MenAfriVac : Bientôt des essais chez les nourrissons

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Cet antigène qui immunise durablement contre la méningite, n’est, pour l’instant, pas administré aux bébés.

Le MenAfriVac est un antigène qui confère une immunité de 10 ans contre la méningite, soit 7 ans de plus que le vaccin classique. Il est administré à la tranche d’âge de 1 à 29 ans. Les enfants âgés de moins d’un an n’étant pas couverts, le Centre de développement des vaccins (CVD-Mali), en collaboration avec les partenaires techniques et financiers et d’autres institutions de recherche, va conduire des essais pédiatriques. La question a fait l’objet d’un atelier d’investigation sur l’étude clinique de la phase III du MenAfriVac chez les nourrissons, tenu mardi au Grand hôtel. La cérémonie d’ouverture de la session présidée par le médecin colonel Nahouma Sylla, représentant le ministre de la Santé, s’est déroulée en présence de Massambou Sacko de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Pr Samba Ousmane Sow, directeur général du Centre national d’appui à la lutte contre la maladie (CNAM). On y notait également la présence de Marie Pierre Preziosi de OMS-Genève et la directrice de l’Agence africaine de recherche en santé humaine (AARSH).

L’étude sur les essais pédiatriques commencera en 2012 au CVD-Mali. Elle intervient à la suite des essais avec le MenAfrivac en Inde, aux Etats-Unis et dans d’autres pays africains, notamment le Mali, le Ghana, le Sénégal et la Gambie. A la suite de ces essais, le MenAfrivac a eu l’autorisation de mise sur le marché et l’homologation de l’OMS. Il a été administré dans les pays africains, notamment au Mali où la vaccination contre la méningite s’est déroulée en 3 phases. L’étude clinique 007, selon l’expression consacrée, sur les essais pédiatriques va permettre de documenter la tolérance du vaccin chez les nourrissons et d’évaluer l’immunogénicité. Le comité d’éthique a donné son autorisation pour la conduite de l’étude. L’atelier d’investigation sur l’étude clinique de la phase III du MenAfriVac, offre une opportunité d’échanges entre de grands scientifiques africains et leurs homologues du Nord mais aussi avec les partenaires. Il permettra de former l’équipe d’investigation au protocole de l’étude clinique de cette phase qui va débuter en 2012.

Le Dr Massambou Sacko a expliqué que l’essai clinique aura lieu à Bamako sur une population de 1500 nourrissons, âgés de 9 mois et durera 2 ans. Il concernera l’immunogénicité et la sécurité d’une dose de vaccin à l’âge de 9 mois suivis d’un rappel à 15 mois, a-t-il expliqué. Ce protocole est en adéquation avec les conclusions de l’essai 004, réalisé au Ghana chez le nourrisson et avec les recommandations de l’OMS sur le renforcement des programmes élargis de vaccination (PEV) de routine, a indiqué Massambou Sacko. Le Pr Sambou Ousmane Sow a, lui, salué la rigueur des scientifiques qui forment les comités d’éthique. Dans leurs différentes communications, les experts ont apporté des réponses satisfaisantes aux préoccupations soulignées par de jeunes chercheurs de CVD. Ils ont expliqué les critères d’inclusion et d’exclusion, donné les orientations nécessaires sur le schéma d’étude. Dans la conclusion d’une communication scientifique, on pouvait lire : « Ce ne sont pas les vaccins qui sauvent des vies mais la vaccination ». Ce slogan pédagogique atteste de l’importance pour les pays en développement, notamment ceux du continent africain, de mettre en place des programmes efficaces de vaccination pour immuniser les enfants et les jeunes contre des pathologies redoutables comme la méningite.

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