Le SAMU social Mali a dix : 1 925 enfants des rues recensés à Bamako depuis 2001

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Le Samu Social Mali, créé en 2001, est depuis 2002 une ONG malienne placée sous la tutelle technique du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille (MPFEF). Dans le cadre de son objectif général de contribuer à la lutte contre l’exclusion des enfants des rues à Bamako, le Samu Social Mali développe des missions d’intervention médico-psychosociale auprès des enfants, de formation continue des professionnels et de plaidoyer.

Pour célébrer ses dix ans d’existence, le Samu Social Mali a organisé une série d’activités de masse, dont une journée d’information au CICB, le 17 décembre 2011, parrainée par Mme Konaré Mariam Kalapo, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Y ont participé, outre ses équipes, dirigées par sa Directrice, le Dr Françoise Marquis, les autorités politiques et administratives, les services techniques de l’Etat, les associations et ONG d’aide à l’enfance de la rue et les partenaires techniques et financiers.

Le Service d’Aide Mobile d’Urgence Sociale Mali, comme ses homologues de par le monde, a pour vocation d’intervenir auprès des personnes socialement exclues qui survivent dans les rues des grandes villes. Si, en France, Le Samu Social intervient principalement auprès des sans domicile fixe (SDF), il s’est intéressé ici aux plus vulnérables des populations des rues de notre capitale, les enfants. Depuis 2001, et à la date du 1er décembre 2011, ce sont 1 925 d’entre eux qui ont été recensés et suivis individuellement. En 2010, par exemple, 652 enfants différents ont été rencontrés et pris en charge, dont 116 nouvellement identifiés, 111 filles et 41 bébés.

 

Dès novembre 2001, le Samu Social Mali a mis en place une base de données, étayée par les informations recueillies lors des activités de prise en charge des enfants des rues. Une étude effectuée par une équipe pluridisciplinaire a été menée en 2010, sur la base de 1 725 fiches d’identification, complétées par une centaine d’entretiens, des questionnaires, des groupes focaux avec les intéressés eux-mêmes et des observations participantes lors des «maraudes» (tournées nocturnes quotidiennes depuis 2004) du véhicule aménagé du Samu Social Mali. 

 

86% des enfants identifiés par l’étude étaient Maliens. 36% provenaient de Bamako, 17% de Ségou, 16% de Sikasso, 13% de Koulikoro, 10% de Mopti, 6% de Kayes et 1% de Gao et Tombouctou, pour les 1 442 réponses documentées. Les 14% autres étaient à 60% Burkinabès, à 23% Ivoiriens et à 15% Guinéens, le Togo et le Niger se partageant le reste de l’effectif. 78% des 1 725 enfants étaient des garçons. 891 enfants avaient de 10 à 14 ans, 666 de 15 à 18 ans, 69 moins de 9 ans et 32 de 19 à 25 ans (dont 23 filles), sur 1 658 fiches documentées.

Pour les 116 nouveaux enfants rencontrés, identifiés et pris en charge en 2010 par le Samu Social Mali, 33% des garçons et 37% des filles venaient de Bamako ou de la région de Koulikoro; 95% des filles et 85% des garçons étaient Maliens et 57% des garçons et 46% des filles étaient arrivés dans la rue suite à un conflit familial, principalement avec leur maître coranique pour les garçons. Ils vivaient principalement de la mendicité (92%) pour les garçons ou de la prostitution (71%) pour les jeunes filles, avec comme corollaire la prise en charge par l’ONG des bébés indésirés en même temps que de leur jeune mère.

Le Samu Social Mali, c’est surtout, outre cette base de données, des soins de rue, des entretiens psychosociaux, des causeries de groupes, des orientations médicales, des permanences médico-sociales et des médiations familiales ou projets de sortie de rue, dont 10 jeunes filles et 29 garçons ont bénéficié en 2010. L’ONG assure aussi des sessions de renforcement des capacités des intervenants auprès des enfants de la rue, tant du milieu associatif que des services sociaux de l’Etat, et mène des activités de plaidoyer afin de mobiliser davantage les acteurs institutionnels et les partenaires financiers. Tout ceci pour pouvoir conduire, avec ses partenaires locaux, le travail quotidien de prise en charge des enfants et, avec les autorités, la mise en place d’une politique publique viable et adaptée d’aide à l’enfance en danger. Avec pour maîtres-mots : prévention, détection et prise en charge globale!

 

Ramata Diaouré


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