Aide financière de l’état aux formations politiques :- Adema : 468 633 353 F CFA – Urd : 304 979 222 F CFA – Rpm : 113 934 768 F CFA – – Cnid-fyt : 75 832 071 F CFA – – Le PDES déclaré inéligible…

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Exactement 1 460 179 222 F CFA. C’est le montant débloqué au titre de l’aide financière de l’Etat aux formations politiques pour l’année 2011. 37 partis sur les 47 qui ont déposé leurs dossiers ont été jugés éligibles pour bénéficier de cette manne financière du contribuable malien. Parmi ceux-ci, par ordre décroissant, l’ADEMA-PASJ du Pr Dioncounda Traoré, l’URD de Soumaïla Cissé, le RPM d’Ibrahim Boubacar Kéita et le CNID-Faso Yiriwa Ton de Me Mountaga Cheick Tall empochent les gros lots. Ironie du sort, avec ses 15 députés et près de 2000 Conseillers communaux, le PDES a été déclaré inéligible à cette aide pour avoir, selon nos informations, déposé un compte non certifié devant la Section des comptes de la Cour suprême.

 
Le financement public des partis politiques pour l’exercice 2011 est en voie d’être débloqué aux différentes formations politiques. Ils sont nombreux, les acteurs politiques qui attendent cette bouffée d’oxygène pour financer leurs activités de précampagne et surtout celles de la campagne électorale en cette veille d’élections générales. Même si ces fonds sont alloués aux partis pour mener prioritairement des actions de formations des militants et des cadres, la plupart des formations politiques pourraient y opérer des ponctions pour soutenir leur activités sur le terrain.

 
Selon nos informations, sur les 47 partis politiques qui ont déposé à temps (au plus tard en fin mars 2011) leurs dossiers au niveau de la Section des Comptes de la Cour suprême pour être éligibles à cette aide de l’Etat, 34 ont été retenus selon des critères liés à la tenue régulière des assises statutaires, la tenue d’une comptabilité régulière, le nombre d’élus nationaux et communaux, le nombre d’élues nationales et communales, etc. Cette répartition devrait être entérinée par le Conseil des ministres d’hier mercredi, qui, aux dernières nouvelles, se tiendra aujourd’hui.

 
Ainsi, selon les chiffres fournis par des sources proches de la Délégation générale aux élections (DGE), l’ADEMA-PASJ, avec 52 députés dont 4 femmes, 3 464 élus locaux dont 267 femmes, s’en sort avec une enveloppe de 468 633 353 F CFA. Le parti majoritaire de la scène politique nationale, le parti de l’abeille est suivi de l’URD, avec 34 députés dont 3 femmes et 2173 élus communaux dont 169 femmes, recevra 304 979 236 F CFA. Celui-ci est suivi par le RPM, qui compte 11 députés (aucune femme) et 925 Conseillers dont 89 femmes, va recevoir une dotation de 113 934 768 F CFA. Après le parti des tisserands, vient le CNID-Faso Yiriwa Ton, avec 7 députés dont une dame et 529 élus communaux dont 49 femmes, se taille 75 832 071 F CFA. Le parti du tigre, le MPR du Dr Choguel Kokalla Maïga, qui a 8 députés dont 2 femmes et 396 élus communaux dont 26 femmes, récolte 75 614 630 F CFA.

 
Viennent ensuite et dans l’ordre décroissant le PARENA avec 52 489 220 F CFA, SADI avec 45 122 328 F CFA, la CODEM avec 33 999 569 F CFA, l’UDD avec 30 332 824 F CFA, le PSP avec 28 132 200 F CFA ; le PCR, 22 069 690 F CFA, le MIRIA s’en tire avec 21 529 450 F CFA, le BARICA, 16 736 931 F CFA, le PIDS avec 12 335 500 F CFA, la FCD avec 11 189 265 F CFA. Les autres partis éligibles s’en sortent avec moins de 10 millions de nos francs chacun. Ce sont, l’UDM, le PE du Mali, le PDM, le RDS, le PARI, le RDR, le FAMA, le RAMAT, le PEI, le PECSAM, le MPLUS-RAMATA, le MPJS, le FDM-MNJ, le MADI, l’ANC, le BARA, l’UNPR, l’UPD, l’UFD.
Il faut signaler que le Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES) avec ses 15 députés et environ 2000  Conseillers, apparaissant comme la troisième ou la quatrième force politique du pays, n’a rien obtenu pour, assure-t-on, avoir déposé un compte bancaire non certifié.
Truffé de nombreux cadres dont plusieurs ministres, des économistes et de grands opérateurs économiques, comment peut-on comprendre que le parti présidentiel soit resté à quai dans cette course au pécule du financement public des partis pour n’avoir pas su constituer un dossier régulier afin d’être éligible au partage de cette juteuse manne financière?

 
Joint  au téléphone par nos soins pour en savoir plus sur la non-éligibilité du PDES à cette aide de l’Etat aux partis politiques, un haut responsable du parti présidentiel a expliqué cela par le fait que ce parti n’a participé, pour le moment, à aucune élection à l’exception des dernières communales partielles. Il a démenti  les informations selon lesquelles le PDES n’a pas bénéficié du financement pour une irrégularité dans son dossier. «Ce n’est pas parce que nous n’avons pas présenté un relevé de compte bancaire certifié», a-t-il expliqué.
Bruno D SEGBEDJI


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