Affaire des 145 milliards FCFA de la Dubaï Bank: Les autorités maliennes ont-elles donné suite à la Commission rogatoire ?

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    Cette affaire dans laquelle la Dubaï Bank se dit victime est riche aussi de ses épisodes judiciaires. On se rappelle par exemple qu’un jugement du tribunal de Dubaï en date du 28 juin 2000 a condamné 17 personnes impliquées à 3 ans d’emprisonnement pour les faits de détournements commis au préjudice de la Dubaï Islamic Bank.
    A la suite de ce qui précède, un mandat d’arrêt international a été délivré le 9 novembre 2001, à l’intention de Foutango Sissoko accusé d’escroquerie et de complicité de blanchiment. En effet, par une Commission rogatoire, le juge français Henri Pons en charge du dossier, a saisi les plus hautes autorités de notre pays, notamment le ministre de la Justice du Mali, en ces termes « J’ai l’honneur de vous prier de bien vouloir recevoir mes compliments et accepter la présence et la collaboration de fonctionnaires de police de l’Office central pour la Répression de la Grande Délinquance Financière (OCRGDF), pour assister les autorités judiciaires maliennes, dans l’exécution de cette commission rogatoire.’’
    En clair, le magistrat français au Garde des sceaux malien, de bien vouloir :
    1-    Procéder aux auditions de : Kanté Cheick Amadou ; Haïdara Hafissatou épouse Nimaga ;Diao Mamadou ; Diallo Oumar ; Koné Mamadou ; Diao Sékou Oumar, et Soumana Sacko.
    L’objectif de cette demande du juge visait, selon toute vraisemblance, à déterminer les motifs pour lesquels ces personnes ont perçu, directement ou indirectement, de la part de Foutango Sissoko, des fonds provenant des détournements commis au préjudice de la Dubaï Islamic Bank
    2-    Procéder à l’inventaire des avoirs possédés au Mali par Foutango Sissoko ; à toutes vérifications utiles aux fins de déterminer s’il est domicilié au Mali ;
    3-    Verser à la procédure l’ensemble de la documentation (cartons d’ouverture de compte, justificatifs d’identité, relevés de compte pour la période 1995-1998), relative aux comptes détenus par Foutango Sissoko à la Bank of Africa (compte n° 2161010071595) et la Bdm (compte n° 425/20/295) à Bamako ;
    4-    Procéder à l’inventaire des avoirs détenus au Mali par Diao Mamadou; verser à la procédure l’ensemble de la documentation bancaire (cartons d’ouverture de compte, justificatifs d’identité, relevés de compte pour la période 1995-1998) relative au compte n° 35 083 118 A ouvert par Diao Mamadou dans les livres de la Banque fédérale du commerce, devenue la Banque Internationale pour le Mali, à Bamako.
    5-    Verser à la procédure l’ensemble de la documentation bancaire (cartons d’ouverture de compte, justificatifs d’identité, relevés de compte pour la période 1995- 1998) relative au compte n° 00 07 091 1 010 00 ouvert au nom de Mme Diallo Bintou Bâ dans les livres de la Banque malienne de crédits et de dépôts, et au compte ouvert dans la même banque au nom de Sako Soumana.
    6) Procéder à toutes investigations auprès des autorités aéroportuaires maliennes aux fins :
    – de déterminer la position physique et administrative des avions composant la flotte d’Air Dabia et se trouvant encore sur le territoire de la république du Mali.
    – de préciser si des procédures de confiscation ou de saisie de ces avions ont été mises en œuvre ;
    – de préciser si la compagnie aérienne Air Dabia a fait l’objet d’un enregistrement au Mali. Dans l’affirmative, indiquer les statuts, la composition de la flotte et tous autres renseignements utiles concernant cette compagnie ;
    7) Procéder à toutes vérifications utiles concernant l’hôtel Mariétou Palace situé à Bamako aux fins de déterminer ;
    – la réalité des travaux effectués sur le chantier de cet hôtel par l’architecte Pierre Goudiaby,
    – si Foutango Sissoko est toujours le propriétaire de cet hôtel.
     
    8) Procéder à toutes investigations qui s’avéreraient utiles à la manifestement de la vérité, au vu des investigations déjà réalisées dans le cadre de la présente Commission rogatoire internationale.
    « Vu l’urgence, les fonctionnaires de police, porteurs de la présente Commission rogatoire internationale, sont habilités, en tant que de besoin, à se faire remettre en original ou en copie, tous documents ou éléments recueillis dans l’accomplissement de la présente mission.
     Avec nos offres de réciprocité, nous prions les autorités destinataires de bien vouloir agréer l’assurance de notre haute considération. » a conclu le magistrat français Questions :
    1 – Les autorités maliennes ont-elles favorablement répondu au juge Pons ?
    Quelle en a été la conclusion ?
    2- Les deux anciennes personnalités du pays, parmi les femmes et les hommes cités, ont-elles, oui ou non, été auditionnées ? Si oui, quelle suite a- t-on donnée à l’affaire ? Si non, pourquoi ?
    A suivre 

    Sory Haïdara

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