Amadou Koufa, le Mogo Haram du Macina

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Groupe-armetifIl rĂ©clamerait la paternitĂ© d’un Mouvement de libĂ©ration du Macina. Apparemment, il aurait un adepte, un certain Souleymane Ahmed, nĂ© ex-nihilo, qui vient de revendiquer la prise d’otages de SĂ©varĂ©. Tous deux seraient proches du dĂ©moniaque Iyad Ag Ghaly, fondateur et gourou du mouvement jihado-terroriste Ansar Eddine. MalgrĂ© la prĂ©sence des forces armĂ©es maliennes, françaises et onusiennes, Amadou Koufa prospĂšre dans le centre du pays comme Iyad Ag Ghaly sĂ©vit dans le nord. D’oĂč cette question : comment, avec tous les moyens mis en Ɠuvre dans le cadre de la lutte contre le terrorisme international, des terroristes locaux continuent-ils de se glisser entre les mailles des filets ?

 

Insécurité dans le Nord

Un autre véhicule militaire qui saute

AprĂšs les attaques terroristes Ă  Nampala, Rharous et SĂ©varĂ©, le bilan des pertes militaires s’est encore alourdi. Lundi, prĂšs de DiafarabĂ©, dans la rĂ©gion de Mopti, un camion militaire a sautĂ© sur une mine, faisant trois morts. Cette rĂ©gion centrale du Mali est devenue depuis quelques mois la principale cible des jihadistes terroristes qui s’y implantent avec la complicitĂ© de certains habitants. Les efforts des services de renseignement doivent se concentrer sur ces complices, surtout ce qui le sont malgrĂ© eux. Ne sont-ils pas les plus vulnĂ©rables dans la lutte contre le terrorisme ?

 

Insécurité dans le Sud

Braquages et attentats

Vendredi 7 aoĂ»t, en pleine journĂ©e, la succursale Azar Libre Center de Baco-Djicoroni a Ă©tĂ© attaquĂ©e par des hommes armĂ©s qui ont pris le soin de prendre en otage quelques personnes. AlertĂ©s par des badauds, des policiers rĂ©glant la circulation non loin de lĂ  ont tentĂ© d’intervenir pour libĂ©rer les otages et apprĂ©hender les assaillants. Mais apparemment ces policiers en bleu n’ont de chance qu’avec les Sotrama et les taxis car ils ont vite battu en retraite malgrĂ© le soutien de la population. Il a fallu l’intervention conjuguĂ©e de la brigade anti criminalitĂ© pour mettre fin au siĂšge.

Le mĂȘme jour, le bureau du commandant de la brigade de la gendarmerie de BaguinĂ©da (localitĂ© situĂ©e Ă  quelques dizaines de kilomĂštres Ă  l’est de Bamako) Ă©tait la cible d’individus non identifiĂ©s. Si les balles d’arme lourde tirĂ©es et la roquette lancĂ©e n’ont pas fait de victime, un vĂ©hicule a Ă©tĂ© incendiĂ© et des bĂątiments ont Ă©tĂ© dĂ©tĂ©riorĂ©s.

Si les forces armĂ©es et de sĂ©curitĂ© sont-elles mĂȘmes rĂ©guliĂšrement prises pour cibles, sur qui les civils vont-ils dĂ©sormais compter ?

 

Censure de communiqués

L’URD s’insurge contre l’Ortm

AprĂšs l’attaque du camp des gardes Ă  Rharous au cours de laquelle une dizaine de militaires ont Ă©tĂ© tuĂ©s, l’URD de SoumaĂŻla CissĂ© a condamnĂ© l’acte, comme beaucoup d’autres. Mais, selon ses porte-paroles, son communiquĂ© aurait Ă©tĂ© censurĂ©, l’Ortm. En revanche, la chaine publique a accordĂ© un entretien au porte-parole du gouvernement qui a tancĂ© l’opposition. L’URD est donc sortie de ses gonds pour fustiger le gouvernement, en invoquant l’article 10 du statut de l’opposition qui reconnaĂźt aux partis politiques de l’opposition l’accĂšs aux mĂ©dias d’Etat, au mĂȘme titre que les partis politiques de la majoritĂ©. Dans cette logique, l’URD a adressĂ© un droit de rĂ©ponse Ă  l’Ortm pour la diffusion de son communiquĂ©. SoumaĂŻla CissĂ© oublie et doit dĂ©cemment regretter une autre : Il est certes prĂ©sident, mais d’une opposition peu audible et agissante ; ce sont lui et ses camarades de l’Adema qui ont perpĂ©tuĂ© cette dĂ©testable habitude de priver l’opposition de parole publique. Choguel K MaĂŻga qui a beaucoup souffert de cette situation, dans les annĂ©es 90, va-t-il se priver d’arroser l’arroseur ?

 

Choguel Kokalla MaĂŻga

Le roi de la communication

Quelqu’un qui le connait bien a dit qu’il excelle dans tout ce qu’il fait. NommĂ© porte-parole du gouvernement en remplacement de son collĂšgue Mahamane Baby, qui n’osait jamais dire quoi que ce soit de peur de se retrouver hors de la « cour des grands », Choguel Kokalla MaĂŻga fait des miracles en matiĂšre de communication. Il musĂšle l’opposition pour que les communiquĂ©s du gouvernement passent mieux. Alors que les ministres bien qu’en congĂ© ont Ă©tĂ© priĂ©s de rester Ă  la disposition des Ă©vĂ©nements, il a outrepassĂ© sa propriĂ©tĂ©, l’Ortm, pour aller en France s’exprimer sur les mĂ©dias de ce pays et expliquer ce qui se passe sur le terrain. Car, l’expert en communication, mĂȘme Ă  des annĂ©es-lumiĂšre du Mali, sait mieux que quiconque ce qui s’y passe. Normal qu’il soit plus informĂ© que le ministre de la sĂ©curitĂ©, dont c’est le domaine et qui s’est rendu en personne sur les lieux de la tragĂ©die, sur l’attaque de l’hĂŽtel Byblos et la prise d’otage. Normal aussi qu’il aille jusqu’à Paris, ne sait-il pas qu’ici au Mali plus personne n’écoute plus ce qu’il raconte ?

 

Communication gouvernementale

La France privilégiée

C’est le journal satirique français ‘’Le Canard enchainé’’ qui donne l’information : le gouvernement malien a achetĂ© quatre pages de l’hebdomadaire français ‘’Le Point’’ pour sa propagande et son autopromotion. A combien se monte cette opĂ©ration de sĂ©duction internationale ? Le ‘’Canard’’ n’a pu le savoir mĂȘme aprĂšs avoir approchĂ© la rĂ©gie publicitaire de l’hebdomadaire qui n’a pas souhaitĂ© se prononcer sur la question. Mais si on va du principe qu’une de ‘’Jeune Afrique’’ coĂ»te 10 millions de F Cfa, il est facile de connaitre les tarifs d’un journal plus prestigieux et, surtout, plus influent. En effet, si ‘’JA’’ est destinĂ© Ă  un lectorat essentiellement africain, ‘’Le Point’’ lui vise les dĂ©cideurs occidentaux. C’est Ă  ceux-ci que le gouvernement malien veut vendre sa salade.

Mais, pour rendre justice au gouvernement, cette pratique qui frise le racolage mĂ©diatique n’a pas commencĂ© avec lui. Depuis 1992, les gouvernements successifs ont pratiquĂ© ce marketing avec des journaux Ă©trangers. Ils prĂ©fĂšrent accroitre les moyens des magazines Ă©trangers plutĂŽt que les revenus des mĂ©dias locaux. Est-ce parce qu’ils ne peuvent pas tromper ceux-ci sur la rĂ©alitĂ© de la misĂšre que les Maliens vivent au quotidien ?

 

 

Dialogue intergénérationnel

Pr. Ali Nouhoum Diallo regrette sa jeunesse : «Si j’étais jeune, j’allais prendre les armes»

 

Profitant d’une invitation Ă  la Maison de la presse dans le cadre du dialogue intergĂ©nĂ©rationnel, le Pr Ali Nouhoum Diallo a fait ce que certains pourraient prendre pour un aveu de faiblesse : « si j’étais jeune, je prendrais les armes » Intervenant dans un contexte marquĂ© par des attaques rĂ©currentes des terroristes contre les forces armĂ©es loyalistes, le Prof peut donner l’impression qu’il regrette le poids des annĂ©es qui l’empĂȘche de prendre les armes pour aller dĂ©fendre sa rĂ©gion, Macina, aujourd’hui entre les mains de son frĂšre Amadou Koufa. Il est vrai qu’il est trop vieux pour ce faire, mais il est clair aussi que quand il Ă©tait plus jeune il n’a pas pris la moindre arme contre les rebelles. Mais le vieux politicien a-t-il Ă©tĂ© bien compris ? Ne voulait-il pas dire plutĂŽt qu’à son Ăąge, on ne pourrait que se faire harakiri parce qu’on n’a pas empĂȘchĂ© les prĂ©dicateurs de la Dawa de s’installer dans le Nord quand on en avait les moyens et le pouvoir ?

La RĂ©daction

 

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5 COMMENTAIRES

  1. En ma qualitĂ© de ressortissant du cercle de aMacina, je dĂ©nonce l’usage du nom “Macina” le groupe Amadou Kouffa. Le nom Macina est bien Macina entitĂ© administrative cercle du Mali. Or que Amadou Kouffa qui serait de la zone gĂ©ographique du Massina n’a aucun lien, aucune attache avec Macina cercle poires prĂ©valoir de ce nom.

    Je revendique l’arrĂȘt d’utilisation du nom “Macina” par ce groupe religieux d’un autre Ăąge. Amadou Kouffa serait de Massina zone gĂ©ographique de l’empire peul qui couvre le delta intĂ©rieur du Niger. Cela n’a rien Ă  voir avec Macina cercle situe dans la rĂ©gion de Segou.

  2. c’est trĂšs grave si personne ne sait ou ne connait sa base avec tout ce temps

    quelle est donc la force de nos services de renseignements ?

  3. Cette partie du centre du Mali est la zone la plus dĂ©laisser par l'Ă©tat malien. Sans autoritĂ© sans aide. Je prĂ©fĂšre une autre façon de lutter que ça. Mais il y en marre de ce gouvernement de merde. Le mali de s'arrĂȘte pas qu'Ă  Bamako. Trop c'est trop…..

  4. Cette partie du centre du Mali est la zone la plus dĂ©laisser par l'Ă©tat malien. Sans autoritĂ© sans aide. Je prĂ©fĂšre une autre façon de lutter que ça. Mais il y en marre de ce gouvernement de merde. Le mali de s'arrĂȘte pas qu'Ă  Bamako. Trop c'est trop…..

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