A l’occasion du 20 janvier : Un discours bilan sans âme ni hauteur de vue

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    Le Président Att a doublement respecté la tradition à l’occasion de la fête anniversaire de l’armée malienne. Il s’est acquitté de l’adresse à la nation, et a renoué avec les omissions en mettant un trait sur l’insécurité au Nord et sur les morts d’hommes à l’Ecole Militaire Interarmes (EMIA) de Koulikoro. Comme quoi, il sait contourner ce qui le dérangerait, pour meubler son parcours. Suivez notre regard !

             

   Att a commencé son discours par " un devoir de mémoire et de reconnaissance " au premier Président de la République Modibo Kéïta, au Général Abdoulaye Soumaré et aux anciens qui ont conduit les premiers pas de l’armée malienne. Point à la ligne. Pas besoin d’avoir une pensée affectueuse à l’endroit des victimes du bahutage de l’Ecole militaire interarmes (EMIA) de Koulikoro. Leurs parents, au Mali et au Sénégal, ne pouvaient s’imaginer qu’un seul jour ils subiraient pareille déception. Pis, Att n’a pas daigné adresser des condoléances aux récentes victimes de la rébellion, ni tenu le langage attendu à l’endroit des assaillants. Nous sommes restés sur notre faim. Le fameux discours se passe comme s’il n’y avait pas de feu au Nord. On dirait qu’Att n’a pas approuvé la descente musclée de nos forces armées qui ont corrigé avec dextérité et élégance les voyous de l’Azaouad. Mais s’il tient tant au dialogue et à la négociation, il peut se transporter au Nord en bon Général pour tenir en échec les rebelles avec des discours : « Je suis soldat, je connais la guerre ». Autrement « je suis maintenant Président, j’ai peur de ce que coûte la guerre ». Nous avons entendu assez de discours maintenant, jusque dans les salons de Koulouba le dialogue a été de mise avec les rebelles ; nous avons perdu entre temps assez d’argent et de vies humaines pour qu’on en arrive à oublier nos morts dans le discours bilan. A propos, nous aurions plutôt besoin du bilan des attaques au Nord, avec d’un côté les réalisations faites par l’Etat et de l’autre les dégâts causés (morts d’hommes et projets de réalisations avortés) par les apatrides. Fort de ce bilan, l’on pouvait nous dire si nous avons atteint l’objectif fixé par Att : l’armée de nos besoins. Bien entendu, le plus grand besoin reste la sécurité et l’intégrité de notre territoire que de vulgaires et lointains citoyens tentent de remettre en cause. Avons-nous une armée ou non ?

               

Au lieu du langage de vérité à l’endroit des fossoyeurs, et des encouragements pour nos braves soldats, il a plutôt été question de recrutements (14 000 jeunes dans l’armée, 4 500 dans la police, 900 dans la protection civile), d’équipements, de formation. Pour quoi faire donc si le dialogue peut contrer l’insécurité et si le territoire national est libre au Nord pour permettre toutes sortes d’opérations malsaines (trafic de drogue, prises d’otages, enlèvements de véhicules, assassinats…). Att a tout simplement perdu l’initiative du combat, il revient aux commandants en poste, avec les directives du Chef d’Etat Major Général des Armées le Général Gabriel Poudiougou, de prendre les initiatives courageuses pour déjouer toute attaque et briser dans l’œuf tout regroupement armé au Nord de notre pays.

               

Plus jamais il ne doit y avoir quelque site que soit sur notre territoire national pour des individus suspects car non recensés et non déclarés comme résidents en ces lieux. Après quoi, l’Etat doit sédentariser la zone en y faisant abriter en grand nombre des citoyens (Bambara, Dogon, Sonrhaï, Peulh, Bobo, Soninké, Malinké, Sénoufo, Minianka…) aptes à travailler et non à brigander. Et plus jamais ça, comme l’a si bien dit le vaillant Sambou Soumaré à Koulouba parlant du bahutage. Lui, il n’a pas oublié.

Mamadou DABO

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