JEUNESSE AFRICAINE: La charte au crible !

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Après la conférence des ministres africains chargés de la jeunesse dans la capitale éthiopienne, Addis Abeba, autour de la Charte africaine des jeunes, la jeunesse de notre pays vient d’en organiser la restitution. Une Charte qui impulse l’épanouissement de la jeunesse du continent à travers de nombreux axes, mais dont les jeunes entendent prendre connaissance pour y apporter les observations utiles.
 
La Maison des jeunes a servi hier de cadre à la restitution des travaux des ministres africains en charge de la jeunesse sur l’initiative de la Jeunesse union africaine-Mali. Cette importante assise ministérielle, qui a eu lieu en fin de mois de mai dernier à Addis-Abeba, s’est penchée sur la question de la charte africaine des jeunes. La cérémonie d’ouverture de la séance de restitution a vu la présence des représentants des ministres de la Jeunesse et des sports, Siné DOUMBIA, et des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, Boubacar F. Coulibaly.
Après l’ouverture solennelle, la parole est revenue à Mahmoud Arby pour présenter aux jeunes présents et à la presse le contenu de la charte africaine dont la nécessité a été dictée par certains facteurs : volonté des Etats membres de l’Union africaine de subvenir aux besoins d’ordre économique, social, culturel, spirituel et éducatif de la jeunesse ; marginalisation de nombre de jeunes du continent, du fait de l’inégalité des revenus, de l’inégalité du patrimoine et du pouvoir ; le chômage et le sous-emploi ; l’importance numérique des jeunes et leur enthousiasme ; la nécessité d’impliquer la jeunesse dans le développement du continent…
Avant d’entrer dans le vif du sujet du jour, le conférencier a tenu à apporter une précision, notamment pour ce qui est du contenu véritable de l’appellation « jeunes ». Aussi, dira-t-il, est jeune toute personne âgée de 15 à 35 ans, alors que les mineurs constituent la tranche d’âge de 15 à 17 ans. Parlant de la charte proprement dite, elle traite de différentes formes de libertés pour la jeunesse africaine. Il s’agit, entre autres, des libertés de circulation, d’expression, d’association, de pensée et de conscience religieuse. La charte reconnaît également à la jeunesse le droit à la protection de la vie privée qui sous-tend. « Qu’aucun jeune ne doit être soumis à l’ingérence arbitraire ou illégale dans son intimité, sa résidence ou sa correspondance, à son honneur ou sa réputation », y est-il stipulé.
Le projet de charte met également l’accent sur la participation des jeunes à différentes instances : accès au parlement et aux autres niveaux de décisions ; favoriser la création d’une plate-forme pour la participation des jeunes à la prise de décision au niveau local et national de la gouvernance ; assurer l’accès équitable des jeunes hommes et femmes à la prise de décision et à l’exercice de responsabilités civiques ; accorder la priorité aux politiques et aux programmes qui incluent les plaidoyers en faveur de la jeunesse.
Au niveau des Etats membres de l’UA, la charte demande des politiques nationales de jeunesse qui se fondent sur la consultation massive des jeunes et devra prévoir la participation active de ces derniers à tous les niveaux de décision et de gouvernance pour ce qui est des questions les concernant et la société de façon générale. Dans le même ordre d’idées, la charte dispose que la perspective jeune doit être prise en considération dans la planification, les prises de décision ainsi que dans l’élaboration des programmes, le recrutement des points focaux des jeunes dans les structures gouvernementales étant pour ce faire une facilité.
La lutte contre la pauvreté et l’intégration socioéconomique des jeunes occupe une place de choix dans la charte. Pour ce faire, elle a mis l’accent sur le fait de : rendre les zones rurales plus attrayantes au regard des jeunes en y améliorant les services ; former les jeunes à prendre en charge la production agricole, minière, commerciale et industrielle en utilisant les techniques contemporaines. Relativement à l’épineuse question de l’emploi des jeunes, la charte africaine prône un accès équitable et la rémunération équitable ; élaborer des politiques macroéconomiques axées sur la création d’emplois notamment pour les jeunes et les femmes ; adopter des mesures visant à réguler l’économie informelle en vue de se prémunir contre les pratiques injustes de travail où exerce la majorité des jeunes ; promouvoir l’esprit d’entreprise chez les jeunes…Les questions de santé, de sécurité sont également prises en compte par la charte.

Par Bertin DAKOUO

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