Crise du nord : Le mutisme des partis politiques

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    Depuis le développement progressif de la crise au nord, les partis politiques brillent par leur silence. Et pourtant, ils ont tout intérêt à s’impliquer sérieusement dans la recherche de solution à cette équation à plusieurs inconnues avant de s’engluer dans des spéculations oiseuses et politiciennes.

    Outre les enlèvements des Occidentaux intervenus à Hombory et à Tombouctou, la situation sécuritaire au nord de notre pays est très préoccupante. Le retour des combattants venus de la Libye avec armes et bagages est venu en rajouter. Aujourd’hui, la région déjà fragile est envahie par des armées entières. Une situation qui a sans doute réveillé les vieux démons, ceux-là même qui n’aspirent ni à la paix ni à la stabilité dans notre pays. L’occupation du nord par les bandits armés jusqu’aux dents avec son corollaire d’enlèvements, de braquages, de détournements de véhicules, a semé la psychose. Elle intervient dans un contexte particulier de l’histoire de la jeune démocratie malienne. Il s’agit de l’organisation des élections générales qui doivent se tenir dans quelques mois. En 2012, les Maliens sont appelés à élire un nouveau président de la République pour assurer l’alternance démocratique à la tête du pays. Un moment crucial et historique dans l’histoire de la démocratie chèrement acquise en 1991. C’est justement le cours de cette histoire qui semble être menacé par l’insécurité généralisée dans le septentrion.

    De sérieuses menaces planent sur la tenue de ces élections. Dans la logique actuelle des choses, si la situation n’évolue pas positivement, un éventuel embrasement dans le nord compromettrait inéluctablement la tenue des élections dans les trois régions nord du pays. Et par conséquent, les autorités pourraient bien se voir obligées de réaménager le calendrier électoral en attendant de trouver une solution durable au problème. Un scénario probable qui pourrait devenir une pilule amère à avaler par les candidats pressés d’arpenter la colline de Koulouba. C’est pourquoi, les partis politiques qui brillent par leur silence ont tout intérêt à s’impliquer sérieusement dans la recherche de la solution à ce problème avant de spéculer inutilement à travers des débats qui n’en valent pas la peine.

    Compte tenu de la gravité de la situation, il n’est pas question de laisser le président ATT seul gérer la crise. Le président du Rassemblement pour le Mali (Rpm), Ibrahim Boubacar Kéïta, n’a pas manqué de faire part de sa préoccupation, le week-end dernier, au cours de sa tournée dans la région de Sikasso. On apprend que le Parti pour la renaissance nationale (Parena) envisage d’organiser ce week-end une rencontre sous-régionale sur la question. ‘’ Mieux vaut tard que jamais’’, dit-on. Il ne faut pas attendre que le gouvernement signe des accords de capitulation pour ne pas dire humiliante, pour réagir dans la plus grande discrétion comme ce fut le cas en 2006. A l’heure actuelle, le combat des partis politiques doit être d’appeler à un dialogue franc et républicain afin d’aboutir à des solutions pertinentes pour l’avenir de la nation.

    Par Daouda T. Konaté

     

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