TM2 lancée : Restera-t-elle dans l’ombre de l’Ortm ?

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Attendue, TM2 arrive pour combler le vide dans un secteur dont l’Etat a verrouillé les portes pendant longtemps. Et même avec l’avènement de la démocratie,  rien n’a changé dans le monde de l’audiovisuel. TM2 doit faire mieux que la première qui a commencé à se métamorphoser en sollicitant la production nationale, estiment nombre d’observateurs.

Nos compatriotes ont été ravis en découvrant sur le petit écran les programmes de la TM2, la deuxième télévision publique. Mais lors de  son lancement par le président de la République, nombre d’entre eux ont vite déchanté. Car  le directeur  général de l’office de radiodiffusion télévision du Mali (Ortm), Bally Idrissa Sissoko, a annoncé que la chaîne ne sera pas une concurrente de la première mais son complément. Pas surprenant pour qui connaît les conditions dans lesquelles la première évolue. La lourdeur et la grande mainmise du pouvoir. C’est pourquoi de plus en plus, les téléspectateurs avertis accordent moins d’attention aux programmes de celle-ci. L’Ortm mère est devenu une boîte à propagande du pouvoir en place. Il diffuse de façon abusive les  faits et gestes du président, de son épouse, de ses ministres, de ses gouverneurs, de ses courtisans et autres, sans se soucier du vécu quotidien du citoyen lambda. En lançant la TM2, les Maliens attendaient beaucoup et beaucoup doit être fait pour qu’ils soient informés de façon indépendante. La nouvelle télé est très attendue pour aller à la rencontre du Mali profond, en faisant connaître leurs réalités, leurs aspirations. Comme la première a su le faire en 2001,  à travers son créneau «images et réalités», où des équipes de reporters sillonnaient le pays et donnaient la parole aux populations des villes et campagnes.

 De ce fait, TM2 à un lourd héritage à endosser  mais aussi un grand défi à relever. Il s’agit de tenir tête aux autres télévisions qui sont très regardées partout au Mali par le biais des satellites. Sans oublier qu’elle doit miner et monopoliser l’espace avant la libéralisation du secteur de l’audiovisuel. Et si ses initiateurs estiment qu’elle va être au service des jeunes et des femmes, cela doit se faire avec rigueur et professionnalisme. La TM2 doit dépasser la première, en faisant recours à des compétences au niveau de la production. Car nombre de jeunes sont porteurs de projets viables pour la télé, à l’instar de Blomba auquel on a accordé des productions comme Baara et Mayamaga ; Tounka Gouna au Maestro Boncano Maïga ; Yélébougou à Fanaday’s intertement ; à l’entrepreneur de Yeli Mady Konaté, entre autres.

Car mieux que ces structures et ces personnes citées, il y a d’autres compétences qui ne demandent qu’à être épaulées, sinon d’être acceptées par la direction de l’Ortm. Si la TM2 veut réussir et convaincre le public qui devient de plus en plus exigeant, elle doit prendre en compte les aspirations du public et du privé qui commencent à sortir de l’amateurisme. S’il s’agit d’une chaîne pour la jeunesse, elle doit avoir les moyens de proposer d’autres alternatives aux jeunes à défaut d’en recruter le maximum. Alors, bienvenue à TM2 !

 

Mahamane Cissé

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