Archives quotidiennes :

De quoi je mêle : Si le savant pouvait, si le pouvoir savait

Ces jihadistes ! Ils n’ont rien à voir avec le village planétaire. Rien à voir avec la courtoisie protocolaire.  Figurez-vous, c’est la veille de la passation de pouvoir entre François Sarkozy et Nicolas Hollande, – tous les Blancs et leurs noms ne se ressemblent t-ils pas ?- que ces soldats de l’austérité cravachent à Gao les enfants qui osent commettre le péché pendable de jouer au foot. Les résidents de la Cité des Askia ont dignement riposté mais il faut dire qu’ils sont bien seuls.

Adam Thiam (Le Républicain)

Leur envoyer des céréales, des compresses et de la bétadine, ce n’est pas un problème mais monter au front comme le demandent des voix qui demandent ce sacrifice au voisin de palier, jamais !  Nous les amis d’Aqmi, on a tout compris et pris les devants puisque Iyad a annoncé du haut de sa victoire jusque-là pas défiée qu’il s’apprête à prêcher dans les grandes villes du pays voici les dispositions prises par notre prévoyante famille : pas de stocks de céréales en prévision de l’embargo Cedeao mais chaque membre de la famille a eu quatre exemplaires de coran, plusieurs voiles pour chaque fille, des fausses barbes contrefaçon parfaite pour les hommes et même pour le petit fiston de douze ans, chapelets soigneusement cachés car il paraît qu’ils n’aiment pas ça, portraits descendus des murs y compris des parents décédés, à la place des tableaux de belle calligraphie des 99 noms de Belmoktar.

Pas de vinaigre, rien qui ressemble à de la saucisse. Qui est fou ? Même le savant interplanétaire a dit que si ça tenait à lui, Gao Tombouctou Kidal auraient eu quarante tonnes de céréales tous les jours et a, semble t-il, dissuadé les élus du Nord de demander des troupes Cedeao pour la libération du Nord. Sans me mêler des affaires du pays qui nous appartenaient avant, nous on fait quoi si lui dit ça ?  Sinon que de raccourcir nos pantalons, porter des gilets, attendre nos repas à la mosquée et gâter l’imam pour qu’il ne donne pas la liste des fidèles de sa mosquée du temps immémorial où vendredi déclenchait plus le réflexe pavlovien du Diplomate quand Toumani Diabaté, aujourd’hui recyclé muezzin de son quartier jouait la Kora. Soit dit sans intention de le dénoncer !

Adam Thiam

 

Elan de solidarité d’Ançar Dine aux populations du nord à la faveur de la célébration des 57 ans de leur guide : Ançar Dine ouvre un couloir humanitaire en direction des déplacés

Après une collecte de sang pour les militaires blessés lors des conflits du nord et lors des événements du 30 avril au 1er mai, l’association Ançar Dine vient d’ajouter une corde à son arc. Réunis pour célébrer les 57 ans de Chérif Ousmane Madani Haïdara, les disciples ont décidé d’ouvrir un corridor humanitaire à destination des populations déplacées. L’annonce a été faite dimanche dernier au CICB.

Chérif Ousmane Madane Haïdara

La communauté musulmane s’était donné rendez-vous le dimanche 13 mai au CICB à l’invitation de l’association musulmane Ançar Dine. De nombreux leaders religieux parmi les plus illustres avaient fait le déplacement. Il s’agit outre de Chérif Ousmane Madani Haïdara, de soufi Bilal Diallo, l’imam de Torokorobougou, Mahmoud Diallo, non moins membre du Groupement des leaders religieux, le représentant des chorfas du district de Bamako et les familles fondatrices de la ville. Ajoutez à ceux-ci les leaders politiques Mountaga Tall et DR Oumar Mariko. On notait aussi la présence remarquée des responsables de l’ONG « Cris de cœur » très engagée dans l’humanitaire auprès des populations du nord de notre pays. La présence de cette ONG aux côtés des disciples de Chérif Ousmane Madani Haïdara était due au fait que ces derniers avaient placé au cœur de la célébration des 57 ans de leur guide « l’humanitaire en faveur des populations du nord ». Lors de la rencontre de dimanche dernier, l’association Ançar Dine a décidé d’ouvrir un couloir humanitaire pour les populations du nord déplacées au Burkina Faso, au Niger et en Mauritanie. Pour ce faire, une collecte de dons a été lancée depuis dimanche et s’étend jusqu’au 25 mai. Et concerne des dons en argent et en nature. Cerise sur le gâteau, Chérif Ousmane Madani Haïdara a offert la somme d’un million de FCFA, un de ses proches a aussi offert le même montant. D’autres dons, nous a-t-on dit proviendront de toutes les localités du pays et seront acheminés sur les camps des réfugiés. Auparavant, Ançar Dine avait fait une collecte de sang pour les victimes des conflits du nord. Ce geste a eu l’assentiment des participants dont l’ONG « Cri de cœur ». Son représentant Almady Cissé a dépeint la situation très critique dans les zones sous occupation depuis l’arrivée des bandits armés. Il a attiré l’attention de l’opinion nationale surtout musulmane sur le désastre humanitaire vécu par les populations qui manquent de tout. Le guide spirituel de la confrérie des soufis, Bilal Diallo, a salué les actions menées par Ançar Dine et a dénoncé l’usurpation dont celle-ci fait l’objet de la part des djihadistes d’Iyad Ag Ghaly. Et d’inviter tous les musulmans à se donner la main pour faire face aux épreuves que traverse notre pays. L’imam Mahmoud Diallo a pour sa part dénoncé la dépravation des mœurs, la perte des repères et les agissements de la classe politique. Autant de facteurs qui ont abouti à tout ce que le pays traverse comme problèmes.  Auparavant, le Secrétaire général de l’association Amara Kassogué parlant au nom du président Adama Diawara, a avec la dernière rigueur condamné la profanation des tombeaux à Tombouctou. Bouna Niang, Aïché Sangaré ont tous loué le franc parler et le sens de la justice de Chérif Ousmane Madani Haïdara. Celui-ci a vivement salué les Ançar Dines pour les actes symboliques qu’ils ne cessent de poser au nom de l’islam.

Abdoulaye  DIARRA

Sortie de crise au Mali : LE CNRDRE demande l’organisation d’une Convention nationale

Dans une déclaration lue le 14 mars 2012, au cours d’un point de presse organisée à Kati, le Capitaine Amadou Haya Sanogo, Président du Comité national de redressement de la démocratie et de la restauration de l’autorité de l’Etat (CNRDRE), a demandé au Premier ministre d’organiser une Convention nationale qui sera placée sous la haute présidence du Professeur Dioncouda Traoré, Président par intérim de la République du Mali.

« Mes chers compatriotes, le 22 mars passé, nous avons posé notre acte avec le sentiment patriotique de redonner au mali une chance de relève de ses décombres », c’est en ces termes que le Capitaine Amadou Haya Sanogo a introduit ses propos lors du point de presse du 14 mai 2012.  Avant d’ajouter «  mais, au fil des jours, nous avons encore le sentiment d’être mal compris par certain et même contestés  par d’autres, ce qui est légitime ». Fort de ce constat, le Capitaine a rappelé « aujourd’hui, plus que jamais, nous demeurons fermement rattacher  à nos engagement et  fidèles à nos idéaux : Nous avons toujours dit  et redit, le  Mali d’abord ». Qu’à cela ne tienne, il a rappelé aux maliens que « personne d’autre ne fera ce pays, si ce  n’est que nous, maliennes et maliens ». Sa conviction étant que « les bonnes volontés pourront nous aider. Mais, jamais plus que nous qui devions être les premiers artisans ». Après avoir remercié la CEDEAO et ses émissaires pour les efforts louables consentis dans la recherche de solutions de sortie de crise, le Capitaine Amadou Haya Sanogo a indiqué que « les négociations n’ont certes pas échoué, mais s’il y a quelque chose qui manque, c’est le temps ». Cependant, il s’est voulu un peu alarmant. « Nous avons tout mis en œuvre pour que ce pays ne retombe pas dans un chaos. Mais hélas, je vous garanti que des signes annonciateurs ostensibles  se pointent déjà à l’horizon », a-t-il déclaré. Face à cette menace qui plane sur la paix et la stabilité au Mali, il a invité les Maliens à faire preuve d’un patriotisme exceptionnel.

L’occasion de repartir sur une base saine et durable

Avant de rappeler à ses  chers compatriotes « le bon dieu dans sa clémence et sa miséricorde, nous a encore donné l’occasion de repartir sur une base saine et durable, pour faire asseoir un avenir meilleur pour les générations avenir. Prenons notre avenir en main ».

Convaincue que la patrie malienne est la chose que nous avons de plus chère, il a invité les Maliens à prendre soins de cette patrie. Mieux, il les a rassuré que «  le  CNRDRE ne sera jamais un problème, mais une solution ». Cette assurance faite, il a invité tous ses compatriotes à se résoudre à faire face à l’urgence. Selon lui « nos frères, nos familles, dans les régions occupées, continuent de souffrir et plus graves de subir toutes sortes d’humiliation et d’atrocités… ». Le Capitaine a déploré le fait que malgré cette situation difficile, «  la seule passion aveuglante et assourdissante de la quête du pouvoir demeure  la priorité pour certains ».

La possible disparition du CNRDRE

Sans exclure la possibilité de voir la disparition du CNRDRE, dans l’intérêt supérieur de la nation, le Capitaine Amadou Haya Sanogo et ses frères d’armes, ont demandé au Premier ministre Modibo Diarra d’organiser une Convention qui sera placée sous la haute présidence de Dioncounda Traoré, Président de la République par intérim. « Encore une fois, dans l’intérêt supérieur de la nation que nous prônons toujours avec conviction, même si cela nécessiterait un terme à notre propre existence, avons demandé de façon désintéressée  à son excellence Monsieur le premier ministre, dès aujourd’hui, d’organiser une Convention avec toutes les forces vives de la nation, sans exception aucune. Cette Convention sera placée sous la haute présidence de son excellence Monsieur Dioncounda Traoré, Président de la république par intérim », a-t-il indiqué. Selon lui, cette Convention aura comme point focal,  « le choix du futur président ou président de la transition, c’est-à-dire l’homme ou la femme de votre choix ». Pour le CNRDRE, cela sera « une solution à la malienne, mais aussi acceptée par tous ceux qui veulent le bien du Mali et le bonheur du peuple malien ». Le Capitaine a invité «  à respecter,  assister et  aider  celui  ou celle qui sera désigné à l’issue de cette convention, le gouvernement en place et les autres organes de la transition dans l’accomplissement de leurs missions ».

Assane Koné

Société : Conjurer le cycle de violence

Ce n’est plus le temps où le pouvoir était obtenu par le bout des armes, le temps d’un coup d’Etat souvent par procuration, ces genres d’intervention militaires à la suite desquels s’il n’a pas péri dans une action similaire, le putschiste resterait à la tête pour une, deux ou trois décennies. Un pouvoir sans partage, une économie partagée avec les belles et les beaux de la belle famille, et une influence terrible sur les libertés individuelles et collectives, ainsi que la vie sociale. Le temps de ce pouvoir dictatorial est révolu et à défaut d’un rapport de force favorable pour l’empêcher à l’interne, la communauté internationale, malgré les travers qu’elle comporte, ne le permettrait plus. Pour autant le Mali est présentement plongé dans une crise sans précédent dû à un coup d’Etat, et les Maliens ne parviennent pas à se sortir de là. Le recours à la Cedeao n’a pas permis de sortir de l’auberge. Qu’est ce qui bloque le processus de normalisation de la vie publique au Mali et quelles sont les voies de sorties de crise? C’est à cela que les forces vives maliennes et la communauté internationale réfléchissent depuis le 22 mars, date du coup d’Etat dirigé par le Capitaine Amadou Sanogo qui a renversé le Président Amadou Toumani Touré.

Blocage de la normalisation                  

A la veille du coup d’Etat du 22 mars, c’est-à-dire, les jours, semaines et mois qui l’ont précédé, les signes avant-coureurs ne se faisaient pas rares, au point que le Président Amadou Toumani Touré en a fait cas le 8 mars. La situation recelait un coup d’Etat, avait-il dit. C’était une évidence pour tout homme averti. Un projet de révision constitutionnelle largement contesté, des élections mal emmanchées, faute de fichier crédible, un marché douteux sur la fourniture des matériels électoraux, une dignité de Malien écorné parce qu’une armée n’étant pas à mesure de défendre l’intégrité territoriale, la sécurité des personnes et des biens du Mali. La rue devint le moyen d’expression privilégiée des populations, face à la situation de vaste mécontentement et le manque d’attention accordée par les pouvoirs publics. A la différence de la ‘’Comode’’ et du ‘’Collectif Touche pas à ma constitution’’, dont les manifestations de rue étaient pacifiques, les marches des femmes et des enfants des camps contre les mauvaises conditions de l’armée au front ont été d’une rare violence, avec des casses, barricades et incendies dans les rues de Bamako, de Kati et dans certains camps à l’intérieur du pays. Ces manifestations populaires, les unes plus violentes que les autres ont préparé le terrain à un coup d’Etat, en contribuant normalement à affaiblir un régime faussement consensuel. Parce que, malgré toutes ces contestations publiques et fortement médiatisées, le pouvoir maintenait allégrement le referendum et l’élection sans le fichier qu’il fallait, et les replis stratégiques de l’armée avec la bénédiction des pouvoirs publics faisaient la saison, frappant les pauvres Maliens dans la seule chose qu’ils ont, la dignité. Devoir de mémoire ! Devoir de mémoire ! Après la prise de conscience des militaires du Cnrdre, contraints de mettre à la poubelle leur acte fondamental n°1, et de rétablir la constitution du 25 février 1992, conformément à l’engagement solennel du 1er avril 2012, matérialisé par l’accord cadre du 6 avril entre le Cnrdre et la Cedeao, les acteurs du jeu politique doivent s’interroger sur les évènement assez sanglants du 30 avril dernier et y prendre date pour éviter au pays de plonger dans un cycle de violence qui n’arrangerait aucun ami du Mali, encore moins un Malien. Taire les passions et s’engouffrer dans les brèches qui ouvrent la voie sur un Mali refusant la guerre civile, c’est la donne qui aura du mal à se frayer un chemin, mais c’est la voie noble qui épargne le pays d’un cycle de violence.

B. Daou

 

Capitaine Sanogo et ses compagnons du CNRDRE : Leur sort entre les mains de Dioncounda Traoré

Bien qu’il ait les pouvoirs militaires, le CNRDRE sait bien que les armes ne peuvent pas le protéger mieux que les textes juridiques. Le Capitaine Sanogo et ses compagnons du 22 mars 2012 ont besoin de protection juridique contre toute poursuite judiciaire pour leur coup d’Etat. Pour cela, après le projet de loi et sûrement le vote de l’assemblée nationale, le dernier mot interviendra à Dioncounda Traoré pour promulgation.

Le Conseil des ministres a adopté un projet de loi le 9 mai 2012 portant sur l’amnistie générale au profit des membres du Comité national de redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE). Selon nos informations, l’assemblée nationale va statuer sur le projet de loi ce jeudi 17 mai.

Le Premier ministre a déjà saisi le parlement à cet effet. Après le quitus des députés, c’est le président de la république qui doit promulguer la loi. Pour cela, le président Dioncounda Traoré dispose de 15 jours. Et si la loi n’est pas promulguée avant le 22 mai 2012, date de la fin de son intérim, l’épée de Damoclès sera maintenue sur la tête du capitaine Sanogo et les membres du CNRDRE. Ils seront passibles de poursuite pour crime contre le peuple malien, tel que la constitution de 1992 dispose dans son article 121.

D’ici là, la bonne collaboration entre le  CNRDRE et le président par intérim Dioncounda Traoré est plus que nécessaire.

Sékou COULIBALY

Younouss Hamèye Dicko, président du parti RDS : «Le président de la transition doit être Amadou Haya Sanogo…»

Face à la situation socio-professionnelle que connait notre pays, le président du Rassemblement pour le Développement et la Solidarité (RDS), Younouss Hamèye Dicko s’est entretenu avec votre journal. Lisez.

Younouss Hamèye Dicko

Le Katois : Professeur, dans quel contexte socio-politique nous vivons, aujourd’hui, au Mali ?

Younouss Hamèye Dicko: Le contexte socio-politique actuel dans lequel nous vivons au Mali est assez difficile. Difficile politiquement, socialement, sécuritairement et militairement. Nous avons connu de grandes défaites dans le nord qui nous a humiliés. Et, ce désordre de non Etat dans notre pays et particulièrement dans le nord du Mali. Non Etat qui date pratiquement de 2006 avec les accords d’Alger. Donc, cet ensemble de désordre a amené à provoquer un coup d’Etat parce que l’honneur du Malien n’en pouvait plus. Nous étions écrasés par la honte et naturellement, les événements du 22 mars sont arrivés. Pour moi, il n’y a avait pas d’Etat et on ne pouvait même pas, honnêtement, parler de coup d’Etat.

Donc, c’est-dire que ce Coup d’Etat du 22 mars se justifie de facto ?

Un coup d’Etat ne se justifie jamais, mais il est une réalité qui s’impose dans une situation donnée. Cette réalité là, il faut la reconnaître comme telle et elle s’impose comme un grand accident qui vient de se produire parce ce que vous vous conduisez mal dans la circulation et l’accident arrive. C’est cela le coup d’Etat. Vous ne pouvez pas dire que le coup d’Etat est un pur hasard, ce n’est pas parce que vous conduisez mal que vous avez fait l’accident pour autant, on ne peut pas dire que l’accident est juste. Mais, il est objectivement là et c’est cet objectif que nous devons regarder sans pourtant dire qu’il est justifié parce que justifié a un sens de légal.

Donc, nous nous trouvons aujourd’hui dans cette situation après ce coup d’Etat. Il y a eu des accords entre le Comité National de Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’Etat (CNRDRE) et la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la manière de conduire le pays après ce coup d’Etat. Cette manière consiste à revenir à une vie constitutionnelle sans pour autant dire qu’il n’y a pas eu l’accident. Et, l’accident a ouvert d’autres brèches, voire d’autres pistes. Il est difficile de revenir sur la grande route comme cela sans réconcilier les deux situations. De revenir comme ça à la situation antérieure, c’est nier la réalité et c’est presque donné un quitus à la mauvaise gouvernance. Donc, aujourd’hui, la façon dont la CEDEAO a pris position à Abidjan est une agression contre le peuple malien. Nous n’avons pas besoin d’une deuxième calamité. Nous sommes suffisamment éprouvés et que la CEDEAO ne nous écrase pas davantage comme si elle voulait mettre le peuple malien aux pas. On ne peut pas mettre le peuple du Mali aux pas. Ce que nous attendons de la CEDEAO, c’est de nous aider à émerger de cette situation et non de nous enfoncer.

«On ne peut pas dire au CNRDRE de plier bagages et de s’en aller pour que l’incapacité notoire qui a créé cette situation vienne se réinstaller avec effronterie dans le circuit de la gouvernance du pays»

 Quel doit être le rôle du CNRDRE face à cette agression de la CEDEAO ?

Le CNRDRE est aujourd’hui un fait qui existe dans notre pays. Ce sont des hommes et des femmes qui ont changé, à leur manière, le cours de l’histoire dans notre pays. On ne peut pas dire au CNRDRE de plier bagages et de s’en aller pour que l’incapacité notoire qui a créé cette situation vienne se réinstaller avec effronterie dans le circuit de la gouvernance du pays. Ce n’est plus possible. Donc, le CNRDRE doit avoir une fonction jusqu’à la fin de la transition. Et, de mon point de vue, il n’est pas possible que ce soit ceux qui ont mené le pays à la situation qu’on connaît qui vont diriger la transition. C’est de la blague !

Quel est le président que vous souhaitez pour diriger la transition ?

J’en arrive. Vous savez, nous autres, on ne souhaite pas comme ça. C’est après une analyse qu’on abouti à quelque chose. Nous disons qu’on ne peut faire conduire le changement par ceux qui ne l’ont pas initié. Ce sont ceux qui ont initié le changement qui doivent le conduire jusqu’à son terme, c’est-à-dire, jusqu’à l’élection d’un président de la République à travers un fichier propre. Ce ne sont pas ceux qui ont gouverné le pays jusqu’ici qui peuvent faire un fichier propre. Vous l’avez vu, nos combats. Moi, j’ai coordonné les actions de 48 partis politiques pour un fichier fiable. Certains grands partis ont tourné le dos à cette action, d’autres l’ont accompagné avec nous. Ce ne sont pas ces partis-là qui peuvent faire croire qu’ils vont faire des élections propres. Ils ne pourront pas. Ce n’est pas parce qu’ils ne veulent pas, mais parce qu’ils ne peuvent pas. Parce qu’ils sont dans un circuit, une atmosphère et une situation où ils ne peuvent pas agir. Il y a une corruption telle, autour du fichier électoral et dans nos mœurs électorales que ce ne sont pas ceux-là même qui ont vécu dans ce milieu, quelque fois l’ont favorisé, qui pourraient nous sortir dans un an dans une situation idéale. C’est impossible. Donc, pour nous, il est évident que les gens qui ont initié ce changement le mènent jusqu’au bout. En d’autres termes, en ce qui nous concerne, le président de la transition doit être Amadou Haya Sanogo. Il doit conduire ce changement et nous allons le juger à la fin du changement. Parce qu’il ne faut pas croire que nous souhaitons que quelqu’un conduise ce changement là qu’il est sans faute. Nous devons le juger à la tâche  tout comme nous avions dit que nous allons juger le gouvernement de la transition à la tâche. Nous allons juger aussi le CNRDRE à la tâche, c’est-à-dire, il nous a promis quelque chose quand il a pris le pouvoir. Il faut qu’il le réalise. Ce n’est pas un autre qui va le réaliser, c’est impossible. C’est une simple question d’intelligence, ce n’est même pas une question politique. Question totalement objective. On nous a dit qu’on libère le nord, nous nous voulons que le Mali recouvre son intégrité territoriale. On nous a dit qu’on va redresser la démocratie, on nous a dit qu’on va restaurer l’Etat. Nous allons juger ceux qui conduiront la transition. Ce sont ces points là et je ne crois pas qu’on puisse juger un autre là-dessus que le Capitaine Amadou Haya Sanogo, lui même.

Qu’est-ce que vous attendez du peuple malien pour accompagner Amadou Haya Sanogo ?

Nous attendons beaucoup du peuple malien parce que je me considère comme le peuple malien. Nous sommes convaincus, qu’aujourd’hui, ces objectifs ne seront atteints qu’à travers une convention nationale. Il faut tenir la convention nationale immédiatement si non il y a des gens qui cherchent à faire tout échouer. Cela même qui ont échoué, ne veulent pas que d’autres réussissent. Je crois qu’il n’y a pas de faiblesse à manifester nulle part. Nous nous battons pour le Mali et, pour le Mali, nous allons jusqu’au bout. Je crois que le peuple malien doit se lever pour exiger la convention nationale, pour exiger que cette transition soit proprement menée. Nous avons, déjà, un gouvernement pour ça. Il faut qu’on mette en place une transition politique qui soit capable d’accompagner le gouvernement. Pas des gens qui vont lui mettre les bâtons dans les roues. Le peuple malien veille  et n’acceptera pas toutes les tractations qui consistent à le basculer quelque part, à nous empêcher de récupérer nos territoires.  Nous n’en voulons plus de ces tractations. Ce n’est pas ceux qui ont perdu ces territoires qui vont pouvoir le récupérer. Donc, il faut une mobilisation du peuple. Que ceux qui reviennent à nos troubles n’y viennent pas. Qui célèbrent eux aussi pour accompagner le peuple et les forces vives pour réaliser notre destin commun qui consiste à récupérer Gao, Tombouctou, Kidal et Tessalit. Nous ne laisseront pas un cm2 à quelqu’un aussi longtemps que nous seront vivants.  Je crois que le Mali vivra longtemps même si les hommes ne le sont pas. Des puissances étrangères nous ont trahi et ont voulu partager notre pays. Nous savons ce qui s’est passé en Libye, nous savons les accords qui ont eu lieu en Libye entre nos jeunes compatriotes qui combattaient et une puissance étrangère. On espère que cette puissance changera de politique parce que celui qui a mené cette politique n’y est plus. Je crois que tous les Maliens ont applaudi le dimanche 6 mai 2012 quand on n’a su que ce Monsieur ne revient plus.

Professeur, votre mot de la fin ?

C’est toujours le plus difficile. Je serai déterminé à demander à tous nos camarades dans tous les partis politiques, Dieu sait que j’en ai dans tous les partis politiques, des frères, des amis déterminé à appeler l’union sacrée autour du changement. Que personne ne regarde derrière. Il n’y a rien derrière, il n’y a que la honte derrière, il n’y a que notre humiliation derrière. De nous retrouver tous, que se soit le FDR, la Csfm et autres choses. Nos militaires, qu’ils retrouvent la paix entre eux ; que nous nous retrouvions tous pour construire l’avenir. Le passé, c’est fini. Ce qui s’est passé ici, ça se conjugue au passé, cela ne reviendront plus. Donc, que nous soyons sages, mûrs pour nous retrouver tous dans une Convention nationale et écrire une nouvelle page de notre histoire, exactement comme nous l’avions fait en 1991 lors de la Conférence nationale. Qu’on se retrouve dans cette Convention nationale pour écrire notre avenir et notre devenir. Mais, j’ajouterai aussi qu’à nos actions s’additionne la CDEAO et qu’elle ne travail plus contre le peuple Malien. Qu’elle ne cherche plus à mener des gens, qu’elle laisse au peuple Malien faire ses choix. Quand le peuple Malien était humilié au nord, la CEDEAO n’était pas là ; quand les jeunes gens ont pris leur responsabilité les 21 et 22 mars 2012, la CEDEAO n’était pas là. Donc, ce n’est pas maintenant que nous sommes dans les grandes difficultés que la CEDEAO en crée, en allant prendre des décisions toute seule à Abidjan comme si le Mali était quelque chose qu’il faut piétiner. Je dis non. Nous ne sommes d’accord. La CEDEAO doit s’ajouter à nous, à toutes les forces positives de ce pays pour construire un nouvel avenir. Le passé c’est fini et l’ancien régime est parti, il ne reviendra pas, ça c’est clair. Donc, que la CEDEAO ne regarde plus derrière, mais plutôt dans la même direction que le peuple Malien. C’est le peuple Malien qui est souverain, personne d’autre.

Réalisée par Mamadou DIALLO «Mass»

Dioncounda et la transition ! Prolongations et survivances du régime ATT

Après la chute de ATT, contraint à l’exil, notre pays s’est conformé aux règles édictées par notre Loi fondamentale, la Constitution, selon laquelle c’est le président de l’Assemblée nationale qui prend les rênes du pouvoir. Mais le délai constitutionnel pour Dioncounda « intronisé roi » expire dans une semaine.

            La constitution malienne, en son article 36, stipule : « … En cas de vacances de la présidence de la République, pour quelque cause que ce soit ou d’empêchement absolu, ou définitif, constaté par la Cour constitutionnelle, saisie par le par le président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre, les fonctions du président de la république sont exercées par le Président de l’Assemblée Nationale. Il est procédé à l’élection d’un nouveau président pour une nouvelle période de cinq ans. L’élection du nouveau président a lieu vingt et un jours au moins et quarante jours au plus après constatation officielle de la vacance ou du caractère définitif de l’empêchement… »

Aujourd’hui, l’équation à résoudre est de savoir si l’ancien président de l’Assemblée doit continuer à diriger la Transition ou pas. Mais ce cas de figure n’est pas prévu par les lois maliennes. C’est le bon sens ou une décision collective allant dans le sens de l’apaisement social qui doit prévaloir.

Cela est d’autant plus indicatif que les Maliens pensent que Dioncounda est le prolongement du mandat de l’ancien président de la République. Prolongement du mandat de ATT ? Oui. En ce sens que le président intérimaire a passé les cinq dernières années sous la coupe d’ATT en tant que président de l’Assemblée nationale, en votant toutes les lois que ATT jugeaient utiles sans y opposer une seule fois, même souvent au mépris de la morale républicaine comme par exemple la loi, version première, sur le code de la famille qui a créé l’émoi parmi la population.

Ensuite, l’ADEMA, son parti, est la formation politique majoritaire à l’Hémicycle. A ce titre, lui confier la gestion de la période transitoire apparaît comme une sorte de confiscation du pouvoir, de surcroît, une décision qui jure avec la Déclaration de Ouagadougou laquelle limite les pouvoirs de Dioncounda en 40 jours. Ni plus ni moins.

Enfin, Dioncounda est comptable de la gestion de ATT. Les Maliens le perçoivent comme un ATT bis, eux, qui sont pressés du changement et avides de recoller avec du sang neuf. Donc, l’option Dioncounda devient, de plus en plus, problématique. Mieux, les Maliens voient en lui un président imposé au forceps. Pour le consensus, il doit démissionner après la période intérimaire, le temps de s’orienter vers une Convention nationale qui déterminera la personne qui dirigera la Transition. L’avenir du Mali en dépend.

Les traces laissées par ATT sont indélébiles. Elles resteront gravées dans la mémoire collective des Maliens. Parfois, on doute si c’est le même ATT qui avait parachevé le coup d’Etat de Mars 1991 et enclenché le processus démocratique au Mali.

Issiaka Sidibé

Nord-Mali : L’Association malienne pour le salut et la paix condamne les actes barbares d’Ansardine, du MNLA et d’AQMI

Les islamistes qui ont pris le contrôle des villes du nord Mali après le coup d’Etat du 22 mars ont une vision rigoriste de l’islam et considèrent comme impies les pratiques musulmanes traditionnelles en vigueur dans la région. Le Mali tout entier est sous le choc après la profanation par des membres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) appuyés par des groupes salafistes, des mausolées des saints musulmans. A ces faits s’ajoutent les viols et l’instauration de la charia. Face cette situation, l’association malienne pour la paix et le salut (AMPS) dirigée par l’imam Mamadou Diallo a organisé le samedi 12 mai une grande rencontre  afin de dénoncer les actes barbares commis par les bandits armés.

Devant l’émoi suscité par ces faits, le président de l’AMPS, imam Mamadou Diallo a adressé un message. « Je voudrais que la communauté musulmane soit assurée du fait qu’en tant que Maliens nous sommes musulmans, mais musulmans modérés », a-t-il déclaré. « En tant que musulmans, nous respectons les règles de l’islam. Elles ne représentent aucun danger pour quiconque ou faction que ce soit », a-t-il assuré.

Et de préciser que «le viol des femmes et l’enrôlement des enfants soldats, entre autres, sont des crimes punis par l’islam. C’est la peine de mort qui est prévue pour celui qui commet de tels actes. Face cette situation, on ne doit pas rester silencieux, il faut que les musulmans dénoncent ces crimes. Ce n’est ni par les armes, ni par la violence qu’on impose la charia».

Selon lui, la Charia est l’ensemble des lois imposées par Allah et révélées au Messager, régissant toute la vie humaine depuis la naissance jusqu’à la mort. Elle traite aussi bien les sujets d’ordre dogmatique et spirituel que social et temporel. L’être humain en a absolument besoin pour mener une vie pure et agréable.

Si l’on compare la Charia avec les préceptes des autres religions, on constate que la Charia révélée au prophète Muhammad (bénédiction et paix sur lui), est la meilleure. En effet, elle ne cause aucune gêne, au contraire, elle est la source du bonheur.

 

Bandiougou DIABATE

FEMAFOOT-Giresse: Les raisons d’un divorce

Le bail qui lie la FEMAFOOT à Alain Giresse ne sera pas renouvelé. Face à la presse, le samedi dernier, le vice-président de celle-ci, après avoir fait le point des négociations, a laissé entendre que les rênes de l’équipe seront provisoirement confiées à Amadou Pathé Diallo.

Aux dires du vice président dela FEMAFOOT, Moussa Konaté, le souhait de la fédération malienne de football était de poursuivre la belle aventure de la dernière Coupe d’Afrique des nations qui a vu l’équipe nationale terminer à la 3e place. Ce succès, a-t-il ajouté,  qui a été brillamment salué et fêté par toute la nation malienne, s’explique par talent et à la détermination de nos footballeurs sous la direction de leur entraîneur-sélectionneur.

Ces propos suffisent à comprendre pourquoila FEMAFOOTvoulait poursuivre l’aventure avec l’ancien joueur de l’équipe nationale de France.

Le contrat de deux années qui liait le Mali et Alain Giresse devant arriver à son terme le 31 mai 2012, en prévision de cette échéance, et dans l’optique d’un renouvellement,la FEMAFOOT, aux dires du conférencier, a jugé nécessaire d’apporter quelques réaménagements à certains termes du contrat. La nouvelle proposition de contrat a été envoyée à Giresse courant avril.

La FEMAFOOTa ainsi décidé d’apporter des changements à certains points, ce qui n’a pas été accepté par Alain Giresse. Entre les deux camps, les points de discorde étaient liés à la composition du staff médical, à la validation de liste des joueurs sélectionnés et au règlement de la facture téléphonique.

S’agissant du staff médical, le conférencier a expliqué qu’au cours des deux années écoulées, c’était le sélectionneur qui venait avec un staff de quatre spécialistes : un médecin, un kinésithérapeute, un préparateur physique et un préparateur des gardiens de but. Ils étaient rémunérés à raison de quatre cents euros (400 €) par personne et par jour pour toute la durée du regroupement. Ce personnel était assisté de deux  maliens, un intendant et un kinésithérapeute qui, pour la même période, percevaient chacun la somme de quatre cent mille francs CFA, soit environ 615 €.

« Force nous a été de constater que les prestations des « spécialistes » expatriés n’étaient pas ce qu’on était en droit d’attendre d’eux et leur motivation laissait à désirer.  Nous avons estimé que ce staff médical devait être sous la responsabilité de la commission médicale de la fédération tenue de travailler étroitement avec le sélectionneur. Nous avons aussi estimé qu’il était possible de trouver ici au Mali, un personnel médical qualifié et compétent à l’instar des deux techniciens dont les prestations ont été jugées satisfaisantes. Ceci n’a pas été du goût de Giresse ». a-t-il affirmé.

« Après échanges, nous avons quand même accepté de laisser le soin à M. Giresse de choisir un médecin et un kiné, tous deux différents de ceux qui ont été de la campagne au Gabon, leur attitude générale ayant été jugée incompatible avec l’ambiance du groupe qui exigeait une grande convivialité de la part de tous les membres de la délégation » a-t-il ajouté.

Au sujet du point « des joueurs sélectionnés », Moussa Konaté explique que  la précédente version du contrat stipulait que le sélectionneur « aura toute la latitude de proposer à son employeur la liste des joueurs sélectionnés ». Cette formulation devrait devenir : le sélectionneur « aura toute la latitude de proposer pour validation à son employeur la liste des joueurs sélectionnés ».

Pour Moussa Konaté, la clause « pour validation » n’avait pas pour but de contester les choix du sélectionneur. Il est absolument clair que le sélectionneur est le seul responsable de ce choix. L’intention de la fédération était de faire bénéficier (au sélectionneur) des observations et autres suggestions susceptibles de l’aider dans sa tâche, par exemple à faciliter éventuellement certaines de ses démarches. Le cas « Seydou Keita » est, à cet effet révélateur. Seydoublen, après avoir décidé de prendre quelque recul par rapport à la sélection nationale, a souhaité par la suite de rejoindre le groupe. Il se heurta à l’opposition du sélectionneur. Le concours dela Fédérationaurait sans doute pu décanter la situation.

« La clause « pour validation » ayant indisposé Giresse, nous avons accepté de la supprimer », a laissé entendre Monsieur Konaté.

A propos du denier point remanié, selon le conférencier, pour ses appels téléphoniques, il avait été proposé d’allouer au sélectionneur, sur une base mensuelle, une somme ne devant pas excéder cinq cent mille francs CFA. Ainsi si la facture réelle n’atteignait pas cette somme, la fédération ne réglait que la facture des appels effectués. La fédération, pour des raisons d’orthodoxie de gestion, n’était pas tenue de verser la différence au sélectionneur. Cette disposition ayant été contestée par Giresse, il a été convenu d’inclure la somme des cinq cent mille dans son salaire.

« Malgré ces concessions, M. Alain Giresse maintient sa décision de ne pas renouveler son contrat. Nous àla Fédération, nous aurions souhaité poursuivre avec M. Giresse. Mais nous n’avons aucun moyen de lui faire changer d’avis. A notre corps défendant, nous, responsables dela Fédération, ne pouvons donc, en fin de compte, que prendre acte de la volonté de M. Giresse », a regretté Moussa Konaté.

Les questions des journalistes ont permis au vice président dela FEMAFOOT, de faire l’ouverture sur l’avenir. C’est à Amadou Pathé Diallo que reviendra la charge de diriger l’équipe pour les deux prochains matches des éliminatoires de la coupe du monde. L’ancien international sera assisté d’un collège, d’entraîneurs et d’un staff médical dont les compositions respectives seront connues lundi.

Youssouf Kéïta