Concours d’entré à la magistrature 55 postes à pourboire

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    Pour devenir magistrat, il faut remplir les critères suivants : «il faut être né Malien, de père ou de mère magistrat, ou ministre. A défaut, il faut  être fils à Papa ou accepter de délier les cordes de la bourse ». Cette année, 55 postes sont à pourvoir. Mais selon informations, ils seraient déjà pourvus. Les heureux candidats auraient déboursé, chacun, la somme de 6 millions CFA.  

     Depuis dix ans, l’Etat malien organise chaque année, un concours d’entrée à la magistrature. Et chaque année, une cinquantaine de magistrats est recrutée. Au départ, ce concours suscitait l’espoir de nos diplômés. Surtout, ceux sortis des facultés de droit.  Mais ces dernières années, force est de constater que le nombre de candidats diminue, d’année en année. Comme une peau de chagrin. A l’origine de ce désintérêt : la corruption. Mais ce qui se passe dans au cours du concours de la magistrature dépasse l’entendement. Toute chose qui fait dire à un diplômé qu’au Mali, «on ne recrute pas les magistrats, on les nomme ». Comme ce diplômé, ils sont nombreux ceux qui n’ont plus le cœur à l’ouvrage, après leur formation en droit. Tous sont unanimes que le concours d’entrée à la magistrature n’est qu’une formalité.  Autrement dit, ce concours est fait pour légitimer «la nomination» des fils de magistrats, de ministres et des jeunes des mouvements proches de Koulouba.  La fonction de juge est devenue un héritage, qui se transmet de père en fils.  Il n’y a plus de doute, la magistrature est ce corps où les postes sont attribués au plus offrant.

    Il s’agit d’une injustice qui ne dit pas son nom. Les diplômés le savent, mais n’y peuvent rien. Les plus hautes autorités le savent, mais ne font rien. Cette corruption est entretenue par un réseau inébranlable. Car, il existe depuis la nuit des temps. Pour tromper les Maliens, ceux qui sont chargés de l’organisation du concours font croire que les étudiants n’ont aucun niveau. Des arguments qui ne convainquent pas. Aussi, ils arrivent à jeter de la poudre aux yeux de certains candidats qu’ils font passer à l’examen écrit. Mais,  aucun d’entre –eux ne  peut réussir l’examen oral sans, auparavant délier les cordes de la bourse.

    Selon une source proche de  la Direction Nationale de l’Administration Judiciaire, le concours de la magistrature de 2012  battra tous les records d’abstention.  Sa date n’est pas encore connue. Mais, selon nos informations, les 55 postes à pourvoir seraient en passe d’être pourvus. Chaque candidat devra débourser la Bagatelle de 6 millions CFA, contre quatre millions CFA les années précédentes.

    Dans ces conditions, comment peut-on lutter contre la corruption quand ceux qui sont appelés à lutter contre ce fléau lui doivent leur poste ?

    Abou Berthé

     

     

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