Présidentielle 2012 : La précampagne en panne

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La précampagne présidentielle qui battait son plein en fin 2011 et début 2012 a pris un sérieux coup ces temps-ci. La raison : la psychose créée par les attaques rebelles dans certaines localités du Nord du Mali.

Les différents candidats déclarés font profil bas par ces temps qui courent pour ne pas mettre en mal Sa Majesté Zounzani 1er ou jeter de l’huile sur le feu. Seul IBK est sorti du silence en prononçant, à Tombouctou, un discours de mise en garde à tous ceux qui veulent porter atteinte à l’unité et à l’intégrité territoriale du Mali. Hormis IBK, les candidats à la succession d’ATT sont demeurés dans un mutisme et  certains ont préféré rencontrer ATT avant de tenter de rédiger une déclaration de la classe politique sur la crise du nord.

Apparemment, les politicards en chef et les manifestants qui ont marché sur Koulouba et dans plusieurs villes du Mali ne sont pas sur la même longueur d’ondes quant à  la gestion de la crise du nord par ATT.

Les premiers font semblant de le soutenir dans ses actions tandis que les seconds voient un obstacle à la solution militaire pour le règlement de la rébellion imposée au Mali par des groupuscules libyens en manque de patrie et attirés par des velléités sécessionnistes. En tous cas, les esprits ne sont plus dans la campagne pour la présidentielle de 2012, même la date du 29 avril 2012 est maintenue pour le premier tour de l’élection présidentielle.

CAN 2012

L’effet positif  de la bande à Seydou Blen

C’est l’équipe nationale de football du Mali qui a été le véritable remède à l’angoisse des Maliens consécutive aux attaques rebelles dans la partie septentrionale du pays. La victoire des Aigles du Mali contre les Panthères du Gabon a servi de délivrance à tout un peuple meurtri par les atrocités causées par les rebelles du MNLA au camp d’Aguelhok. Après le match remporté par Seydou et ses coéquipiers, les gens sont sortis massivement pour manifester leur joie dans la rue. Une relaxe qui a permis de décrisper une tension sociale qui sévit un peu partout dans les différentes villes du Mali.

ATT  lâché par ses héritiers

Après Bittar Le Chauve National qui s’est déclaré candidat à la présidentielle sous la bannière de l’UMAM, voilà un autre leader du PDES, en la personne d’Ahmed Sow, qui veut faire la même chose à travers l’ASAS (Association des Amis et Sympathisants d’Ahmed Sow). Il est, lui-aussi, intéressé par le fauteuil présidentiel qui sera mis en compétition le 29 avril prochain. La cérémonie de lancement des activités de l’ASAS a eu lieu, samedi au CICB, sous la présidence du parrain en personne.

Dans son intervention devant ses amis et sympathisants, Ahmed Sow a clairement affiché ses ambitions pour Koulouba 2012. Il souhaite un éventuel soutien du Parti pour le Développement Economique etla Solidarité(PDES) puisqu’il a fait allusion à cette formation politique dont il est Président d’honneur. ATT, qui n’a pas voulu que ses héritiers briguent sa succession sous l’étendard du PDES, reste muet face au cas Bittar (Vice-président du PDES) et Ahmed Sow, qui veulent tester leurs capacités présidentialistes à travers les associations politiques comme l’UMAM et l’ASAS. Le boss de tous les maliens voit ses héritiers lui échapper tranquillement les uns après les autres. L’après Zounzani 1er risque d’être dur pour les ” héritiers “.

Les Enseignants du secondaire observent un arrêt de travail

Depuis lundi dernier les cours sont suspendus dans les lycées et autres établissements d’enseignement professionnel public.

Au moment où nous mettions sous presse nos sources nous indiquent que les enseignants contractuels ont décidé de l’arrêt du travail en raison du retard dans le payement du salaire du mois de janvier 2012. Par solidarité les collègues enseignants de la fonction publique font cause commune avec  les contractuels, toutes choses qui expliquent l’arrêt des cours observé dans les établissements d’enseignement secondaire sous la coupole dela COSES.

L’effort de guerre ne concerne certainement tous les maliens.

Presse et  conflit au Nord Mali

Sidiki engage la bataille de la communication

Profitant de la rencontre ordinaire de l’URTEL sur la situation au Nord Mali, le ministre dela Communication, porte-voix du Gofernement, assisté de son homologue dela Défenseet des Anciens Combattants, a tablé  hier à la maison de la presse sur la responsabilité des médias dans la diffusion de l’information. Visiblement préoccupé, Sidiki N’Fa Konaté  a tenu à mettre à  l’aise  les  responsables  et mandataires de radios en leur disant : ” Nous ne sommes pas venus en donneurs de leçons ou à faire la morale à qui que ce soit. Nous sommes venus en tant que patriotes pour sauver le Mali “.

Pour le  porte-voix du Gofernement, le plus grand danger c’est d’abord nous-mêmes. En ce sens qu’on  peut  par manque de vigilance à contribuer à déchirer le tissu social.  Face à ce constat, il pense qu’on doit  relever  le défi de la qualité et du professionnalisme. ” On ne doit pas tout dire.

Quand il y a le feu, on cherche à l’éteindre d’abord ” a-t-il conseillé avant d’inviter ses confrères et consœurs  à faire en sorte que le feu de l’unité nationale et la flamme de la cohésion sociale ne s’éteigne pas. Tout en rappelant les textes régissant le traitement de l’information et le cahier de charges des radios, le porte-voix du Gofernement a exhorté les uns et les autres à ne pas diffuser d’informations alarmistes, susceptibles d’inciter les auditeurs à la haine, à la délation et au rejet de l’autre. Cela est nécessaire aux yeux de Sidiki,  qui  fait valoir ”  nous ne sommes pas dans une société de rejet. Aujourd’hui c’est l’occasion de se donner la main pour préserver notre pays “. Aussi il a magnifié : ” Ce que les autres admirent en le Mali, c’est la cohésion sociale”.

Par ailleurs, le ministre dela Communicationa dit que le sentiment d’insécurité est plus grave que l’insécurité même. En effet, il a invité la presse à éviter de créer les conditions de purge ethnique. ” Sinon nous allons perdre la guerre “, a averti le doyen Sidiki qui a regretté : ” malgré les services rendus à notre pays et à sa démocratie par la multiplication des radios privées, on ne peut nier les dérapages auxquels nous assistons par-ci, par là “.

Le ministre dela Défenseet des Anciens Combattants, a quant à lui insisté sur l’importance de la presse dans la gestion de la situation au Nord. Sans lancer des piques à qui ce que ce soit, le Général Sadio Gassama a déploré le mauvais traitement de l’information en se référant sur ce qui s’est passé la semaine dernière à Kati et à Bamako où des gens ont manifesté tout en posant des actes désordonnés et disproportionnés.

Face à cette situation regrettable, le Bidasse en chef a invité la presse à plus de responsabilité afin d’éviter de poser des actes incitant à la haine. En plus, il a déploré le déficit  de communication dela DIRPA(boite à infos de l’armée). Promettant de redynamiser cette grande muette, le Général Gassama pense qu’il est temps de se donner la main pour ne pas démoraliser  nos vaillants militaires sur le champ des opérations.

A noter que le président de l’URTEL, Daouda Mariko et  sa vice-présidente Aïssata Cissé, doyenne et Directrice de la radio Emergence ont invité leurs confrères et consœurs à éviter de tomber dans les écueils de la manipulation tout en aidant le Gofernement dans la gestion de ce conflit qui ne grandit personne .Remerciant les deux ministres,  le président la maison de la presse, Makan Koné  s’est réjoui de la qualité des échanges.

 

M .Maïga

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