Fatoumata Coulibaly dite FC à propos de son film documentaire ”Bajiba jabali” : \”J’ai fait ce film pour le mettre au service de la nouvelle génération et surtout pour les femmes\”

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    Dans la vie comme au cinéma, cette Malienne, actrice, réalisatrice et journaliste célèbre, se bat inlassablement pour l’éducation des jeunes. Raison pour laquelle elle vient de réaliser un film documentaire ‘’Bajiba Jabali’’ (le fleuve intérissable). Un film où elle fait le portrait de Madame Sira Diop, une autre brave femme du Mali indépendant, enseignante et militante pour la cause des femmes.  En un mot, un  documentaire qui parle des femmes qui se sont battues avant  et après l’indépendance.

    Bamako Hebdo: Quelles sont les raisons qui vous ont poussée à réaliser ce film  documentaire?
    Fatoumata Coulibaly : Les raisons qui m’ont poussée sont qu’au Mali, la population n’aime pas beaucoup lire. Je me suis rendu compte qu’en réalisant ce film documentaire ”le fleuve intarissable” ou ”Badjiba djabali” ou encore ”une source inépuisable”, je ferai une œuvre utile. Dans ce film, j’ai rencontré des anciens, ceux qui ont  été témoins, de la colonisation à l’indépendance. Raison pour laquelle j’ai rencontré Sira Diop, une tante  exemplaire qui a beaucoup contribué au développement du Mali pour réaliser ce documentaire. Avec certains témoignages de Seydou Badjan Kouyaté, Adam Ba Konaré, la griotte Ba Tounkara, entre autres. J’ai fait ce film pour le mettre au service de la nouvelle génération et surtout pour les femmes. Parce que pour préparer l’avenir, il faut puiser dans le passé.

    Mais quelle est l’idée maitresse de ce film ?

    Ce film parle généralement de l’éducation des filles. Une manière de leur présenter l’exemple des femmes battantes comme Sira Diop et Adam Ba Konaré. Car, aujourd’hui, la nouvelle génération des jeunes filles n’est pas battante. Après les études, elles ne veulent plus rien entreprendre. Dans ce film, j’ai pu rencontrer des doyennes dans le domaine de la santé, culturel et social afin montrer à la nouvelle génération les difficultés que celles-ci ont rencontrées pour se faire une place aux côtés des hommes.

    Pourquoi le choix de Sira Diop ?
    Tanti Sira Diop est une icône dont le Mali et l’Afrique toute entière sont fièrs. Lors de la présentation du film, elle se trouvait dans une commission de médiation de la CEDEAO. Ce qui a expliqué son absence dans la salle. Moi, je l’ai connue à bas âge. Depuis ce temps je voyais en elle une femme battante dans tous les domaines. Malgré son âge elle est toujours dévouée dans l’éducation et la scolarisation des filles et des femmes. C’est pourquoi, je l’ai prise comme l’actrice principale de ce film documentaire pour que les femmes et les jeunes filles suivent son exemple. En plus de Sira Diop, j’ai recueilli les témoignages de certaines anciennes pour que la nouvelle génération, qui est sur le bon chemin, s’en inspire. Il faut que ces deux générations se rencontrent régulièrement pour échanger et discuter afin que les jeunes acquièrent les expériences et apprennent le passé de leur pays afin de bien bâtir l’avenir. De nombreuses personnes se disent Maliennes alors qu’ils ne connaissent rien de leur passé.

    Avez-vous pris combien de temps pour réaliser ce film ?
    J’ai commencé ce film depuis 2008 mais le tournage s’est terminé dans le courant 2010. Mais en dehors du tournage j’ai effectué de nombreuses recherches au niveau des images d’archives afin de faire le montage qui m’a d’ailleurs pris beaucoup de temps, quatre mois précisement. Je remercie de passage la monteuse Mariam Soumahoro et son assistant  Cheick A. Touré parce que sans leur concours et soutien, le travail aurait été très difficile. Sans oublier l’ORTM et le CIRTEF.

    Selon vous, ce film pourra t-il contribuer à la prise de conscience de la nouvelle génération ?
    Bien sûr, j’ai l’espoir qu’avec ce film ou pas nous aurons à faire à une génération consciente. L’avantage pour elle est que la nouvelle technologie est très bien développée, le système éducatif a évolué dans le monde.

    Les jeunes ont la possibilité d’apprendre un peu partout. Avec ces expériences acquises, la jeunesse malienne sera une jeunesse consciente. Je souhaite également que ce film documentaire soit diffusé dans toutes les écoles du Mali pour les jeunes.
    Interview réalisée par Bandiougou DIABATE 
    bandjoul@hotmail.com

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