Décryptage De La Déclaration De Politique Générale : IBK et MARA en phase

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Décryptage De La Déclaration De Politique Générale
Assemblée Nationale

Si on parcourt le discours de politique générale du Premier Ministre Moussa Mara, on est marqué par le fait qu’il soit totalement en phasage avec la feuille de route indiquée par le  Président de la République, lors du Conseil des ministres du 16 Avril.

 

Il est donc heureux de constater cette parfaite cohérence entre la vision déclinée par le Président de la République et l’orientation de la Déclaration de Politique Générale du Premier Ministre. Cela  signifie que ce dernier a, sinon, bien compris et partagé la vision du Président, du moins il a pris la peine de bien lire le discours d’orientation du Président de la République.

 

 

Nous avons aussi retenu que le Premier Ministre Moussa Mara, sans respecter scrupuleusement la chronologie des recommandations contenues dans le discours du Président de la République du 16 Avril 2014, a cherché à leur donner corps, point par point. Ce qui importe le plus.

 

C’est ainsi que, quand le Président met l’accent sur  le triptyque « Dialogue- Paix-Réconciliation » et fixe le cap pour un « Mali émergent », le Premier Ministre se les approprie à travers des explications détaillées sur le dialogue social inclusif entre les différentes populations concernées, ou pas, par la crise, le retour des réfugiés et déplacés maliens, le rattrapage du retard sur les infrastructures sociales de base, accusé par certaines zones géographiques, l’instauration d’une justice véritable pour que les responsabilités soient situées et les dommages et torts subis par les victimes, réparés; le dialogue politique avec les groupes armés et les autres, sous l’égide des Présidents Compaoré du Burkina et Goodluck du Nigéria; conformément à l’accord préliminaire de Ouagadougou.      

 

Quand le Président soulève la question des transitions structurelles, en ces termes « Vous savez les défis à affronter pour une gestion harmonieuse et heureuse des transitions (démographique, économique, culturelle et, pourquoi pas, démocratique) que nous devons réussir pour être des nations émergentes », ce qui implique des transformations profondes dans les différents secteurs de la vie; la DPG prend cette vision en charge en la déclinant à travers la transition démographique qui doit intégrer les tendances lourdes de la croissance démographique autour desquelles les différentes politiques sociales, économiques et industrielles doivent se concevoir, la transition énergétique, la transition productive, La transition numérique, la transition démocratique.

 

Ces quelques exemples pris au volet prouvent à suffisance la cohérence entre la vision du Chef de l’Etat et l’approche du Premier Ministre, à travers sa Déclaration de Politique Générale.

 

Le Premier Ministre a par conséquent présenté une DPG qui fait un diagnostic implacable de la situation du Mali dans laquelle tout malien se retrouve. Il a en outre décliné, dans les plus petits détails, la vision du Président de la République pour le Nouveau Mali à construire.

  

Les faiblesses de la DPG à la loupe

La faiblesse de cette DPG se situe au niveau des solutions. Chaque fois qu’on se pose la question « Comment y arriver et avec quels moyens ?», on bute sur un silence assourdissant de la DPG.

Un député ne s’y est pas trompé, lui qui faisait remarquer avec ironie « Si je dois évaluer le gouvernement en me référant à la présente DPG, il aura tout le temps une bonne note parce qu’elle ne contient aucun engagement. Mais, si toutefois les ambitions ambitieuses déclinées par le PM dans sa DPG doivent être considérées comme des engagements, alors le Gouvernement peut être sûr d’être continuellement  mal  noté d’ici 2025, car il ne peut pas les respecter.» Et quand je lui demande pourquoi, malgré tout, il a voté pour la validation de la DPG, il me rétorqua : « par solidarité avec la majorité pour ne pas gêner le Président et le Gouvernement ».

Pourtant, à la lecture de la DPG,  tout porte à croire que les solutions existent et sont largement à portée si, par « EMERGENCE », nous entendons  des transformations structurelles et institutionnelles de grande ampleur et un fort potentiel de croissance produit par l’économie réelle, non extravertie, dont les richesses sont produites par les facteurs endogènes qui sont actionnés par un nombre de plus en plus important de maliens ou d’organisations nationales.

Il s’agit, pour cela, d’être courageux et de faire preuve d’imagination créatrice et ne plus adhèrer à l’idée paresseuse, largement partagée, selon laquelle « on ne va pas réinventer la roue ». Il faut accepter qu’il faille inventer de nouveaux modèles si nous voulons réussir « La politique qui va redonner à notre pays sa dignité et sa fierté. La politique qui va rendre les Maliennes et les Maliens heureux » comme le rappelle Moussa Mara dans sa Déclaration de Politique Générale. Le Président de la République, lui aussi, ne disait pas autre chose, dans son discours du 16 Avril 2014, quand il invitait le Premier Ministre et le Gouvernement qu’il dirige à se transcender, en ces termes « Vous savez les défis à affronter pour une gestion harmonieuse et heureuse des transitions (démographique, économique, culturelle et, pourquoi pas, démocratique) que nous devons réussir pour être des nations émergentes ».

 

La Vision du Président est claire et invite le Gouvernement à oser de nouveaux modèles

 

Le Président IBK utilise le terme TRANSITIONS pour parler des ruptures fondamentales, psychologiques et existentielles à opèrer et à faire opèrer le Mali pour lui donner toutes ses chances d’amorcer un décollage réussi parce que maîtrisé, vers des horizons heureux, parce que le chemin aura été parfaitement balisé. Cette vision est claire dans la tête du Président IBK; le Premier Ministre doit juste se l’approprier, la partager avec le gouvernement selon des termes de référence simples et précis, afin de lui faire bénéficier de l’adhésion du maximum de maliennes et de maliens, toutes catégories sociales, toutes localisations géographiques, toutes obédiences politiques, religieuses et culturelles confondues.

Pour le Président IBK, il est impératif de créer de nouveaux modèles de développement social, culturel, économique et démocratique. C’est tout le sens de son message.

 C’est certainement aussi ce que doit comprendre le Premier Ministre Mara, quand il énonce dans sa DPG « Tracer la voie vers l’émergence, définir le socle sur lequel bâtir et l’horizon vers lequel s’orienter, un horizon qui dépasse un régime ou un président et vers lequel chacun se doit de tirer le pays, préservant ses fondamentaux, renforçant l’architecture, imprimant sa marque sans remettre en cause l’essentiel. Cette voie sera balisée et partagée avec nos compatriotes ! ».

 

Parmi les mesures simples à large impact économique et social, qui cadrent parfaitement avec la vision du Président de la République, déclinée dans la DPG du Premier Ministre, on peut citer :

La transition énergétique : AGIR IMMEDIATEMENT POUR ASSAINIR

. Audit technique de l’EDM (la société étrangère chargée de la maintenance a des procédures que des ingénieurs de l’Entreprise contestent)

. Audit financier de l’achat du carburant et de la location des groupes (des  conflits d’intérêts seraient à l’origine des perturbations dans le réseau que seul le déficit de production n’explique pas)

. Tendre vers la généralisation des lampes à basse consommation

. Moderniser les réseaux en veillant sur leur totale et parfaite interconnexion; . Augmenter la capacité de production avec des objectifs clairs de supporter un niveau de développement industriel et humain élevé (+10% de la population actuelle, +50% des besoins énergétiques actuels);

. Mettre l’accent sur la diversification des ressources énergétiques et tendre vers le Tout renouvelable en privilégiant l’hydroélectricité pour le court terme»

 

La transition productive : Exploitations familiales & Transformation semi-industrielle

. Démultiplier et diversifier les exploitations familiales pour lutter contre la pauvreté et la faim,

. Organiser les populations en coopératives pour les aider à mutualiser leurs moyens, à constituer des réserves suffisantes et des  semences sélectionnées, à fertiliser biologiquement (humus semi-industriel)  les sols pour améliorer la productivité et rendre saines les productions céréalières, à transformer sur sîte le surplus de production des exploitations familiales,

. Accompagner les « capitaines » privés nationaux pour l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire en céréales, légumes et fruits, puis Organiser l’exportation 

La transition numérique : Généralisation et Démocratisation des accès

Intégrer un volet Réseau informatique haut débit dans l’ambitieux  programme d’infrastructures routières, aéroportuaires et de gares fluviales,  pour mailler le territoire au fur et à mesure. Cela participe à la démocratisation de l’accès au net qui doit, à terme, être disponible partout.

 

La transition démocratique : UN SENAT ou CONSEIL DES SAGES

La meilleure manière de rapprocher le « pays réel » du « pays officiel », c’est d’améliorer la notion de représentation nationale, d’une part, et créer les conditions optimales d’une démocratie participative avec la mobilisation du maximum de maliennes et de maliens cers les nouveaux objectifs du développement déclinés par le gouvernement, à travers la DPG du Premier Ministre, d’autre part.

Pour le premier objectif, une large réflexion autour d’une deuxième chambre (SENAT ou Conseil des Sages) doit être ouverte entre le pouvoir, l’Etat, les  partis politiques, les sociétés civiles et tous les groupes socioprofessionnels

En ce qui concerne la démocratie participative populaire, il faut privilégier le Volontariat massif à travers tout le Mali.  

 

A suivre…… (la Défense & Sécurité, l’Ecole, la Culture, le Tourisme, Sport)

 

Boniface Dembélé

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