Amy Kane, gouverneur courage

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Portrait : AMY KANE, GOUVERNEUR COURAGE
Ami Kane

AussitĂŽt promue Ă  la tĂȘte de l’exĂ©cutif de la capitale malienne, la « Dame de fer » de la Police a engagĂ© une vigoureuse opĂ©ration de libĂ©ration des voies publiques encombrĂ©es par des installations anarchiques. Gros plan sur le parcours d’une femme intrĂ©pide qui aime commander sans complexe.

« Bravo Mme le Gouverneur de Bamako ! Vous avez mon soutien total et massif. Il est temps que nous sortions Bamako de cette situation de ville sale. Merci Mme le Gouverneur ! Comment ne pas vous faire confiance pour d’autres dĂ©fis Ă  relever ! » C’est par ces mots enthousiastes  teintĂ©s de fiertĂ© et de reconnaissance que le prĂ©sident de la RĂ©publique, Ibrahim Boubacar Keita, a magnifiĂ© l’opĂ©ration de dĂ©molition des installations anarchiques qui se dĂ©roule actuellement, partout Ă  Bamako. En recevant les participantes au Forum Ă©conomique de la Diaspora  malienne, le lundi 1er aoĂ»t, au palais prĂ©sidentiel de Koulouba, le chef de l’Etat a tenu Ă  saluer la courageuse opĂ©ration destinĂ©e Ă  dĂ©barrasser la capitale de ses encombrements nuisibles.
C’est le 21 juillet dernier que l’opĂ©ration de dĂ©guerpissement a Ă©tĂ© lancĂ©e par Amy Kane, elle-mĂȘme en personne. Comme un commandant de troupes au front, elle donne ordres et consignes Ă  l’équipe d’engins lourds mobilisĂ©s pour dĂ©truire les Ă©quipements encombrant les alentours du cimetiĂšre de NiarĂ©la. Beaucoup n’y ont pas tout de suite pas cru leurs yeux en raison de l’échec cuisant de prĂ©cĂ©dentes opĂ©rations similaires qui ne sont pas allĂ©es Ă  leur terme. Mais avec Amy Kane, partout oĂč ont pu passer les bulldozers, la casse a Ă©tĂ© totale. Des camions-bennes chargĂ©s d’évacuer les gravats ont immĂ©diatement agi, sans tarder ni faiblir. « L’opĂ©ration Amy Kane » (dĂ©signation journalistique) s’avĂšre trĂšs robuste et trĂšs diffĂ©rente des prĂ©cĂ©dentes actions de dĂ©sengorgement. AprĂšs une diligente campagne d’information et de sensibilisation menĂ©e auprĂšs des notabilitĂ©s coutumiĂšres et religieuses, des associations de jeunesse et de femmes, des opĂ©rateurs Ă©conomiques concernĂ©s, Mme le Gouverneur est vite passĂ©e aux actes.
TrĂšs rapidement, les Bamakois se sont rendus compte que la « Dame de fer »  de la Police est dĂ©terminĂ©e  Ă  raser sans mĂ©nagement boutiques de fortune, kiosques, Ă©tals et autres hangars illĂ©galement Ă©rigĂ©s sur les voies publiques. RĂ©sultat : en dix petits jours, les avenues et le centre ville ont Ă©tĂ© dĂ©barrassĂ©s de nombreuses installations anarchiques. Le coup est trĂšs dur Ă  supporter pour des commerçants et Ă©talagistes dĂ©semparĂ©s. Avec l’énergie du dĂ©sespoir, certains d’entre eux ont protestĂ© et continuent d’opposer une certaine rĂ©sistance. L’affrontement de certains de ces rĂ©sistants avec les agents dĂ©molisseurs a transformĂ© le samedi 30 juillet en une journĂ©e d’émeute urbaine au Centre commercial. On y a enregistrĂ©, tout bilan confondu, une dizaine de manifestants et de policiers blessĂ©s. Deux jours plus tard, Mme le Gouverneur convie, d’urgence, en concertation de mise au point, les leaders d’opinion et les dĂ©lĂ©guĂ©s des commerçants et artisans. DĂšs l’entame, elle prĂ©sente ses excuses « pour ce qui s’est produit »  mais reste ferme sur son initiative : « tout est nĂ©gociable, sauf l’arrĂȘt de l’opĂ©ration de libĂ©ration du domaine public ».

PAS QUESTION DE RECULER. AprĂšs un tour de table, l’unanimitĂ© est faite sur le bien-fondĂ© de l’opĂ©ration. Cependant, certains participants dĂ©plorent un dĂ©ficit de communication prĂ©alable et suggĂšrent des mesures d’accompagnement en termes de reclassement des dĂ©guerpis. Mme le Gouverneur prend note et exhorte avec insistance les uns et les autres Ă  soutenir l’opĂ©ration qui se poursuivra car, dit-elle, elle est faite « pour le bonheur des commerçants et de nous tous ». Pas question de reculer, ordonne-t-elle. Et, les dĂ©molitions se sont poursuivies avec une intensitĂ© accrue. AprĂšs les Communes I et II et une partie du Centre commercial, les Ă©quipes de libĂ©ration des voies publiques sont ainsi montĂ©es Ă  l’assaut des installations impropres dans les Communes V et VI. Tout Ă©tant consciente de l’immense douleur et colĂšre suscitĂ©es par l’opĂ©ration, Madame qualifie le bilan « globalement positif au bout de 14 jours d’intervention ». Les actions n’épargneront aucun cas illĂ©gal, nous indique avec fermetĂ© une Amy Kane trĂšs Ă  l’aise dans son spacieux bureau rectangulaire. Elle y prend tous les coups de fil qui lui sont destinĂ©s, et cela sans aucun tri. Et en Elle rĂ©pond Ă  nos questions d’une voix calme, Ă©grenant des chiffres assez dĂ©taillĂ©s sur la disponibilitĂ© de quelque 2000 places prĂȘtes Ă  accueillir les « dĂ©guerpis » dans diffĂ©rents marchĂ©s de plusieurs quartiers de la ville de Bamako.
Impeccable dans sa tenue kaki de commandement territorial, Madame le Gouverneur rĂ©pond aux questions avec convictions et argumentations. La gestuelle  est mesurĂ©e, le regard un peu promeneur derriĂšre des verres aux grosses montures rougeĂątres, la mine serrĂ©e. « Je ne souris pas quand je travaille au bureau », lance-t-elle Ă  notre reporter photo quand celui-ci lui propose diffĂ©rentes postures de pose. Elle exige Ă  ĂȘtre photographiĂ©e avec son kĂ©pi soigneusement vissĂ© sur une chevelure bien amassĂ©e.
En se prĂȘtant volontiers aux interviews ou Ă  la lecture des messages radiotĂ©lĂ©visĂ©s en français et en bamanakaƄ, Mme le Gouverneur accepte une exposition mĂ©diatique que lui imposent les circonstances. Son message est clair et net. Pas de phrases ampoulĂ©es, ni de formules Ă  l’emporte-piĂšce, elle tient un langage simple mais perçant. MĂȘme si elle est souvent tentĂ©e de faire dans l’exhaustivitĂ© de l’argumentaire, elle reste posĂ©e et ferme.
Elle s’affiche concentrĂ©e sur le sujet car elle veut rĂ©ussir l’opĂ©ration qu’elle vient de lancer. Pour ce faire, elle compte sur l’adhĂ©sion des populations Ă  l’opĂ©ration mais aussi aux initiatives Ă  venir. Ses prioritĂ©s se rĂ©sument Ă  l’atteinte de l’objectif primordial  de rendre son lustre d’antan Ă  la capitale malienne. D’oĂč l’application des mesures indispensables d’assainissement et de dĂ©sengorgement des trottoirs, artĂšres, avenues et boulevards. Pour y parvenir, Mme le Gouverneur se montre ouverte Ă  toutes les idĂ©es ou appui-conseil. « Toutes les suggestions d’amĂ©lioration sont les bienvenues au gouvernorat », propose-t-elle sans aucune gĂȘne.
Les actions en cours ont-elle un lien avec la tenue en janvier prochain du Sommet Afrique-France ? NĂ©cessairement, « Bamako ne devrait pas offrir Ă  nos hĂŽtes l’image d’une ville insalubre », souligne Mme le Gouverneur qui s’empresse d’ajouter  que l’assainissement doit ĂȘtre un comportement de tous les jours, « J’ai beaucoup visitĂ© et je ne suis pas d’accord que Bamako soit trĂšs insalubre comparativement Ă  des capitales de nos pays voisins », regrette Amy Kane. On peut ainsi comprendre sa dĂ©termination Ă  mener sans concession l’Ɠuvre de salubritĂ© publique engagĂ©e. En moins d’un mois de sa promotion Ă  la tĂȘte de l’exĂ©cutif de la capitale malienne, la « Dame de fer »  marque ainsi des points en mettant en Ɠuvre une vigoureuse mais salutaire opĂ©ration de libĂ©ration des voies publiques encombrĂ©es par des installations anarchiques.
La maniĂšre musclĂ©e utilisĂ©e dans cette opĂ©ration dĂ©montre Ă  nouveau la mĂ©thode  forte employĂ©e par Amy Kane tout au long de son parcours professionnel.  L’usage incontournable de la force basĂ©e sur la loi est le credo de l’officier de policier, qui fait montre d’un sens de commandement rigoureux sans aucun complexe. Elle fait preuve de l’incarnation d’une femme courageuse dans le respect de l’autoritĂ© de l’Etat. Une autoritĂ© sĂ©rieusement malmenĂ©e ces derniĂšres dĂ©cennies Ă  Bamako Ă  cause de l’incivisme, de l’insĂ©curitĂ© et de l’insalubritĂ©. Le tout sur fond d’impunitĂ©.  Les Bamakois peuvent dĂ©sormais compter sur leur nouveau gouverneur. Le 1er juin dernier, Ă  la grande surprise gĂ©nĂ©rale, le conseil des ministres procĂšde Ă  la nomination du ContrĂŽleur GĂ©nĂ©ral de Police Mme Sacko Amy Kane  au poste trĂšs redoutable de Gouverneur du District de Bamako. Nomination actĂ©e par un dĂ©cret prĂ©sidentiel rapidement signĂ© une semaine plus tard. La nouvelle promue devient le 13Ăšme chef de l’exĂ©cutif de la capitale malienne qui a Ă©tĂ© Ă©rigĂ©e en District en 1977. Amy Kane est aussi la seconde femme Ă  occuper ce haut poste du commandement, aprĂšs le passage (1991-1993) de Mme Sy Kadiatou Sow, une devanciĂšre tout « Dame de fer »et pasionaria du Mouvement dĂ©mocratique au Mali.
Amy Kane, nouveau Gouverneur du District de Bamako, c’est une agrĂ©able surprise pour nombre de ses compatriotes. Lors de la solennelle cĂ©rĂ©monie de prestation de serment, avant l’entrĂ©e en fonction de la nouvelle promue, le 29 juin, le procureur du Tribunal de la Grande instance de la Commune IV, Boniface Sanou s’adresse Ă  elle dans un rĂ©quisitoire circonstanciĂ© et trĂšs expressif : «En vous nommant Gouverneur du District de Bamako, le PrĂ©sident de la RĂ©publique a, sans doute, Ă©tonnĂ© ceux d’entre nous qui, malgrĂ© tout, imaginent difficilement de telles responsabilitĂ© entre les mains d’une femme, surtout quand elle a Ă©tĂ© appelĂ©e en dehors de la maison». Effectivement, c’est au sein de la police qu’Amy Kane, de par ses actions d’éclat, sera rĂ©vĂ©lĂ©e au commun des Bamakois saluant « son efficacité », se rappelle le Procureur Sanou avant de noter que l’officier de police a ainsi «construit sa vie sur des valeurs d’excellence, de rigueur, d’intĂ©gritĂ©, de discrĂ©tion, de modestie et de patience». À la suite du procureur Sanou, le prĂ©sident du Tribunal, Moussa Aly Yattara, lance Ă  Amy Kane ces mots admiratifs  : “au regard de votre expĂ©rience, vous allez relever le dĂ©fi de la sĂ©curitĂ©, de la salubritĂ© et de l’incivisme Ă  Bamako”.

HAUTS FAITS POLICIERS. Une expĂ©rience acquise au fil de 40 annĂ©es de mĂ©tier. Cela dĂ©bute en juillet 1976, aprĂšs avoir obtenu son Bac (SĂ©rie sciences biologiques) au LycĂ©e des Jeunes filles de Bamako, Amy Kane accĂšde sur titre Ă  l’Ecole Nationale de Police d’oĂč elle sort en 1978 avec le grade d’inspecteur. Elle y est avec deux autres camarades lycĂ©ennes, Hawa SidibĂ© (l’actuelle directrice de la SĂ©curitĂ© publique) et Bintou Diaw, prĂ©sentement en dĂ©tachement aux EntrepĂŽts du Mali Ă  Abidjan. Au cours de sa formation initiale, Amy Kane obtient, en 1977, le brevet militaire de parachutisme au camp de Djicoroni-para. Patiemment, elle gravit les Ă©chelons des grades de la police. Elle commence inspecteur, puis  devient lieutenant de police (1978-1992). Suite Ă  la dĂ©militarisation du corps de police en 1993, Amy Kane devient successivement Commissaire (1994),  Commissaire principal (1997), Commissaire divisionnaire (2003) et ContrĂŽleur GĂ©nĂ©ral de Police (2008).
Au registre des fonctions occupĂ©es, elle sert comme adjointe au Commissariat du 7e Arrondissement de Bamako, ensuite adjointe Ă  l’Interpol, puis adjointe au Commandant de la Brigade d’Investigation Judiciaire (BIJ). AprĂšs ces postes de secondes responsabilitĂ©s, la hiĂ©rarchie lui fait confiance en la nommant Commissaire en charge du 1er, puis du 11Ăšme Arrondissement de Bamako. C’est l’époque maudite par la pĂšgre bamakoise dont la tranquillitĂ© est troublĂ©e par une lutte sans merci menĂ©e contre le grand banditisme.  En effet, Commissaire Amy Kane rĂ©ussit des hauts faits policiers en surmultipliant les opĂ©rations coups de poing. Lors des sorties nocturnes inopinĂ©es,  elle s’attaque de front aux nids criminogĂšnes, pourchasse les hordes de malfrats jusqu’a leurs repaires malfamĂ©s. Elle organise la chasse aux redoutables caĂŻds rĂ©putĂ©s invincibles. Elle arrive Ă  mettre hors d’état de nuire des bandes de criminels endurcis. Marquant ainsi les esprits des paisibles citoyens qui lui collent, malgrĂ© elle, le sobriquet de « Dame de fer » des commissariats bamakois.
Toujours sur le terrain, elle conduit encore en personne les Ă©quipes de patrouilles nocturnes lorsqu’elle est portĂ©e au commandement de la Brigade chargĂ©e de la protection des mƓurs et de l’enfance, de 2004  Ă  2014. Ce fut dix longues annĂ©es interminables pour les adeptes  de la  pĂ©dophilie, du proxĂ©nĂ©tisme et de la prostitution clandestine. Sans rĂ©pit, Commissaire Amy Kane  sĂšme la terreur dans les milieux socialement dangereux.
À partir de 2014, le ContrĂŽleur GĂ©nĂ©ral de Police se  retrouve commandant en chef de la Direction de la Police Judiciaire qui englobe 5 structures trĂšs sollicitĂ©es,  soient la Brigade des MƓurs, la BIJ, Interpool, la Brigade des stupĂ©fiants et la nouvelle entitĂ© Police technique et scientifique. C’est de lĂ  que les plus hautes autoritĂ©s de l’Etat ont fait appel Ă  Amy Kane pour lui confier le gouvernorat du district de Bamako. Une nomination de rupture, constatent des observateurs, car durant ces 15 derniĂšres annĂ©es l’exĂ©cutif districal a Ă©tĂ© dirigĂ© par des administrateurs civils blanchis sous le harnais (Mamadou Issa Tapo, NatiĂš Pleah,  Ibrahima FĂšfĂš KonĂ©, Souleymane DiabatĂ© et Mamadou Hady TraorĂ©).
Ce nouveau poste va certainement peser sur les activitĂ©s associatives de Mme Sacko Amy Kane. Elle est membre active de l’Association des femmes policiĂšres et Ă©pouses de policiers. Elle prĂ©side « Cri des mĂšres », une ONG dĂ©diĂ©e Ă  l’assistance aux enfants abandonnĂ©s des filles-mĂšres. Elle dirige Danayaso (la maison de confiance), un centre d’accueil et de placement des enfants victimes des violences physiques et morales. Le centre a quelquefois  contribuĂ© dans la prise en charge de la rĂ©insertion socio-Ă©conomique  des prostituĂ©es reconverties.

22 FOIS À LA MECQUE. Cet engagement associatif  traduit la dĂ©termination de l’officier de police Ă  se rendre utile Ă  une sociĂ©tĂ© dominĂ©e par des pesanteurs culturelles qui influencent souvent les femmes chefs de services. Forte de cela, Amy Kane s’évertue Ă  rester exemplaire. Elle fait siennes les qualitĂ©s de loyautĂ© et de franchise. Elle dĂ©teste le mensonge et l’hypocrisie. Elle prĂ©fĂšre exercer ses compĂ©tences sur le terrain avec rigueur et intrĂ©piditĂ© sans laisser aucune marge au laxisme et au laisser-aller. Elle refuse le dĂ©sordre et ne transige pas avec la loi. Des qualitĂ©s qui lui ont valu les encouragements, les fĂ©licitations ainsi que les tĂ©moignages de reconnaissance de plusieurs ministres en charge de la SĂ©curitĂ© et de tous les directeurs gĂ©nĂ©raux de la police nationale.
Mieux, elle est rĂ©cipiendaire de nombreuses distinctions honorifiques dont les mĂ©dailles de Chevalier de l’Ordre National du Mali (2005), de Chevalier de la LĂ©gion d’honneur de la France Ă  titre Ă©tranger (2012) et de « Women of Excellence » de l’ambassade des USA au Mali (2015). Auparavant, elle avait reçu de dĂ©corations citoyennes : la MĂ©daille de mĂ©rite  de la Commune V de Bamako (2002) et le Prix Chaba SangarĂ© (2003). Le 1er aoĂ»t courant, Mme le Gouverneur Amy Kane s’est vu distinguĂ©e par un encourageant Prix Ciwara (symbole de l’abnĂ©gation au travail chez les Bambara) Ă  elle dĂ©cernĂ© par le Collectif des Associations de Bamako (CABA) qui regroupe une vingtaine d’associations dont celles des griots et des artisans avec la caution morale des Familles fondatrices de Bamako. Celles-ci manifestent tout leur soutien à  l’actuelle opĂ©ration d’embellissement de la capitale.
« Je ne m’attendais pas Ă  ce trophĂ©e du CABA. Il constitue pour moi une charge supplĂ©mentaire. Je ne peux plus baisser les bras. Je n’ai plus droit au dĂ©couragement », s’engage Amy Kane visiblement trĂšs rĂ©confortĂ©e par les multiples formes de soutien Ă  ces actions.
Le moral remontĂ©, l’officier de police veille sur le maintien de sa forme par la pratique des exercices physiques. Elle le fait en Ă©tant consciente qu’elle n’a plus la vigueur de la lycĂ©enne athlĂšte en saut en hauteur  et de l’ancienne basketteuse qu’elle fut au dĂ©but des annĂ©es 1970. À cette Ă©poque, elle jouait au Djoliba AC dont la suprĂ©matie d’alors dans le basket fĂ©minin malien Ă©tait de notoriĂ©tĂ©, avec notamment la gĂ©nĂ©ration de feues Aminata Fofana dite La PanthĂšre et Salamatou Maiga dite BĂ©bĂ©, sans parler des Penda N’Diaye Pimpin et Adiza Diarra.
NĂ©e le 4 mai 1955 Ă  Bamako,  Amy Kane avoue ĂȘtre une femme Ă©panouie, mĂšre de 4 enfants. TrĂšs affectĂ©e par le dĂ©cĂšs de son Ă©poux qui Ă©tait douanier,  l’officier de police est une croyante musulmane pratiquante. Sur son bureau, Ă  portĂ©e de main, un chapelet et un exemplaire du Saint Coran traduit en français. « Chaque matin, je lis quelques versets » pour me rĂ©armer spirituellement, nous confie-t-elle la gorge quelque peu nouĂ©e. Femme de foi, Amy Kane s’est rendue  22 fois Ă  la Mecque pour y accomplir les rites du pĂšlerinage musulman : 7 fois pour le Hadj et 15 fois pour l’Oumra (petit pĂšlerinage) au mĂȘme Lieu-Saint de l’Islam. En guise d’entrĂ©e Ă  la fonction de gouverneur, elle a activement pris part au nettoyage collectif de la Grande mosquĂ©e de Bamako, habituellement organisĂ©e Ă  la veille de chaque fĂȘte musulmane. Pour la rĂ©ussite de sa mission, elle sollicite l’adhĂ©sion massive aux initiatives salvatrices en cours ou Ă  entreprendre. Mais, elle tient Ă  ne jamais oublier la formule « l’homme propose, Dieu dispose ».

Issa DOUMBIA

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10 COMMENTAIRES

  1. FELICITATIONS AMI. VOUS FETES DU TRES BON BOULEAU. DU COURAGE. BAMAKO NE DOIT PAS ETRE COMME LE VILLAGE. L’OPPOSITION NE FAIT QUE LA CAMPAGNE POUR LES PROCHAINES ELECTIONS.

  2. AMI KANE NOUS TE SOUTENONS ON NE FAIT PAS D’OMELETTE SANS CASSER LES OEUFS.ON NE PEUT PAS PLAIRE OU SATISFAIRE TOUT LE MONDE.QUELQUE SOIT NOTRE ACTION(bonne ou mauvaise) SUR TERRE ON FAIT DES MECONTENTS.SOIS AVEUGLE ET SOURDE ET CONTINUE TON TRAVAIL N’EN DEPLAISE AUX JALOUX DE L’OPPOSITION ET AUTRES

  3. Il est facile de mettre la poussiĂšre sous le paillasson,faire assez de bruit pour cacher d’autres rĂ©alitĂ©,la politique est un jeux de dupe qui endors la population Ă  travers divers Ă©vĂ©nements pour en cacher d’autres.
    Certes si la gouverneur de Bamako veut nous faire croire qu’elle veut assainir ,embellir Bamako,faudra qu’elle aille au bout de son opĂ©ration.
    En effet Bamako coule sous l’insalubritĂ©,l’obscuritĂ© et monnaie courante dans tous les quartiers ,pas d’électricitĂ© dans les quartiers ,pas de voix de canalisation pour l’Ă©vacuation des eaux usĂ©es ect .. Bamako coule sous tous les mots de mal propretĂ© dans tous les plans ,si dĂ©guerpir les rues permettront de cacher tous les mots de mal propretĂ© de Bamako ,cela semble plus qu’une ironie que une rĂ©elle opĂ©ration qui ressoudera le problĂšme.
    C’est oubliĂ© que ceci en engendra d’autres.
    Ce Cv prolifique Ă©taler comme un passeport pour son acte,comme si elle est Ă  l’initiative,c’est sans oublier qu’elle est juste un larbin ou un pantin qui exĂ©cute l’acte de son bienfaiteur.

    • Les fonctions occupe’es par Ami me poussent a’ conclure que l’argent utilise’ pour aller a’ la Mecque, a ete’ acquis de maniere honnete!
      22 fois me font dire qu’elle est plutot tres religieuse avec….. AN OBSESSIVE COMPULSIVE DISORDER!!! What do I know??? Peut-etre aussi qu’etre au milieu des pelerins entrain d’accomplir le pelerinage, est devenu une sorte de medicament qui lui permet d’oublier les nombreux problemes de ce monde!!!
      HADJA AMI KANE, IL NE FAUT PAS RESERVER TOUTES LES CHAMBRES DU PARADIS POUR TOI SEULE! TU PENSERAS A’ OUMAR MARIKO ET SES SEMBLABLES! RIRE!!!!!!!!!!!!!
      ANW KONI FASO BE’ ALLAH BOLO!!! DES LONGS VERSETS DE CORAN DU PRESIDENTS IBK AUX INTERMINABLES PELERINAGES D’AMI KANE!

  4. A VERY IMPRESSIVE CV!!!!!
    BATHILY NE CASSE PLUS DE MAISON!!! BOUBEY ET MARA SONT ENTRAIN DE REFLECHIR QUELQUE PART!!! L’ENFER C’EST LES AUTRES!!!! NOTRE TIEKOROBA NATIONAL NE SAVAIT RIEN DES AGISSEMENTS DE BATHILY/MARA/BOUBEY!!! QUE FAIRE? LES KEITA SONT CONNUS POUR UNE TRES GRANDE FUITE DE MEMOIRE!!!
    AMI, JUST BE CAREFUL! IL FAUT ANTICIPER!!!
    LES MESURES D’ACCOMPAGNEMENT DOIVENT ETRE SUR PLACE AVANT DE CONTINUER LES OPERATIONS!!!
    L’AUTRE CHOSE QUE NOUS AVONS TENDANCE A’ OUBLIER, EST QUE LES KIOSQUES ATTIRENT LES CLIENTS VERS LES GRANDS MAGASINS DE LA PLACE!!! C’EST BIEN UN SECTEUR INFORMEL QUI PROFITE AU COMMERCE REGULIER!!!

  5. Elle est veuve ? CAPI est cĂ©libataire et surtout fauchĂ© ….. 😛 😛 😛

    • Ami Kane est madame Sacko!!! C’EST VRAI QU’IL N’YA PAS DE DIFFERENCE ENTRE UN SACKO MORT ET UN SACKO VIVANT!!! QUE FAIRE DE NOS SACKO COCHONS????
      Yugu, qu’elle est votre nouvelle strategie??? J’ai pitie’ de vous!!!! LA PAUVRE DAME N’EST PLUS DIRECTRICE!!! IL FAUT M’ATTAQUER DIRECTEMENT ET A’ VISAGE DECOUVERT. CESSEZ DE FAIRE DES FEMMES VOS SACRIFICES!!!! SHAME ON YOU!!! JE SUIS DEBOUT ET DROIT DANS MES BOTTES DE GENERAL AVEC LE DERNIER MOT!!!!
      BY THE WAY, I AM TEACHING SUMMER SCHOOL!!!! STARTING SEPTEMBER, I WILL BE AT A HIGH SCHOOL!!!! MAYBE YOU SHOULD TRY A NEW SET OF NEW LIES ABOUT ME!!! LET ME TELL YOU THAT YOU WILL ALWAYS FAIL!!!! I AM AN DECENT AND AN HONEST PERSON!!!!

  6. Cette opĂ©ration est commanditĂ©e par IKB pour le sommet France-Afrique. Que Dieu nous prĂȘte vie, nous verrons si elle va continuer ou pas. Il est facile de faire Ă©mouvoir le Malien. Moi aussi j’aimerais voir la capitale de mon dĂ©barrassĂ©es de tous les amas au bord des artĂšres principales. Mais j’ai du mal Ă  applaudir pour deux raisons:
    – la premiĂšre, je l’ai dĂ©jĂ  dit, cette opĂ©ration est faite pour le sommet France-Afrique. En consĂ©quence, je ne peux pas applaudir des gens qui n’ont pas une vie globale mais ponctuelle.
    – la deuxiĂšme est que cette opĂ©ration ne serait pas menĂ©e si elle concernait les gens de la classe dirigeante ou des gens importants dans la sociĂ©tĂ©..Les propriĂ©taires des kiosques sont des gens pauvres. Prenons un autre problĂšme similaire et qui n’a jamais bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un traitement avec la mĂȘme vigueur. Nous savons que les vĂ©hicules non immatriculĂ©s sont possĂ©dĂ©s par les magistrats, les porteurs d’uniforme. Cette situation est d’abord une criarde injustice sociale avant d’ĂȘtre un problĂšme de sĂ©curitĂ©. Mais, puisque ce sont les tenants du pouvoir qui les possĂšdent et refusent de les dĂ©douaner la situation reste telle. AprĂšs l’attentat de la terrasse avec un tel type de vĂ©hicule, le gouvernement, avait sur ‘l’Ă©motion, dĂ©clarĂ© l’interdiction Ă  ces vĂ©hicules de circuler avant de s’incliner devant la puissance des gens qui les possĂšdent.
    Il faut un état juste, conséquent, et non folklorique.

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