Archives quotidiennes :

Action humanitaire La JCI fait œuvre utile

Pour permettre aux enfants orphelins de bien fêter le Ramadan, la Jeune Chambre Internationale, à travers son projet, JCI Solidarité, a offert à trois orphelinats de Bamako, des vivres, de la viande et des boissons. C’était le lundi 29 août, juste à la veille de la fête, dans la cour de la Direction de la Sotelma à Hamdallaye. Cette initiative était parrainée par Sory Kemesso. Cette cérémonie de dons a enregistré, en plus de celle du parrain, la présence du Président national de la JCI,  Ahmed Salif Camara et du Directeur du projet, Abdoul Karim Konaté. Les bénéficiaires ont été l’association Ayatt Tamaldit,  l’Association ASE Mali et l’Association pour le soutien des handicapés et des enfants démunis (ASHED).

Ce projet s’inscrit en droite ligne de l’un des principes de la Jeune Chambre Internationale qui dit que «Servir l’humanité est la tâche la plus noble». Il vise aussi à  rapprocher les jeunes de la religion, afin qu’ils s’impliquent dans des actions de bienfaisance. «Nous avons la chance d’être en famille, d’avoir nos parents à nos côtés et de bénéficier de leur appui. C’est un devoir pour nous d’assister les enfants qui n’ont pas eu la chance de bénéficier de la tendresse de leurs parents», a déclaré le Président national de la Jeune Chambre.

Pour le parrain, cette initiative est en droite ligne de ses actions de solidarité. C’est pourquoi, il a remercié la JCI pour cette action désintéressée.
Youssouf Diallo

A propos du Programme Spécial pour la Paix, la Sécurité et le Développement des Régions du Nord (PSPSDN) : Que le bon sens nous guide

Au PBS (Parti du Bon Sens), mon Parti, nous avons comme habitude aux réunions du Comité Directeur d’accorder une large place à un thème intitulé: activités d’un partant d’honneur! Vous l’aurez compris, il s’agit des activités que mène le Président sortant à moins de 10 mois de ses adieux, et, croyez moi, mes camarades ne sont pas souvent tendres avec notre A.T.T national.

En effet ils jugent A.T.T trop pressé d’aller, alors qu’à tout point de vue les élections générales de 2012 s’annoncent sous de mauvais auspices. Il est vrai que nous, qui n’avons pas quelqu’un à un «poste juteux» aimerions bien qu’il reste un peu, le temps d’éviter à notre pays des élections bâclées, sources potentielles de crises pouvant se révéler sources de désordre et d’instabilité. Le temps aussi que Boubèye (Salut le diplomate!) nomme un de nos cadres (pas très nombreux) quelque part, même si c’est aux Iles Féroé ou en République du Soudan du Sud. Pas tendres donc avec le Boss, mais assez lucides pour reconnaitre que, parmi les grands acquis que notre peuple retiendra d’Amadou, se trouve sans aucun doute le PSPDN (Programme Spécial pour la Paix et le Développement des Régions du Nord)

Ce programme, lancé il y a peu devant un parterre de personnalités, sur les hauteurs de Koulouba, emporte l’adhésion des Maliens soucieux de paix et de stabilité, gages de tout développement. Le grand Nord du Mali a été de tout temps le parent pauvre de toutes les politiques de développement que notre pays a connues depuis l’époque coloniale. Ce manque de politique de développement s’est accru avec l’absence de l’Etat, réduit depuis des lustres à la présence d’un poste souvent vétuste, où quelques hommes, en uniforme délavé et à bord d’engins d’un autre âge, parvenaient à grand peine à sécuriser un semblant de no mans land.

AQMI et les narcotrafiquants n’ont pas eu besoin de fournir de gros efforts pour occuper et l’espace et les cœurs dans cet autre Mali. En réalité, AQMI et le réseau de narcotrafiquants n’ont pas eu à forcer leurs talents de conquérants, car, comme le disait le déporté de Korhogo (RCI) «il n’y avait rien en face!».

Mettre en place des commissariats, des compagnies, des brigades de gendarmerie, des campements de la garde nationale, mieux, construire des infrastructures sociales de base (écoles, petits barrages, centres de santé), forages, centres commerciaux, y ajouter des fonds de développement, donnant la possibilité d’emplois pour les jeunes, voilà bien un minimum indispensable pour assurer un semblant de vie dans cet arrière-pays. Arrière-pays ou l’austérité climatique le dispute à l’hostilité géographique.

Ce qui est prévu dans le PSPDN n’est rien d’autre, en ce 21ème  siècle, que d’apporter un peu plus d’Etat et de développement à une partie de notre pays si longtemps laissée pour compte. En le faisant, notre pays et notre peuple corrigent non seulement une injustice, mais, en plus, montrent au peuple du Grand Nord Mali que, comme le disait si bien le Pape Jean-Paul II, je cite, «la prétention qu’a le terrorisme d’agir au nom des pauvres est une flagrante imposture».

Du goudron, des écoles, et plus d’écoles, des centres de santé, et plus de centres de santé, des forages, et plus de forages  à Aguel Hoc, à Ménaka, à Ansongo, c’est tout simplement le frétillement d’un mieux-être et d’un mieux-vivre. Des postes de garde, des brigades de gendarmerie, des camps, plus au moins dans chaque cercle et dans chaque grosse commune du Nord, on en demande et on en redemande, car sécurité, ici et ailleurs, a toujours rimé avec développement.

Avec le PSPDN, notre Pays enclenche «la mère des batailles» contre le terrorisme et affidés, une bataille dont l’issue ne fait aucun doute. La victoire sera au bout, si nous savons rester unis et solidaires. Et c’est là où nous appelons la classe politique et les associations à jouer un rôle moteur, en appelant leurs militants et leurs associés qui sont dans ses contrées à aider et à soutenir ce programme, qui  vaut autant, sinon plus, qu’une élection. L’appropriation par les populations concernées du programme doit être la pierre angulaire de tout plan de communication élaboré à cet effet. Je dis Plan de Communication, pas publicité ni bouffonnerie, genre «l’adjudant show».
Au P.B.S, nous sommes pour le PSPDN et nous pensons que mieux vaut tard que jamais. Le soutenir devient pour tous une question de patriotisme et de bon sens. Que les terroristes et affidés sachent qu’à leur égard nous partageons cette citation de François René de Chateaubriand, extraite de ses Mémoires d’outre-tombe, je cite: «Je ne connais rien de plus servile, de plus méprisable, de plus lâche, de plus borné qu’un terroriste».

Que tonne alors le Janjon pour les Régions du Nord! Le Mali est de retour sur l’ensemble de son territoire. ll n’est ni le maillon faible, ni le ventre mou de la lutte contre le terrorisme! Il voulait juste se donner et le temps et les moyens pour entrer dans la danse, et, avec le PSPDN, il a l’arme fatale contre AQMI
Vive le PSPDN et en avant pour le développement des Régions du Nord!
Que le bon sens nous guide!

                                                                Daman O. TEKETE
                                                      Président National du P.B.S

Le Pr Makan Moussa Sissoko use de son «Droit de réponse» : A Monsieur le Directeur de Publication du Journal 22 Septembre

A l’extérieur du pays, sur un clic de mes enfants, j’ai découvert avec amusement, et avec une certaine amertume, les élucubrations d’un certain Youssouf Diallo. Comme d’habitude, je pensais avoir en face un de ses internautes lâches agissant sous divers pseudonymes. Quelle ne fut ma surprise, à mon retour, de constater que ce quidam fait partie de la rédaction générale de votre journal.

Monsieur le Directeur de Publication, vous avez le droit d’être contre les réformes pour les raisons que seul vous savez. Comme d’autres s’y opposent pour des raisons alimentaires pensant que leurs intérêts corporatistes sont plus importants que ceux de l’ensemble de la population. Chacun peut défendre son opinion sans essayer de jeter l’opprobre sur son voisin. La Constitution est un acte politique, j’accepte volontiers une opposition politique.

Oui, Monsieur le Directeur de Publication, votre droit d’opposition ne vous donne pas l’autorisation de laisser écrire n’importe quoi par n’importe qui, surtout si on a la prétention de donner comme titre à son journal «22 Septembre».

Je m’adressais à un juriste qui a compris mes propos, Maître Tall s’est ensuite adressé au grand public sur le même sujet. Les images sont disponibles à l’ORTM. Mais allez expliquer à un ignorant «la compétence subordonnée» ou la «compétence liée» quelle sinécure? Il faut venir de la planète Mars pour raconter tant d’inepties en quelques lignes. Le dernier paysan de Bitangoungou, de Nampala ou ailleurs, qui dispose dune radio, sait que les résultats de l’élection présidentielle en France sont publiés, proclamés par le ministre de l’Intérieur.

Je me permets, non pas pour le perroquet de service, mais pour l’information complète de vos lecteurs, de vous renvoyer à la loi 2005-14 portant règles générales pour les élections en République du Bénin.
Article 112 : «Conformément aux dispositions de l’article 117 al.2 de la Constitution:
La Cour Constitutionnelle:

- veille à la régularité de l’élection du Président de la République
- examine les réclamations, statue sur les irrégularités qu’elle aurait pu, par elle-même relever et proclame les résultats du scrutin».

Evidemment pour statuer sur la régularité du scrutin, et pour examiner les réclamations, il faut que les résultats soient publiés, ce que précise clairement l’article 99 de la loi précitée :
«Immédiatement après le dépouillement, le résultat du scrutin est rendu public et affiché…Il peut être rendu public par tous moyens d’information…».

C’est à partir de cette publication que la compétence de la Cour court. J’avoue que cela n’est pas facile à comprendre pour un simple d’esprit.
On est loin de la situation où l’on prend les résultats en otage jusqu’à 12 jours après la clôture du scrutin. Je vous invite à relire sereinement les propositions du CARI relatives à la Cour Constitutionnelle.
                                 Professeur Makan Moussa Sissoko

Notre réponse: «Makan Moussa Sissoko persiste dans l’erreur»
Dans notre parution N°201 du jeudi 25 août 2011, nous titrions: «Débat sur la révision constitutionnelle: quand l’expert Makan Moussa se plante». Dans cet article, nous avons rapporté les déclarations qu’il a faites sur l’ORTM: « Dites-moi un seul pays dans le monde où c’est la Cour constitutionnelle qui proclame les résultats». Nous avions trouvé cette déclaration peu fondée.

Malheureusement, le Professeur Sissoko continue de persister dans l’erreur, en nous envoyant un droit de réponse dans lequel il prend les exemples de la France et du Bénin pour dire que ce n’est pas la Cour ou le Conseil constitutionnel qui proclame les résultats. Il refuse de reconnaître qu’il s’est trompé, ou qu’il a fait un lapsus. Nous lui demandons de revoir très amicalement sa copie.

Le ministre de l’Intérieur français dont il parle ne proclame que des résultats provisoires, tout comme, d’ailleurs, au Mali. En France, c’est le bien, en effet, le Conseil Constitutionnel, qui a une compétence d’attribution et dont «les décisions s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles. Elles ne sont susceptibles d’aucun recours. L’autorité de la chose jugée ne s’attache pas seulement au dispositif mais aussi aux motifs qui en sont le soutien nécessaire. En matière électorale, le Conseil constitutionnel admet cependant les recours en rectification d’erreur matérielle»,  qui proclame les résultats définitifs des élections, qui sont des actes juridiques. Pour preuve, l’article 58 de la Constitution française de 1958 stipule on ne peut plus clairement «Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l’élection du président de la République. Il examine les réclamations et proclame les résultats du scrutin».

Entrons plus dans les détails, pour mieux vous rafraîchir la mémoire, Professeur Sissoko. En France, d’après les textes, en matière d’élection présidentielle «Le Conseil établit la liste des candidats. Il reçoit les déclarations des candidats concernant l’état de leur patrimoine et les comptes de leur campagne électorale. Le Président sortant doit lui remettre une nouvelle déclaration de patrimoine un mois avant la fin de son mandat. Il contrôle le bon déroulement des opérations électorales qu’il peut, ou doit, décider de reporter en cas d’empêchement ou de décès d’un candidat. Il peut annuler l’élection ou les résultats de certains bureaux de vote, pour irrégularités, la saisine étant effectuée par les candidats dans le délai de 48 heures après la clôture du vote. Il proclame officiellement les résultats».

Au Bénin, vous-même, Professeur, avez écrit dans votre droit de réponse que l’article 117 alinéa 2 de la Constitution de ce pays indique: «La Cour constitutionnelle veille à la régularité de l’élection du président de la République, examine les réclamations, statue sur les irrégularités qu’elle aurait pu par elle-même relever et proclame les résultats du scrutin».

Voilà donc que, Professeur, vous nous donnez raison. Alors, pourquoi vous plaignez-vous, en nous traitant au passage «d’ignorant», de «perroquet de service» et même de «simple d’esprit», ce à quoi l’usage du droit légitime de réponse ne vous autorise pas. Professeur, vous vous trompez de combat! Nous ne sommes, à 22 Septembre, ni pour ni contre les réformes constitutionnelles, chaque membre de notre rédaction étant libre de voter oui ou non à celles-ci, en son âme et conscience. Au lieu de vous remettre en cause, vous vous en prenez à notre modeste personne.

Nous n’avons fait que notre travail. Demain ou un autre jour, si vous ou une autre personnalité profère publiquement des contrevérités auxquelles nous sommes capables d’apporter la contradiction, nous n’hésiterons pas un instant  à le faire, même si, manifestement, cela ne vous plait pas, comme tout le monde a pu le constater lors de votre débat télévisé. Certains se demandent même sur quelle planète vous vivez.

Vos propos «dites-moi un seul pays dans le monde où c’est la Cour constitutionnelle qui proclame les résultats» sont inexacts, une fois de plus. Nous  pouvons vous citer également de nombreux autres pays dans lesquels c’est la Cour ou le Conseil Constitutionnel qui proclame les résultats de l’élection du président de la République. C’est le cas de la Centrafrique, où la Constitution du 28 décembre 1994 accorde le droit à la Cour Constitutionnelle de «veiller à la régularité des élections présidentielles, législatives, régionales, municipales, d’examiner et de proclamer les résultats du scrutin».  C’est aussi le cas du Tchad. En effet, la Constitution du 14 avril 1996 de la République du Tchad stipule que «le Conseil Constitutionnel connaît du contentieux des élections présidentielles, législatives et sénatoriales. Il veille à la régularité des opérations du référendum et en proclame les résultats». Egalement en République du Congo, «le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l’élection du président de la République, il examine les réclamations et proclame les résultats du scrutin».

Monsieur l’expert, ayez l’humilité de reconnaître que vous vous êtes planté. Vous nous avez aussi insulté. Mais, en bons petits frères, nous passons là-dessus et vous renvoyons à l’école et à des ouvrages comme «Justice constitutionnelle et systèmes politiques aux Etats-Unis, en Europe et France» de Jean Marcou, édité par les Presses universitaires de Grenoble en 1997 et «Justice constitutionnelle en Europe» de Dominique Rousseau, édité par les éditions Montchrestien en 1996.
La Rédaction

Tin-Essako (région de Kidal) : Comment Bahanga a trouvé la mort

C’est dans la journée du vendredi 26 août, au moment, aux environs de 12 heures, où les Kidalois s’apprêtaient à faire leur grande prière, que le chef des bandits armés le plus radical, Ibrahim Ag Bahanga, a trouvé la mort, entre Tin-Assalak et Achibogo, dans le cercle de Tin-Essako, à 50 km environ de la frontière algérienne.  Il venait du pays d’Abdoulaziz Boutéflika, où il aurait même accordé une interview au journal Al Watan. Deux des pneus de sa voiture auraient explosé, à en croire des sources concordantes.

Il était accompagné de deux personnes, selon des proches de sa famille. Il s’agit d’un certain Mohamedine et de son cousin Aghaly. Tous les deux ont été grièvement blessés, tandis que Bahanga a été tué sur le coup, sans aucune égratignure, aucune fracture ni blessure. On explique cette situation par le fait qu’au moment de l’accident, Bahanga portait sa ceinture pakistanaise, censée le rendre invulnérable. Mais pas immortel. Les autres accidentés ont été rapidement  évacués vers l’Algérie, précisément à Tinzawaten, localité voisine, pour y recevoir des soins (pour ceux qui ne le savent pas, il existe une Tinzawaten en Algérie aussi bien qu’au Mali). Nos sources indiquent qu’Ibrahim Ag Bahanga a été enterré le même jour près de Tin-Essako, entre deux puits qu’il avait fait lui –même creuser.

Bahanga, berger de son état, révélé aux Maliens comme un grand bandit en  2006, avec l’Alliance du 23 mai pour le changement, avait plusieurs fois refusé la main tendue d’ATT. Il a provoqué la mort de plusieurs personnes et posé des mines anti personnelles sur la route de Tinzawaten. Le mal causé par le défunt Bahanga est incalculable. Il ne sert à rien aujourd’hui d’énumérer la liste de ses victimes et de ses attaques.

Dieu, le Juste, a accompli sa mission. Pour autant, peut-on dire que la paix sera au rendez-vous dans la région de Kidal? L’espoir est permis, si les autorités actuelles s’assument. Sinon, la mort de Bahanga pourrait susciter la naissance d’autres Bahanga. Il revient maintenant au pouvoir de prendre la situation sécuritaire en mains et de poursuivre le développement entamé à travers la construction d’écoles, de centres de santé, d’adduction d’eau potable, d’emplois des jeunes. C’est le moment ou jamais de mettre l’accent sur le volet insertion des jeunes. L’Etat ne doit plus faire des promesses creuses à une jeunesse désœuvrée.

Le Programme Spécial pour la Paix, la Sécurité et le Développement du Nord est arrivé au bon moment. Cependant, l’Etat doit également renforcer l’Agence pour le développement au nord (ADN) afin de lui permettre l’exécution correcte de l’insertion de 10.000 jeunes dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal, dont les projets sont ficelés et attendent impatiemment d’être financés.
Si l’Etat maintient la cadence actuelle, au point de vue sécuritaire et du développement, il n’y aura plus d’autres Bahanga. Mais s’il baisse les bras, le pire est à venir. Que Dieu veuille bien inspirer nos gouvernants!
Chahana Takiou

Rapport du Fonds Mondial sur le Mali (1er Juin 2011) – 24 et fin : Conclusion: «Les transactions en numéraire, les plans de formation… sont particulièrement vulnérables aux abus»

Fin, avec ce 24ème et dernier épisode de notre feuilleton Fonds Mondial, de la leçon d’audit et d’enquête financière administrée par le Bureau de l’Inspecteur Général du Fonds Mondial à tous ceux qui nous ont fait l’honneur de la lire. Nous avons nous-mêmes appris beaucoup de ce document, un formidable roman policier dont, malheureusement, les péripéties n’étaient pas de la fiction! Le travail du BIG a déjà amené le Fonds à changer ses procédures et à se montrer plus scrupuleux dans ses contrôles. Gageons que les carences des autres structures, au plan national, seront analysées et traitées fermement! Nous pouvons déjà aviser nos fidèles lecteurs qu’un autre rapport explosif va bientôt les tenir en haleine, toujours dans ces colonnes, celui relatif à GAVI (l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation). A très bientôt!

C) Le Secrétariat doit strictement interdire, et ce dès maintenant, à toute entité ou personne ayant des responsabilités dans l’administration des fonds, ou chargée de leur conservation ou de leur contrôle, d’utiliser les retraits en espèces effectués sur les comptes du programme, sauf en cas de nécessité absolue. Tous les récipiendaires des fonds, notamment les fournisseurs, seront réglés directement par chèque ou par virement lors des achats de biens et de services pour les programmes du Fonds mondial.

D) Il sera exigé des récipiendaires principaux et des sous‑récipiendaires qu’ils établissent une liste des fournisseurs autorisés, complète et soigneusement vérifiée, auprès desquels les programmes peuvent acheter des biens et des services en toute sécurité. Il sera possible d’effectuer des achats auprès d’autres fournisseurs uniquement en cas d’urgence et en recourant à des procédures fiables et pouvant être vérifiées. Il sera stipulé dans l’Accord de subvention que les règlements en faveur des fournisseurs autorisés doivent être enregistrés correctement dans les livres et registres comptables et que le nom desdits vendeurs doit notamment être enregistré dans le système comptable.

E) Des clauses particulières doivent être ajoutées immédiatement à l’Accord de subvention des tous les programmes qui autorisent l’utilisation des fonds pour des événements de formation. Dans ce cas, l’Accord de subvention devra comprendre une annexe précisant que les récipiendaires principaux et les sous‑récipiendaires doivent établir des programmes trimestriels de formation et de supervision, qu’ils devront soumettre au LFA afin d’être autorisés à émettre les factures correspondant aux dépenses concernées. Par ailleurs, l’accord passé avec le LFA, et le mandat de celui-ci, devront être modifiés de manière à ce qu’il soit demandé au LFA d’effectuer régulièrement des visites impromptues de ces événements et activités programmées chaque trimestre et de mettre en place d’autres mesures viables à long terme afin de s’assurer que les événements de formation ont lieu et que les factures soumises pour ces événements sont légitimes.

F) Le Conseil d’administration devrait revoir le fait de considérer le montant et le rythme des décaissements des fonds des subventions comme un indicateur clé des résultats du personnel du Secrétariat, privilégier la qualité, plutôt que la quantité, des décaissements, et mettre l’accent sur la nécessité de s’assurer que les fonds sont réellement utilisés (par le biais d’un suivi continu) aux fins prévues par la subvention.

Lettre d’accompagnement du rapport d’enquête du BIG

Genève, Suisse, 1er juin 2011

Cher lecteur,
De février 2010 à avril 2011, le Bureau de l’Inspecteur général (BIG) du Fonds mondial a enquêté sur quatre subventions accordées au Mali. Les résultats de cette enquête sont présentés dans le document intitulé Rapport d’enquête final sur les subventions Paludisme (1 et 6) et Tuberculose (4 et 7) du Mali. L’enquête est le fruit des importants travaux du BIG et fournit une analyse complète et minutieuse de ces subventions au Mali.

Le rapport expose dans le détail les résultats de l’enquête et ses dernières constatations et recommandations. Il décrit comment certaines personnes du pays liées aux programmes – et un certain nombre de leurs fournisseurs et prestataires de biens et de services – ont systématiquement spolié le Fonds mondial et ses programmes pendant plusieurs années. Différentes personnes ont été arrêtées par les autorités pénales maliennes en raison des événements identifiés dans le rapport et sont en attente d’un procès. Le fait que ces fraudes aient été en partie détectées par un audit et totalement révélées grâce à la vigilance du propre Bureau de l’Inspecteur général du Fonds mondial et que les personnes ayant perpétré ces fraudes fassent actuellement l’objet de poursuites judiciaires devrait avoir un effet dissuasif sur les autres.

Plusieurs faiblesses ont été recensées au niveau de la gestion des subventions et le BIG a proposé – et le Secrétariat a pris – des mesures vigoureuses pour améliorer la gestion des subventions. Les anciens récipiendaires ont été remplacés et une subvention a été close. Le Fonds mondial espère que les programmes qu’il soutient au Mali seront bientôt pleinement relancés et améliorés afin de combattre la pandémie liée aux trois maladies. Ces mesures illustrent la politique de «Zéro tolérance à la fraude» du Fonds mondial.

Cette affaire a en fait contribué à la plus importante réforme de la gestion des subventions du Fonds mondial depuis sa création. Nous sommes convaincus que, grâce à ces événements, le Fonds mondial est maintenant beaucoup plus fort et bien mieux préparé pour prévenir et détecter rapidement les fraudes et les abus. Nous pensons également que cette affaire a contribué à améliorer les processus et les contrôles internes du Fonds.

Du fait de la nature de sa mission et afin d’atteindre certaines des populations parmi les plus vulnérables du monde, le Fonds mondial travaille dans des pays dans lesquels l’architecture institutionnelle et de contrôle est peu développée. En s’attaquant aux déficiences de gestion et à la corruption, le Fonds est mû par deux principes de base: une transparence totale et une tolérance zéro à la fraude.

Le présent rapport – qui est publié sur le site Internet du Fonds mondial – témoigne de l’engagement que ce dernier a pris d’identifier et d’enquêter avec fermeté sur les fraudes qui affectent ses subventions et ses engagements vis-à-vis d’une transparence réelle et totale.

Il est important d’insister sur la distinction qui doit être faite entre les actes répréhensibles commis par certaines personnes et les efforts louables de la majorité des acteurs qui travaillent à promouvoir la santé au Mali. Je souhaite, en particulier, remercier le Président du Mali, Son Excellence Amadou Toumani Touré, pour son appui indéfectible aux travaux engagés par le Bureau de l’Inspecteur général du Fonds mondial pour détecter et mettre un terme aux actes frauduleux affectant ces subventions. Je voudrais, par ailleurs, saluer les activités mises en place par Le Secrétariat pour renforcer les programmes subventionnés afin de prévenir toute nouvelle défaillance des contrôles et de garantir aux subventions une performance optimale.

La mission du Fonds mondial est de sauver des vies et d’aider les pays à construire des systèmes de santé solides et pérennes. Chaque dollar détourné est un dollar perdu pour ce combat. Le Fonds mondial entend protéger sans relâche ses actifs et compte y parvenir grâce à un engagement infaillible envers les pays auxquels il apporte ses services.

Veuillez croire, Cher lecteur, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Martin Dinham,
Présidence du Conseil


Réponse du Secrétariat du Fonds mondial au rapport d’enquête sur le Mali,
19 avril 2011

Le Secrétariat remercie le BIG pour les travaux impressionnants engagés pour cette enquête.
Le Secrétariat rappelle qu’il a commenté la version préparatoire du rapport d’enquête le 14 mars 2011. Il est informé que le BIG a communiqué une version préparatoire du rapport d’enquête à la CCM au Mali et qu’il reste dans l’attente de ses commentaires.En réaction aux premières informations du BIG, le Secrétariat a clôturé en décembre 2010 une subvention Tuberculose attribuée au Ministère de la Santé du Mali, tout en assurant la poursuite du traitement des treize patients traités au moment de cette clôture. Parallèlement, deux subventions Paludisme (attribuées au Ministère de la Santé et à l’organisation non gouvernementale «Groupe Pivot») ont été suspendues. Des dispositifs de mise en œuvre alternatifs – impliquant un nouveau récipiendaire principal – ont été identifiés et sont actuellement en cours de négociation.

Au moment de la clôture (subvention Tuberculose) et de la suspension (subvention Paludisme), les procédures prévues par la «Additional Safeguards Policy» ont été invoquées par le Directeur Exécutif. Fondamentalement, cela assujettit toute décision de gestion importante au Mali à l’approbation du Secrétariat, ce qui contribue à intensifier le contrôle fiduciaire.

Le Secrétariat prendra toutes les mesures possibles pour récupérer les fonds de subvention perdus.

Le BIG félicite le LFA pour sa coopération exceptionnelle lors de son enquête et pour sa vigilance accrue. Le Secrétariat s’assurera que la qualité actuelle de la supervision du LFA soit maintenue à l’avenir.

Le Secrétariat prend note de l’importance du rôle des récipiendaires principaux suspendus dans la riposte nationale à la tuberculose et au paludisme, et travaillera – principalement par l’intermédiaire de partenaires – pour s’assurer que ces entités reçoivent une assistance technique appropriée qui leur permette de reprendre leurs responsabilités dans la gestion des subventions.

Le Secrétariat appliquera les enseignements tirés de l’enquête lors de la négociation des subventions attribuées aux soumissions approuvées de la Série 10. L’accent sera spécialement mis sur un examen minutieux renforcé des transactions en numéraire, des plans de formation et d’autres lignes budgétaires identifiées par le BIG comme particulièrement vulnérables aux abus.
Fin.
Ramata DIAOURE

Fête du Ramadan à Bamako: Les accidents de la circulation font 2 morts et 124 blessés

La célébration de la fête du Ramadan de cette année s’est, comme à l’accoutumée, accompagnée de son corollaire d’accidents de la circulation. Pour les seules journées des 29 et 30 août, la Protection civile a enregistrée 87 accidents de la circulation, faisant deux morts et 124 blessés dans le District de Bamako. Et ce sont toujours les motocyclistes qui en sont les principales victimes.

Malgré toutes les mesures prises par les autorités chargées de la circulation routière, les accidents de la circulation impliquant surtout les motocyclistes se sont multipliés la veille et pendant la fête du Ramadan dans le District de Bamako. Aussi la Protection civile était-elle, de jour comme de nuit, sollicitée pendant ces deux journées, où elle a effectué plus d’une centaine d’interventions pour accidents de circulation.
En effet, le ton fut donné, le lundi 29 août, c’est à dire à la veille de la fête, quand la Protection civile a été appelée à intervenir dans 35 cas d’accidents de la circulation routière. Ceux-ci ont fait 52 blessés mais n’ont pas occasionné de pertes en vies humaines.

Dans la journée du 30 août, par contre, le nombre d’accidents s’est considérablement accru, sitôt après la grande prière de ce jour béni. Pendant cette deuxième journée, les éléments de la Protection civile ont enregistré 52 accidents de la circulation routière, dont un cas particulièrement meurtrier. Il s’agit d’un accident de circulation impliquant deux motos Jakarta et une moto Sanili, qui a fait deux morts et deux blessés graves, au niveau de Sirakoro Dunfing, sur la route de Kati.

Pendant cette journée très mouvementée, la Protection civile a enregistré un total de 72 blessés. La particularité étant que ce sont les motocyclistes qui étaient les plus impliqués dans presque tous ces accidents et que les victimes, sans exception, étaient des personnes roulant à bord de ces engins à deux roues. Autre remarque, le plus grand nombre d’accidents fut enregistré au Rond point de la Tour de l’Afrique. Il est, comme toujours, question des excès de vitesse et de l’incivisme des motocyclistes.

Parmi les rares accidents impliquant des voitures, on peut citer le cas d’un véhicule qui a renversé une moto Jakarta au niveau du Rond point de la Tour de l’Afrique, faisant deux blessés graves. Sur cette liste il y a aussi une Mercedes blanche qui a complètement quitté la route pour se retrouver dans le caniveau à Sogoniko, sans faire de victime, et une BMW qui a pris feu, aux environs de 23 heures, sur l’Avenue du peuple, au niveau de la Bourse du travail.

Il urge de mettre en place une véritable politique de gestion des motos et aussi de mener à bien l’élaboration d’un plan d’actions codé pour juguler les accidents de la circulation. Concernant les véhicules, les accidents ont pour causes principales les excès de vitesse et l’incivisme. Quant aux gros transporteurs, la plupart des accidents dans lesquels ils sont impliqués sont dus à la vétusté des camions achetés en Europe, qui ne répondent plus aux normes. Toutes choses qui interpellent les autorités chargées de la circulation routière.
Pierre Fo’o Medjo