un commando en repérage, Amadou Toumani Touré a pris une décision qui fera le bonheur de ses amis, notamment les généraux installés au Gouvernement et ceux qui admirent déjà leurs fines étoiles : leur point indiciaire qui était bloqué à mille (1000) a été relevé à 1200. Et devinez qui sont les fonctionnaires maliens qui touchent des salaires aussi élevés ? Les professeurs titulaires d’université ! Dans la logique de Koulouba donc, un général de l’armée malienne vaut un professeur titulaire d’université. La grogne a visiblement pris fin. Tout le monde est content.
Si c’est à ce prix que l’on peut étouffer une tempête sous les képis, tant mieux pour le Mali et tant pis pour le Trésor public.
Les militants du Rassemblement Pour le Mali (RPM) sont déjà en ordre de bataille pour les élections présidentielles de 2012. Les tisserands de France ont tenu leur conférence de section le 30 mai dernier sur des notes d’une redynamisation du parti et la réélection de Sékou Magassa au poste de Secrétaire général.
Cette conférence de section des tisserands a pris des résolutions notamment la restructuration du parti en France et en Espagne, l’avantage de la critique et de l’autocritique et le rappel des « dangers du clanisme ». Les conférenciers ont décidé d’améliorer la présence du RPM sur le terrain et de proposer une meilleure organisation interne.
Le point culminant de la conférence fut sans doute la surprise réservée aux délégués par la présence physique du chef du parti, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) alors que seulement un messager était attendu. IBK a insisté sur l’apaisement perceptible de la vie politique au Mali du fait de la levée de certaines équivoques. De même, il a réitéré le choix du RPM de discuter avec tous les autres acteurs sans jamais transiger avec les principes.
S’agissant des valeurs de probité, du sens de l’autorité de l’Etat, du souci du respect de la dignité du malien, des deniers publics, de bonne gouvernance, du refus du népotisme, qui ont toujours fait sa singularité dans le paysage politique malien, IBK a assuré les délégués de sa volonté de les préserver.
à l’issue de cette conférence de section, les délégués ont voté une motion invitant leur candidat à être au rendez-vous de 2012 et une autre de soutien aux sans-papiers.
Bill, le maire de la Commune V du District de Bamako, vient, après une sérieuse controverse, de prendre les rênes de l’Association des municipalités du Mali. Pendant qu’il bataillait pour devenir le patron de tous les maires, nous apprenons que l’édile de la Commune V a utilisé 79 millions de francs CFA pour une opération d’assainissement questionnable pour ne pas dire bâclée et surestimée. Il a signé une convention avec une entreprise « illégale » au Mali et géré une affaire douteuse de « kits scolaires ». Abdel Kader Sidibé de la Commune III qui fut son rival malheureux traînait son linge sale, son successeur à l’AMM n’est pas propre. Enquête sur des méthodes de gestion devenues ordinaires pour nos maires, les élus les moins fiables du Mali…
En juin 2009, c’est un Boubacar Bah tout souriant qui annonce à ses administrés la signature d’une convention avec une entreprise dénommée « Fondation Sadev Mali » pour l’assainissement de sa circonscription, plus précisément le secteur de Baco-Djicoroni. Sadev Mali serait la filiale d’une entreprise domiciliée au 31, rue Anatole France, Vincennes, en France. La Commune V, municipalité la plus peuplée du Mali avec ses 500 000 habitants et ses maires qui traînent des poêles, est aussi la plus sale, la moins entretenue et la plus pauvre en infrastructures. Bref, ce jour-là, Bill est heureux d’apposer sa griffe aux côtés d’un certain Laurent Garnier que l’on désigne « président » de la « Fondation Sadev Mali » et l’ambassade de France est supposée donner sa caution morale à ce qui s’avérera plus tard une fumisterie. C’est écrit en bas de la première page de l’entente : « En présence de son Excellence l’Ambassadeur de France au Mali. » Le conseil communal n’est au courant de rien. Tout a été fait en vase clos avec le Bureau tout simplement. Le maire n’a obtenu aucune autorisation issue d’une délibération comme le stipule la loi pour signer au nom de la collectivité. Certains conseillers n’étaient pas au courant des négociations.
Dans une note non datée transmise au Conseil communal, le maire Bah explique son attitude par l’urgence de l’assainissement et, concernant la « convention » signée avec Sadev Mali, il écrit : « Les normes admises en la matière sont connues et nous osons espérer l’indulgence des membres du Conseil communal pour l’approbation de cette convention que nous avons signée en votre nom. Certes des insuffisances apparaissent çà et là dans la Convention. Nous pensons pouvoir les corriger avec votre participation active au sein du comité de suivi prévu en son article 06. Entre autres difficultés, le problème juridique qui se pose quant à la présence de Sadev Mali sur la terre malienne. Cette inquiétude est vite surmontée par l’Amscid (Association malienne de développement) qui répond sur le plan juridique aux intérêts de Sadev Mali dans notre pays. » Défense de rire…
Pour ceux à qui la nuance a échappée, le texte dit : Sadev Mali est illégale, elle n’a aucune autorisation pour exercer au Mali. Cependant, pour contourner le problème, l’Amscid a été trouvée pour faire écran ! Le maire Boubacar Bah a signé une convention avec une entreprise qui n’a aucune existence légale et sans l’approbation de son conseil communal et pire encore, il reste muet comme une carpe quand un conseiller lui demande s’il existe une convention entre Sadev-Mali et l’Amscid ? Aucun membre du conseil communal n’a vu un tel papier. Bill arrive ensuite pour demander « l’indulgence » du conseil communal. En plus de l’Amscid dirigée par Bassirou Diarra, un autre organisme dénommé Cadem (Coordination des actions pour le développement municipal) et son président, Issiaka Berthé sont signataires. Pourtant, l’intitulé du document est, on ne peut plus clair : « Convention cadre pour l’intervention de la Fondation Sadev Mali dans le quartier Baco-Djocoroni à Bamako ». Et parlant de la pirouette pour contourner l’obstacle juridique, Boubacar Bah parle de l’Amscid mais ne fait pas mention de la Cadem. Point ! Il n’ y a dans le document, aucune date pour le démarrage du projet et aucune date pour sa fin ! Du vrai travail d’amateurs ! et on se demande toujours comment l’autorité de contrôle, le gouverneur Ibrahima Féfé Koné a laissé filer une telle étourderie.
Pour se justifier face aux rares conseillers qui osent encore lui poser des questions, Boubacar Bah Bill parle d’un échange de correspondances (orales ?) avec le gouverneur du District, M. Koné comme une autorisation pour dépenser 79 millions de francs. Or, la loi N° 93-008 modifiée par la loi 96-056 du 16 octobre 1996 définit clairement les conditions de la libre administration des collectivités territoriales. Son article 04 dit que chaque collectivité règle par délibération ses affaires propres. Le gouverneur Koné ne peut, en aucune manière, autoriser un maire à « sauter » son conseil municipal et engager une dépense. Et le représentant de l’Etat, s’il avait fait son travail correctement, aurait purement et simplement annulé la convention illégale avec Sadev Mali. A la mairie ou au gouvernorat du District, quelqu’un a vraisemblablement triché à son examen de droit administratif ! M. Koné n’ignore sans doute pas les dispositions 31-32 de la loi 95-034 relatives à l’autorité de tutelle. Et le bureau communal n’a pas montré publiquement l’autorisation écrite du gouverneur. Et quand bien même elle existerait, elle serait illégale.
Pour quels motifs Bill a signé presque dans la clandestinité une convention avec une entreprise illégale et engagé 79 millions de francs en prétendant que sur 05 ans, Sadev pourrait utiliser jusqu’à un million d’euros (655 millions CFA) provenant de sources extérieures, dans sa Commune ?
C’est dans un document remis aux conseillers et portant la mention « Opération spéciale » de nettoyage des dépôts d’ordures que le maire explique les raisons de la vitesse et précipitation avec lesquelles il a signé avec Sadev Mali (rappelons que cette société n’a pas le droit d’agir au Mali) qui doit d’ailleurs créer des « dépôts de transit » pour les ordures. Le maire explique dans ce document qu’il y a 60 dépôts anarchiques, 04 officiels et annonce que leur contenu total est évalué à 20 000 m3. Nulle part, dans cette estimation, il n’est indiqué l’emplacement de ces dépôts sauvages, le nom de la firme qui a estimé à 20 000 m3 leur contenu. Aucune donnée technique ne vient corroborer les affirmations faites par l’édile Boubacar Bah, Bill. Il parle d’un problème de « santé publique » sans produire l’avis d’un expert en la matière. Cependant, là où l’on peut franchement saluer le sens de l’humour du bureau communal et du maire, c’est quand ils beurrent très épais en justifications. Il paraît que la présence massive des déchets, immondices, détritus était une menace… à la paix sociale. Autrement dit, il fallait agir d’urgence parce que les populations étaient sur le point de déclencher une guerre civile afin d’exiger le nettoyage de leur coin ! On ne badine pas avec les déchets !
De l’avis unanime des populations, rien n’a été nettoyé sérieusement. Baco Djicoroni et les autres quartiers sont encore plus sales qu’en décembre 2009, date officielle de la fin de l’opération dite spéciale de nettoyage (voir nos photos) et elles ont été soulagées de 79 millions de francs CFA. Et son opération spéciale de nettoyage du côté du cimetière de Sabalibougou est une vraie plaisanterie.
La « Note relative à l’évolution de la convention cadre entre la fondation Sadev Mali et la mairie de la Commune V dans le quartier Baco Djicoroni » est l’intitulé du document produit par le maire à l’attention du Conseil communal. Dans cette note, le maire ne fait plus allusion à l’obstacle juridique concernant Sadev Mali et informe les élus qu’il a eu deux rencontres avec les Français de Sadev Mali. Le 08 octobre 2009, les deux parties ont abordé les points suivants : Une mise à la disposition du partenaire d’un espace à la zone ACI de Baco-Djicoroni ; l’achat de deux bennes d’occasion et de pièces détachées; la suppression d’un « espace vert » pour permettre à Sadev d’en faire un dépotoir. Le 12 octobre 2009, les deux parties choisissent une entreprise pour créer un « dépôt de transfert », infrastructure exigée par Sadev Mali avant de faire quoi que ce soit. Ainsi, en 48 h chrono, le document dit que trois entreprises ont postulé pour la réalisation du dépôt de transfert : « la Soudanaise », « Urbadex » et « Au la guêpe-Concept Au ». Et le maire ose écrire « après examen des dossiers », l’entreprise illégale qui n’a même pas le droit de travailler au Mali « Sadev a retenu la Soudanaise comme adjudicataire du marché de construction du dépôt de transfert de Baco Djicoroni » ! La conclusion de ce document est une perle dans le monde de l’administration municipale malienne : « Difficultés en vue.»
Sadev n’entend pas réaliser le dépôt de transit en l’absence d’une convention de transfert des équipements préalablement signée entre la mairie de la Commune V et la mairie du District de Bamako. De préalable, il en a été question lorsque le 3ième adjoint a rappelé qu’à présent, la mairie n’avait pas connaissance de la convention qui lie Amscid à Sadev et que la convention a cependant été signée. A ce sujet, la question qui se pose est la suivante : la mairie de la Commune V du District de Bamako peut-elle transférer des équipements non encore réalisées ?
La Commune V a dit avoir pris acte du choix de la Soudanaise, chose qui ne semble pas avoir conforté Sadev. »
Voilà donc la cerise sur le gâteau : Sadev Mali n’a aucun droit de travailler au Mali ; elle signe une convention avec le maire d’une des plus grandes Communes du Mali ; le maire n’informe pas le conseil communal ; le travail supposé fait pour engloutir 79 millions n’a pas été fait ; Sadev, société illégale au Mali mais capricieuse choisit ses partenaires et fait des choix, exige, etc. Pendant ce temps, les ordures sont à leur place. Rien n’a changé.
Selon l’article 44 de la loi du 30 décembre 1998, le maire doit mettre en marche les décisions du conseil municipal. Le conseil n’a pas délibéré pour approuver le contrat avec Sadev Mali. N’importe quel étudiant en droit sait que le contrat est nul et tout ce qui a découlé de sa signature est illégal.
Opération spéciale ou fumisterie spéciale ?
Le 04 septembre 2009, le maire pond un document intitulé « Note sur l’opération spéciale d’évacuation des dépôts de transit et leur maintien à niveau de service du 24 août au 31 décembre 2009 ».
En introduction, il écrit que selon les services techniques, il a 04 dépôts officiels et environ 60 dépôts anarchiques pour un volume de 24 053 m3. Notez que dans un document précédent cité plus haut, il donne le chiffre exact de « 60 » dépôts anarchiques et parle de 20 000 m3 qui sont devenus 24 053 sans toujours aucune précision sur le mode d’évaluation et les qualités de l’expert. Le besoin financier pour nettoyer la Commune étant urgent, il a demandé le concours de deux ministères (Administration territoriale et Environnement) et en attendant « le bureau communal a sollicité et obtenu l’autorisation du Gouverneur en vue de passer un accord de préfinancement pour l’évacuation et la maîtrise des dépôts officiels et sauvages ». On ne parle plus de Sadev Mali, d’Amscid ou de Cadem dans ce document signé « Boubacar Bah, économiste ». Le montant total du marché est donc de 79 030 500. Le maire ne lance aucun appel d’offres et viole encore la loi 93-008 en écrivant (nous reproduisons avec les fautes) : « C’est à la suite d’entretient et négociations intenses, que l’entreprise EGK a bien voulu réaliser l’opération dite « Opération spéciale ». Elle a véritablement démarré le jeudi 24 août par le dépôt du cimetière de Sabalibougou ». (Voyez sur la photo en illustration si le travail a été fait !) Jusqu’à présent, personne n’avait entendu parler de l’entreprise EGK, qui a mené les « négociations intenses » et le dépôt du cimetière de Sabalibougou est aussi plein qu’avant la fameuse « Opération spéciale ». Toutefois cela n’empêche pas l’économiste Boubacar Bah d’écrire : « L’opérateur qui a déjà fini d’évacuer les dépôts, accepte d’être payé sur l’exercice budgétaire 2010 et suivant les modalités à convenir pour un montant en francs CFA de 79 030 500. » Une vraie œuvre de charité publique, le patron de cette EGK: il accepte de travailler sans avoir reçu un kopek, attend des discussions futures pour connaître les modalités de paiement et ne bronche pas. Si l’entrepreneur était aussi philanthrope, quelle était donc l’urgence de demander une «autorisation » au gouverneur Koné ?
Le maire, toujours audacieux, écrit : « Ainsi, du 24 août au 31 décembre 2009, toutes les deux semaines soit (15 jours), l’ensemble des dépôts sera entièrement vidé ». Un riverain de la voie bitumée appelée route de Daoudabougou, en apprenant cela, nous confie : «Ils sont venus avec des bennes et des pelles mécaniques ramasser quelques kilos puis, ils ont mis le feu au reste. En voyant les flammes, j’ai compris que ces gens avaient dégagé un budget pour ramasser mais ils mettent le feu pour ne pas le faire. » Le maire rappelle dans la même note que c’est la DSUVA (voirie) relevant de la mairie centrale qui doit faire le travail. Cela veut dire que non seulement le ramassage des ordures ne relève de la compétence de Boubacar Bah et de son Bureau, mais qu’il a demandé une « autorisation » expresse d’Ibrahima Féfé Koné, gouverneur du District pour dépenser 79 millions sans appel d’offres ! Un vrai humaniste, ce maire… Encore une fois, à quoi servaient donc les Sadev Mali, Amscid et Cadem ? Mais cette fois, le maire respecte les dispositions de la loi 96-025 notamment en son article 12 qui mentionne bien que le District est responsable de la voirie, notamment des infrastructures et de l’assainissement.
KITS SCOLAIRES ET ELUS EN « FORMATION »
L’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT) finance les communes du Mali en matière d’éducation, notamment la construction et l’équipement des classes. Le doux nom trouvé par les fonctionnaires est « kit scolaire ». Boubacar Bah alias Bill est arrivé à la mairie après les élections d’avril 2009. Il a donc eu la gestion de ce qu’on appelle « droit de tirage 2009 ». Selon un « rapport » daté du 26 novembre 2009, le montant prévu en investissement est de 152 649 586 francs Cfa et en appui technique deux millions 083 503 Cfa. Le montant est ainsi morcelé : « construction de 07 kits ainsi que leur équipement. Chaque kit (03 salles de classe, 75 tables bancs, 03 chaises, 03 armoires 03 bureaux coûtera 21 592 798 répartis comme suit : 20 513 149 Cfa pour la construction et l’équipement des salles, correspondant au paiement des entreprises et 1 079 649 Cfa pour le suivi et le contrôle au profit du bureau d’études. » Première remarque : à raison de 21 592 798 Cfa par kit, les sept kits reviennent à 151 149 586 au lieu de 152 649 586 soit une différence d’un million cinq cent mille sans compter les 2 083 503 prévus pour l’appui technique. Le Bureau communal raconte, sans rire, que le million et demi restant « servira à financer tout autre dossier d’investissement en gestation. » Question : Est-ce que l’ANICT, placée sous l’autorité du ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales du général Kafougouna Koné, est au courant que ses millions servent à attendre des dossiers « en gestation » pour être engloutis ? Depuis quand des fonds publics, budgétisés et comptabilisés attendent-ils des occasions d’investissements pour disparaître ?
Le plus grave dans cette affaire, c’est qu’aucun conseiller municipal contacté ne se souvient d’un appel d’offres pour la réalisation de ce marché ! En outre, alors que l’argent public prévu pour cette enveloppe concerne directement les investissements, le chapitre 2.2. de la note dit : « … la dotation d’appui technique est destinée par exemple, à la formation des élus communaux et du personnel. La mise à disposition du montant de la composante est subordonnée à l’élaboration d’un dossier/requête de financement. Conformément aux règles qui encadrent la gestion dudit fonds, le dossier/requête de financement, centré sur la décentralisation, doit être élaboré par une ONG et envoyé à l’ANICT pour validation. » Il y a forcément une énigme à solutionner : En quoi des fonds destinés à acquérir des kits scolaires doivent-ils servir à la « formation » des élus communaux ? Iront-ils dispenser des cours aux élèves ? Et pourquoi passer par des ONG pour obtenir ces prétendues formations ? N’est-il pas plus simple d’utiliser ce montant pour fournir en cahiers, livres et autres consommables, les élèves issus de familles défavorisées ? Puisqu’on sait, visiblement, contourner la loi en Commune V, autant le faire pour le bien public…
La seule chose que l’on souhaite aux maires du Mali, c’est que leur nouveau président qui est « économiste » et ajoute cette mention à ses signatures, ne gère pas leur Association avec autant d’opacité et d’amateurisme. On dira alors de lui et d’Abdel Kader Sidibé, un autre cas en matière de gestion bizarre en Commune III, que c’est blanc bonnet et bonnet blanc. En somme, on cherche toujours dans ce Mali de la décentralisation, un maire à la hauteur des préoccupations des populations et propre comme de l’eau de source. Ecoutez, pour vous divertir, ce qu’en disent les rebelles du groupe musical «Tata Pound». Tout y est résumé.
OPTION
NDLR : Nous avons été à la mairie de la Commune V le lundi, 31 mai 2010 pour rencontrer Boubacar Bah dit Bill et obtenir sa version et ses explications. Sa secrétaire, après avoir échangé avec son chef, nous a dit que le maire n’a pas le temps de nous recevoir. Nous avons laissé nos coordonnées, deux exemplaires d’Option et promis d’attendre jusqu’au jeudi 03 juin 2010 à 17 heure, date de bouclage. Il n’a jamais rappelé. Dommage ! Son refus ne nous dissuadera cependant pas de continuer àrechercher l’information pour vous la livrer.
Kôrô, dis à ATT joyeux anniversaire. Dis lui que c’est vrai, je le reconnais, il a fait du progrès dans beaucoup de domaines, mais le chemin à parcourir reste et demeure long.
Kôrô, ATT Fanga est devenu la pintade de Maridié Niaré. Tu te souviens de l’histoire de «Namara Boudjè». Cet audacieux qui a peint la pintade et l’a vendue à Jamana kuntigi, Maridié Niaré comme étant l’oiseau de la Mecque. En voyant la pintade peinte, on avait l’impression d’avoir un véritable «Makan Kônôni : le paon». Mais, il a fallu plusieurs mois pour que notre chef Maridié Niaré se rende à l’évidence qu’il a été grugé.
Kôrô, walaï, cette histoire retrace sans faute, les réalisations du régime d’ATT. Le peuple Malien est écœuré voire sidéré d’être témoin de certaines situations qui ne font que plonger notre pays dans un précipice indescriptible. Face à ce flagrant échec, ATT et ses amis essayent de faire un tapage médiatique autour de leurs réalisations faites ou en cours d’exécution, sur les antennes de la passion du service «privé» ORTM. Ce sont le barrage de Taoussa, l’échangeur multiple, le nouvel hôpital de Bamako, le pont de l’Amitié à Missabougou et l’université de Ségou pour ne citer que ceux-ci. A bè kagni!
Kôrô, en analysant bien la situation actuelle du pays, force est de reconnaitre qu’ATT et ses amis de circonstance refusent tout débat contradictoire. Ils répandent et font imposer leurs seules opinions comme de la vérité absolue. ATT et ses amis veulent être caressés dans le sens du poil, mais jamais à rebrousse poil. Or, toutes les œuvres humaines comportent des imperfections qui sont généralement vues par un autre œil que celui ou ceux qui les réalisent. Il faudrait que ces failles là soient signaler, porter à la connaissance pour qu’on le corrige.
Ainsi, la frange pauvre du peuple souffre de tous les maux, notamment dans le domaine de la justice, de la santé, de l’enseignement, de l’économie et que sais-je encore. Nos fonds sont volés au vu et au su de tout le monde. Les présumés auteurs sont connus et se réclament du camp d’ATT et nul n’a le droit de les toucher. Walaï, tougnè do! Ils n’ont peur de personne et se foutent du jour du jugement dernier. Ils ne savent même pas si Allah existe ou pas. Révéler ou parler de ces tares de notre société et de notre mode de gouvernance, ne veut pas dire qu’on est un ennemi à abattre.
Kôrô, c’est pour cacher ces réalités crève œil que les progrès réalisés par le régime font tout le temps objet de tapage dans les médias d’Etat. Alors que la crise de l’école, la situation de Huicomabougou, les préavis de grève à tous les niveaux, la cherté de la vie, le pillage de l’économie, le népotisme, l’affairisme, le clientélisme, le régionalisme, la gabegie, l’arbitraire etc. ont beaucoup caractérisé ATT fanga. Anba bè kalama!
Maintenant pour cacher la carence de l’Etat à gérer certaines affaires courantes, on nous montre la face non touchée de l’iceberg par le «Titanic».
Un cadre de l’Etat dont on garde le nom dans l’anonymat était dans tous ses états, la nuit du samedi 6 juin 2010. Et pour cause, certaines bouteilles d’eau minérale Diago de 1,5 litre dont il a acheté le carton dans une alimentation à Banankabougou, étaient remplies de déchets.
Ce n’est en tout cas pas la première fois que des gens se plaignent de cet état de fait combien préjudiciable à leur santé. Quand on se fie à certains écrits de la presse, l’année dernière, des clients Diago de Bamako-Coura ont été victimes des maladies diarrhéiques pour avoir consommé cette eau. À l’époque, ils avaient toujours selon la même presse, menacé d’attaquer l’usine devant les tribunaux. Ils ont été suppliés de ne pas le faire au nom de certaines vertus de notre société. Mais, une année après ce scandale, voilà qu’un autre s’est produit samedi dernier.
Des impuretés «toxiques» dans nos verres!
Dans le carton en question de 1,5 litre de Diago, plus de six bouteilles sur douze sont remplies de déchets. L’acheteur un cadre de l’administration a décidé de les faire analyser dans un laboratoire de la place. Il nous a remis quelques bouteilles comme preuve matérielle. «Comme je ne connais pas la nature de ces impuretés, j’ai décidé d’envoyer un échantillon dans un laboratoire spécialisé. Je porterai les résultats de l’analyse à la connaissance de la presse», a-t-il promis.
De quel laboratoire s’agit-il ? Le laboratoire national de la santé ou celui des eaux? Aucune précision ne nous a été donnée par le client. Il entend aussi impliquer les associations des consommateurs du Mali à son combat.
Décidément, fêter le départ d’un chef de service stratégique avant que le conseil des ministres ne s’y prononce est devenu un phénomène dans notre pays. Si les semaines passées étaient célébrées par certains gabelous comme celles du départ d’Amadou Togola leur DG, la nuit du mardi 26 mai 2010, une fausse alerte faisait état du limogeage de Djibril Tall directeur national des transports.
Le maintien de Djibril Tall dérange-t-il certains travailleurs des structures rattachées à la DNT? Cette question vaut tout son pesant d’or quand on sait que les gros travailleurs sont parfois détestés par les pilleurs de l’argent de l’Etat. C’est le cas de Djibi qui est parvenu à organiser les transports routiers, maritimes et fluviaux. Pourquoi éjecter Tall de son fauteuil, alors que le permis de conduire est désormais délivré à l’ONT et non à Paris ou aux Etats-Unis? Pourquoi l’éjecter quand on sait que l’homme se déplace pour régler les problèmes liés au trafic des personnes et de leurs biens. Pourquoi le faire partir quand on sait qu’il s’entend bien avec ses travailleurs rigoureux et déteste ceux qui veulent rouler pour leurs propres intérêts et non pour ceux de la nation? Cette campagne est-elle orchestrée par ses détracteurs? En tout cas, on ne change pas une équipe qui gagne. C’est vrai Djibi a succédé à quelqu’un et d’autres le remplaceront. Mais est-ce qu’il faut précipiter son départ de la sorte?
Un concours de recrutement d’aspirants notaires de première et deuxième catégorie a été organisé, le samedi 29 mai 2010, par la chambre nationale des notaires. Seulement cinq places étaient à pourvoir pour 170 candidats.
Les résultats proclamés, le jeudi 3 juin 2010, continuent d’être contestés. Un réel doute plane sur la moralité du concours. Du coup, les postulants dénoncent la mauvaise organisation et fustigent le fait que les admis étaient connus d’avance, et doutent même du niveau de ces derniers qu’ils jugent au dessous de la moyenne.
Ce n’est pas pour rien si les documents notariés sont souvent sources de conflit. Car certaines personnes habitées à les établir sont venues dans la profession par des voies tordues. Leur souci primordial est de récupérer l’argent qu’elles ont déboursé pour passer au concours. Ce concours notariat qui ne dit pas son nom a été suivi de celui de la nouvelle ENA, qualifié de honte.
A cette allure, il y a lieu de se demander comment ces futurs notaires ou administrateurs peuvent travailler consciencieusement sachant bien qu’ils ne sont pas les plus méritants. Faut-il ajouter que la magouille est devenue source d’enrichissement pour les organisateurs des concours au Mali. En tout cas, les admis doivent retenir qu’ils seront tout le temps sous les projecteurs de la presse.
Sori de Moti a donné un scoop dans la livraison d’hier de la Nouvelle Patrie : Mme Maiga Sina Damba, ci-devant ministre de la Famille, de la Femme et de l’Enfant (je ne retiens jamais la dénomination exacte de ce ministère) aurait fait preuve d’une hauteur et d’une classe qu’on ne trouve pas généralement chez les hommes : elle aurait purement et simplement demandé que Me Tall obtienne que mon cousin N’Diaye Bah soit viré du gouvernement par ATT ou que le CNID le suspende ou ne soit plus membre de l’attelage du Beau Ténébreux dont le départ lui-même avait été annoncé seize fois en huit mois avec chaque fois ce geste triomphal de celui qui l’annonce « cette fois, c’est sûr, le Sidibé ira faire le berger à Yanfolila ».
Je n’ai rien contre le fait que mon cousin reste au gouvernement parce que là au moins c’est moi qui m’inviterai à sa table contrairement à deux anciens députés de l’Adema qui continuent à partager mon ordinaire de consultant conjoncturé (mais un peu trop baroudeur pour le laisser savoir). Mais la position de Mme la Ministre est loin d’être insensée, il faut le dire.
Elle réhabilite même la politique, elle que l’on croyait fermement rivée à son maroquin. Reste à voir, si N’Diaye Bah était encore au gouvernement au nom du CNID, de ses propres performances ou de ses passerelles avec ceux qui décident (le patron, le vice patron, sa base de militants, les partenaires du Ministère). Reste aussi à savoir si Me Tall va courir le risque d’un bras de fer avec le grand frère en ce moment où chaque candidat potentiel à la fin de monde 2012 se sentirait infiniment plus à l’aise dans une peau de dauphin.
Reste enfin à voir, si le grand frère accéderait aux exigences inspirées par la Ministre qui vient de démontrer qu’elle n’est pas grande que par la taille. Après tout, Kouchner et Besson sont encore avec Fillon, non ? Et puis, sans me mêler des affaires d’autrui, combien de cadres supérieurs resteraient t-ils dans leurs partis d’origine si on leur demandait aujourd’hui de choisir dans la perspective du grand parti annoncé ?
Les examens de fin d’année, au titre de l’année scolaire 2009-2010, ont commencé le 7 juin 2010 par le Certificat d’aptitude professionnelle (Cap). Pour voir si tout ce passe dans les bonnes conditions, le ministre de l’Education, de l’alphabétisation et des langues nationales, Pr Salikou Sanogo, accompagné des membres de son cabinet, du directeur national de l’enseignement technique et professionnel, Daouda Simbara, du gouverneur et du Maire du District de Bamako de même que la directrice de l’académie de la rive gauche, a visité trois centres d’examens de ladite rive.
Il s’agit du Centre de formation professionnelle (Cfp) Soumangourou Kanté, du Lycée Askia Mohamed et de l’Ecica (Ecole centrale de l’industrie, du commerce et de l’administration).
Au Cfp, se trouvent quinze salles. Ici composent les candidats en dessin bâtiment, plomberie, Boulangerie et pâtisserie. Là, le ministre a trouver que tout est en place : présidents de centre, surveillants, candidats, copies et sujets d’examens. Mais tel n’a pas été le cas au centre Askia Mohamed. Dans ce centre composé de 44 salles avec 1161 candidats dont 417 filles, le constat a été qu’à huit heures moins dix minutes, heure d’ouverture du sujet, le président du centre, Niaman Badian Traoré, a souligné l’absence d’une quinzaine de surveillants. Problème qui a été vite résolue car ils ont été du coup remplacés par des suppléants qui se trouvaient sur place. Les aides comptables composent dans ce centre. A l’Ecica, selon le président de centre, Mahamane Attiku, examinent les candidats qui font filières dessin industriel, employé de commerce et de bureau. Ils sont environ sept cent candidats.
Le ministre de l’éducation a tenu à donner les raisons de sa présence dans ces différents centres. « Les raisons de ma visite dans les centres d’examens du Cap s’expliquent par le fait que c’est le point de départ des examens de fin d’année 2010. C’est donc important pour nous de venir s’enquérir du bon déroulement des épreuves. Je suis venu également encourager les candidats de ces trois centres, et à travers eux, ceux du reste du pays et leur souhaiter bonne chance et plein succès. Par la même occasion, je félicite aussi l’administration scolaire, les présidents de centres, les surveillants pour la bonne marche de l’examen », a expliqué Salikou Sanogo. Le ministre s’est dit satisfait de l’organisation de l’examen. « Mes impressions sont bonnes après ma visite dans quelques centres. Tout ce passe dans le calme, dans la sérénité et dans l’ordre », a indiqué le premier responsable de l’éducation.
Soulignons que sur le plan national, 14727 personnes sont candidats au certificat d’aptitude professionnelle de 2010. Elles sont reparties en section industrie avec 3697 candidats et la section tertiaire avec 11030 candidats.
Rappelons que le Cap sera suivi immédiatement par les examens du Diplôme d’études fondamentales (Def) et le Baccalauréat respectivement le 14 et le 16 juin prochains. Ensuite se dérouleront du 21 et 25 juin les examens du brevet et technicien et des Instituts de formation des maîtres.
Le Comité Directeur du CNID-Faso Yiriwa Ton a reçu une lettre de démission de N’Diaye BAH après quinze (15) années au Secrétariat Général et huit (08) ans de mission au gouvernement au nom du CNID-Faso Yiriwa Ton.
Cette lettre, après vérification comporte :
AU NIVEAU DES 74 MEMBRES DU COMITE DIRECTEUR : 15 noms communiqués sur lesquels :
03 fausses démissions ;
07 agents du Ministère de l’Artisanat et du Tourisme ;
02 démissionnaires depuis 2007.
Soit au total 12 démissionnaires sur 74 membres.
AU NIVEAU DES 55 SECTIONS : Une démission confirmée ; 02 fausses démissions et 01 démission à confirmer sur les 04 annoncées pour les Vice-présidents, 02 fausses démissions pour les Secrétaires Généraux.
AU NIVEAU DES 50 MAIRES : 02 fausses démissions sur les 03 annoncées.
AU NIVEAU DES 600 CONSEILLERS MUNICIPAUX : 17 démissions à confirmer
AU NIVEAU DU MOUVEMENT DES FEMMES : 04 démissions sur 46 membres.
AU NIVEAU DU MOUVEMENT DES JEUNES : 01 démission sur 40 membres.
Comme on le constate donc, le déluge annoncé, au vu des chiffres avancés par les démissionnaires eux-mêmes, n’a pas eu lieu.
Le Comité Directeur qui a donné le meilleur de ce qu’il avait aux chefs de file des démissionnaires les exhorte à ne pas renier le passé et à ne pas insulter l’avenir par la poursuite de la campagne de calomnies et d’injures en cours depuis quelques temps.
Le Comité Directeur rassure le peuple du CNID que la maison CNID tient bon et que le travail d’implantation du parti se poursuit inlassablement.
Enfin le Comité Directeur du CNID-Faso Yiriwa Ton invite les militantes et militants à la sérénité, au travail pour une victoire que nous savons proche et inéluctable. Inch’ Allah.
«Les rumeurs sur une éventuelle démission que j’envisagerai sont sans fondement. Et comme d’ailleurs, beaucoup d’autres rumeurs distillées par-ci et par-là, ces derniers temps». Ces propos sont du 2è vice-président du bureau exécutif national de l’URD et non moins ministre de la santé.
Soupçonné de travail fractionnel et surtout de vouloir quitter l’URD, sa formation politique naturelle avec des militantes, militants et sympathisants parmi lesquels 9 députés à l’Assemblée nationale et des maires et élus municipaux, Oumar Ibrahim Touré a tenu à rassurer tout le peuple URD le week-end dernier à Mopti lors des cérémonies commémoratives du 7è anniversaire de son parti. Devant tous les membres du bureau exécutif national de l’URD, les autres instances statutaires du parti, le fondateur du parti, Soumaïla Cissé et surtout les partis politiques présents à Mopti, le 2è vice-président du BEN, Oumar Ibrahim Touré fera savoir publiquement et solennellement : «je tiens donc, devant tous, à démentir ces rumeurs tendancieuses et à dénoncer les colporteurs de telles rumeurs qui ne cherchent qu’à nous diviser et à nous affaiblir. Je reste convaincu que ces manœuvres ne passeront pas, car les militants s’y opposeront farouchement». Quant, à moi, tiendra-t-il à ajouter, «je suis et reste au service du parti et je vais toujours œuvrer pour un parti fort dont les membres se vouent respect et considération mutuels».
Et de réitérer enfin à tous son engagement ferme à œuvrer pour un parti toujours plus fort, toujours plus solidaire et respectueux de ses valeurs fondatrices. Ce message qui n’était point attendu dans le programme officiel des festivités commémoratives du 7è anniversaire de l’URD à Mopti (4 et 5 juin 2010) a eu le mérite de désamorcer la bombe qui menaçait l’unité et la cohésion du parti. La section de Mopti dirigée par Moriba Samaké avait d’ailleurs donné le ton en soumettant à la direction du parti l’exclusion de cinq de ses membres, tous proches du 2è vice-président, Oumar Ibrahim Touré.
Quant aux autres partisans du 2è vice-président tapis dans les structures du parti, ils étaient tous en ordre de bataille pour en découdre avec ceux proches de Soumaïla Cissé. Tout ce beau monde est entré dans les rangs après la sortie d’Oumar Ibrahim Touré. C’est dire que la guerre des clans n’a pas eu lieu à Mopti. Et cela à l’honneur du peuple URD qui a fêté dans la ferveur et l’allégresse ses 7 ans d’existence.
Si officiellement on n’a enregistré aucune réaction dans le discours du président du parti, Younoussi Touré, encore moins du mentor du parti Soumaïla Cissé, ces derniers n’ont pas manqué d’insister sur les valeurs de l’URD. En effet, tout en rappelant aux militantes et militants que l’URD doit rester fidèle à ses engagements, le Professeurs Younoussi Touré leur demandera de «rester vigilants pour ne pas céder aux chants de sirène qui tenteront toujours de vous distraire». Quant au fondateur de l’URD, Soumaïla Cissé, il fera simplement savoir qu’«un parti, un grand parti comme le nôtre doit compter avec les velléités de la division, de l’incompréhension et de la désinformation. La tâche n’est donc pas aisée surtout quand il s’agit de bousculer de vieux réflexes et de changer les mentalités». Selon lui, 7 ans après sa création, ils n’ont pas encore fini d’écrire l’histoire de leur parti. «Nous devons mettre l’intérêt général en avant, nous devons continuer à rêver ensemble, très haut pour notre parti et pour notre pays. Ensemble, unis et soudés, nous devons encore une fois faire preuve de dépassement et de sacrifice», dira-t-il en guise de conseils.
Les voies de Dieu sont insondables. Et notre tradition d’ajouter : le pauvre d’aujourd’hui est le riche de demain et vice versa. A.T, alias Adjoss croit toujours rêver. A Seribala (60 Km de Ségou) où il vit depuis des ans, Adjoss est sans emploi. Tout au moins, il peut se contenter de certaines bonnes campagnes sucrières de SUKALA pour décrocher un emploi temporaire d’ouvrier saisonnier.
Edenté du côté des incisives, toujours en haillons et habitant dans un « entrer coucher », A.T qui quémande régulièrement aux voisins et aux connaissances le prix de sucre pour sa bouillie est souvent qualifié dans la localité de Seribala de clochard. La Providence vient de transformer cet homme en millionnaire ! Par la grâce d’un de ses oncles qu’il a perdu de vie et qui séjournait au Vatican. Nous n’avons pas connaissance de son vrai prénom de baptême au Mali mais ce dernier s’appellerait aujourd’hui Jean Louis Touré. Médecin, il s’était exilé en Europe, précisément en Italie où il servait depuis des ans dans ce petit Etat (0,44 Km2) de 557 habitants.
Changeant donc de religion, l’oncle de Adjoss s’était rebaptisé Jean Louis Touré et, comme le veut les règles de cette cité religieuse, il ne s’était pas marié, encore moins obtenu d’enfant. Le vieux Jean Louis Touré a été donc rappelé à Dieu en début d’année. Son testament qui a été lu après les funérailles est on ne peut plus surprenant, puisque le legs est au nom d’A.T, demeurant à Seribala. Or, ses biens sont évalués à des milliers d’euros. Mais le hic au début, c’est que l’adresse de l’héritier était floue.
Les enquêteurs du Vatican ont passé des semaines au Cameroun pour chercher A.T, du fait que Seribala se trouverait être le nom d’une localité de ce pays. En tous les cas, comme à Rome on le dit, « à César ce qui appartient à César ». A.T est en route pour être mis dans ses droits. En catimini, il a quitté la cité sucrière de Seribala, direction Rome en Italie où il s’apprêterait à remplir toutes les formalités d’héritage afin de revenir au Mali, riche comme Crésus du temps de l’antiquité, avec une somme aussi faramineuse. Sans plaisanterie, notre petit cousin Touré s’était auparavant endetté à Bamako pour se mettre des prothèses de dent afin de bien paraitre avec le pactole !
L’inauguration d’un Centre Technique Régional pour le Classement Instrumental du Coton en Afrique de l’Ouest et du Centre (CTRCIC-AOC) à Segou la semaine derniere a conforté plus d’un que « l’or blanc » se porte bien dans notre pays et fait du CERFITEX de Ségou une plaque tournante du coton africain.
Ce joyau peut être considéré comme un pied de nez aux innombrables problèmes que connaît la filière textile dans le monde : effondrement de la production, baisse considérable de la part relative du coton africain, dégradation de la productivité, baisse relative de la consommation etc.….Est ce à dire que la crise a donné de la suite dans les idées de nos dirigeants ? En tous les cas, Bahir Diop, le President de l’Association des Cotonculteurs Africains a trouvé que, de plus en plus, de bonnes et nouvelles pratiques se sont faites voir jour pour la valorisation du coton africain, en terme de créativité et d’inventivité malgré les faibles moyens de nos Etats.
L’inauguration d’un tel centre de classement du coton, procède de cela. Le coton africain de bonne qualité a toujours été sous valorisé à cause d’un manque caracteristique et exhaustif lors de sa mise sur le marché international. Il s’est donc agit d’utiliser des chaînes de mesure integrées permettant d’effectuer une mesure plus fiable de la fibre coton. Cela a l’avantage pour les pays africains de conforter leur position sur le marché international. Le Ministre chargé du budget, Lassine Bouaré a remercié le Comité Consultatif International pour le Coton (CCIC) qui a initié le projet CFC/ICAC/33 relatif à la standarisation de la mesure instrumentale du coton à des fins commerciales pour les pays d’Afrique producteurs de coton.
Deux centres ont donc vu jour, le premier à Segou pour l’Afrique de l’Ouest et le second basé en Tanzanie pour l’Afrique de l’Est. D’un coût de plus d’un milliard de FCFA pour une durée d’exécution de 4 ans, ce projet est financé par l’Union Européenne (67 %) et le Fonds Commun pour les Produits de Base, plus connu sous le nom de CFC pour 683 millions de F CFA (le CERFITEX de Segou a contribué à sa contruction et à un certain nombre d’équipement).
En clair, ce centre va permetre de construire la nouvelle Afrique cotonnière car, selon les cotonculteurs professionnels, « l’Afrique devrait prendre sa part du marché à l’Inde et à d’autres pays d’Asie en repondant aux exigences du marché et à pouvoir coordonner sa promotion ». Pour le Ministre chargé du Budget, cet outil est un bel exemple d’intégration africaine avec son transfert de compétence Nord-Sud et il va surtout être un instrument d’amélioration de la compétitivité des filières cotonnières africaines.