L’Espace d’Interpellation Démocratique, une originalité malienne.

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L’Espace d’Interpellation Démocratique, une originalité malienne.

L’Espace d’Interpellation Démocratique, une originalité malienneIl y a vingt ans, le premier Président malien démocratiquement élu, Alpha Oumar Konaré et son Premier ministre d’alors -et non moins actuel Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta- jetaient les premiers jalons d’une vision pour renforcer et ancrer durablement la culture démocratique. Cette décision politique hautement périlleuse à l’époque prit alors la forme de l’Espace d’Interpellation Démocratique (EID) sur les recommandations d’un éminent défenseur des droits humains, l’ancien Ministre de la Justice du Sénégal, Monsieur Sidiki Kaba. Ainsi, la décision fut prise pour que la tenue de ce forum marque désormais la Journée Internationale des Droits de l’Homme au Mali.

Pour ne pas déroger à la tradition, le Bureau du Médiateur de la République a organisé hier le désormais rendez-vous des militants des droits humains dans l’auditorium du CICB, la 19ème édition de l’EID avec comme observateurs le Représentant spécial adjoint de la MINUSMA, Monsieur Arnauld Akodjénou et le Représentant du Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies, Monsieur Guillaume Ngefa.

Adoptée le 10 décembre 1948 par l’Assemblée Générale des Nations Unies de la Déclaration universelle des droits de l’homme, octroie les mêmes droits à tous les êtres humains de la planète sans distinction d’âge, de sexe, d’appartenance ethnique ou religieuse. La célébration de cet anniversaire à travers la tenue de la Journée internationale des droits de l’homme permet de porter à l’attention des peuples du monde la Déclaration universelle comme idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations.

 

« Au Mali, comme partout dans le monde, de nombreux défis relatifs au respect et à la promotion des droits de l’homme persistent. A cet égard, la lutte contre l’impunité, la mise en place d’un processus crédible de  justice transitionnelle, le respect des droits des femmes et des enfants, l’accès à l’eau, l’accès aux services sociaux de base, à l’éducation, sont autant d’exemples de questions qui se posent au Mali aujourd’hui. Face à ces nombreux défis, l’Espace d’Interpellation Démocratique constitue un outil essentiel. Véritable instrument de consolidation de l’Etat de droit, l’EID contribue en effet par le renforcement du dialogue entre gouvernants et gouvernés à ancrer de manière substantielle la démocratie et le respect des droits de l’Homme au Mali », a souligné le Représentant du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme au Mali, Guillaume Ngefa.

 

La corruption, l’injustice, l’impunité, les litiges fonciers, l’exploitation abusive des enfants de la rue, la discrimination envers les femmes, l’absence des services sociaux de base, tels sont quelques exemples de maux dont souffre le Mali et dénoncés par les organisations de défense et de promotion des droits humains. « La promotion effective et le respect des droits de l’homme et des libertés exigent qu’un Etat qui ratifie des instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme,  les mettent en œuvre et envoie périodiquement des rapports aux organes chargés de la surveillance de ces instruments. Le Mali a ratifié presque tous les instruments régionaux et internationaux des droits de l’Homme, cependant, le Mali est toujours en retard dans la production de ses rapports », a déploré la Présidente de la Commission Nationale des Droits de l’Homme.

 

« Les négociations de paix d’Alger offrent une opportunité nouvelle, autant elles constituent le moment privilégié afin que tout le Mali, gouvernants et gouvernés, puisse s’engager pour la lutte contre l’impunité et pour la démocratie. Je reste convaincu que l’obligation de rendre compte n’est pas négociable. Bien au contraire, il est de notre devoir de peser et de continuer nos efforts afin de nous assurer que l’impératif de la paix ne se fasse au détriment de la justice et de l’obligation de réparation pour les victimes. Il est de notre devoir d’être aux côtés de ces victimes, souvent marginalisées, et soutenir leur quête de justice contribuant ainsi à garantir une paix juste et pérenne », a précisé le Représentant spécial adjoint de la MINUSMA, Arnauld Akodjenou.

 

Qu’ils soient de la société civile, membres du gouvernement ou interpellateurs, tous ont salué cette originalité malienne qui n’a son pareil nulle part dans le monde. L’Espace d’Interpellation Démocratique constitue un outil essentiel et un véritable instrument de consolidation de l’Etat de droit. Plus que jamais l’EID contribue au renforcement du dialogue entre gouvernants et gouvernés et permet d’ancrer de manière substantielle la démocratie et le respect des droits de l’homme au Mali et l’augmentation soutenue du nombre d’interpellations par les citoyens en est la preuve.

Olivier SALGADO

Minusma

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