Conférence de presse de la SPN : Siméon Kéïta exige la démission du ministre Sadio Gassama

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Rien ne va plus entre les policiers et leur ministre de tutelle. En effet, au cours d’une conférence animée le samedi 10 décembre dans la cour du Groupement mobile de sécurité (GMS), Siméon Kéïta, Secrétaire général de la section syndicale de la police nationale (SPN), a exigé le départ du Général Sadio Gassama, ministre de la Sécurité intérieure et de la protection civile. Selon les policiers, le ministre sabote leur corporation en bafouant les textes et en les interprétant selon son humeur du jour.

‘est dans une salle pleine à craquer et en compagnie de son staff au grand complet que le Secrétaire général de la SPN, Siméon Kéïta, a rencontré les journalistes. L’ordre du jour, un seul point, était sans équivoque : "le départ pur et simple du ministre de la Sécurité intérieure et de la protection civile, le Général Sadio Gassama". Il faut préciser que les policiers et leur ministre de tutelle sont en relation conflictuelle depuis très longtemps. Déjà, lors d’une marche, les policiers avaient brandi quatre banderoles sur lesquelles on pouvait lire : "Carton rouge à Sadio Gassama", "Général Gassama, tu nous as assez brimés, il faut t’en aller", "Les victimes de Kita, Kadiolo des 7 ème et 13 ème arrondissements attendent leur dédommagement", "Les policiers disent non à l’AMO". Ce qui prédisait l’atmosphère, chargé d’électricité qui s’installait entre les deux parties. Pour le Secrétaire général de la SPN, les motifs pour lesquels son syndicat exige la démission du ministre Gassama sont multiples et remontent à très loin.

Primo, d’après Siméon Kéïta, le Général Gassama sabote la corporation. Car, poursuit le patron de la SPN, c’est l’ensemble des policiers qui a demandé la relecture du statut de la police. Curieusement, se plaint Siméon Kéïta, quand il s’est agi de procéder à l’élaboration du nouveau statut, le ministre a écarté le syndicat et a travaillé avec des individus acquis à sa cause. Ce qui, selon lui, a permis au ministre de mettre le contenu qui lui donne "droit de vie et de mort" sur les policiers.

Secundo, la SPN dénonce ce qu’elle appelle «l’immixtion du ministre et sa grande complicité avec le Secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité, dans la gestion des affaires syndicales ».

Tertio, les policiers évoquent le mépris du ministre à leur endroit. Sur ce point, ils soutiennent que chaque année, l’Etat débloque 800 millions de FCFA pour leur dotation. Selon eux, cette information leur a été donnée par le ministre lui-même. Pourtant, depuis la célébration du 22 septembre 2005 à Sikasso, la police n’a plus bénéficié de dotation collective. Dans ce cas, on est en droit de se demander où vont ces 800 millions mis à disposition par le Budget national ? Afin d’obtenir la démission du ministre, la SPN s’est fixé un délai de deux semaines, à partir d’aujourd’hui, au cours desquelles elle entreprendra toutes les actions légales en sa possession. Au nombre de celles-ci figure un sit-in devant le ministère de la Sécurité intérieure et de la protection civile.

En réponse aux nombreuses questions des journalistes, Siméon Kéïta et son adjoint, Siriman Fané, ont donné des explications. Le premier a déclaré que " le ministre Gassama est pour beaucoup dans l’insécurité grandissante à Bamako et ailleurs. Tous les porteurs d’uniformes, en tout cas les policiers, sont déçus". Evoquant la convocation de 34 fonctionnaires de police à la gendarmerie, le Secrétaire général de la SPN a dit que lui et ses camarades sont sereins et déterminés à aller jusqu’au bout.

Diakaridia YOSSI

 

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