Mobiciné : La volonté de faire revivre le cinéma là où les salles ont fermé

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    « Puisque les gens ne vont plus au cinéma, le cinéma a décidé d’aller vers les gens ». C’est en ces termes que le Réalisateur Salif Traoré, Directeur de Sarama films, a résumé le projet « Mobiciné » dont le lancement a eu lieu le 28 juillet 2011, à la Pyramide du Souvenir.

    En Afrique, le cinéma traverse des moments très difficiles. En plus des difficultés de financements pour la production, le cinéma africain souffre aujourd’hui de manque de salles de diffusion. Depuis quelques années, les acteurs du secteur assistent impuissants à la fermeture des salles. Et, dans la plupart des pays, les quelques salles qui résistent peinent à recevoir des cinéphiles. C’est pour renverser cette tendance que des professionnels du cinéma, grâce à un financement de l’Union européenne dans le cadre du Programme de coopération d’appui au cinéma et à l’audiovisuel dans les pays ACP (ACP Films), ont initié le projet « Mobiciné » ou cinéma itinérant. Salif Traoré, Directeur de Sarama Films et non moins réalisateur malien, a rendu un vibrant hommage aux cinéastes africains et singulièrement aux cinéastes maliens qui, selon lui, peinent pour réaliser un film tous les cinq ans, que la population malienne n’arrive pas à voir. « Il ne s’agit pas seulement de faire des films, mais, il faut aussi les montrer », a-t-il déclaré.

    Avant d’ajouter qu’au Mali, comme dans la plupart des pays africains, les salles de cinéma ont fermé et ont été transformées en boutique de céréales ou en lieux de culte. « Sarama films et ses partenaires ont initié l’expérience de Mobiciné dans l’espoir de combler le vide créé par la disparition des salles », a-t-il déclaré. Salif Traoré a indiqué que le projet a été conçu pour éviter aux films africains de rester dans les tiroirs. Dans cette phase expérimentale, il dira que le projet sera réalisé à Bamako et Dakar, avec l’intention de l’étendre dans les zones rurales avec le soutien d’autres partenaires. Mais, d’ores et déjà, il ne se fait aucune illusion sur les difficultés à rencontrer. « Face à des populations qui ont perdu l’habitude d’aller voir des films en salles, nous aurons des difficultés, mais nous allons tenir le coup », a-t-il déclaré.

    Pour sa part, Bernard Soret, Chargé d’affaires à la Délégation de la Commission de l’Union européenne à Bamako, a souligné que le projet « Mobiciné », se donne l’objectif de contribuer à une meilleure diffusion des contenus audiovisuels africains vers les publics africains et à l’international, d’une façon rémunératrice pour les ayants droits et structurante pour la filière africaine. Selon lui, il s’agit plus spécifiquement de créer une plate forme d’œuvres audiovisuelles numérisées africaines, exploitées commercialement sur internet et via un réseau-test de micro exploitants. D’un montant global de 397 millions de FCFA, financé à hauteur de 80%, soit 317 millions de FCFA, par l’Union européenne, la mise en œuvre du projet « Mobiciné » permettra la création d’une plate forme IP, la constitution d’un catalogue numérisé, le développement de la vente en ligne sur Africafilms.TV et le développement des projetions « Mobiciné ». Avant que Mme Bah Aïssata Koné, conseillère technique au ministère de la culture, ne donne le coup d’envoi du projet, 17 projectionnistes itinérants qui ont participé à une formation sur l’utilisation des 7 unités de Kit de projection, ont reçu leurs attestations.

    Assane Koné

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