ASSEMBLEE NATIOJNALE DU MALI: QUAND UN « MORCEAU DE DIAMANT » SECOUE LE CABINET D’IBK

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Les femmes dit-on, ont un faible pour les pierres précieuses. C’est peut-être ce qui a poussé l’une d’entre elles, membre d’une délégation parlementaire, à réclamer sa part du butin présumé offert à IBK, lors d’une récente visite en Angola. Une affaire de nature à faire pourrir une atmosphère déjà délétère à l’Assemblée Nationale du Mali.
Ibrahim Boubacar Keïta, président de l’Assemblée Nationale du Mali, joue véritablement au touriste institutionnel, s’il ne mérite pas d’être compté parmi les Maliens de l’Extérieur. Aux frais du contribuable, l’homme est si souvent passager de l’air qu’il en ravit la vedette au président de la République, principal garant de la diplomatie nationale. Sans que ses multiples déplacements aient un impact réel sur le bien-être collectif, par le biais notamment du financement de tel ou tel aspect du développement socio-économique du pays, les proches collaborateurs actuels de l’ancien Premier ministre ne manquent pas d’explication à la bougeotte de leur employeur. La diplomatie moderne est beaucoup plus le ressort du parlementaire que de l’exécutif, a laissé entendre l’un d’entre eux en n’omettant pas d’ajouter que « cela a un coût ». Mais IBK serait-il en passe de payer un tribut pour ses coûteuses missions à l’extérieur du pays ? On est bien tenté de répondre par l’affirmative, à en juger par l’une de ses aventures qui confirme l’adage selon lequel « les âmes mortes à force de vadrouiller rencontrent inévitablement l’enfer ». Et pour cause, l’aventure en question a collé au cabinet de l’institution parlementaire une flétrissure difficile à gommer. Les faits remontent à quelques deux semaines environ, lors d’une récente mission de l’Assemblée Nationale du Mali en Angola. Pour la circonstance, le Président de l’institution parlementaire s’était fait accompagner d’une demi-dizaine de collaborateurs dont trois (3) de ses multiples collègues auxquels il transmet progressivement son goût prononcé au tourisme. Au cours de leur séjour angolais, Ibrahim Boubacar Keïta et sa suite ne pouvaient se passer d’être au contact des merveilles dont l’éclat demeure, malgré les années de conflits et d’atrocités vécues par l’Angola. En clair, la délégation du président de l’Assemblée Nationale a profité de son séjour pour visiter une usine de diamant, une richesse dont le pays de Dos Santos est un producteur d’envergure mondial. C’est à la sortie de cette usine, affirme notre source, qu’un sachet a été remis à un membre du cabinet de IBK. On en ignore le contenu, mais certains membres de la délégation parlementaire étaient convaincus qu’il s’agissait d’un « morceau diamant ». Aussi les supputations ont-elles été poussées au point d’attribuer une valeur monétaire estimative à la « pierre précieuse » présumée. Trois cents (300) millions F CFA ! La rondelette fait manifestement saliver, si bien qu’un membre de la délégation n’a pu s’empêcher de réclamer sa portion de fortune par des jérémiades et accusations plus ou moins audibles dans les couloirs de l’hémicycle. De bouche à oreilles, les échos des dites réclamations, fondées peut-être sur des affabulations, n’ont naturellement guère tardé à parvenir au président de l’Assemblée Nationale. Celui-ci en était si navré qu’il dut réunir autour de lui, vendredi après- midi, l’ensemble de ses compagnons en Angolais. La clarification a duré de longues heures au bout desquelles IBK n’a peut-être pas convaincu ses collègues qu’il n’a réussi le moindre gramme de diamant des officiels du pays visité. Après une telle déconvenue, le président de l’AN, à défaut de réduire le nombre de ses déplacements, saura sans doute trier ses compagnons sur le volet.
 

A. Keïta

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