Rapport de synthèse de la concertation sur les crises du Sahel

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    CONTEXTE

    Cette concertation sur les crises du Sahel s’est tenue les 10 et 11 décembre 2011 à l’Hôtel de l’Amitié de Bamako, à l’initiative du Parti pour la renaissance nationale (PARENA).

    PARTICIPATION

    Ont pris part à cette concertation :

    -des députés de l’Assemblée Nationale du Mali,

    -des membres du Haut Conseil des Collectivités,

    des présidents de conseils de cercles,

    -des maires et des conseillers communaux des régions du Nord et du Sahel occidental,

    -des représentants des partis politiques du Mali, du Burkina Faso (CDP, UNIR-PS), Maroc (USFP), de la Mauritanie (UFP), du Niger (MODEN-FA-Lumana, PNDS-Tarayya),  Sénégal (PS et Tekki) ainsi que du Tchad (UNDR),

    un représentant de la société civile de la Mauritanie (GERDES)  et un universitaire français.

    -Une importante délégation de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix du Niger a été dépêchée par le président de la République du Niger,

    d-es membres du corps diplomatique accrédité au Mali.

    -Une mission de haut niveau des Nations Unies et de l’Union Africaine en visite dans les pays du Sahel,

    -un envoyé de l’Organisation Internationale de la Francophonie ((OIF) 

    -d’anciens Premiers ministres et ministres,

    -des représentants du  Premier ministre du Mali,

    le Ministre des Affaires Etrangères du Mali,

    -des journalistes maliens et des représentants de la presse internationale qui ont suivi l’intégralité des travaux.

    Des messages du Président de l’Assemblée Nationale du Burkina Faso, Président du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) et du Président de l’UNIR – Parti Sankariste ont été  lus à la tribune de la concertation.

    L’Ambassadeur Ahmedou Ould Abdallah,  promoteur du Centre Stratégies Sahel-Sahara a envoyé un message d’encouragement à la concertation.

    Le Président de l’Assemblée Nationale du Mali a honoré de sa présence la cérémonie d’ouverture de la Concertation.

     

    DEBATS

    A l’ouverture des débats, les participants ont entendu un rapport présenté par la mission parlementaire qui s’était rendue auprès des combattants revenus de Libye.

    Pendant deux jours, des débats nourris, des discussions franches et ouvertes ont permis :

    -de dresser  un état des lieux au Sahel au lendemain de la crise libyenne,

    -de faire des propositions sur la coopération sous-régionale en vue d’une meilleure maîtrise de la situation sécuritaire au Sahel,

    -de mieux situer le rôle des partis politiques, des élus, des leaders de communautés et de la société civile dans la lutte contre l’insécurité dans l’espace sahélo saharien.

    Les  élus locaux ont donné des éclairages utiles et nouveaux sur les activités d’AQMI dans les villages du Sahel ainsi que sur le narcotrafic.

    L’absence de l’Etat et son manque de fermeté ont été, également au centre des discussions.

    Les participants ont souligné les conséquences négatives de la crise libyenne sur les pays du sahel. Ces conséquences se traduisent par :

    -un retour massif des travailleurs migrants chassés par la guerre de Libye ;

    -un retour de Libye des combattants armés et représentant une menace pour la stabilité des pays de la région ;

    -un renforcement du potentiel militaire d’AQMI ;

    -la circulation d’armes sophistiquées dans l’espace sahélien.

     

    IV.POINTS D’ACCORD

    1. Les participants ont affirmé que la résolution des crises du Sahel requiert l’implication effective des élus, des leaders communautaires, des partis politiques et de la société civile.

    2. Ils ont préconisé la tenue urgente dans les différentes régions du Nord et du Sahel Occidental de rencontres intra communautaires et inter communautaires à l’échelon local et régional et, la tenue d’un forum national sur les crises du sahel.

    3. Ils ont souhaité une attention accrue des Etats de la région et de la communauté internationale sur les questions de développement et ont préconisé la mise au point d’un programme intégré d’appui au développement des régions du Sahel.

    4. Les participants ont reconnu que le caractère transnational des crises nécessite une réponse régionale appropriée et intégrée.

    5. Ils ont souhaité que le champ de la lutte contre AQMI, le narco-trafic, la circulation des armes et les risques d’instabilité soit étendu au Burkina-Faso, au Maroc, au Nigéria, au Tchad et à la Libye.

    6. Les participants ont souligné qu’une coopération sous-régionale efficace requiert que chaque Etat prenne des mesures appropriées pour assurer la sécurité de son territoire.

    7. Ils partagent  la conviction que le manque de confiance entre les Etats de la sous-région est un frein à une coopération régionale efficace et que des efforts doivent être consacrés à améliorer le climat de confiance dans la sous-région.

    8. Ils ont invité les nouvelles autorités libyennes et la communauté internationale à instaurer un mécanisme de coopération pour gérer les conséquences de la crise libyenne sur les voisins méridionaux de ce pays.

    9. Ils ont insisté sur le fait que la coopération sous-régionale ne doit pas se limiter aux aspects sécuritaires. Elle doit avoir un pendant économique et de développement. Elle doit concerner, outre les partis politiques, les collectivités locales frontalières.

    10. Les participants ont établi une nette distinction entre AQMI et le narco-trafic d’une part, et d’autre part les problèmes posés par le retour de Libye de combattants armés. Aqmi et le narco-trafic exigent des réponses fermes tandis que le dialogue est recommandé pour traiter les revendications de ceux qui sont revenus de Libye.   

    11. Ils ont, enfin, lancé un vibrant appel aux combattants retranchés dans les montagnes du Nord du Mali afin qu’ils s’engagent dans une dynamique de dialogue en vue de préserver la paix et la stabilité au Sahel.

    V. MESURES SUGGEREES

    – Privilégier l’approche prévention avant l’éclatement de toute crise ;

    – Prendre en compte la dimension communication dans la lutte contre le phénomène AQMI et autres crises (promotion d’un islam pacifique et tolérant) ;

    -Evaluer l’application des différents accords  (Pacte national et Accord d’Alger) ;

    – Evaluer les actions menées par l’Etat Major conjoint de Tamanrasset (CEMOC) ;

    -Renforcer la décentralisation et privilégier la négociation ; ces deux  axes doivent être accompagnés par une politique d’intégration par l’emploi surtout des jeunes ;

    -Promouvoir la gestion commune des frontières et des problèmes ou crises ;

    -Mettre en œuvre des programmes de développement inspirés par les communautés ;

    -Doter les forces de défense et de sécurité de nos pays respectifs en moyens nécessaires pour lutter contre AQMI et  les trafics.

    1. VI. DECISIONS

    En félicitant le PARENA pour l’initiative prise, les participants ont décidé  de mettre en place un Forum des partis politiques et de la société civile du Sahel.

    2. La prochaine réunion de ce Forum sera organisée par le PNDS -Tarayya à Niamey dans six mois.

                Bamako, le 11 décembre 2011

    NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.