Tapis rouge : Message à la nation 2011 d’ATT Le Bilan du mandat présidentiel passé au peigne fin par lui-même : un vrai «compromis politique»

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En vrai défenseur de l’Afrique Mère et de sa patrie, la Nation Malienne, nul autre qu’ATT lui-même n’était en droit, n’avait intérêt de passer au crible les nombreuses réalisations du PDES (programme de développement économique et social, issu du pacte de croissance et de solidarité pour le développement du premier mandat 2002-2007). A quelques encablures de la fin de son second mandat légal, le président de la République, qui n’a eu de cesse de le dire et de le répéter à qui ne voulait pas l’entendre, qu’il resterait «légaliste jusqu’au bout» (Dixit), n’attend que le 8 juin 2012 à midi pile, pour s’enlever lui-même de Koulouba, pour la mosquée de Dravéla où il y avait établi coutume de respect et d’observance du jour saint de vendredi 13h (heure de prière). Assalamou Aleykoum Rahmatou Allahi wa barakatou.

 

Qui dit quoi à qui ?

 Prière est ce mot clé de son discours, qu’il fît adresse ultime à la Nation, avec ou sans l’aide de ses rédacteurs traditionnels de discours, qui lui deviennent ensuite, par endroits et lieux indexés (voir l’article de Kondo, «un agent de la présidence pas comme les autres»), des détracteurs virtuels, qui rapportent à d’autres, les parties omises du discours ou ôtées par le Chef de l’Etat. Ce que faisait bien, Feu François Mitterand, avec ses conseillers rédacteurs.

Cela n’est guère plus étonnant, si l’on sait davantage, qu’il n’est pas non plus le seul des «mécontents» du pouvoir central. Comme quoi, il est à comptabiliser parmi le lot crédible des «mécontents sociaux» de tous ordres et bazars, qui ont pu sortir, faire sit-in devant la Mairie centrale et crier leur ras le bol général sur tous les sujets chauds et brûlants du moment.

Autant de facteurs d’enlisement en profondeur de la République, aux prises actuellement avec le mauvais sort jeté sur elle, dans la marée boueuse qu’est devenu ce long fleuve tranquille (djoliba), jadis fierté de tout un peuple comme le Mali. Et préoccupation essentielle des populations riveraines qui tiraient de ses eaux leurs substances.

 

 

Qui a fait quoi pour nous, Maliens ?

C’est vous dire, que l’on a entendu qu’ATT ! On a vu que lui ! Il n’y avait que pour Monsieur le Chef de l’Etat. De l’inauguration de la seconde chaîne de télé à Bozola (bienvenue à la consoeur TM2), jusqu’au Millénium Public Show traditionnel de la nuit de la Saint Sylvestre à Faladié (Tour de l’Afrique) et à Bamako-coura (Monument de l’indépendance).

Si c’est un bilan qui se défend (voir l’article d’Issa Kaba, décryptage du message à la Nation de SEM ATT), c’est aussi un bilan mitigé défendu par tous, y compris dans ses échecs patents (l’école, la sécurité civile et la corruption). Par solidarité gouvernementale, de tout bon patriote Malien, acquis à la cause de la démocratie et de la liberté d’expression, acteur sincère et conscient de sa contribution propre au sein de l’attelage institutionnel comme de l’attirail juridique en promotion actuelle (code de la famille et des personnes, projet de réforme constitutionnel, réforme du système éducatif et relecture des autres codes en instance de réforme). Sauf bien entendu, par tous ces clercs, pseudo intellectuels, piailleurs, gaffeurs, pousses au crime, activistes maffieux et politiciens amateurs et incendiaires, qui en veulent à la République, et qui n’ont de Mali que celui-ci qu’ils veulent mettre par terre. Pour quel bon vouloir qui y succéderait à qui, sur le départ déjà ?

 

 

 

Qui fait quoi de mieux en bien encore ?

Dans tous les domaines d’activités, de l’emploi des jeunes à la Loi d’orientation agricole, de la Révolution numérique des NTICS au Mali au Tourisme social et sécuritaire, pour la promotion de l’artisanat, sans oublier l’Ecole Malienne et les Réformes politiques qu’il a initié, le Chef de l’Etat a de quoi s’enorgueillir (ce que Dieu déteste avant tout) d’un Mali à la taille et à la dimension de sa valeur ancestrale ; je veux dire, le Mali est aujourd’hui plus proche que jamais de ce qu’il a toujours été : un espace d’hospitalité et havre de paix où le bonheur collectif est bien possible, vu l’étendue du territoire.

Att n’a donc tout simplement pas failli une seule fois à ces légitimes ambitions, qui étaient les siennes, présidant son mandat inaugural d’une décennie de règne avec partage et consensus, esprit de conciliation et concertation politique.

 

 

 

Il y a quoi à dire de nouveau encore ?

Sans tergiverser, osons regarder de fond en comble en nous-mêmes, à défaut de le regarder droit dans ses yeux, pour se demander qu’est ce qui nous manque tant que çà ? Qu’est-ce qui a été fait de bon jusqu’ici ? Qu’est-ce qui reste à acquérir, à consolider, à parfaire ? Le Mali n’a-t-il pas changé, accompli un bond formidable de 1992 à 2002 ? Qui peut prétendre le contraire ? Même si la continuité de l’Etat, de 1960 à 1968, de 1974 à 1992, puis de 1992 à 2002 explique pour part entière, et justifie beaucoup de choix politiques qui ont été effectués en vue du décollage économique de notre pays (dont l’aéroport Bamako-Sénou).

Dans tous les cas, il faut reconnaître à ATT d’avoir été un Prince charmant, bon, peu droit peut-être (on le dit, je n’y crois pas), mais pas méchant, doux avec les touts petits, ses amis nos enfants, et toujours proche de nos personnes âgées et de nos chefs religieux, dont il cherche à restaurer l’autorité depuis qu’il était au CTSP en 91-92.

«C’est normal, il faut le dire» ! Peut-être n’a-t-il pas de parti politique organisé, ni d’Etat major politique ou de QG de campagne, qu’il est obligé de défendre son bilan, qui crève les yeux d’en haut à en bas, d’Est en ouest, du nord au sud, -pour utiliser une expression des politiciens maliens, bien favorite en ce moment- de lui-même ? Et qu’il est interdit et forclos forcé de candidature aux prochaines élections présidentielles ? N’est-ce pas là une raison suffisante pour ne plus se laisser manipuler par les radios cancans qui méjugent de ses intentions, en lui prêtant trop souvent d’autres, qu’il ne nourrit pas lui-même en son for intérieur ?

 

 

 

Qui mentait bien à qui ? Ou, qui ment mal au peuple malien ?

Dieu sait. Cela nous suffit, pour lui ouvrir grandes, les portes de Koulouba le 8 juin 2012 à 12h, qu’il y sorte vivant, la tête haute, et lui dérouler le tapis rouge qu’il a toujours déroulé sous les pas de ses nombreux illustres hôtes qu’il n’oublient jamais dans ses allocutions solennelles.

En cela il est l’illustre père fondateur de ce seul parti majoritaire qu’il reconnaît, mais qui n’existe malheureusement pas encore : le parti de la demande sociale, que d’autres, dits proches collaborateurs, ont vite fait de travestir en PDES (parti pour le développement économique et la solidarité). Pour qui roule et pour qui est le PDES ?

Je me le redemande encore chers lecteurs. Bonne et heureuse année électorale quand même à vous, d’ici le prochain discours à la Nation du futur nouveau président de la République du Mali, chef d’Etat en fonction, le 31 décembre 2012.

 

 Inchallah ! Dieu est seul Veilleur dans la Cité de Ramadan violé.

 

LEYE K. Moustapha

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