ATT au sommet de L’Etat : Bon élève de gaulle et mauvais gestionnaire

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L’observation des derniers développements de l’actualité politique nationale laisse transparaître une série de victoires à l’actif d’ATT qui, par ailleurs, a accumulé sur le terrain socio-économique des erreurs qui se déclinent en difficultés.

 

L’arrestation de  français à Hombori et leur transfert dans la capitale donnent  du sourire au chef de l’exécutif malien qui vient de démontrer aux yeux du monde sa détermination à lutter contre le terrorisme. Mais cette arrestation, c’est bien l’arbre qui cache la forêt, car beaucoup d’autres dossiers sont actuellement en « stand bye » (en attente) sans que ce dernier n’n pipe un seul mot. Pourquoi alors cette politique de deux poids deux mesures,  Pendant dix ans de gestion sous ATT, le pays a connu assez de crises socioprofessionnelles majeures. D’abord, avec les agents de l’administration publique. S’ensuit celle ayant trait à l’AMO et la reforme constitutionnelle. Tous ces mouvements de grogne sont encore la résultante d’une des nombreuses maladresses du Gouvernement quant à la gestion des affaires du pays. L’atmosphère sociale qui en a découlé est marquée par des arrêts de travail dans des secteurs très sensibles du pays. Et elle n’a pas manqué d’avoir des impacts négatifs sur les recettes de l’Etat.                                        

 

 

Fin stratège politique                

 

Pourtant, ATT,  à qui on a reproché un amateurisme et une immaturité politique pendant son premier mandat, semble être au sommet de son art de gouverner la Cité. Après le succès de son premier mandat en 2002, l’homme, à la surprise de tous,  a pu se doter d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale. Dans sa famille politique, certains observateurs lui trouvent le mérite d’avoir su gérer avec tact les questions qui pouvaient susciter des frustrations. Le recasement des cadres qui ont fidèlement servi son camp est maintenant bouclé. Mais en dépit de sa maestria, « les erreurs de gouvernance » subsistent avec leurs conséquences fâcheuses sur la vie socio-économique nationale.

 

A qui le tour?                           

 

 

Les débrayages ne sont pas à souhaiter : ils sont l’émanation des ruptures de dialogue dues à des erreurs de gestion du gouvernement qui met toujours la charrue avant les bœufs. Et on se demande si dans d’autres secteurs, les mêmes causes ne vont pas produire les mêmes effets. Déjà, des menaces de grève sont en cours dont celles les femmes des aéroports du Mali et des enseignants qui justifient leurs actes par le laxisme et l’amateurisme des autorités face aux maux qui minent leurs corporations. ATT et les « siens » ont donc intérêt à revoir leurs copies de gouvernance, les centrales syndicales ayant promis de contre-attaquer. La rentrée académique 2011-2012  commencée s’annonce avec des grincements de dents de plus en plus perceptibles dans le monde des enseignants, tous ordres confondus.                            

 

Le Chef de l’Etat a placé la fin de son second mandat sous le sceau des réformes qui devraient être faites avec la manière pour que chacune d’elles « n’accouche » pas de situations indésirables qui affecteraient négativement la vie socio-économique du pays. A un moment où les ministres sont en train de faire leur bilan de fin d’année, le débat sur la méthode de gouvernance au sommet de l’Etat s’impose tout autant que celui sur le mode d’introduction des reformes.

 

Le Président de la République doit simplement apprendre de l’histoire pour éviter de passer le plus clair de sa fin de mandat  à ne régler que des crises qui, en gros, découlent de ses propres turpitudes. De Gaulle était certes un militaire, mais il a conquis le cœur des Français par sa détermination et sa bravoure. Alors quand on veut être le sosie de quelqu’un, mieux vaut copier ou tricher ses gloires plutôt que ses déboires.                     

 

 

Paul N’guessan

 

 


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