Démission de Cheick Modibo Diarra : Les péchés capitaux d’un navigateur

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Le désormais ex-Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, a démissionné dans la nuit du 10 au 11 décembre. Les militaires qui l’ont débarqué ne sont pas seuls à nourrir des griefs contre lui. Le navigateur interplanétaire était parvenu à se mettre tout le monde sur le dos.

Cheick-Modibo-Diarra

Propulsé au  devant de la scène politique à la suite du coup d’Etat du 22 mars 2012, Cheick Modibo Diarra était, jusqu’au 11 décembre dernier, le Premier ministre de la transition malienne. Nommé à ce poste le 17 avril 2012 par le président de la République par intérim, Cheick Modibo Diarra(CMD) devait s’atteler à deux missions principales : la reconquête des régions nord du pays et l’organisation des élections générales. Considéré comme l’homme providentiel compte tenu  non seulement de sa neutralité dans la gestion des affaires du pays sous les régimes Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré, mais aussi de sa notoriété internationale, CMD a lamentablement échoué. Comment l’astrophysicien a-t-il pu pécher  jusqu’à ce point?

‘’La politique ne s’improvise pas’’, a-t-on coutume de dire. Cet adage convient parfaitement à Cheick Modibo Diarra. Fondateur du Rassemblement Pour le Développement du Mali (Rpdm), CMD, une fois nommé, s’est mis à la tâche. Très vite, il a formé le Gouvernement. Composé en majorité des partisans de la junte et du Premier ministre lui-même, ce gouvernement a vite été dénoncé par certains partis et regroupements politiques dont le Fdr, le parti Sadi… tout simplement parce qu’ils n’ont pas été consultés lors de la mise en place. Malgré tout, ces formations politiques et regroupements ont décidé de le soutenir, compte tenu de la situation qui prévaut dans le pays.  Très tôt, CMD a multiplié les erreurs par des sorties médiatiques intempestives et des déclarations qui frisent l’injure au peuple et surtout au Chef suprême des armées.

La communication est primordiale dans la gestion des affaires publiques. Dans tous les Etats du monde, tout  propos émanant d’un haut responsable, de surcroit le Premier ministre, est  suivi par les populations avec beaucoup d’attention. Ces propos sont ensuite analysés, commentés et surtout critiqués. De même que ses adversaires politiques, les partisans du Premier ministre se font une idée de ses déclarations.  Un responsable, de surcroit  chef de gouvernement, se doit de remuer beaucoup fois la langue avant de parler. En communication, CMD a beaucoup péché.

Il disait tout ce qui lui venait en tête sans se soucier des effets que ces déclarations pouvaient produire. Certaines déclarations fracassantes tristement célèbres sont restées gravées dans la mémoire de nos concitoyens, telles que ‘’ je ne sais pas à qui je vais remettre ma lettre de démission’’. Publiquement,  sur les antennes de l’Ortm, il a dénigré la délégation envoyée par le président de la République au Burkina Faso.  ’’Ce sont des envoyés de Bamako ; au moment venu, je formerai une délégation officielle’’.

Rupture avec la junte

Protégé par la junte, il ne rendait compte à personne surtout pas au chef de l’Etat à qui il déniait toute autorité. Pendant qu’une de ses missions principales était la reconquête du nord, il n’aurait rien fait pour l’armée même si, à ses dires, il aurait débloqué sept milliards pour les forces armées et de sécurité, en plus de l’instauration d’une « prime Haya », allouée à certains soldats.

En neuf mois, ce n’est pas avec Kati seulement que le « Martien » se serait brouillé. En effet, à l’occasion de la formation de son fameux gouvernement d’union nationale, il est parvenu à se mettre sur le dos une grande partie de la Copam et du Mp 22, deux regroupements qui lui avaient auparavant apporté un soutien total. De même, l’association « Yèrèwoloton », qui avait carrément squatté l’Assemblée nationale pour défendre les intérêts de Cmd, a fini par se lasser des incartades de son mentor avant de lui tourner le dos.

CMD qui s’est toujours mépris sur le vrai sens de Premier ministre de pleins pouvoirs, a fini par en abuser au point de créer et de maintenir une tension permanente au sommet de l’Etat. Il faut dire qu’il avait un soutien de taille : le Haut conseil islamique. Pourtant, selon plusieurs sources, il a également tenté de manipuler celui-ci au point de créer des dissensions en son sein.

Nouhoum DICKO

 

 
SOURCE:  du   20 déc 2012.    

5 Réactions à Démission de Cheick Modibo Diarra : Les péchés capitaux d’un navigateur

  1. fakolyhakika1

    « Toutes les doctrines, toutes les écoles, toutes les révoltes, n’ont qu’un temps. »
    de Charles de Gaulle

  2. Chape

    Pauvres « journaleux » continuez à raconter vos conneries!!!!!
    Nous allons tirer le bilan quelque soit la durée de la transition. Que Dieu sauve le MALI des mains des « bandits armés de Kati ».

  3. Kassin

    Les cadeaux et le chaos

    Frappé par une crise violente et multiforme, le Mali peine depuis 9 mois à trouver une solution pour sortir la tête de l’eau.

    Le nord est occupé et la gouvernance du pays est erratique, instable, douteuse et inefficace.

    Le pays est suspendu aux désidératas de la communauté internationale, de ses voisins encombrants ou inquiets, des hors la loi qui ont élu domicile au nord et des querelles de chiffonniers qui rendent sa gouvernance chaotique.

    Pour vous situer dans l’échelle de l’avancement dans la résolution de cette crise malienne , imaginez un vaste chantier d’un bâtiment à dix étages, après neuf mois de travaux nous, sommes toujours au niveau des travaux de fondation.

    Pourquoi un tel enlisement, pourquoi tant de retard, pourquoi tant d’hésitations, pourquoi tant de questionnements pour délivrer une population prise au piège de l’obscurantisme au nord et de l’irresponsabilité au sud?

    Qui est le facteur de déblocage?

    Qui bloque quoi pour que le Mali ne recouvre pas sa souveraineté et son intégrité territoriale?

    La mobilisation de la communauté internationale est telle contre productive pour le Mali ou c’est le Mali lui même qui porte en lui le germe de son autodestruction programmée?

    Pour répondre à ces questions à apparence simples mais qui peuvent s’avérer compliquées à répondre, nous devrons poser les postulats de base des relations internationales, des relations humaines, pour identifier les mécanismes qui sous-tendent le fonctionnement d’un état africain comme le Mali, la mentalité de ses habitants, la qualité de sa gouvernance et sa coopération avec le reste du monde.

    La compréhension de ces phénomènes nous permettra de comprendre pourquoi le pays est vulnérable face aux chocs externes et internes et pourquoi il peine à se défaire de cette crise.

    Rassurez vous mes amis j’essaierai d’être bref sinon un développement normal de ces sujets pourrait remplir des volumes et dépasserait largement le cadre d’un article de presse.

    Les relations internationales sont régies par un jeu complexe d’intérêts qui s’apparente au Poker.

    Dans leurs relations les nations agissent par intérêt plutôt que par amitié.

    Mais il y a plusieurs sortes d’intérêt (financier, stratégique, culturel, moraux…)

    Cela dit la communauté internationale agit par intérêt mais celui ci n’est pas forcément financier et il faut analyser cas par cas pour identifier la nature des intérêts en jeu dans chaque agissement à telle ou telle partie du globe.

    Les relations humaines se fondent aussi sur des jeux d’intérêt mais puisent leurs caractéristiques essentielles dans le rapport de forces.

    L’homme depuis la nuit des temps a tendance à s’imposer sur plus faible que lui pour exister ou pour mieux exister.

    Ça ne date pas d’aujourd’hui et ce n’est pas prêt de terminer maintenant.

    Au Mali les mentalités, les pratiques et les comportements dans la société ont contribué durant les 40 dernières années à produire plus de gens faibles que de gens forts (absence de scolarisation, pauvreté, chômage massif, condition de travail rudimentaires et très peu génératrices de revenus, santé précaire, espoirs brisés…)

    Nous vivons dans une société qui ne permet pas très bien la mobilité sociale (le fils de pauvre a 80% de chance de rester pauvre alors que le fils de « riche » a 80% de chance de rester « riche »).

    [excusez moi les guillemets car pour moi il n'y a pas de riche au Mali, conviction personnelle qui n'engage que moi].

    Dans ces conditions, le facteur clé du succès pour un individu au Mali actuellement, c’est de s’approprier illégalement les biens publics au détriment de la morale, de la dignité, de la probité et des toutes les valeurs connues dans la société.

    Et bien entendu tout le monde ne peut pas accéder aux biens publics dans un pays pauvre avec une forte croissance d’une population majoritairement jeune.

    Donc forcément un océan de désolation se dresse devant les autorités du pays et les urgences sociales sont multipliées par cent par rapport à la normale.

    Dans cette situation il n’y a pas, malheureusement, une gouvernance efficace, juste et responsable pour répondre au aspirations des peuples.
    Trop de bruits circulent, Moussa, Alpha, ATT, Dioncounda…

    Mais, la réalité est que le Mali jamais eu une gouvernance responsable mis à part le régime de Modibo Keita qui savait ce qu’il faisait, tous les autres naviguent ou ont navigué à vue si jamais ils ne dormaient pas dans le bateau.

    Dans cette gouvernance du sommeil profond et insouciant, les actifs et le patrimoine du pays n’ont jamais été sauvegardés contre les chocs externes et internes au pays, les forces néfastes et les mauvaises pratiques.

    La coopération avec les pays voisins et même la coopération tout court, a été inscrite dans un registre d’état faible qui cherche de manière permanente et systématique des faveurs et de l’assistance sans jamais mettre en avant les indispensables intérêts du Mali.

    On se pose même la question, a t-on jamais cherché à identifier et à atteindre nos intérêts?

    Donc les vraies solutions aux crises du nord ont été occultées, ignorées dans une aimable négligence par une politique permanente de fuite en avant et de cadeaux gratuits aux chefs rebelles sans jamais prendre en compte les conditions et les préoccupations des populations vivant dans l’extrême pauvreté.
    Iyad Ag Ghali, Bilal Ag Chérif et tous leurs semblables sont depuis trop longtemps dans une recherche éhontée et facilitée de leur gain et gloire personnel et clanique plutôt qu’une quelconque solution aux multiples problèmes quotidiens des populations, touareg, arabes, sonraï, peuls, Belah qui désolent dans le nord du Mali.

    La technique de la fuite en avant soulage à court terme ces Al Capone et ces Dalton du désert malien (par des négociations et accords bidons), mais elle ne résout jamais une crise profonde de la morale qui s’est versée sur la société malienne comme l’encre d’un écolier brouillon se verse sur son cahier.

    Et on a beau être un athlète aguerri des marathons, à un moment donné il faut s’arrêter de courir sinon le cœur lâche car il est conçu comme cela.

    Mais au Mali, croyez moi nos athlètes de la gouvernance chaotique ne s’arrêtent jamais, d’ailleurs être nommé ministre est perçu d’abord comme un bonheur et un accomplissement personnel, une jouissance familiale qui marque l’avènement d’un clan, donc un cadeau inespéré pour prendre sa revanche sur la société et non pas comme une charge de travail engageant une nation ou une lourde responsabilité devant l’histoire et le peuple.

    C’est pour cela qu’il y a tant de batailles et de déchirements pour rentrer dans un gouvernement, et tant de tractations pour ne pas y être éjecté.

    Et l’Ortm est très fière de montrer le luxe clinquant et insolent de la salle de réunion du conseil des ministres à Koulouba, plutôt que de montrer la détresse des enfants maliens dans les camps des réfugiés maliens en Mauritanie, au Niger, au Burkina, en Algérie et au Mali.

    « Passion du service public » oblige!

    La soldatesque de la garnison de Kati a bien compris la même attirance inutile pour le luxe en s’occupant d’abord au « siège » du Cnrdre à Kati plutôt que de songer à doter Diabali et Sevaré en orgues de Staline.

    Il y a un décalage révoltant entre ce que font les dirigeants du pays et les conditions réelles des populations qu’ils prétendent défendre.

    Alors que les défis sont déjà énormes par rapport aux capacités de l’état (finance et ressources humaines), il faut soit réduire de manière drastique le train de vie de l’état soit tendre la main à la communauté internationale.

    Celle-ci a des intérêts moraux surtout en matière de droits de l’homme, de bonne gouvernance et de démocratie, toute chose égale par ailleurs.

    Le jour où le maliens comprendront cela, la soldatesque de Kati, s’écartera du pouvoir, les élections seront organisées, le pays recouvrera son intégrité territoriale, les cadeaux aux bandits du nord et aux ministres insouciants prendront fin en même temps que le chaos que vous connaissez dans le pays.

  4. emoo

    Depuis les premieres sorties de ce monsieur, nous avons compris que le casting du premier ministre est rate… c’est dommage que le temps a fini de nous donner raison…

    CMD, non seulement est malhonnete, manipulateur, mais il est fondamentalement incompetent…

    Mieux vaut tard que jamais… il a ete debarque et c’est le plus important….

    Maintenant il doit rendre compte, tout juste comme Att le general fuyard….

  5. BATHIO

    Soutenu par FDR!!! hahahaha tu es un vrai Margouilla