Chronique satirique : Concertations ou fête du bâton ?

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Contrairement à ce que les charlatans promettent, les concertations nationales pourraient bien déboucher sur de nouvelles séances de bastonnade tant les participants pataugent dans la confusion.

 

Pr Oumar Kanouté, Directeur de cabinet du PM

Il y a quelques mois, le premier ministre Cheick Modibo Diarra pleurait à chaudes larmes de voir que deux Maliens ne pouvaient se retrouver dans une pièce sans se battre. Nous nous gaussions, à l’époque, des sanglots de l’astrophysicien. Mais en réalité, Cheick Modibo avait raison. Depuis que le « Vieux Commando » a été contraint de fuir le pays, le Mali est devenu soudain un haut lieu de bastonnade.

Le premier à subir la loi du bâton fut, qui l’eût cru?,  le premier citoyen du pays. Heureusement, grâce aux restes de fonds secrets abandonnés par son prédécesseur, les médecins parisiens ont pu éviter à Monseigneur Traoré un séjour précoce dans un cercueil !

On aurait dû extrader les agresseurs de Dioncounda vers  les tribunaux d’Iyad Ag Ghali, histoire de leur apprendre à remettre en cause l’autorité des chefs non élus. Mais voilà: rien ne leur arriva de bien grave. Si bien qu’ils ont remis ça et, cette fois, contre le Premier ministre lui-même dont ils ont tenté, la semaine dernière, de couper la route. En bons stratèges, les gens de Yerewolo Ton, grands bastonneurs devant l’Eternel, avaient étudié le parcours du Premier ministre; ils savaient que l’homme faisait sans cesse la navette entre son bureau et sa résidence et qu’il ne pouvait lui arriver malheur que sur cette route. C’est pourquoi ils avaient monté le guet sur ce trajet.Seulement, ils avaient oublié que contrairement à leur présidentielle victime, le Premier ministre, gros et grand comme Hercules, ne se laisse pas approcher facilement. Pour avoir visité Mars, il voit ses ennemis venir de loin. Sa garde, avertie à temps (par les Martiens ?) a donc vite fait de mettre en déroute les assaillants dont plusieurs ont été conduits devant le parquet.

Pour une bastonnade qui échoue, mille autres réussissent, ce qui fait déjà un score statistique fort respectable.Ainsi, ceux qui  ont passé les journalistes, Saouti Haidara en tête, par pertes et…bâtons, courent toujours. Comment la justice reconnaîtrait-elle un homme encagoulé ? C’est d’ailleurs parce que la réponse à cette question va de soi que les policiers, censés faire régner l’ordre dans le pays, ont jugé bon de porter des cagoules avant d’enlever 6 de leurs commissaires (rien de moins!). Selon le récit de l’une des victimes,  les coups n’ont guère manqué et c’est un miracle si les fameux commissaires gardent encore un bout de chair au crâne!

Je ne crois pas que la saison des bastonnades diminuera en intensité avec les concertations nationales que l’on prévoit d’organiser. On imagine bien que Yerewolo Ton et autres ne se rendront pas à ces assises munis d’un exemplaire du Coran: il y viendront avec quantité de bâtons et gare à celui qui prendra pour blanc ce qu’ils estiment être noir ! Or justement, Yerewolo Ton voit tout en noir, victime d’une maladie des yeux que nul n’ose lui révéler. En fait, le docteur Oumar Mariko a assez de science (il est médecin) et de hardiesse (il a soutenu le premier le putsch militaire) pour diagnostiquer et annoncer le sombre mal dont souffre Yerewolo Ton. Cependant, Mariko ne se donnera pas cette peine, lui qui caresse le rêve de créer la République Anarchique du Mali.  Quant aux autres participants aux concertations nationales, les uns voudraient, sans trop l’avouer,  retirer au Premier ministre sa nationalité malienne; les autres, plus miséricordieux, souhaiteraient faire passer en cour martiale tous les dignitaires du régime défunt; d’aucuns rêvent d’un gouvernement de 80 membres et certains autres le retour de Samory Touré au pouvoir. Aucun des participants ne songe une seconde à sacrifier son pain à la libération du nord ou à des élections honnêtes. Pour presque tous ces politiciens, le bon peuple compte pour des haricots et il faut profiter de la chute de l’Etat pour se garnir l’estomac.  D’entente ? Il n’y en aura point. D’idées nouvelles ? Point. Tout finira par une foire d’empoignes et des séances de bastonnades.Surtout quand les actuels gouvernants refuseront de mettre en application d’éventuelles résolutions des concertations nationales.

A mon avis, on a eu tort d’organiser ces assises sur des bases si fragiles et dans un pays si mal en point. Les sujets à débattre semblent tomber du ciel. Le sort à réserver aux décisions n’est fixé par aucune loi. La manière de les voter n’est pas connue. Les conditions de quorum et de majorité encore moins. Quant à savoir si le RPM (11 députés) et le partiYelema (0 député) auront le même nombre de voix, nul n’en sait rien. Pas plus qu’on ne sait si la CSTM (centrale syndicale de plusieurs milliers d’adhérents) pèsera plus lourd, lors des votes, que le groupement des vendeurs de chocolat. Et que dire du FDR (deux tiers de l’Assemblée nationale et des mairies) qui a décidé de boycotter les assises !

On le voit, les concertations nationales constituent de la poudre de perlimpinpin dans les vertus de laquelle même les charlatans modernes ne croient. On prétend qu’elles vont donner au gouvernement de transition une feuille de route. Mais, que diable!, tout le monde sait que la feuille de route donnée depuis belle lurette au gouvernement est de libérer le nord et d’organiser des élections justes ! D’ailleurs, n’est-il pas tard de donner une feuille de route à un gouvernement dont le mandat expire dans 6 à 8 mois ? Certains « experts »en confusion annoncent, sans rire, que les concertations nationales désigneront les organes de la transition. Comme si le président et le premier ministre de transition étaient là pour jouer du kotèba! Seigneur Dieu! Sauve-nous !

 

Tiékorobani

SOURCE:  du   26 nov 2012.    

5 Réactions à Chronique satirique : Concertations ou fête du bâton ?

  1. Kassin

    Le concert national ou concert géant est en réalité le bal des opportunistes qui tentent par tous les moyens de substituer une mascarade de concertation à la constitution du Mali du 25/02/1992.

    Après le coup d’état du 22 mars 2012, l’accord cadre anticonstitutionnel du 6 avril 2012 cette concertation de Kati et copain qu’on veut faire croire que c’est « Nationale » alors qu’elle n’est même pas locale est une troisième violation flagrante de la constitution du 25/02/1992 que tous les maliens démocrates doivent combattre par tous les moyens et avec la dernière énergie puisqu’elle n’a d’autre objectif que de légitimer le pouvoir illégal des spadassins de Kati et de leurs cohortes du Copam, de leurs apôtres du Mp22 et de leurs hordes du Yerewoloton.

    Ces hommes lige de l’anarchie bon marché et des règlements de comptes sauvages dont les éléments encagoulés sèment déjà la terreur partout à Bamako, après avoir battu à mort le président Dioncounda jusque dans son bureau, escaladant nos bâtiments officiels à Koulouba comme des fourmis magnans, cherchent seulement un brin de légitimité pour leur permettre de sevrer encore plus nos compatriotes du sud car ils ont juré de ne plus aller au nord malgré leur serment militaire.

    CMD, le grand troubadour de la transition sait plus que tout le monde que l’accord cadre qui est à la base de sa nomination n’est plus valable l’une des partie signataire (le Cnrdre) ayant disparue juridiquement le contrat signé avec la Cedeao n’est plus valable et à tout moment Dioncounda et même l’assemblée nationale du Mali peut valablement lui débarquer de la cité Kadhafi.

    Alors il cherchent, en vrai patriarche de l’opportunisme mal placé avec ses copains de circonstance, un stratagème pour contourner la constitution malienne du 25/02/1992 qui seule est aujourd’hui l’émanation de la volonté populaire clairement exprimée (par référendum) du peuple souverain du Mali car on à plus de président en exercice élu au suffrage universel direct des maliens.

    Donc peuples du Mali, je vous exhorte à plus de vigilance sinon vous allez dire adieux à la liberté et à la justice pour au moins 20 ans encore si jamais vous leur laisser vous imposer une mascarade de concertation.

    À bon entendeur salut!

    • Intello

      vraie Kassin….rien qu’a regarder la photo de ce « bouledogue  » bull dog de Kanoute, il n’attend qu’a voler :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: ses yeux de diables me font peur.. :-D :-D :-D :-D .

  2. robert kone

    Ces concertations nationales finiront dans le sang car au Mali chacun est préoccupé par sa propre promotion et ces assises ne serviront à rien on a assez parlé au Mali , il faut aller à l’essentiel dans un pays de 16 millions d’âmes nous avons plus de 500 partis politiques et associations signe de notre désaccord sur quoi on va s’entendre ? Chacun veut être chef .

  3. Kassin

    Le concert national ou concert géant est en réalité le bal des opportunistes qui tentent par tous les moyens de substituer une mascarade de concertation à la constitution du Mali du 25/02/1992.

    Après le coup d’état du 22 mars 2012, l’accord cadre anticonstitutionnel du 6 avril 2012 cette concertation de Kati et copain qu’on veut faire croire que c’est « Nationale » alors qu’elle n’est même pas locale est une troisième violation flagrante de la constitution du 25/02/1992 que tous les maliens démocrates doivent combattre par tous les moyens et avec la dernière énergie puisqu’elle n’a d’autre objectif que de légitimer le pouvoir illégal des spadassins de Kati et de leurs cohortes du Copam, de leurs apôtres du Mp22 et de leurs hordes du Yerewoloton.

    Ces hommes lige de l’anarchie bon marché et des règlements de comptes sauvages dont les éléments encagoulés sèment déjà la terreur partout à Bamako, après avoir battu à mort le président Dioncounda jusque dans son bureau, escaladant nos bâtiments officiels à Koulouba comme des fourmis magnans, cherchent seulement un brin de légitimité pour leur permettre de sevrer encore plus nos compatriotes du sud car ils ont juré de ne plus aller au nord malgré leur serment militaire.

    Donc peuples du Mali, je vous exhorte à plus de vigilance sinon vous allez dire adieux à la liberté et à la justice pour au moins 20 ans encore si jamais vous leur laisser vous imposer une mascarade de concertation.

    À bon entendeur salut!