Allocution de M. Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, à la cérémonie inaugurale de la Conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali

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Angel-Gurría-IBKMonsieur le Président Hollande, Monsieur le Président Keita, Madame la Première Dame,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Chers collègues,

C’est une joie et un honneur d’accueillir à l’OCDE les Présidents du Mali et de la France, ainsi que nos partenaires internationaux et régionaux, pour cette conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali.

Le Mali est actuellement à un moment critique de son histoire contemporaine. L’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation marque un tournant décisif car il a ravivé l’espoir. L’espoir d’un retour durable à la paix, à la stabilité, et à la sécurité. L’espoir d’une reprise économique et d’un développement inclusif. L’espoir d’un avenir meilleur pour tous les Maliens et les Maliennes.

Nous sommes ici aujourd’hui pour traduire ces espoirs en plans concrets et en résultats visibles.
Nous devons agir maintenant pour réaliser le potentiel de l’accord de paix

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Un meilleur avenir pour le Mali dépendra du dialogue et de la confiance entre tous les acteurs. Nous l’atteindrons en nous alignant sur la vision stratégique, les priorités et les politiques publiques définies par le gouvernement malien, soucieux d’un processus inclusif dans l’esprit de l’Accord d’Alger.

Nous savons que le chemin sera long et difficile car le Mali fait face à des défis importants; celui de la sécurité, de la démographie, des inégalités hommes-femmes, de l’éducation et de l’emploi des jeunes. Celui de l’adaptation au changement climatique, celui de l’énergie et des infrastructures et beaucoup d’autres encore.

Mais nous savons aussi que le Mali a un potentiel considérable, tant en ce qui concerne ses terres agricoles que son sous-sol, ou les énergies renouvelables, ainsi que le tourisme.
Poser aujourd’hui les bases de l’avenir

Excellences, Mesdames et Messieurs,

L’équation pour le développement durable au Mali ne sera pas résolue en un jour, mais nous devons dès à présent poser les bases de cette vision à plus long terme.

Nous sommes honorés d’accueillir à cet égard le Président Keïta, qui exposera la vision et les priorités de son gouvernement pour mettre en œuvre l’accord d’Alger, et au-delà, bâtir un Mali émergent. Ces priorités, en particulier les réformes institutionnelles, et celles en faveur d’une décentralisation réaliste mais ambitieuse, seront cruciales pour rétablir la confiance des citoyens en leurs institutions.

C’est également un honneur que d’accueillir le président Hollande – qui a montré son engagement personnel pour rétablir la paix et la sécurité au Mali et dans la région.

Enfin, vous tous – les partenaires nationaux, régionaux et internationaux du Mali – avez un rôle pivot dans l’avenir du Mali.
La communauté internationale doit s’engager sur la durée.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Pour réussir, il faut une stratégie, des politiques publiques, mais aussi des ressources! Non seulement de l’aide publique au développement, mais aussi une meilleure mobilisation des ressources internes, des flux financiers de la diaspora, et des investissements privés.

Le succès au Mali exigera un effort concerté sur le long terme. Fait encourageant, l’enquête sur les projections d’aide de l’OCDE montre que les partenaires ont déjà engagé des ressources importantes : plus de 1,1 milliards de dollars par an jusqu’en 2017 au moins.

Je me suis engagé à New York le mois dernier à mettre toutes les ressources de l’OCDE au service des Objectifs de Développement Durable. Pour ne laisser personne de côté, il importe de briser le cycle des conflits et de la pauvreté et de dessiner une trajectoire à long terme où la vie de chacun et de chacune est améliorée.

Je tiens à souligner qu’à l’OCDE, nous restons mobilisés pour offrir au Mali et à ses partenaires un large éventail de compétences – que cela soit en matière de coopération au développement, de fiscalité, d’investissement, de développement territorial, et de politiques publiques décidées de manière participative et cohérente.

J’espère que les travaux analytiques préparés par nos experts du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, par notre Centre de Développement, et par notre Direction de coopération au développement, constitueront une contribution utile à vos débats aujourd’hui.

Avant de conclure, permettez-moi de remercier tout particulièrement la France et les Pays-Bas, ainsi que le Président du Comité d’Aide au Développement, pour leur appui dans l’organisation de cette conférence.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Ensemble, aujourd’hui, envoyons un signal positif pour l’avenir : réaffirmons haut et fort que nous sommes unis, et engagés à appuyer le Mali dans cette nouvelle étape de son processus de paix, pour bâtir le Mali de demain.

Ensemble, nous pouvons et nous devons offrir des meilleures politiques pour une vie meilleure au Mali. Je vous remercie, et cède à présent la parole au Président Keïta.

 

22 octobre 2015
OCDE, Paris

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