A cause de l’affaire du Fonds mondial de la santé : Oumar Ibrahim Touré devenu indésirable à l’URD

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S’il y a un homme politique qui voit le sol se dérober sous ses pieds, c’est bien Oumar Ibrahim Touré, ex-ministre de la Santé, aujourd’hui rattrapé par sa gestion controversée du Fonds mondial de la Santé. Non seulement, il est sous le coup de poursuites judiciaires, mais c’est désormais l’isolation totale au plan politique car l’URD et son candidat Soumaïla Cissé tiennent à le tenir à distance pour qu’il ne se mêle aucunement de la campagne électorale lors des prochaines élections.

Les uns en doutaient, les autres le devinaient et certains, un peu plus audacieux, le chuchotaient. Mais depuis quelques jours il n’y a plus aucun doute : l’ancien ministre de la Santé et 1er vice-président de l’URD, Oumar Ibrahim Touré, est devenu vraiment indésirable au sein de sa famille politique. La raison principale : la gestion scandaleuse du Fonds mondial de la Santé qui continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive.

Ce dossier, rappelons-le, a causé beaucoup de torts au Mali car les contributeurs à ce fonds de solidarité au profit du Mali, après avoir envoyé des inspecteurs pour farfouiller dans la gestion de l’ex-ministre de la Santé, ont découvert des malversations qui ont conduit le président ATT à livrer Oumar Ibrahim Touré à la justice qui l’a finalement inculpé, avant de le laisser en liberté. En d’autres termes, il est sous le coup d’un contrôle judiciaire. 

Alors, commence pour lui la descente aux enfers. Les courtisans disparaissent l’un après l’autre, comme c’est d’ailleurs le cas dans pareilles situations. Ses amis politiques d’hier deviennent aussi, pratiquement, ses adversaires d’aujourd’hui. Les choses sont allées très vite pour celui qui, en un moment donné, était suffisamment fort au point qu’on lui prêtait l’intention de porter ombrage à la candidature de Soumaïla Cissé  à la prochaine présidentielle, au nom de leur parti, l’URD. En effet, l’Urd a même failli être victime des pratiques des courtisans de Oumar Ibrahim Touré qui commençaient à semer les germes de la division au sein du parti de la poignée de mains.

Mais la justice divine n’étant à nulle autre pareille, les accusations de la justice sont tombées raides sur le 1er vice-président du parti comme un couperet. Démis de ses fonctions de ministre, livré à la justice pendant que plusieurs de ses collaborateurs croupissent en prison, l’homme n’a plus aucun crédit politique. Certains pensent même que c’est lui qui devait démissionner de ses fonctions politiques pour ne pas gêner ses camarades. Mais il est resté, essayant même de s’accrocher. Espérait-il un soutien de son parti dans sa traversée du désert ? C’est un exercice très périlleux auquel ni l’URD ni Soumaïla Cissé ne se seraient livrés.

Mais comme le dit un adage, si vous ne vous décidez pas à retirer votre main de l’assiette au moment où il le faut, on vous la fera retirer. C’est certainement ce qu’a compris l’URD en lui faisant parvenir gentiment le message comme quoi, il devrait désormais s’abstenir de parler au nom du parti et se garder de se mêler de la campagne du candidat du parti.

Pourtant, l’URD a des textes qui pouvaient être mis en application pour en arriver à son exclusion du parti, s’il les gêne autant, mais on a préféré la solution africaine, sage et discrète. C’était peut-être sans compter avec ces indiscrets de journalistes, véritables cafards, qui peuvent fouiller jusque dans les affaires classées des partis politiques.

Nouhoum Dicko

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.