20è anniversaire de l’Adema Pasj :Dioncounda Traoré vise encore Modibo Sidibé

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Le Parti africain pour la solidarité et la justice de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma/PASJ) a célébré hier dans la ferveur au Centre international de conférence de Bamako (CICB), son 20e anniversaire. Une occasion pour son président, Dioncounda Traoré de faire des révélations sur le coup d’Etat de mars 1991. Il a ensuite prévenu les candidats indépendants dans la course à la présidentielle de 2012. Une nouvelle attaque contre l’ancien Premier ministre, Modibo Sidibé à qui on prête des ambitions présidentielles.

C’est la salle de presse du CICB qui a servi de cadre à la commémoration du 20e anniversaire de l’Adéma/PASJ. Pour la circonstance, la salle était bondée de militants et plusieurs cadres du parti. Cet anniversaire qui a été célébré autour du thème : « discipline et cohésion au service du peuple : socle de la victoire aux élections de 2012 », a été marqué par les témoignages de quelques figures du parti et la position du parti sur certains sujets de l’actualité.

Dans son adresse au peuple Adéma, le président du parti, Dioncounda Traoré a rappelé que l’Adéma/PASJ a été enfantée dans la douleur. En témoignent les emprisonnements et autres tortures dont ont été victimes ses initiateurs dont lui-même. Il ajoutera ensuite que depuis sa création, l’Adéma/PASJ est toujours restée fidèle aux idéaux de la démocratie comme l’atteste son projet de société. D’ailleurs en la matière, le président du PASJ trouve que son parti est le seul qui a un projet de société. « Notre parti a été le premier à diffuser son document de projet de société », se félicite-t-il. Cette date anniversaire qui se fêtait dans un contexte d’ouverture à l’appel à candidature du parti à la présidentielle de 2012, a été l’occasion pour le président du parti d’exhorter tous les militants désireux être à Koulouba en 2012 de venir déposer leur candidature avant le 10 juin prochain. Mais, prévient-il, « l’Adéma ne pourra être à Koulouba que dans l’union et la cohésion de ses militants et surtout à rester soudé derrière le candidat que les instances du parti vont choisir. « Unis, nous gagnerons ».

Revenant sur la lutte pour l’avènement de la démocratie au Mali, le président de l’Adéma a indiqué qu’elle a été menée depuis la clandestinité avec des militaires parmi lesquels Amadou Toumani Touré. « Certains pensent qu’Amadou Toumani Touré est arrivé par hasard dans le coup d’Etat de mars 1991. C’est depuis les années 1985 que j’ai connu ATT. On se fréquentait et on parlait de la situation politique du pays. Le jeune soldat qu’il était, ATT me demandait toujours quand est-ce que le mouvement démocratique allait passer à la vitesse supérieure contre le régime de Moussa Traoré. Je lui disais toujours que la situation n’était pas appropriée pour le renverser. ATT me disait que les militaires avaient peur de s’afficher dans la lutte pour ne pas s’attirer les foudres de Moussa Traoré comme ceux qui l’avaient fait avant, mais qu’ils pourront intervenir dès l’instant où la situation s’y prêtait. On est resté dans cette clandestinité jusqu’au vendredi noir, c’est-à-dire le 19 mars 1991. C’est en ce moment que j’ai appelé le lieutenant colonel pour lui dire que la situation était propice à l’intervention de l’armée pour mettre fin au régime de Moussa Traoré. Il m’a dit ce jour qu’il partait à Mopti pour 3 jours (Samedi, dimanche et lundi) et dès son retour qu’ils vont procéder à l’acte. Effectivement dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 mars 1991, ATT et ses compagnons d’armes mettaient fin au régime dictatorial de Moussa Traoré », a révélé le président de l’Adéma pour lequel l’avènement d’ATT au pouvoir en 2002 n’est pas un fait de hasard parce qu’ayant été présent aux côtés du mouvement démocratique depuis de longues années. « Si ATT se fait élire en 2002 en tant qu’indépendant, c’est pace qu’il a une histoire derrière lui. Et s’il y a des indépendants qui caressent le vœu de se faire élire en 2012, ils se leurrent. N’est pas ATT qui le veut. ATT n’est pas venu du hasard, c’est pourquoi le peuple malien l’a choisi en 2002. Le peuple malien est assez intelligent et il sait ce qu’il faut choisir », prévient le président de l’Adéma comme pour lancer un avertissement à l’ancien Premier ministre, Modibo Sidibé à qui on prête des intentions de se porter candidat sous les couleurs de l’Adéma. Et le Pr. Aly Nouhoum Diallo d’exhorter les militants à l’union et la cohésion pour ne pas donner l’occasion à un 3e larron en 2012 qui viendra dicter sa loi à l’Adéma.

Abdoulaye Diakité

SOUTIEN A LA CANDIDATURE DE DIONCOUNDA AUX PRIMAIRES DE L’ADEMA/PASJ

Lanceni Balla Keïta, le mercenaire à l’œuvre

Premier candidat déclaré de l’Adéma/PASJ depuis deux ans pour la présidentielle de 2012, Lancéni Balla Keïta, est également le premier non-partant officiel aux primaires ouvertes depuis hier. En revenant sur sa décision, l’ancien ministre des Travaux publics et député élu à Kati, habitué des déclarations fracassantes, vient une fois de plus de prêter le flanc à ceux qui le qualifient à tort ou à raison, de « mercenaire» qui a vite quitté IBK dès qu’il a su qu’il ne pourra rien tirer de celui-ci.

Dans une « déclaration politique relative à la candidature du parti à l’élection présidentielle de 2012 » commentée par notre confrère de L’indépendant, Lancéni Balla Keïta, député élu à Kati et membre du comité exécutif de l’Adéma/PASJ, se retire de la course pour Koulouba en 2012.

Selon le confrère, l’éphémère ministre des Travaux publics sous le président Alpha Oumar Konaré, justifie sa décision par une volonté d’œuvrer sans relâche à l’approfondissement et la consolidation de la démocratie. Un argumentaire qui cache mal une manœuvre politicienne dans des primaires qui apparaissent propices à des enchères.

La décision de rouler désormais pour Dioncounda Traoré tranche bien avec les déclarations du natif de Siby, qui se glorifiait d’être le premier candidat déclaré aux primaires de l’Adéma. Mieux, pour prouver la crédibilité de cette candidature, il annonçait un projet de société ambitieux, signe « d’une nouvelle étape ». D’ores et déjà, le transfuge du RPM, dont les responsables n’auraient pu le contraindre au respect des règles préétablies, semblerait se lancer dans une opération de charme auprès de Koulouba. Au risque d’une vindicte populaire, il se fend – à la faveur du 20e anniversaire du parti – d’une déclaration dans laquelle il a dénoncé un présumé mutisme de l’Adéma sur certains problèmes de la nation.

Ça ressemblait à une campagne déguisée qui aurait eu du mal à résister à une autre campagne financièrement dirigée par Mahamadou Cissé dit Bagnoa, le questeur de l’Assemblée nationale.

Ce qui devrait arriver arriva : Lancéni Balla Keïta se range du côté de Dioncounda Traoré dont le dossier de candidature devra être déposé dans les prochains jours. Lequel croisera le fer avec d’autres cadres du parti tels que les anciens ministres, Ibrahima N’Diaye dit Iba et Sékou Diakité.

Si le soutien de Lancéni Balla Keïta apparaît comme une affaire interne à l’Adéma/PASJ, des observateurs avertis estiment qu’il peut s’avérer dangereux à l’avenir de Dioncounda Traoré à la tête de l’Assemblée nationale. On soutient qu’il s’agit là du fruit d’un travail d’achat de consciences auquel ont décidé de s’adonner les pro-Dioncounda avec les moyens du parlement. Des allégations qui apportent de l’eau au moulin des partisans de la dissolution de l’Assemblée nationale si ATT veut assurer à tous les candidats l’égalité de chance. Une règle qui a prévalu au départ de tous les candidats du gouvernement, précisément ceux des ministres Ibrahima N’Diaye et de Sékou Diakité.

En abandonnant sa base qui se préparait pour l’aventure présidentielle, Lancéni Balla Keïta se discrédite davantage et prête le flanc à ceux qui pensent (à tort ou à raison) que son projet n’était qu’un « appât politique».

Markatié Daou

Les ministres Adéma boudent l’évènement

Les ministres Adéma ont brillé par leur absence à la rencontre de commémoration du 20è anniversaire de la création du parti organisée hier mardi au Centre international de conférences de Bamako. Des absences qui ont donné lieu à des explications plus ou moins fantaisistes.

Comme annoncé dans certains milieux, les ministres Adéma-PASJ ont tous séché les festivités marquant le 20e anniversaire de la création du parti, des cérémonies qui devaient marquer le lancement de l’appel à la candidature pour la désignation du candidat à la présidentielle de 2011. Ces absences ont tout de suite suscité des interrogations et des commentaires plus ou moins fantaisistes. Pour certains, Soumeylou Boubèye Maïga, Yacouba Diallo, Harouna Cissé et autres Aghatam et Tièmoko Sangaré veulent tout simplement respecter les consignes du président de la République qui voudraient qu’ils se concentrent uniquement et totalement sur leurs missions au gouvernement.

Pour d’autres, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une démarcation car les ministres Adéma dont la quasi-totalité étiquetés pro-ATT, sont contre « ses primaires précipitées » et attendraient toujours les consignes de l’actuel locataire du palais de Koulouba. Comme quoi, la cohésion et l’unité, tant réclamées par tous les leaders du parti majoritaire, sont encore loin de la ruche.

Joint par nos soins, Marimatia Diarra, tout secrétaire général de l’Adémé qu’il est, n’a pas pu rien nous donner comme explication à cet étrange comportement des ministres Adéma.

Abdoulaye Diakité

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