Entretien avec Me Mamadou Ismaël Konaté: « Le pardon de Dioncounda Traoré ne change rien à la procédure judiciaire »

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Depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012, bon nombre de Maliens ont été surpris de voir l’un des célèbres avocats de notre pays aux côtés des putschistes, Me Mamadou Ismaël Konaté. Dans cet entretien, il évoque ses relations avec le CNRDRE, l’agression de Dioncounda Traoré, l’affaire des bérets rouges, l’avis de la Cour constitutionnelle sur la vacance contestée de la présidence de l’Assemblée nationale et la situation politique actuelle.

Me Mamadou Ismaël Konaté, avocat

Depuis le coup d’état du 22 mars,  vous étiez fréquent au camp de Kati. Est-ce à dire que vous êtes l’un des conseils de l’ex- junte ?

Mamadou Ismaël Konaté: Bon d’abord très fréquent à Kati, c’est trop dire. Je n’étais pas à Bamako lors du coup d’état du 22 mars. Je ne suis revenu que deux semaines après. Avant de prendre  connaissance de la situation sociopolitique qui sévissait dans notre pays. C’est une semaine après, c’est-à-dire,  à la veille de la rencontre de Ouagadougou, que j’ai été contacté par la junte, le CNRDRE. Qui m’a demandé de l’assistance dans le cadre des négociations qui étaient en cours avec la CEDEAO d’une part, mais aussi au plan interne pour ce qui concerne le  retour à un  ordre constitutionnel normal. J’ai été, effectivement, désigné en cette qualité comme conseil du CNRDRE en vue de  l’assister. C’est ce que j’ai fait à Ouagadougou et  à mon retour à Bamako.

Donc vous avez participé à la rédaction de l’Accord-cadre avec l’ex- junte ?

Effectivement, j’ai eu connaissance du contenu de cet accord. J’ai eu l’occasion de participer à quelques discussions.  J’ai participé, également, au processus de négociation en vue  d’un  retour à l’ordre constitutionnel normal.

Selon vous, qu’est-ce qui est à la base de la crise institutionnelle  que connaît notre pays ?

Pour tous les observateurs de la scène politique, on ne peut pas dire qu’on a été véritablement  surpris par tout ce qui nous a mis dans cette situation. Pendant plusieurs années, le Mali et les Maliens ont évolué en recul  dans la gestion des affaires publiques. On se contentait seulement de laisser cette gestion entre les mains des personnes  qui sont des acteurs. On ne peut pas nier que la rébellion touarègue au nord du Mali est une situation nouvelle. C’est une situation que nous connaissons depuis 1963. Il y a quand même quelques préceptes qui devraient nous mettre la puce à l’oreille quand on a vu les rapts des touristes, des opérations de razzia dans cette zone. Je pense que l’alerte était donnée au delà des gouvernants. Les gouvernés devraient s’intéresser à cette situation. Je pense que la gestion essentielle des affaires de notre pays doivent être faites  dans un contexte de consensualisme qui est aux antipodes du  système de démocratie. Parce que la démocratie, c’est d’abord une majorité contre une minorité. La démocratie, c’est une opinion pour et une opinion contre. Ce qui est regrettable, c’est qu’on était en recul de ces choses là. On a laissé la gestion des affaires entre les mains des acteurs directs. Aujourd’hui, on constate que la gestion des affaires publiques concerne tout le monde et au premier chef les citoyens que nous sommes.

Est-ce que la mauvaise interprétation de l’Accord- cadre n’a pas aggravé la crise institutionnelle ?

Je pense qu’il ne faut pas donner plus de sens à l’accord cadre, qu’il n’en a, il a permis le rétablissement de l’ordre constitutionnel, donc il ouvrait une phase d’intérim qui a abouti à une phase de transition. Et durant cette phase d’intérim, il était question d’élection. Mais une fois que nous avons constaté qu’il était impossible d’organiser des élections, il était question de réunir les acteurs politiques de la scène nationale malienne. Pour mettre en place tout le processus de la transition, à savoir entre autres, la désignation des acteurs de la transition, la définition des points essentiels qui devraient faire l’objet de la transition, et un ensemble de choses qui malheureusement n’ont pas été faites.

Selon vous, qui est ce qui devrait organiser cette rencontre entre les différents acteurs de la classe politique, l’ex- junte, un regroupement de partis politiques ou la CEDEAO ?

C’était le CNRDRE et d’autre part la classe politique représentée de la manière la plus large possible et toutes les sociétés civiles, les sociétés traditionnelles, les sociétés religieuses et les sociétés communautaires. Nous sommes à la recherche du peuple du Mali dans sa composante la plus immédiate. Je pense que cette initiative incombait à tout le monde. Ce qui est dommage, c’est qu’en république du Mali,  on se soit laissé aller simplement aux initiatives, que ne pouvait pas prendre le médiateur, Blaise Compaoré. Alors qu’au-delà même de l’accord du 6 avril 2012, il devrait y être pris un certain nombre d’initiatives qui n’ont encore une fois malheureusement pas été prises et on s’est retrouvé dans une situation de crise absolue.

Quel commentaire faites-vous  de l’agression du président par intérim, Dioncounda Traoré?

Totalement ignoble. J’ai eu l’occasion de le dire et je le redis encore. Nul n’a le droit de s’en prendre à son prochain, encore plus lorsque ce prochain est le président de la République régulièrement investit. J’ai indiqué en son temps que cet acte était barbare, incompréhensible et  ignoble. Je pense que dans ce pays, il faut que les uns et les autres  réalisent que la chose politique doit aller en dehors de la violence, et de toute  violence, une violence physique, une violence verbale.  Tout excès en politique est ignoble. Je souhaite simplement que le président, Dioncounda  Traoré, retrouve toute la plénitude de sa santé, qu’il revienne prendre sa fonction et qu’il accompagne le Mali dans son processus de retour à un ordre normal, dans un processus de démocratie,  d’état de droit et de République.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a une instruction judiciaire suite à cette agression. Le président Dioncounda Traoré depuis Paris dit qu’il a pardonné à ses agresseurs.  Est- ce que cela n’entame pas l’instruction judiciaire ?

Cela ne devrait nullement entamer la procédure malgré  le pardon du président par intérim, devenu le président de la transition, le professeur Dioncounda Traoré. Je pense que l’opinion publique, le Mali, le citoyen du Mali a besoin de savoir. Il faut savoir aujourd’hui que la procédure judiciaire qui a été enclenchée dans des conditions difficiles  devrait impérativement se poursuivre. Parce que vous n’êtes pas sans savoir que dans un contexte comme celui-ci, nonobstant  le fait que la personne victime exprime un pardon,  cela n’absout absolument rien l’action publique qui est en marche aujourd’hui.  Elle devrait se poursuivre pour le bonheur de tous les Maliens. Pour donner un exemple palpant que quiconque se laisserait aller par la violence en politique devrait payer le prix et le prix le plus fort. N’importe qui que ce soit ? N’importe qui que ce soit, il faut sortir justement de cet affaiblissement  de l’autorité de l’Etat, de la force du droit, de cet affaiblissement  que nous mettons dans des positions telles qui font en sorte que nous rentrons dans un processus de compromis, or le compromis dans une affaire comme celle-ci est inadmissible.

Il y a l’affaire dite des bérets rouges, qui est aussi pendante au niveau du procureur de la République. Les conditions de détention des personnes arrêtées sont déplorables. En tant que défenseur des droits humains, on ne vous a pas vu sur ce terrain ?

C’est un terrain qui est assez délicat, c’est un terrain sur lequel je me suis exprimé, et je continue à le faire. Je pense que quelque soit le statut des uns et des autres, quelques soient les récriminations qu’on peut avoir à l’égard des uns et des autres,  le principe de base est de leur reconnaître la présomption d’innocence. Evidemment, la situation particulière de nombre d’entre eux due au fait qu’ils sont militaires ne permet pas toujours de voir les choses avec beaucoup plus de sérénité. Pour autant, une procédure judicaire est enclenchée, pour autant on doit se situer dans le droit commun de la procédure, donner la chance à chaque personne en situation de prévention aujourd’hui : d’avoir accès à un avocat, de communiquer librement avec son avocat, d’avoir des contacts avec sa famille tant que la culpabilité n’est pas établie. Il faut continuer à les considérer comme des personnes plutôt présumées. De ce point de vue, le défenseur des droits de l’homme que je suis, continuera systématiquement à rappeler  cela. J’ai entrepris et je continue d’entreprendre encore, beaucoup d’actions personnelles, individuelles à l’endroit des autorités pour les amener à prendre suffisamment conscience de cette situation qui ne doit plus perdurer. La détention dans un camp militaire rend difficile la chose, je pense que le ministre de la justice a pris une initiative assez forte la semaine dernière. On attend de voir quelles  sont les  suites  qu’il va donner de manière à permettre à ces personnes qui sont arrêtées d’être détenues dans des camps de gendarmerie, pour que leur situation de personne, de présumés innocentes soit totalement reconnue  et que la procédure judiciaire  continue dans les conditions normales.

Quid de la vacance de présidence à l’Assemblée nationale ? La cour constitutionnelle vient de constater que le perchoir n’est pas vacant. Cela veut-il dire que Dioncounda Traoré garde ce poste en plus de celui de président de la transition. Ne devrait-il pas y avoir une nouvelle élection à l’Hémicycle pour le poste du président ?

Je pense qu’on est allé dans cette affaire avec beaucoup de confusion entre les gens qui avaient intérêt et ceux  qui n’avaient pas intérêt. Ceux qui jouaient politique, ceux qui ne jouaient pas politique. Or, on est dans un contexte purement  de droit  et je pense qu’il faut raisonner  uniquement et exclusivement sur la base du droit. La Constitution est claire, le président de la République dans la situation d’incapacité de pouvoir exercer ses fonctions, doit laisser sa place au président de l’Assemblée nationale, une fois la vacance de pouvoir établie par la Cour constitutionnelle.

Ce fut le cas. Et par la suite, un certain nombre de personnes, à tort, ont pensé que la situation qui permet au président Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale, de devenir président de la République par intérim, puis président de la transition, ne lui permet plus d’exercer ses fonctions de président de l’Assemblée nationale. Je crois que cette opinion en droit n’est pas pertinente. Dans la mesure où le président de l’Assemblée nationale ne se déplace pour assurer l’intérim que parce qu’il est, en qualité, président de l’Hémicycle. Il faut se plonger un tant soit peu dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale qui indique de manière explicite, qu’il n’y a de vacance à la présidence de l’Assemblée nationale que lorsque le président arrivait à décéder d’une part, démissionner d’autre part ou que l’Assemblée nationale était dissoute. Or, nous sommes dans aucune des trois situations, c’est surtout la suppléance qui vaut à l’assemblée nationale, plutôt que la vacance qui pourrait plutôt donner droit à une hypothèse ou on pourrait reprendre les élections à l’assemblée nationale. Je pense que l’avis de la cour constitutionnelle est pertinent. Cet avis jusqu’à la preuve du contraire est à la suite de tous les autres avis. Et j’entends encore que la phase de prorogation qui va arriver dans le cadre de l’accord – cadre, va permettre le renouvellement des instances de l’assemblée nationale, ceci est faux et archi faux. La prorogation a pour effet de jouer uniquement sur le terme du mandat et non pas sur les instances de l’assemblée nationale. De ce point de vue là aussi,  quiconque voudrait entreprendre autre chose que ce que dit la Cour constitutionnelle le violerait et manquerait de base  légale à ce niveau.

Et pour conclure ?

Pour dire simplement que ce pays a besoin de calme et de sérénité. Je  pense que les autorités de la transition, pour ce qui est du gouvernement, du premier ministre et du président de l’assemblée nationale, le parlement aussi. Il n’est pas encore arrivé le temps de la politique, il est plutôt le temps de la reconstruction, le temps pour nous de bâtir un état de droit, de démocratie. Les deux objectifs majeurs qu’il faut rappeler systématiquement : c’est le nord et le rétablissement de l’intégrité territoriale.

Je pense que les uns et les autres ont pris suffisamment conscience. C’est dommage que les Nations Unies n’ont pas suivis la CEDEAO et l’Union Africaine dans cette première  démarche.  Je suppose  que ce n’est que partie remise, ils vont revoir leur copie, refaire un dossier plus convenable et plus convaincant à ce niveau là. De manière à ce que l’on puisse rapidement recouvrir  l’intégralité de notre territoire  national. Le deuxième niveau,  c’est la mise en place d’un cadre juridique parfait qui puisse non seulement permettre des élections transparentes mais acceptables pour tous.

On est à un tournant décisif, on est à un tournant essentiel. Nous avons connu notre première grosse crise politique. Nous devrons tout mettre en œuvre aujourd’hui en tant que malien pour régler cette crise. Nous devrons nous reconnaitre malgré nos différences, malgré nos divergences de vue, malgré nos options, malgré nos partis pris politiques.

Ce qui est plus important,  c’est d’abord le Mali, uniquement le Mali, exclusivement le Mali, quiconque se reconnaît comme malien doit pouvoir entreprendre toute dynamique en vue d’aller vers le rétablissement complet de notre intégrité territoriale vers la mise en place d’un cadre juridique pour que des autorités nationales issues cette fois- ci de suffrage universel puissent prendre le relais et continuer le Mali.

Kassim TRAORE

SOURCE:  du   20 juin 2012.    

70 Réactions à Entretien avec Me Mamadou Ismaël Konaté: « Le pardon de Dioncounda Traoré ne change rien à la procédure judiciaire »

  1. lartiste

    Faux cul de konate ill soutien la junte on devrai le radier de barreau

  2. Lynx22

    @ Kassin..
    TECHNIQUES DE LUTTES SYNDICALES

    ———————————————————————

    Ce qui suit consiste à remémorer, faire découvrir ou populariser les techniques de lutte syndicale car dans toute bataille, il faut partir de quelques idées fortes:
    Porter à l’adversaire plus de coups qu’il ne peut vous en porter, voire lui porter des coups qu’il ne peut rendre.

    Analyser le rapport de force :

    — Numériquement, combien nous sommes ;

    — L’impact sympathie/rejet de la lutte par les autres salariés, par la population ;

    — Les contraintes financières, c’est à dire les moyens en fric pour continuer la lutte.

    Eviter l’épuisement des forces, des luttes dures d’emblée peuvent être une faiblesse : le patronat a, dans sa gestion, programmé ce type d’effets sporadiques: production transférable, reprise de production ailleurs, stocks, jaunes, intérim, réserves financières, etc.

    Savoir stopper une lutte, éviter le jusqu’au-boutisme quand on n’est pas en situation favorable. Continuer à occuper minoritairement l’entreprise finit par offrir au patron des mécontents manœuvrables contre les grévistes. Les pertes de salaires sont telles que la reprise d’une lutte deviendra difficile. L’écœurement joue contre la mobilisation.

    Prévoir des solutions de replis, de luttes ou de revendications.

    Analyser l’histoire, la stratégie, les buts des forces en jeu : Bourgeoisie/salariés (patronat dur ou modéré, salariés plutôt revendicatifs ou pas) Organisation/luttes (si les syndicats sont plutôt mous ou radicaux, si les luttes bénéficient d’expérience autonome, etc.)

    LES LUTTES SE DEFINISSENT PAR LES CATEGORIES SALARIALES,
    LEUR TERRITORIALITE OU ENCORE PAR LEUR CONTENU

    Catégories salariales : Luttes des OS, des ouvriers qualifiés, des postiers ou des infirmières, des IATOSS ou des enseignants etc…, appelées luttes catégorielles. Si la luttes est le fait de toute une entreprise ou établissement et porte sur des revendications pour l’ensemble du personnel, la lutte est inter-catégorielle.

    Territorialité : Si la lutte a lieu dans un seul établissement, c’est une lutte au niveau du site. Exemples : luttes au CHU de Caen, à Moulinex, Caen.

    Une lutte au niveau du groupe se situe sur plusieurs sites mais au sein d’un même groupe. Exemple : luttes au niveau du groupe Renault.

    La lutte peut être celle d’un secteur d’activité (branche). Exemples : secteur santé, chimie ou métallurgie. Une lutte peut avoir lieu sur l’ensemble des secteurs d’activité et des sites.

    Contenu : Le contenu revendicatif de la lutte peut être matériel (salaires, retraites, condition et temps de travail, Sécu …), politique (retrait d’une loi, critique d’une politique anti-sociale, conquête de nouveaux droits syndicaux, constitution de contre pouvoirs salariés dans une entreprise …). Il peut aussi évidemment mélanger les 2 aspects : par exemple, simplification et homogénéisation par le haut d’une grille de qualification dans une branche donnée. Cette revendication matérielle permet également de favoriser l’unification des travailleurs de cette même branche et donc d’ouvrir des perspectives de luttes plus importantes.

    Les luttes peuvent aussi être menées tout simplement en solidarité avec d’autres luttes. « 

    • Lynx22

      « LES DIFFERENTS TYPES DE LUTTE

      — La protestation verbale : c’est le type de lutte le plus simple.

      — La pétition : c’est un écrit dénonçant, réclamant, exprimant un désaveu, un désir. La pétition peut quelque fois influencer, faire obtenir de menus avantages le plus souvent illusoires et démagogiques. Certains syndicats ne faisant ou ne voulant rien faire, ils se dédouanent par une pétition à des fins électorales ou pour avoir bonne conscience

      — Le débrayage : c’est la cessation d’activité pendant une courte durée maximum quelques heures. Le débrayage exprime déjà un mécontentement plus grand, la naissance d’une certaine radicalité. Le débrayage est utilisé comme pression pour des négociations sur des effets à court terme ou des revendications mineures. Exemple : manque de chauffage, problèmes de primes, de salissures ou de casse-croûte etc.

      — La grève perlée : débrayage d’une partie du personnel puis reprise tandis qu’une autre partie débraye et ainsi de suite. Avantage : perte de salaire minimum par individu tandis que l’établissement est pratiquement paralysé et que l’employeur paie ses salariés devenus peu productifs voire inactifs. L’employeur tentera de faire travailler les non grévistes, l’encadrement, ou les intérimaires. Si cela ne s’avère pas suffisant, il fermera l’entreprise pour un temps, c’est le lock out qui lui évite de verser des salaires à des gens inactifs.

      — Le coulage : freiner la production en étant le moins productif possible.

      — La grève du zèle : application stricte ou excessive des consignes et des règlements entravant le bon fonctionnement de la production.

      — La grève limitée : les salariés cessent le travail pour une durée limitée.

      — La grève illimitée : cessation du travail par les salariés jusqu’à ce que ceux-ci décident de reprendre le travail. Avantage : exprime une certaine radicalité, une participation à la lutte, bloque tout ou partie de la production. Inconvénient : perte de salaire importante pour les grévistes. L’établissement peut continuer à produire avec des intérimaires, des non grévistes. La production peut être réalisée sur un autre site.

      — Le piquet de grève : mise en place de barrages pour empêcher les non grévistes de pénétrer dans l’établissement pour réaliser l’ouvrage. Les conditions matérielles du piquet sont souvent déplorables : pas d’abris, soumis aux intempéries. Une partie des non grévistes arrivent parfois à pénétrer dans l’établissement ou bloqués à l’intérieur ils continuent d’assurer la production.

      — La grève avec occupation : les grévistes investissent le secteur visé, évacuent les non grévistes, détournent à leur profit la logistique : salles de réunions, réfectoires, dortoirs, photocopieuses, téléphones et véhicules.

      — La lutte intra muros : se limite à l’intérieur de l’établissement.

      — La lutte extra muros : aller envahir et occuper tel établissement ou une administration favorable à l’employeur : Direction Départementale du Travail et de Emploi, justice, mairie, local de parti politique, siège d’un journal, Chambre de Commerce et d’Industrie, quartier résidentiel des cadres ou de l’employeur, entreprise où a été transférée la production. « 

      • Lynx22

        « LA LUTTE DOIT CHERCHER LA COMPLICITE ET LE SOUTIEN DE LA POPULATION,
        EXPLIQUER LES REVENDICATIONS
        ET EVITER DE GENER LE PLUS POSSIBLE LES SALARIES ET/OU LES USAGERS.

        — La manifestation de ville : elle fait découvrir le conflit, popularise la lutte, maintient la pression, permet de jauger le rapport de force.

        — La manifestation nationale voire internationale obéit aux mêmes règles que celle de ville mais à une plus grande échelle.

        — L’intox : produire rumeurs, informations en tout genre pour fragiliser l’adversaire.

        — Le discrédit : rendre publiques des critiques sur la qualité des produits ou services de l’établissement.

        — Le sabotage : (voir cahier de l’anarcho-syndicalisme n°15: « Le sabotage » par Emile Pouget) Cette vieille méthode de lutte est toujours pratiquée bien que non médiatisée. Elle doit être manipulée par des individus conscients des risques ou de l’effet catastrophique à terme de certaines destructions pouvant entraîner la fermeture de l’entreprise. Peut être qu’une graduation doit être introduite pour éviter des problèmes néfastes. Le sabotage est une arme très efficace, peu coûteuse pour les grévistes, très nocive pour l’employeur. Il faut toujours conserver à l’esprit que la lutte doit nuire à l’employeur mais pas aux usagers salariés eux-mêmes, ex : les services publics, les transports, EDF, santé, alimentation, etc.

        — La réappropriation : reprise sous le contrôle des salariés de biens produits par l’entreprise c’est-à-dire par eux-mêmes.

        — La vente sauvage : vente par les grévistes des stocks de l’entreprise pour constituer un trésor de guerre qui les indemnisera.

        — La production sauvage : les grévistes utilisent les machines de l’entreprise pour produire des biens qu’ils vendent directement à la population en en réduisant le prix ce qui satisfera tout le monde et apportera des liquidités aux grévistes.

        — Le travail sauvage : utilisant leurs propres outils les grévistes réparent fabriquent ou rendent des services aux particuliers moyennant finances. Exemples les coiffeurs de Rennes qui, sur une place publique coupèrent les cheveux. L’argent payé pour ce service allait à la caisse de grève. En Australie, les chauffeurs de tramway, pendant une grève mirent les trams en circulation gratuitement pour la population.

        — Le boycott : sur demande des salariés en lutte dans une entreprise, ne pas utiliser ou acheter telle production ou tel service fournis par cette même entreprise. Exemple : le comité de lutte appelle la population à ne pas consommer telle marque de produit tant que les revendications ne sont pas satisfaites.

        — La désobéissance civile : refus d’appliquer, de se soumettre aux lois de l’Etat. Exemple : soutenir et aider des personnes réprimées. Ne pas payer l’impôt, refuser de présenter ses papiers d’identité, de faire l’armée… etc.

        — La grève généralisée : situation de grève touchant tout un secteur ou plusieurs secteurs de production ou bien une région, un pays ou un groupe de pays. « 

        • Lynx22

          « — La grève générale : grève intercatégorielle, intersectorielle sur un territoire donné région, pays, international. Action consciente et concertée, ce qui la différencie de la grève généralisée. C’est l’arme voulue, souhaitée, défendue par les anarcho-syndicalistes. C’est l’acte ou toute une masse, qu’elle le sache ou non, s’anarchosyndicalise. En effet, à ce stade, les gens en lutte entendent défier leurs adversaires. Ils ne s’en remettent pas au verdict des urnes, ni au gouvernement qui en est issu, ni aux promesses à venir. Les gens en lutte, s’appuyant sur l’action directe, entendent ici et maintenant faire aboutir leurs revendications. La grève générale marque et exprime l’affrontement de classes clairement. Si elle est massive, le rapport de force est optimum et d’autres choix peuvent apparaître.

          — La grève générale insurrectionnelle : les grévistes, pour diverses raisons, deviennent émeutiers, barricadiers. Partout le peuple en armes se soulève ouvrant la perspective d’une possible expropriation des capitalistes.

          — La grève générale expropriatrice : les grévistes, maîtres de la rue, s’emparent des moyens de production, d’échange, de communication. Les entreprises, le commerce, les administrations sont placés sous le contrôle des comités de luttes. C’est le prélude à un changement social profond d’où, à notre avis, devrait sortir le communisme libertaire. »
          =======================================================
          Je m’excuse de cette demarche mais vous avez besoin d’un livre pour comprendre certaines choses,vu la longueur de vos reactions.Tres souvent la lutte syndicale a un contenu politique :+++++++
          (retrait d’une loi, critique d’une politique anti-sociale, conquete de nouveaux droits syndicaux, constitution de contre pouvoirs salaries dans une entreprise …+++++ Je vous donne l’exemple des syndicats aux USA « les unions » et au Bresil,dans ces deux pays la lutte syndicale est CENTRALE DANS LA LUTTE POLITIQUE….
          Ca ne fait pas l’ombre d’un doute,vous ignorez les ABC de la politique…. :oops: :oops: :oops:

          • Kassin

            Lisez plutôt la leçon Numéro que je vous ai gracieusement offerte. Elle vous sera plus utile.

          • Lynx22

            Mon cher,sur le sujet je n’ai aucune lecon a recevoir de votre part,vous ignorez profondement les ABC de la politique.
            Je l’ai dit maintes fois sur ce forum,on essaye de dissocier des choses qui sont etroitement liees…
            PMESI:
            -P:Politique
            -M:Militaire
            -E:Economie
            -S:Social
            -I:Institutions et systeme d’information.

  3. Qui peut encore faire confiance ce opportuniste. Tu lui montres la couleur de l’argent,il serait pret a tout pour toi. xxxxx». Il adore etre a la une comme des xxxx du Grand Sumu. C’est avant tout sa vie, sa liberte d’existante et d’expression.
    Une democratie qui est propre a la seule xxxxxxe. Good luck.

  4. Qui peut encore faire confiancexxxxd’opportuniste. Tu lui montres la couleur de l’argent,il serait pret a tout pour toi. xxxxxC’est avant tout sa vie, sa liberte d’existante et d’expression.
    xxxxx Mamadou Ismaela Konate

  5. xxxxxxxxxx

  6. Rebel

    « Je pense que la gestion essentielle des affaires de notre pays doivent être faites dans un contexte de consensualisme qui est aux antipodes du système de démocratie. Parce que la démocratie, c’est d’abord une majorité contre une minorité. La démocratie, c’est une opinion pour et une opinion contre. »

    la démocratie, c’est aussi et surtout la liberté de faire le choix d’une idéologie et donc d’un camp, mais d’en assumer clairement les conséquences selon sa position au contraire de tout « consensualisme » qui voudrait mettre tous d’accord sur la même chose sans véritable responsabilité de qui que ce soit… mais, il faut avouer que monsieur l’avocat « bling-bling » est difficile à cerner, tant il biaise à s’improviser en expert juridico-polotique, sans le moindre background en la matière. mais pire encore, en jouant pour ou contre les compromissions selon qu’il y trouve son compte…

    tout d’abord juridiquement, on ne peut pas parler de respect du droit tout en ayant des accointances avec le machin katois (qui n’est qu’une structure hors-la-loi par excellence, et plus grave avec son appareil judiciaire parallèle). quelles légalité et légitimité peut-on faire valoir à une bande de crapules qui a décidé au nom de minables revendications corporatistes de se substituer à l’État afin d’en changer les institutions à leur goût ?

    ensuite politiquement, que vaut vraiment cette tactique du pompier-pyromane consistant à pourfendre tantôt des organisations supranationales pour leur « ingérence » (en décriant par exemple sur tous les toits de Bamako les solutions de la CEDEAO) puis regretter ensuite le manque d’implication suffisante des mêmes organisations (en se plaignant de la réticence des nations-unies sur les mêmes solutions…) ?

    c’est vraiment incroyable comme on peut se croire le centre du monde à faire de telles acrobaties éhontées de funambule, pour prétendre apporter une quelconque solution à une crise qui n’est profonde que d’apparence, sinon bien banale sur le strict plan juridique. il serait enfin très judicieux que le « VERGES malien » édifie clairement l’opinion sur sa duplicité envers la loi selon qu’il s’agisse de son entourage (le machin katois) ou plutôt du malien lambda (constituant les fameux « bérets rouges »).

  7. il faut être sérieux 400 milliaires représente combien pour cent de nôtre budget

    • Lastuss

      Pour moi 400 milliards, c’est 100 milliards de moins que ce que le vérificateur a décélé comme manque à gagner et détournement de fonds publics en 5 ans………………………

  8. Niyefôkoyesegoude

    SOOP:Prise d’otages dans une banque à Toulouse: Une otage a été libérée :-P :-P :-P :-P :-P

    • Lastuss

      Bon, encore heureux que foudkg ne soit pas parmi les otages, il n’a même pas un clou à se mettre en poche, à plus forte raison aller dans une banque :mrgreen: :mrgreen: à moins que ce ne soit lui le braqueur :idea:

  9. asa

    Tout excès en politique est ignoble. Je souhaite simplement que le président, Dioncounda Traoré, retrouve toute la plénitude de sa santé, qu’il revienne prendre sa fonction et qu’il accompagne le Mali dans son processus de retour à un ordre normal, dans un processus de démocratie, d’état de droit et de République. A l’analyse de cette partie vous êtes un fervent avocat. Vous connaissez votre droit constitutionnel.

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