Assemblée nationale : Feu vert pour le financement de la station de Kabala

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FEU VERT POUR LE FINANCEMENT DE LA STATION DE KABALA
Assemblée nationale

Les difficultés d’approvisionnement de Bamako en eau seront réduites, mais les députés ont recommandé une forte vigilance dans la protection de l’environnement.

 

Réunis en séance plénière hier, les élus de la Nation ont examiné et adopté le projet de loi autorisant la ratification de l’accord de prêt de l’Istisna’a N°2 MLI130 signé à Bamako le 6 janvier dernier entre le gouvernement de la République du Mali et la Banque islamique de développement (BID) en vue du financement du projet d’adduction d’eau potable de Kabala. Ce projet qui a pour objectif d’assurer l’approvisionnement correct et durable en eau de la ville de Bamako et environs porte sur la réalisation en deux phases d’une station de pompage et de traitement d’eau de 144 000 mètres cubes /jour en phase I et 96 000 mètres cubes/jour en phase II dans la localité de Kabala, situé en rive droite du fleuve Niger, à environ 12 kilomètres en amont de la capitale. La phase I s’étendra de 2014 à 2018 et la phase II de 2018 à 2020. Le coût global du projet est de 169 ,459 milliards de francs CFA.

L’accord d’Istisna’a dont la ratification vient d’être autorisée par l’Assemblée nationale s’élève à 11 200 095 815 Fcfa. Au terme de cet accord, la Banque islamique de développement accepte de financer par la voie d’Istisna’a la construction des ouvrages du projet pour un montant n’excédant pas celui indiqué et de vendre les ouvrages réalisés au gouvernement du Mali par voie de rétrocession à un prix de remboursement sur une période de 16 ans après une période préparatoire de 4 ans.

La BID va financer sous forme d’Istisna’a essentiellement les réservoirs, le renforcement de la station de traitement de Djicoroni et une partie des services du consultant. Les composantes financées par la BID sont des réservoirs (Lafiabougou et Missira), une station de pompage, un château d’eau, le réseau de distribution, les branchements et le renforcement de la station de traitement de Djicoroni. Sont aussi pris en charge aussi les services du consultant et le soutien à l’unité de gestion.

LIBÉRER DE TOUTE ACTIVITÉ POLLUANTE. En plus du pouvoir d’épuration du fleuve, le projet de Kabala prévoit la mise en place d’une station d’alerte pour suivre l’évolution des paramètres classiques afin d’ajuster au mieux les dosages des réactifs. Cette station d’alerte va ainsi permettre d’anticiper l’arrivée d’une pollution accidentelle ou saisonnière et donc aider à la prise de décision face à ces menaces. Ainsi au cas où des produits toxiques tels que le plomb et les cyanures se trouvent dans l’eau brute à traiter pour la consommation humaine, le dispositif de traitement en place peut permettre de retenir ou de neutraliser ces éléments à travers le coagulateur, les décanteurs et les filtres à sable, l’utilisation de réactifs comme le charbon actif.

Le rapport de la Commission de l’eau, de l’énergie, des industries, des mines, de l’artisanat, du tourisme et des technologies, saisie au fond, a indiqué que des difficultés sont apparues pour libérer le site des orpailleurs traditionnels qui utilisent pour leurs activités du mercure et du cyanure. Plusieurs intervenants ont demandé au gouvernement de prendre ses responsabilités afin de résoudre à ce problème. Le site à libérer a d’ailleurs reçu la visite de la Commission, accompagné de représentants du gouvernement et des opérateurs du projet.

La Commission a fait plusieurs autres recommandations, notamment sur l’étude institutionnelle du fonds de l’Eau et de ses textes d’application, la mise en synergie des efforts de tous les services concernés par la question transversale de l’environnement ou encore la nécessité de tenir compte des recommandations du rapport d’études sur le site de Kabala de la direction nationale de l’Assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances. Elle propose également que soient prises toutes les dispositions nécessaires pour libérer le site de toute activité susceptible de polluer l’eau en particulier et l’environnement en général. Elle souhaite enfin que le processus de mise en œuvre du projet contribue à améliorer le savoir-faire des acteurs nationaux du secteur, que ceux-ci soient publics ou privés.

Plusieurs députés ont salué le regroupement des secteurs de l’eau, de l’assainissement et de l’environnement au sein du même département. Département dont le titulaire, le ministre Abdoulaye Idrissa Maïga, occupait le banc du gouvernement.

Nous reviendrons sur la suite des travaux de cette plénière dans notre prochaine livraison.

A. LAM

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