Lutte biologique contre la mineuse de l’épi de mil dans la région de Mopti : ICRISAT et ses partenaires mettent les bouchées doubles

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Dans le cadre de la lutte contre la mineuse de l’épi de mil dans la région de Mopti, l’Institut International de Recherche sur les Cultures des Zones Tropicales Semi Arides (ICRISAT) à travers le Projet de Diffusion à Grande Echelle des Technologies  pour les Systèmes de Production du Sorgho et du Mil (ARDT-SMS) a entamé une mission de suivi de ses activités de terrain depuis le jeudi 15 septembre dernier. Les activités de cette mission qui se poursuivront jusqu’au 27 septembre permettront de renforcer les capacités des producteurs en matière de lutte biologique  contre la mineuse de l’épi de mil et dans l’utilisation des nouvelles technologies disponibles pour la production du sorgho et du mil.

Cette mission de près de deux semaines a commencé par la commune de Kounary et notamment dans les villages de Sassolo, Kourouga et Manako. Sur place, l’ingénieur agronome Mamadou N’diaye, chercheur à Institut d’Economie Rurale (IER), chargé du volet entomologie à la station de Cinzana, Fatoumata Dougouné, technicienne  de recherche et entomologiste à ICRISAT et Samson Dena, ingénieur agronome et superviseur de zone à Catholic Relief Service (CRS) ont échangé avec les producteurs de mil sur la lutte biologique enclenchée depuis quelques années contre la mineuse de l’épi de mil dont le nom scientifique est ‘’Heliochelusalbipunctella’’.

A Sassolo, première étape de cette tournée, les techniciens ont pu se rendre compte de l’intérêt que les producteurs accordent à cette nouvelle technique de lutte biologique contre la mineuse de l’épi de mil développée par l’ICRISAT, l’IER et leurs partenaires.  Ils ont aussi pu voir à quel point, cette technologie est bénéfique pour les producteurs de cette localité qui souffraient beaucoup des ravages de la mineuse de l’épi de mil.

Une mission à point nommé

Selon l’ingénieur agronome Samson Dena, la  commune de Kounary dont relèvent les villages de Sassolo, Kourouga et Manako est très touchée par les ravages de la mineuse de l’épi de mil. C’est pourquoi, dit-il, ils ont opté pour la lutte biologique qui est moins onéreuse que la lutte chimique.  « La lutte biologique consiste à des lâchers de parasitoïdes dans les champs de mil au moment de l’épiaison. Un moment que la mineuse choisit aussi pour faire ses ravages », poursuit-il.

« Cette mission du projet de diffusion à grande échelle des technologies pour les systèmes de production de mil et de sorgho dans la région de Mopti est venue à point nommé car elle intervient à un moment où les larves de la mineuse avaient déjà commencé à se former dans les épis de mil », explique Samson Dena, comme nous avons constaté au niveau de différentes exploitations agricoles visitées dans la région de Mopti.

Selon l’ingénieur agronome Mamadou N’diaye, les études sur la dispersion d’habobraconhebetor  ont démontré qu’on peut le retrouver à  15 km du point de lâcher. Ce qui veut dire qu’un seul système de lâcher de 15 sacs correspond à une superficie de 700 hectares.  Toute chose qui profite à tous les paysans du  même village.

Dans le cadre de la lutte biologique contre la chenille  mineuse d’épi de mil, cinq producteurs ont été choisis par village pour le lâcher du  parasitoïde ‘’habobraconhebetor’’, l’insecte par lequel, se fait la lutte biologique contre la mineuse de l’épi de mil.

Au village de Sassolo, les paysans pilotes qui sont bénéficiaires des sacs de lâcher sont Hamady Dembélé, Bara Mounkoro, Amady Traoré, Hamadou Dembélé et AdouMounkoro. Pour le village de Kourouga, les producteurs pilotes sont Bara Tamboura,SirouKansaye, FousseyniCissé, Seydou Tamboura, et Boubacar Tamboura. Pour ce qui est de Manako,  troisième village dans la commune de Kounary concerné par ce projet, les bénéficiaires sont Ousmane Kampo, Tiemoko Touré, Kalifa Guindo, Fatoumata Diarra et Hama Kampo.

Les paysans apprécient l’efficacité de la lutte biologique contre la mineuse de l’épi de mil

Lors de cette visite de terrain, les paysans ont unanimement reconnu les bienfaits de la lutte biologique contre la mineuse de l’épi de mil. Selon Hamady Dembélé, l’un des agriculteurs du village de Sassolo, « cette lutte biologique est salutaire car avant, la mineuse de l’épi de mil causait beaucoup de dégât dans leurs champs. Et du coup, réduisait fortement notre production. ».

« Pendant ces trois dernières années où nous avons travaillé avec le projet ARDT-SMS, les choses ont nettement changé pour nous » reconnaît-t-il. Bara Mounkoro, un autre producteur de la même localité  abonde  dans le même sens. Selon lui, depuis qu’ils ont commencé la lutte biologique avec l’ICRISAT, ils n’ont plus de problèmes avec la mineuses de l’épi de mil.

Outre la lutte biologique contre la mineuse de l’épi de mil, l’ICRISAT a fourni aux producteurs des semences améliorées  de sorgho et de mil dont la résistance et la productivité sont meilleures par rapport à celles qu’ils utilisaient. « Cela a été  très bénéfique pour nous, car désormais, nous disposons des moyens pour lutter efficacement contre la mineuse qui était un véritable problème pour nous » remarque Bara Tamboura du village de Kourouga. Mieux, pour Seydou Tamboura, la lutte biologique entamée depuis quelques années contre la chenille mineuse d’épi de mil a donné de très bons résultats. A l’en croire, depuis le début de cette collaboration avec le projet ARDT-SMS, il  a noté une amélioration chaque année au niveau de leur production.

Cette mission qui a commencé par la commune de Kounary  et qui va se poursuivre jusqu’au 27 septembre prochain concernera aussi  les communes de Koro, Bankass, Bandiagara et Djenné où il y’aura également des lâchers d’habobacronhebetor, le parasitoïde ennemi naturel de l’heliocheilusalbipunctella ou mineuse de l’épi de mil.

D. Diama, envoyé spécial

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3 COMMENTAIRES

  1. ‘’Heliochelusalbipunctella’’.

    D’abord, ‘Heliochelusalbipunctella TOI-MEME!

    Ensuite, je suis effaré de voir que des journalistes puissent se permettre d’utiliser de pareilles grossièretés dans leurs articles!!!!

    ‘Heliochelusalbipunctella! Pfff vous vous rendez compte? Et écrit en toutes lettres en plus!

    Quelle honte!

    Mais que fait donc la censure?

    • Il faut être bête pour réagir ainsi. Même un illettré sait qu’il s’agit des noms scientifiques qui ne sont en rien l’invention du journaliste. Quelle haine de votre part !

      • Pour votre information,la mineuse de l’epi de mil s’appelle ainsi. Seulement lors de la rédaction, le journaliste n’a peut être pas fait attention. C’est pourquoi les deux mots sont collés. Ça sappelle “heliocheilus acbipuntella”. Sinon tout ce qu’il dit dans son article sont des informations que des agronomes de l’IER véhiculent depuis des années

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