2012 : Le PDES arbitre du jeu?

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En effet, le choix fait par le parti dit présidentiel de ne présenter aucun candidat a eu un effet inattendu : le PDES est subitement devenu la coqueluche des états-majors des principaux candidats en lice pour le scrutin. Naguère soupçonné de vouloir profiter des liens privilégiés qui existent entre ses fondateurs et le Président Amadou Toumani Touré et utiliser les moyens de l’Etat pour s’emparer du pouvoir, la formation dirigée par Hamed Diane SEMEGA est désormais considérée comme celle dont le soutien pourrait faire la différence.
Come – back sur un retournement spectaculaire de situation
Lorsqu’il a décidé le 24 janvier 2012 de ne pas prendre part à la compétition pour le fauteuil présidentiel, nombre d’observateurs avaient conclu au mieux à la marginalisation politique du PDES/ au pire à sa mort programmée. Défait, même au sein de cette formation politique, la décision de n’aligner aucun candidat pour le scrutin présidentiel avait été fraîchement accueillie. Que s’est- il donc passé entre temps, pour que le PDES retrouve grâce pour les uns et les autres.
A l’analyste, beaucoup d’observateurs en sont arrivés à la conclusion que les amis de Séméga avaient plutôt bien joué. En effet, ils se sont rendus compte qu’en décidant de ne pas entrer en lice pour le scrutin du 29 avril et de privilégier les élections législatives, le parti avait fait preuve d’une grande sagacité qui lui permet de faire l’économie des querelles pour la candidature à la présidentielle et de préserver sa force de frappe.
Ce qui le rend incontournable pour tous ceux qui ont l’ambition de conquérir Koulouba, à commencer par les plus importants d’entre eux que sont les candidats de l’ADEMA, de l’URD et du RPM.
Le choix que pourrait faire le PDES entre les candidats Dioncounda Traoré, Soumaïla Cissé, Ibrahim Boubacar KEITA et pourquoi pas Modibo Sidibé pourrait bien s’avérer décisif au final si l’on tient compte objectivement du poids que représente ce parti sur la scène politique malienne. Avec quinze députés à l’Assemblée Nationale, plus d’un millier d’élus locaux et autant de cadres servant à tous les niveaux du secteur privé et du public, le soutien du PDES est à même de faire pencher sérieusement la balance pour celui qui en bénéficierait
C’est sans doute pourquoi le PDES est devenu depuis quelques semaines l’objet de tous les désirs et de toutes les convoitises. De nombreuses tractations sont actuellement menées pour conquérir le cœur de la formation politique pour qui, désormais tous les autres grands partis ont les yeux de Chimène. Pas plus que la semaine écoulée, une rencontre a eu lieu entre l’ADEMA – PASJ et le PDES. D’autres rencontres sont également envisagées par l’URD et le RPM en direction du même parti des amis d’ATT.
L’objectif affiché de toutes ces initiatives est de conclure une alliance pour la présidentielle avec le PDES, qui se retrouve dans une position d’arbitre aussi intéressante que périlleuse car après avoir volontairement renoncé à briguer la présidence de la République, le parti se devra de faire un choix judicieux, sous peine de faire face à une grave crise intérieure, que ne manqueront pas de déclencher ceux de ses responsables mécontents de la situation actuelle.
Pour qui optera le PDES ?
C’est la question qui brûle toutes les lèvres désormais. Si pour l’instant, elle n’est pas tranchée par la direction du parti, il n’en demeure pas moins qu’elle fait au sein du PDES l’objet d’une réflexion intense et de nombreuses concertations. Interrogé par nos soins, un haut dirigeant du parti, qui préfère l’anonymat, affirme ceci : «je ne peux nier que cette question soit à l’ordre du jour au sein de notre parti. Mais nous estimons qu’en raison des circonstances exceptionnelles que le pays traverse, son traitement ne présente pas d’urgence spéciale. Le PDES y répondra en toute sérénité au moment opportun. »
En attendant ce dénouement, nous avons cherché à en savoir un peu plus. De nos investigations, il ressort grosso modo que deux options sont à l’étude au sein du parti : une option pour l’ADEMA, soutenue par de nombreux élus du parti dont des députés et une option pour l’URD de Soumaïla Cissé.
Il convient de souligner que le député PDES de Banamba a publiquement pris position pour une alliance de son parti avec FADEMA lors d’une récente visite du candidat du parti de l’Abeille dans cette localité.
Ces deux candidats semblent par ailleurs tenir la corde auprès de nombre de responsable

s locaux du PDES. Quid d’Ibrahim Boubacar Keita et de Modibo Sidibé ?
Si le premier compte de nombreux admirateurs au sein du parti du Président Séméga, il est cependant douteux que leur choix aille vers l’ancien Premier Ministre d’Alpha Konaré. En effet, entre le camp présidentiel et Ibrahim Boubacar Keita il existe un contentieux tenace qui remonte à l’élection présidentielle de 2012.
Pour ne rien arranger, beaucoup de membres du PDES ne lui pardonnent pas ses critiques et ses sorties contre le Président ATT lorsqu’on 2007, battu à l’élection présidentielle, le candidat du RPM avait rejoint l’opposition. De surcroit, il est perçu comme un démagogue voulant exploiter la difficile situation dans laquelle se trouve le pouvoir depuis la relance des hostilités par les groupes rebelles.
Quant à Modibo Sidibé, ceux qui, au PDES, souhaiteraient un ralliement du parti à sa cause, se comptent désespérément sur les doigts d’une main. Mais n’anticipons pas, les jours à venir permettront sans doute de nous édifier sur le choix tant attendu du PDES dans le cadre des alliances électorales en général et pour le scrutin présidentiel du 29 avril en particulier.
Birama FALL

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