Quand l’Etat s’empare de la télévision, le responsable en pâtie !

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L’ORTM, notre télévision nationale est prise d’assaut par la majorité présidentielle. Il n’y en a que le président de la république.

Depuis un certain temps, le téléspectateur n’a droit qu’à un programme consacré aux réalisations et les tournées  d’IBK. Des magazines en passant par  les reportages, et même le JT lui sont en partie consacrés. Cette omniprésence du  chef de l’exécutif sur le petit écran commence à sérieusement agacer plus d’un  Malien sur deux  qui voit en cette pratique un harcèlement  qui le prive d’autres programmes plus intéressants. Pour les uns, l’ORTM à travers son directeur général  est à la solde du pouvoir et pour d’autres, il fallait s’y attendre car la nomination de l’actuel directeur  serait due à sa capacité de  soigner l’image du pouvoir en place avant les échéances de 2018. Ces genres d’analyse ressemblent à un procès d’intention à l’encontre de ce média d’Etat animé par de véritables professionnels capables de présenter des programmes alléchants. Comme par le passé, l’ORTM se retrouve dans la tourmente. Désavouer par une partie de l’opinion nationale pour le privilège accordé à l’Etat et contraint de travailler dans les limites de sa liberté, cette structure  a toujours trainé le passif d’être à la solde de  son employeur. L’observation est juste, car tous les régimes successifs l’ont exploité à des fins électoralistes ou pour calmer l’ardeur des opposants en temps de crise à des degrés différents.

Pour ces différents régimes, l’ORTM a été mis modérément à profit, pour d’autre ce n’est plus ni moins qu’un accaparement qui conduit à cet usage abusif. Aujourd’hui, il est grand temps de comprendre que l’ORTM est victime de son statut qui le  soumet à la volonté exclusive de l’exécutif. Le limogeage de certains directeurs pour n’avoir pas exhaussé à hauteur de souhait l’employeur  est encore vivace dans les mémoires. Ils ont été sacrifiés sur l’autel du clientélisme et de la toute puissance des faiseurs de roi sans qu’aucune de ces  voix  qui la désavouent aujourd’hui   ne s’élève pour dénoncer cette injustice et cet abus de pouvoir. Prendre l’ORTM à partie et la livrer à une certaine vindicte populaire n’est pas le combat qu’il faut aujourd’hui. Au contraire cette structure a besoin d’une lutte solidaire pour qu’elle puisse recouvrer sa liberté et son indépendance totale comme d’ailleurs toutes les autres institutions de la république à l’exception du président de la république qui détient tous les pouvoirs.

Bouba Sankaré

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4 COMMENTAIRES

  1. on s’ennuie quand on regarde ORTM; PAS de véritables débats politiques rien que les commentaires démagogiques concernant le président de la république monsieur Ibrahim Kéita
    Quand on regarde certaines chaines africaines on a l’impression que l’ORTM n’est qu’une boite d’enregistrement. Une chaine à la traine des nouvelles technologies .les studios sont très étroits et modestes .Bref on parlera de pauvreté juste pour donner une bonne image .La télé est la vitrine d’un pays

  2. Dans tous les pays du monde, la télé d’État appartient au prince du jour. Attendez l’arrivée de l’opposition. Vous verrez.

  3. Mr le journaliste; vous avez trop duré avant de déceler ces pratiques malsaines de l’ORTM WALLAYE! Hé; nous on est tellement agacé qu’on ne capte même plus l’ORTM. Franchement le malien honnête a honte à leur place. Mr Kouyaté qui est l’actuel Directeur de l’ORTM, est un farfelu. Ne l’en vouez pas! Sa place en dépende. Honte à l’ORTM.

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