Abdou Cheaka Touré, représentant spécial de la CEDEAO au Mali : « En 2012, c’est le banditisme politique que la Cedeao a sanctionné au Mali »

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Abdou Cheaka Touré, représentant spécial de la CEDEAO au Mali
Abdou Cheaka Touré, représentant spécial de la CEDEAO au Mali

Un devoir générationnel obligeait le doyen Abdoullah Coulibaly, qui s’en est acquitté avec satisfaction : expliquer aux jeunes apprenants de l’Institut des Hautes Etudes en Management (IHEM) un pan de l’histoire certes récente, mais entourée de complexité et de confusions souvent voulues et entretenues par certains acteurs eux-mêmes. La crise politique et institutionnelle de 2012 a vécu, mais comment a-t-elle été résolue ? Quelle a été le rôle de l’organisation régionale qu’est la Cedeao ? Le président de l’IHEM, Abdoullah Coulibaly ne pouvait pas mieux trouver que l’un des grands négociateurs engagés dans la résolution de cette crise, comme le Représentant spécial de la Cedeao au Mali, Aboudou Cheaka Touré, pour expliquer l’Architecture de paix et de la Sécurité de la Cedeao, appliquée à la crise malienne. C’est une partie de délectation qui a été vécue dans la salle de conférence de l’Institut des Hautes Etudes en Management (IHEM), le vendredi 8 mai, au cours de cette conférence donnée par Aboudou Cheaka Touré, avec comme modérateur Kissima Gakou qui a longtemps servi au ministère de la Défense. Le conférencier était d’autant réconforté que le 8 mai est la journée de sécurité de la Cedeao, mais aussi celle commémorative de la cessation de la deuxième guerre mondiale, et mieux, il s’adressait à la jeunesse. L’auditoire était en effet, fait de nombreux jeunes et certains responsables de l’Etat impliqués dans la gestion des affaires au moment des faits, des témoins, des officiers de l’Armée, et un public assoiffé de la vraie version. On retient que lors de la crise de 2012, les textes de l’organisation auxquels avait souscrit le Mali, lui faisait obligation d’intervenir dans ce pays membre, dans un premier temps pour résoudre la crise politique et institutionnelle rendue complexe par le coup d’Etat du 22 mars 2012, et dans un second temps pour créer les conditions de la résolution de la crise sécuritaire par l’intervention militaire. Aboudou Cheaka Touré a expliqué comment tous les mécanismes de l’architecture ont été utilisés dans le cas de la crise malienne, pour éviter la disparition de cet Etat membre de la Cedeao, qui en plus du coup d’Etat a été occupé au 2/3 par les Jihadistes.

Le Représentant spécial de la Cedeao n’a pas tari d’éloges pour son organisation, qui depuis 25 ans, est l’une des rares en Afrique à avoir pensé tôt, à prévoir la dimension sécuritaire et de paix. En application de ces dispositions, par exemple, tout Etat membre voulant acheter des armes ou en construire doit s’en référer à la Commission de la Cedeao, qui doit obtenir l’accord par écrit de chacun des 14 Etats membres.

Tolérance zéro au coup d’Etat

Le dispositif est renforcé par des protocoles de prévention et de gestion de conflit dans l’espace Cedeao ; le protocole additionnel sur la gouvernance et la démocratie etc. Différentes situations conflictuelles sont prévues, conflits entre deux Etats ; ou le renversement d’un Etat démocratique élu etc. Dans ces cas prévus, la Cedeao a l’obligation d’intervenir sans demander de permission, comme ce fut le cas au Mali en 2012. Selon Aboudou Cheaka Touré, le protocole sur la bonne gouvernance et la démocratie accorde une tolérance zéro au coup d’Etat. Selon le conférencier, l’intervention de la Cedeao a permis de sauver le Mali. « En moins de 10 jours, on est parvenu à retirer un coup d’Etat. S’il n’y avait pas eu de sanction, on en sortirait pas» a-t-il indiqué. La manifestation sur l’aérodrome pour empêcher l’avion transportant les chefs d’Etat d’atterrir a été considérée comme un acte de « banditisme politique », qui a été sanctionné par la Cedeao. En outre, les efforts de la Cedeao ont été à la source de l’intervention française. Certains jeunes dans la salle qui avaient pris part à la manifestation à l’aéroport ont fait leur mea culpa : « nous avons été manipulé par des hommes politiques qui soutenaient le coup d’Etat. Contre l’intérêt de notre pays et pour leurs seuls intérêts personnels ».

B. Daou

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2 COMMENTAIRES

  1. OUI CEDEAO est complice avec les MNLA et FDR maliens contre notre pays comment on peut comprendre que notre pays a été agresser par les bandits voyous mnla et des ces alliés complices terroristes international la CEDEAO a sanctionné notre pays pour moi la cedeao a comploté avec les voyous contre pays MALI 😈 😈 😈 😈 😈 😈 😈 😈 😈

  2. hé CEDEAO ramenez notre ATT vite vite pour qu’il conduise le pays à la paix

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