La ville d’Aguelhok attaquée et carnage au camp militaire

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    Après les attaques de Ménaka, Aguelhok et Tessalit, les assaillants ont remis ça en s’attaquant une seconde fois au camp militaire de la ville d’Aguelhok  qui a connu plusieurs pertes en vies humaines ainsi que des destructions des boutiques, magasins, établissements, publics et privés.

                En effet , le 18 janvier 2012 vers les environs de 5h du matin, des groupes d’individus armés sont entrés dans la ville d’ Aguelhok pour attaquer le camp militaire. Ces individus lourdement armés ont attaqué la base militaire d’Aguelhok. Malgré la détermination des envahisseurs, la première  tentative d’affronter les militaires maliens (de 5h du  matin à 17h du soir) a été un échec. Après 12h d’échanges de tirs  entre les deux camps les braves bidasses loyalistes ont résisté à l’assaut des assaillants. Dans le camp rebelle, plus d’une quarantaine de combattants ont été tués  et quatre (4) véhicules d’intervention brulés,  dans le camp loyaliste un seul mort. Au paravent les rebelles avant de procéder  à leur opération, ont d’abord  pénétré dans l’enceinte  de l’Institut de formation des maitres (IFM) d’Aguelhok pour prendre en otage  les élèves et quelques professeurs. Ils les ont amenés à 3km de la ville avant de les parquer au bord d’une oued ou ils étaient gardés jusqu’à la fin du combat.  C’est la cour de L’IFM, à 100mètres du camp militaire, qui a servi de base de repli aux rebelles. Aux dires des élèves-maitres de L’IFM, témoins de ces moments  douloureux, les assaillants avant de les libérer leur ont dit qu’ils n’ont pas besoin de la population et des civils,  mais plutôt des porteurs d’uniformes. Aussi qu’ils ne veulent pas d’ATT  et son gouvernement ni leur manière de gouverner le pays. Mais, cela ne  les ont pas empêchés de dépouiller les élèves-maitres  de leur argent et effets personnels.

                Les éléments armés blessés dans leur orgueil et  dans leur dignité se sont engagé à nouveau dans une ferme détermination  pour venger la mort de leurs frères en préparant, cette fois-ci,  une véritable expédition punitive contre le camp militaire d’Aguelhok, le 24 janvier 2012. A 5h du matin, les rebelles ont  positionné leur arsenal de guerre et ont commencé a tiré sur le camp  militaire. Les soldats loyalistes, retranchés dans  la caserne, ont répondu au coup par coup. Après deux heures d’échanges de tirs, l’armée  malienne a cessé de répliquer.  Selon nos sources, elle n’était à cours de munitions. Ce qui a permis  aux assaillants de mener un assaut final contre le camp avant de s’adonner à un   carnage, qui dépasse tout  entendement.

                Le bilan  a été horrible : du côté  de l’armée malienne, aux dires de nos témoins, environ 150 à 160 soldats tués par les rebelles  y compris le capitaine du camp, un BRDM brulé, un autre enlevé.  Des magasins et boutiques incendiés, les locaux de la sous-préfecture saccagés, la maison du maire touché , les bureaux de l’IFM transformés en cendres. Du coté des  bandits  difficile pour nos témoins  de compter le nombre de morts. Après leur besogne,  les assaillants se sont repliés tranquillement dans le grand Sahara en emportant avec eux tout ce qu’ils pouvaient. C’est après leur départ vers 10h qu’un hélico de guerre  appartenant à l’armée malienne a fait un passage et a tiré une seule fois sur l’IFM croyant que l’ennemie était toujours logée là. C’est  vers les  environs de 13h que les renforts maliens sont arrivés sur les lieux. Ils étaient dirigés par le Colonel-Major  El hadj Gamou,  ancien Commandant de  la première région militaire du Mali (Gao).

                Les secouristes ont,  semble-t-il,  trouvé une ville morte et abandonné à son triste sort. Au moment fort du combat, la population  a pu s’enfuir pour se réfugier dans le village de Inanizille à 15 km d’Aguelhok. Les éléments dépêchés par l’Etat-Major n’ont pas rencontré les forces ennemies sur le champ de bataille, ils ont  pu quand-même   faire les funérailles, avec le concours des élève-maitres de l’IFM, des braves soldats loyalistes tombés sur le champ de l’honneur, en défendant la localité d’Aguelhok.

    Selon nos témoins, les bandits en quittant la localité sinistrée, ont laissé un message, selon lequel, la prochaine attaque visera le camp de Kidal. Les élève-maitres de L’IFM d’ Aguelhok  ont pu joindre Gao grâce au boulanger Hamma,  qui a financé leur voyage en raison de 10.000 par élève. Ceux qui n’ont pas de domicile dans la cité des Askia ont été logés à la maison des jeunes de Gao où ils ont reçu la visite du gouverneur de la 6ème région,  le Général Mamadou Adama Diallo. Le Maire d’ Aguelhok aussi a amené avec lui un convoi d’élève-maitres à Kidal. Il semblerait qu’ils seront répartis dans les différents IFM de leur choix. Ils ont besoin d’une assistance psychologique, après avoir vécu les atrocités d’Aguelhok.

                Les populations, qui ont été invitées à collaborer avec les forces armées et de sécurité, veulent être  édifiées sur tout ce qui s’est passé à Aguelhok. Elles ont besoin d’être clarifiées sur le déroulement des événements. Et déjà un réseau de recrutement des jeunes de Gao  pour grossir le rang des rebelles du MNLA vient d’être démantelé et  certains de ses responsables ont été  aussi arrêtés avec leur tête un employé de l’Agence de Développement du Nord (ADN) Gao.

    Sangho Souleymane

    Correspondant du ”Le Scorpion” à Gao

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