Mali : le premier ministre démissionne après avoir été arrêté

308 réactions [-] Texte [+] Email Imprimer

Coupure d’écran – photo du PM Cheick Modibo Diarra présentant sa démission sur les écrans de la TV nationale, le 11/12/2012 (montage photo maliweb.net)

Le premier ministre malien, Cheik Modibo Diarra, a annoncé mardi 11 décembre sa démission et celle de son gouvernement peu après avoir été arrêté à Bamako sur ordre du capitaine Amadou Haya Sanogo, ancien chef des putschistes qui avaient renversé le président Amadou Toumani Touré, dit ATT, en mars.

Le porte-parole de l’ex-junte malienne Bakary Mariko a démenti tout « coup d’Etat »après la démission forcée du premier ministre, assurant qu’un nouveau chef du gouvernement sera nommé par le président Dioncounda Traoré. « Ce n’est pas un nouveau coup d’Etat », a affirmé sur France 24 M. Mariko, qui a reproché à M. Diarra, arrêté dans la nuit par des militaires, de ne pas avoir agi en « homme de devoir » face à la crise au Mali mais en fonction d’« un agenda personnel »« Le premier ministre sera remplacé dans les heures qui viennent par le président de la République », a-t-il affirmé.

INCERTITUDE

Cette démission plonge encore un peu plus dans la crise et l’incertitude le Mali, dont la moité nord du territoire est entièrement occupée depuis juin par des islamistes armés liés à Al-Qaida : une intervention militaire étrangère, demandée par M. Diarra et contestée par M. Sanogo, est à l’étude pour les en chasser.

« Moi Cheik Modibo Diarra, je démissionne avec mon gouvernement », a-t-il déclaré lors d’une brève allocution à l’Office de radio-télévision du Mali sans donnerd’explication à sa décision. L’air grave et les traits tirés, M. Diarra, vêtu d’un costume et d’une cravate sombres, a simplement remercié ses collaborateurs et souhaité que « la nouvelle équipe » qui lui succédera réussisse sa mission.

Cheik Modibo Diarra avait prévu de partir lundi soir pour Paris afin d’y passer un contrôle médical, selon son entourage. Il s’apprêtait à se rendre à l’aéroport quand il a appris que ses bagages avaient été débarqués de l’avion qui devait l’emmeneren France et il est resté à son domicile où il a été arrêté. Quelques heures avant qu’il n’apparaisse à la télévision, un membre de son entourage avait annoncé à l’AFP que M. Diarra avait été arrêté à son domicile de Bamako « par une vingtaine de militaires venus de Kati », ville garnison proche de Bamako et base des ex-militaires putschistes. « Ils lui ont dit que c’est le capitaine Sanogo qui leur a demandé de l’arrêter », selon lui.

M. Diarra s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur de l’intervention rapide d’une force militaire internationale dans le nord du Mali, intervention à laquelle est farouchement opposé le capitaine Sanogo. Ce capitaine jusqu’alors inconnu avait renversé le 22 mars le régime du président ATT, précipitant la chute du Mali aux mains des islamistes armés.

EX-PUTSCHISTES TOUJOURS INFLUENTS

M. Sanogo avait été contraint de rendre le pouvoir à des civils deux semaines plus tard, mais lui et ses hommes sont restés très influents à Bamako où ils ont été accusés d’avoir commis de nombreuses exactions contre des partisans de l’ancien président renversé. Le capitaine Sanogo avait réussi à enrayer fin avril une tentative de contre-coup d’Etat des militaires restés fidèles au président ATT à l’issue de violents combats meurtriers à Bamako.

Ce militaire a été nommé par le président malien par intérim, Dioncouda Traoré, à la tête d’une structure chargée de réformer l’armée malienne, sous-équipée et démoralisée.

La démission de M. Diarra survient après le report de « concertations nationales »convoquées par son gouvernement de transition qui devaient se tenir pendant trois jours à partir de mardi. La concertation avait pour but de tenter d’établir une « feuille de route » pour les mois à venir entre tous les acteurs – politiques, militaires, sociaux, organisations de la société civile – qui restent divisés face à la crise et la manière de tenter de la résoudre.

SCEPTICISME DE WASHINGTON SUR UNE INTERVENTION ARMÉE

Le nord du Mali est contrôlé depuis fin juin par trois groupes islamistes armés :Ansar Eddine, mouvement essentiellement composé de Touaregs maliens, et les djihadistes surtout étrangers d’Al-Qaida au Maghreb islamique et du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest. Ils y appliquent la charia (loi islamique) avec une extrême rigueur qui se traduit en lapidations, amputations ou coups de fouets aux « déviants » (voleurs présumés, couples adultères, fumeurs, buveurs d’alcool).

Bamako et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest ont soumis à l’ONU des plans pour l’envoi d’une force internationale de 3 300 hommes dans le nord du Mali et demandent au Conseil de sécurité de l’ONU d’autoriser son déploiement rapidement. La volonté des Africains, soutenus par la France, d’obtenir au plus vite le feu vert de l’ONU à une intervention se heurte au scepticisme de Washington, qui doute de la capacité de Bamako et de ses voisins à mener à bien l’opération.

L’Algérie pour un soutien international au Mali dans sa lutte antiterroriste

Face à la situation au Nord Mali, le président algérien Abdelaziz Bouteflika évoque, dans un entretien à l’AFP, « une menace globale qui n’a pas de nationalité, ni de région ou de religion d’appartenance ».

A la question de savoir si l’Algérie accepterait une aide de la France et des Etats-Unis dans la lutte antiterroriste dans le nord du Mali, il juge « normal que le Mali bénéficie de l’appui de la communauté internationale pour son éradication ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit adopter avant la fin de l’année une résolution autorisant l’envoi de 3 300 soldats ouest-africains pour les déloger. L’Algérie, médiatrice au Mali, a toujours défendu le principe de non-ingérence.

Le Drian juge la situation « très complexe »

Le ministre de la défense français, Jean-Yves Le Drian, a jugé mardi matin la situation « très complexe », en soulignant qu’il est « un peu tôt pour y voir clair », après la démission du premier ministre malien.

« Il y a depuis un certain temps une espèce de triumvirat à la tête de l’Etat malien », a-t-il déclaré sur RMC/BFMTV. « Manifestement le processus de réconciliation nationale, qui est indispensable pour que le Mali retrouve sa souveraineté, a quelques difficultés à se mettre à œuvre », a-t-il constaté.

Le Monde.fr avec AFP - le 

 

 

SOURCE:  du   11 déc 2012.    

308 Réactions à Mali : le premier ministre démissionne après avoir été arrêté

  1. maliens commencer la guerre et nous allons nous joindre a vous
    sinon si vous rester la sans bouger, personnes ne bougera pour vous aider

  2. Sini ka djan

    Ou sont passer tous ces generaux ?qu’ils nous aide de nous debarasser de ce Sanogo avant qu’il ne soit trop tard.

  3. tienimango

    capitaine sanogo est un vrai fils de pute un sale menteur fuyard…