L’ancien réalisateur de l’émission «Top Etoile» : M’Baye Boubacar Diarra incite à la violence

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M'baye Boubacar Diarra
M’baye Boubacar Diarra

En l’entendant dire ceci : «les artistes maliens sont prêts à prendre des armes pour faire valoir leurs droits», nous concluons simplement que M’Baye Boubacar Diarra incite les artistes à la violence. «Les artistes n’hésiteront pas à prendre les armes si on leur vole leur victoire», ces propos sont de l’ancien réalisateur de l’émission «Top Etoile» de l’ORTM, M’Baye Boubacar Diarra, aujourd’hui producteur de l’émission «Africa- Show» sur Africable télévision. Il a prononcé  ces mots d’incitation à la violence lors d’une conférence de presse le mercredi 07 octobre 2015 au Café des Arts du Palais de la Culture.

Il s’agissait pour, M. Diarra d’expliquer tout simplement le verdict du jugement qui oppose la Fédération des Artistes du Mali (FEDAMA) au Conseil National du Patronat du Mali qui devrait être rendu le jeudi 08 octobre. Mais finalement, il a été reporté au vendredi 09 octobre.

Lors de la conférence de presse, il s’est adonné à des explications qui n’avaient rien à voir avec le combat des artistes pour avoir le droit dont-t-il prétend défendre.

Pour la circonstance, M. Diarra a fait un long discours sur la situation générale du pays, sans parler du sujet du jour, comme dans ce passage de son intervention où il parle des juges maliens de cette manière : «la discorde qui oppose le Patronat à la FEDAMA concerne la survie de la culture malienne. Malheureusement la justice malienne est en train de faire sombrer le bateau de la culture malienne à cause de la corruption qui la caractérise».

Il a profité de l’occasion pour faire un clin d’œil au président de la République. «L’esprit d’un nouveau Mali tant évoqué par le président de la République tarde à se réaliser à cause de cette justice qui n’a pas évolué et qui  reste gangrenée par la corruption», a-t-il  déploré. M. Diarra a également ajouté ceci : «Si nous perdons le procès, c’est la culture malienne qui disparaitra de la scène et nous ne nous laisserons pas faire. On ne demande rien d’autre, qu’on nous mette seulement dans nos droits».

Selon lui, la musique des artistes résonne à travers les téléphones et les ordinateurs alors que ceux-ci ne perçoivent rien en retour. «Tout ce que nous demandons, c’est  la part des artistes auprès des opérateurs de téléphonie du Mali», a-t-il indiqué.

M’Baye Boubacar Diarra ira plus loin en disant que la culture malienne est en train de mourir à petit feu à cause des pratiques empestées de certaines personnes. Dans ses explications, il dira que le président de la République ainsi que 11 ministres de son gouvernement ont apposé leurs signatures  sur le décret afin que les artistes maliens puissent vivre de leurs arts. Avant d’ajouter que ce décret a suivi toutes les procédures légales et  prend en compte les nouvelles technologies.

«Ce décret donne l’opportunité aux artistes d’avoir leurs droits sur les nouvelles technologies. Il s’agit de prélever une somme de 40 FCFA au compte de chaque client d’Orange ou Malitel par mois, soit 500 FCFA par client par an», a-t-il révélé. Selon lui, c’est cette même décision qui a été attaquée par le patronat et des juges véreux l’ont  donné raison lors du premier jugement. Il a invité tous les artistes à remplir la Cour Suprême de Bamako pour être des témoins oculaires de la sentence finale qui a été rendue par les juges le vendredi.

Là où M’Baye a eu tort, c’est lorsqu’il dit que les artistes sont prêts à prendre des armes. «Les artistes n’hésiteront pas à prendre les armes si on leur vole leur victoire». Ces propos ont mis mal à l’aise les artistes, surtout ceux avec lesquels il animait la conférence. «M’Baye est seul responsable de ce qu’il dit», disaient certains.

Issa KABA

 

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