Après la convention nationale du Pdes : Désormais quel avenir pour Bittar et l’UMAM ?

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Plusieurs fois annoncée et autant de fois remise aux calendes grecques, la convention nationale du Parti pour le Développement Economique et la Solidarité a, enfin,  pu se tenir les 17 et 18 novembre derniers dans la nouvelle salle de basketball au stade du 26 mars. Désormais quel avenir pour l’UMAM après les conclusions de la convention nationale qui a maintenu Jeamille Bittar et ses partisans dans le nouveau bureau du PDES ?

D’abord, tous les observateurs avisés de la scène politique malienne savaient pertinemment que la rencontre des protégés du président Amadou Toumani Touré allait se tenir sur un fond d’affrontement. Les fidèles et les hérétiques. La grande majorité des hommes et des femmes  du PDES voulaient tout simplement en finir avec Bittar et ses acolytes qui ont pour crime le fait de lancer une structure associative pour servir de rampe de lancement à la candidature  de Bittar pour le compte du PDES lors des prochaines élections présidentielles de 2012. Une attitude jugée comme une trahison,  une volonté de forcer la main au parti et qui n’avait comme sanction que le renvoie pur et simple de tous ceux qui ont pris part à l’aventure Bittar.

De leur côté, les hommes de Bittar, menés par Amadou Goïta avaient tenu leur conseil de guerre la veille et étaient venus dans la salle avec des dispositions contre tout affrontement éventuel.

L’atmosphère était électrique et la pose fit un grand bien au peuple du PDES. Elle a non seulement permis à faire  baisser la température mais a surtout donné lieu à des conciliabules qui ont servit de conducteurs aux travaux. Et ce n’est désormais qu’un secret de polichinelle, le parrain du parti, le président Amadou Toumani Touré a, une fois de plus, puisé dans sa grande sagesse les ressources nécessaires pour un consensus entre les deux camps.

Pour éviter les frustrations, un bureau de convenance de plus de cent membres a été mis en place faisant de la place pour le monde. Comme pour dire ainsi : « A chacun selon importance, tout se tient et tous se tiennent ».

Autrefois vus comme des ennemis, Bittar et compagnie ont bien tiré leurs épingles du jeu. La grande purge annoncée n’a eu lieu. Bittar et ses hommes en sortent bien requinqués et le président Ahmed Diané Séméga en tire le plus grand bénéfice pour avoir pu maintenir la maison PDES unie.

Cependant l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Le compromis imposé par le président Amadou Toumani Touré aux deux camps demeurent fragiles. Et nombreux sont ceux qui ne cessent de se poser la question de savoir, qu’adviendra-t-il de Bittar et compagnie. La teneur avec laquelle cette question brûle les lèvres tient à plusieurs facteurs non élucidés par les conclusions de la convention nationale du week-end dernier. Une paix de façade pour ne pas dire une trêve stratégique a sanctionné les travaux de la convention. Aucune recommandation et encore moins aucun engagement n’a été pris part Jeamille Bittar et bataillon pour renoncer à leur ambition d’être candidat aux prochaines élections présidentielles.

Alors Bittar restera- t-il  toujours candidat avec ou sans le PDES ? La réflexion s’impose. S’il reste candidat comme le prédisent déjà beaucoup d’observateurs, il devra cette fois ci, quitter le parti de lui-même pour suivre ses propres ambitions et resté fidèle à ses partisans dont il n’a plus de droit de décevoir.  Si tel était le cas, alors la convention nationale n’aura été qu’une parade des barons du parti sans effet sur la suite des évènements. Le PDES aura essuyé une raclée qui l’affaiblira vis-à-vis  des populations mais des autres formations politiques qui le prennent en estime. L’autre alternative qui reste à Bittar est de renoncer à ses ambitions présidentielles. En le faisant, l’UMAM n’aura été qu’un feu de paille et une arme de négociation sans avenir.

D’ici le 15 janvier date de la désignation du candidat du PDES, tout reste possible. Car  en politique les hommes ont des logiques que la logique elle-même ignore.

Ibrahima COULIBALY

 

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.