Crise malienne : Carton jaune pour les « va-t-en-guerre »

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Derrière AQMI et les nouveaux terroristes qui ont envahi la zone se dresse l’ombre tutélaire de certains grands de ce monde qui ne désespèrent pas eux aussi de tirer leurs marrons du feu. C’est donc un conflit à multiples tiroirs qui se déroule au Mali, et, seuls des négociateurs ayant plusieurs cordes à leur arc peuvent espérer y apporter un début de solutionnement avant un éventuel « nettoyage » du carré des irréductibles.

La fin de non recevoir opposée par le Conseil de sécurité de l’ONU à la demande des chefs d’Etat de la CEDEAO « d’avaliser » et de sponsoriser la guerre que certains d’entre eux veulent déclencher pour résoudre la crise malienne apparait comme un avertissement sans frais ni protêt pour tous ceux qui ont opté pour la voie belliciste dans le cadre du règlement de ce conflit. Un avertissement qui n’est pas le fait du hasard si tant est que les Occidentaux ne sont pas pressés de déclencher une nouvelle croisade interminable contre les islamistes avec cette fois le désert sahélo-saharien pour théâtre d’opération.

Car, et nos généraux de salon et autres éditorialistes boutefeux l’oublient trop commodément, c’est à cette extrémité que risque de nous conduire une guerre ouverte contre ceux qui tiennent le Nord Mali et entendent en faire une base arrière pour défendre d’autres « causes » plus nobles à leurs yeux, dont principalement la « mère de toutes les batailles » (le conflit israélo-palestinien) et accessoirement le sort de l’Iran qui est engagé depuis deux décennies dans un bras de fer avec l’Occident avec comme pomme de discorde, la bombe nucléaire que Téhéran rêve de s’approprier pour briser l’hégémonie israélienne au Proche et Moyen Orient ou à tout le moins instaurer l’équilibre de la terreur dans cette partie du monde pour faire avancer la cause de l’Etat palestinien.

Ce qu’on appelle de nos jours « l’islamisme armé », n’est en effet qu’un avatar du conflit « asymétrique » que Téhéran et avant lui Bagdad avec SADDAM Hussein et plus loin le Caire avec NASSER livrent à l’Occident pour faire rayonner la culture arabo-perse et obliger Israël à reconnaitre un Etat palestinien à ses côtés. Du Hezbollah libanais à AQMI en passant par l’Al QAIDA « originel » d’Oussama Ben LADEN, tous ces groupes armés ont pour but principal de faire avancer ce dossier en semant le « bordel » à travers le monde pour se faire entendre. Les guerres entreprises jusque-là pour les anéantir, ayant tourné en des conflits cauchemardesques avec d’immenses pertes en vies humaines, l’Occident, depuis l’avènement de l’administration Obama, en est arrivé à la conclusion que le renseignement et les actions ciblées étaient plus efficaces, surtout, quand, dans le même temps, on négociait avec les terroristes sur certains points jugés mineurs.

Et, sans parti pris, on a vu que cette option avait du « bon » avec l’élimination de Ben LADEN en 2011 et plus récemment du numéro 2 d’Al Qaeda. Avec la logistique déployée en Afghanistan et au Pakistan, les Occidentaux ont fini par y maitriser le terrain y compris les zones tribales à cheval entre le l’Afghanistan et le Pakistan que les djihadistes, Ben LADEN en tête ont déserté pour des zones « vierges » et plus sûres comme le Golfe d’Aden en Somalie et donc l’immense bande désertique sahélo-saharienne où il est facile de faire son « nid » entre deux dunes de sable quasi-identiques devant lesquelles le drone le plus sophistiqué pourrait perdre la « boussole ».

C’est cette donne qu’il faut intégrer dans le conflit malien pour en prendre la pleine mesure, plutôt que de se cantonner dans des analyses « primaires » sur fond de nationalisme outragé et de dignité « nègre » à recouvrer. L’affaire est plus corsée que cela, et, un conflit frontal, s’il aura l’avantage de libérer les principales villes prises par les rebelles, ne pourra sécuriser la zone avant un demi siècle voire plus au minimum. Car, derrière AQMI et les nouveaux terroristes qui ont envahi la zone se dresse l’ombre tutélaire de certains grands de ce monde qui ne désespèrent pas eux aussi de tirer leurs marrons du feu. C’est donc un conflit à multiples tiroirs qui se déroule au Mali, et, seuls des négociateurs ayant plusieurs cordes à leur arc peuvent espérer y apporter un début de solutionnement avant un éventuel « nettoyage » du carré des irréductibles.

Et, n’en déplaise à tous les « négociateurs » qui rêvent de se faire une réputation avec cette crise, Blaise COMPAORE présente le profil idéal, et, il l’a démontré en recevant tour à tour le MNLA puis des représentants d’An sardine qui ont fait amande honorable en acceptant d’aller à la table des négociations. Avec les liens que son ministre des Affaires étrangères a tissés avec le Qatar lors de sa mission au Darfour, ses chances de succès se multiplient, quand on connait le poids de ce pays au Moyen et Proche Orient. Alors, messieurs les « guerriers », laissez faire les connaisseurs si comme vous le prétendiez, c’est l’intérêt du Mali qui vous guide. A bon entendeur…

L’Opinion – 21 juin 2012 (Burkina Faso, via lefaso.net)

 

SOURCE:  du   21 juin 2012.    

36 Réactions à Crise malienne : Carton jaune pour les « va-t-en-guerre »

  1. 1FILSDUMALIBA

    Chacun va de son commentaire, il faut negocier certe, mais il faut la guerre, les maliens et maleinnes la feront avec le support de leurs allies aussi.

  2. Mon salue et remerciement a tous les malienns et maliennes pour qu’ils se donnent leurs mains afin de lutter contre notre seul ennemi qui l’occupant du Nord .Formont un front commun pour reprendre notre territoire Le MALI qui nous est tres cher.Que Dieu le tout puissant nous donne la victoire,et que plus jamais que cela ne se repete Amine!!!

  3. phare

    Chronique diplomatique Cedeao : Aucun Etat membre ne peut donner une leçon de démocratie au Mali
    L’Intelligent d’Abidjan-28/6/2012
    Aucun des 15 Etats de l’Afrique de l’Ouest, membre de la Cedeao ne peut donner une leçon de démocratie à l’Etat malien. Ce serait faire un affront aux Maliens qui en 1946, à l’époque du Soudan français, ont vu naître le RDA, présidé par l’Ivoirien Félix Houphouët-Boigny. Inutile de dire que c’est au Soudan français, aujourd’hui le Mali, que la social-démocratie a vu le jour pour l’Afrique. Et, c’est à Bamako, en 1946 que l’Ivoirien Félix Houphouët-Boigny a pris son envol politique. Le Mali indépendant et le premier président Modibo Keïta n’ont pas fait de simulation, ni avec la France, puissance coloniale, ni avec Félix Houphouët-Boigny, président du RDA, ami personnel pour l’Afrique du Français le général De Gaulle. Le Mali n’a de leçon de bonne conduite à recevoir d’aucun Etat de la Cedeao. Modibo Keïta avait refusé, l’installation d’une base militaire française à Bamako. Dans l’histoire de l’indépendance politique de l’Afrique de l’Ouest, le Mali a pleinement joué son rôle. Il en est de même dans l’histoire de l’Afrique de l’Ouest, en général, depuis l’époque des grands empires de la boucle du Niger jusqu’à l’histoire contemporaine : Ba Bemba, Askia Mohamed, Soundiata Keïta, Soumangourou Kanté étaient des illustres maliens, opposés farouchement à l’injustice. Dans cette optique, l’hymne national malien est la mise en musique de cette identité patriotique. A l’analyse, l’histoire du Soudan français, et au-delà celle du Mali ne ressemble à celle d’aucun Etat de l’Afrique de l’Ouest. Le Mali est le symbole du Rassemblement démocratique africain, d’Abidjan à N’djamena, de Niamey à Ouaga. C’est pourquoi, aucun des 15 Etats de la Cedeao ne peut donner une leçon de sagesse au Mali, ‘’Centre d’unité’’ de tous les africains de l’Afrique de l’Ouest et centrale qui se sont battus pour l’indépendance de leurs pays. Aucun Etat de la Cedeao ne peut donner une leçon de sagesse au Mali, qui regorge de hauts cadres ayant démontré leurs compétences dans ses institutions africaines et internationales ; comme Soumaïla Cissé, ancien président de la commission de l’Uemoa, Alpha Oumar Konaré ancien président du Mali et de la commission de l’Union Africaine sans oublier Cheick Modibo Diarra, cadre technique à la Nasa. Aucun Etat de la Cedeao ne peut donner une leçon de démocratie au Mali. Car ce qu’on reproche aujourd’hui à l’Etat malien, rares sont les Etats de la Cedeao qui ne connaissent pas une rébellion, un coup d’Etat militaire ou un tripatouillage constitutionnel. Compromis que certains chefs d’Etat de la Cedeao ont utilisé pour se faire plébisciter par leurs populations. Aucun Etat de la Cedeao ne peut donner une leçon de démocratie au Mali. C’est pourquoi, je pense qu’il faut laisser les Maliens afficher leurs objectifs politiques, constitutionnels, diplomatiques. Et si cela est nécessaire, c’est aux Maliens eux-mêmes de demander une assistance à l’Union africaine, l’Onu ou à la Cedeao. Le règlement de la crise malienne est à ce prix, loin des débats de manipulations des consignes de Paris ou de Washington. Je ne suis pas d’accord avec les 15 Etats de la Cedeao qui considèrent toujours le gouvernement de Cheick Modibo Diarra, constitué dans le cadre de l’accord de Ouaga, comme un gouvernement de ‘’déviation’’ constitutionnelle. Parce que les militaires acceptent des postes ministériels. Mais l’armée malienne est une institution républicaine et elle a un droit de regard sur la gestion des autres institutions du Mali. Autant pour moi, aucun Etat de la Cedeao ne peut donner une leçon de sagesse au Mali, Etat indépendant. A mon avis et en toute logique, ce qui est possible au Nigeria, Sénégal, Bénin n’est pas forcément judicieux au Mali, en Côte d’Ivoire ou au Liberia. Je rappelle, que ceux qui ont créé la Cedeao de Félix Houphouët-Boigny, Senghor, en passant par Sékou Touré, Seyni Koutché, connaissaient parfaitement la sociologie des 15 Etats membres de la Cedeao, particulièrement leurs capacités historiques et traditions morales. Dans ce cas précis, il faut encore respecter l’Etat du Mali, qui a une histoire originale et civilisationnelle, rapportée par l’explorateur français René Caillé. Les historiens et universitaires africains le savent, le Mali est un symbole de la culture universelle, avec la ville de Tombouctou, comme patrimoine de l’humanité. Que les Etats de la Cedeao s’imprègnent de ces réalités historiques et traditionnelles pour régler la crise malienne, loin des grands arrangements politiques et des petites vérités diplomatiques. Résultat : L’Etat du Mali connaît son histoire de démocratisation depuis 1946 et chaque Malien connaît la sociologie, la morale et la tradition de son pays. Aucun pays membre de la Cedeao ne peut donner une leçon de sagesse et de démocratie aux Maliens.
    Par Ben Ismaël _ Source : Ivorian.Net

  4. Il faut chasser ces envahisseurs par des coups de canon, sinon aucune solution.

  5. leblan

    donc les chefs d etat ouest africain pense que onus veut que cette crise au mali sois finis et bien il se trompe reveiller vous regarder le soudan la somalie onus n a rien fait parceque l occident et usa non rien a manger dans ses lieux penser vous

  6. phare

    Suivez le lien, c’est édifiant; et on sait de plus en plus largement dans le monde qui est Blaise Compaoré.
    http://www.michelcollon.info/Cote-d-Ivoire-la-democratie.html

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