Histoire culturelle de la période du Mandé au Mali : Les griots au début et à la fin de tout le processus

    0
    2





    Le conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté en collaboration avec le ministère de la culture du Mali et l’université Paris 8, a organisé du 21 au 23 Décembre au sein de l’établissement situé sur la route de Koulouba, un colloque international, premier du genre, avec comme thème « Balla Fasséké Kouyaté, histoire d’un empire et légende d’un instrument : le balafon ».                                                                                       

     Aux cotés du ministre malien de la culture, Hamane Niang qui présidait la cérémonie d’ouverture, on notait entre autres, la présence du directeur général du conservatoire, Abdoulaye Konaté, d’Ismaïla Maiga, ingénieur culturel, représentant l’Université Paris 8 et, d’autres grandes figures de la culture africaine et mondiale tel que Youssouf Tata Cissé et Filifing Sacko, directeur du colloque.

    Le Mali que nous vivons aujourd’hui, est originaire d’un petit royaume situé entre Siguiri et Kita. On l’appelait mandé et il fut fondé par Soundjata Keita à la suite de sa victoire sur Soumangourou Kanté, lors de la bataille de Krina en 1235. Ce passage de notre histoire, ne serait jamais connu si les griots n’avaient pas à travers les générations et de bouche en oreille, rapporté les faits dans leur clarté et dans leur entièreté. Ainsi ce présent colloque s’affiche comme un espace de reconnaissance au rôle combien important, que jouent les paroliers, griots et traditionnistes dans nos processus de développement socio économique et culturels. Aux dires de l’homme de culture émérite qu’est l’ingénieur Ismaïla Maiga de l’université Paris 8 « ce colloque est le point de départ d’un travail de fond dont l’objet est de collecter et d’analyser les informations recueillies sur Balla Fasséké Kouyaté et son histoire ». Ces différentes informations seront recueillies tant auprès des traditionnistes que dans les rares textes, sur les origines, les caractéristiques et la place des instruments traditionnels dans l’histoire de l’Empire Mandén, du 13ème siècle à nos jours. Aussi au delà de la reconnaissance du rôle et de la place de l’héritage de Balla Fasséké Kouyaté dans la conservation et la valorisation de nos traditions, ce présent colloque fut un espace d’échanges entre étudiants, chercheurs et griots sur des thèmes qu’ont trait aux modes de vie des mandéka d’avant et d’aujourd’hui. Par ailleurs ce premier colloque international a permis de démontrer toute l’importance du Balafon, l’instrument de musique de légende qui symbolise le Mandé. En effet le balafon est partagé par plusieurs pays d’Afrique dont le Mali, la Guinée, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Sénégal et l’Angola. C’est dire que le Balafon jouait un rôle déterminant dans l’intégration des peuples du Mandé. Selon le ministre de la culture Hamane Niang, c’est conscient du rôle du Balafon comme facteur d’intégration des peuples et des Etats que notre pays organise depuis 2003, un festival international en l’honneur de cet instrument de musique légendaire,dénommé «  Triangle de Balafon ». Plusieurs activités ont marqué la tenue de ce présent colloque. Parmi les quelles des animations culturelles nocturnes animées par les étudiants du Conservatoire et des griots de la place,  des conférences débats qui ont permis au public de se ressourcer dans le fond fin de l’histoire des peuples d’Afrique et du monde en général et ceux du mandé en particulier.                                                                    

     Rappelons en fin que c’est dans la perspective de construire une base de données scientifiques qui tiendra compte des savoirs locaux que le Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté a initié ce présent colloque qui fut une véritable réussite tant sur le plan organisationnel que sur la richesse des débats et des animations musicales. Vivement la prochaine rencontre du même genre.

    Par Mahamane Abdoulaye Touré « Hamane »

    NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.