Politique: Consensus politique : le RPM en rupture de ban ?

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Le consensus politique n’a plus le même visage, même si la  Configuration de l’exécutif ne le démontre point. Aucun des partis politiques ayant fait allégeance au Président Amadou Toumani Touré n’a encore daigné rendre  le tablier. Mais sur le terrain le ton monte entre les protagonistes, du moins entre la partie présidentielle et le camp du président de l’Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Kéïta. Malgré le long silence observé par le Rassemblement pour le Mali (RPM), ce parti était loin de partager les convictions du camp présidentiel. De 2002 à nos jours, le  Rpm qui est sorti des urnes avec amertume, comme il aime le rappeler à qui veut l’entendre, avait pris son mal en patience. Au-delà des  complaintes exprimées lors de rares occasions, le parti de l’honorable Ibrahim Boubacar Kéïta ne s’était pas formellement démarqué de l’orientation gouvernementale. Mais à la faveur des derniers développements de l’actualité nationale, le Rpm a décidé de suivre sa propre logique.  Ainsi, après la signature de l’accord d’Alger, le parti d’Ibrahim Boubacar  Kéïta a franchi le rubicond en critiquant l’option gouvernementale. Depuis,  le clivage entre le Rpm et le gouvernement s’élargit. Et l’opinion  nationale surveille de près désormais cette guerre de tranchées. La semaine dernière, les observateurs de la scène politique malienne retenaient  leur souffle. Les rumeurs les plus folles estimaient que les "Tisserands" ourdissaient leur retrait du gouvernement. D’aucuns mettaient la barre moins haut et faisaient l’alerte d’une imminente déclaration historique qui achèverait le moribond consensus. Mais la prophétie de la rue ne  s’est pas réalisée. Et pourtant, les résolutions de la deuxième conférence nationale du Rpm ne sont pas des déclarations d’amour au camp présidentiel. Au plan politique, les attentes ont été certes un peu déçues, mais les Tisserands ont évoqué précautieusement leur  détermination à aller aux élections générales de 2007. Par contre le mystère plane encore sur la question car il faut attendre d’autres assises du parti

Pour qu’une décision soit, de façon définitive, prise. Si ça ne tenait qu’au verdict de la deuxième conférence nationale du parti, l’honorable  Ibrahim Boubacar Kéïta serait le challenger, une fois de plus, du Président de La République aux prochaines échéances électorales. En tout cas, la  demande d’une candidature du président de l’Assemblée nationale aux présidentielles de 2007 par la conférence nationale du parti ne change  pas grand chose au consensus politique. Cependant, les Tisserands ont la sourde volonté de prendre leurs distances des amis d’ATT. Ce qui semble avoir été un canular, à savoir le basculement du RPM dans l’opposition radicale, allait permettre pratiquement au parti de donner corps à son dessein de se délivrer du consensus. Mais ce n’est pas pour rien que le parti tient à ne pas animer le front de l’opposition. Les raisons n’en sont pas encore claires. Par contre, les Tisserands pourraient avoir  agi pour se réserver une certaine marge de manoeuvre, car aller dans l’opposition peut être asphyxiant pour eux. En effet, faire cavalier seul dans cette aventure pourrait amener le Rpm à perdre des avantages considérables. Cela peut se traduire par des défections au sein du  parti et l’abandon des intérêts liés à la participation à l’exécutif, au  moment où le parti connaît des difficultés de financement.

Soumaïla T. Diarra

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SOURCE:  du   27 juil 2006.