ATT aux congressistes / Oui à la lutte totale contre Aqmi, mais non aux actions d’éclat

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Recevant lundi la délégation composée de partis nigérien, marocain,  mauritanien, sénégalais, malien ainsi que les élus, maires et personnes ressources du Nord Mali qui lui ont remis les actes de leur rencontre, le président malien a tout de suite dit qu’il adhère à la démarche du débat par les partis et la société civile sur la question du Sahel-Sahara. « Vous prenez moins de gants que nous les chefs d’Etat » argumentera t-il avant de souhaiter que le document du forum soit partagé par ses pairs de la région. Ce n’était pas la seule bonne nouvelle puisqu’Att révélera, aussi,  l’arrestation dans la journée du dimanche de quatre  présumés kidnappeurs de Serge Lazarevic et Philippe Verdon. « Des gosses de rien du tout » s’était montré Att entre la compassion et l’indignation.

Leur motivation ?  « L’argent » dénonce Att avant de s’étendre sur les manifestations et la complexité des crises sahéliennes, insistant une fois de plus sur la coopération régionale comme seul moyen efficace d’éradiquer les fléaux transnationaux du terrorisme et du narcotrafic. A l’endroit de ceux pour qui  le Mali ne fait rien contre Aqmi et les narcotrafiquants -il a dû avoir les échos de la concertation dont il recevait les participants-, Att s’inscrit en faux.

Pour lui les actions d’éclat ne sont pas la solution. Il faut pour lui se donner les moyens d’aller chercher la bête loin et pour plus longtemps. Décliné de cette vision,  le Pspsdn, le tout nouveau programme présidentiel a été de nouveau invoqué. On le sait basé sur le couple sécurité et développement pour d’une part la dissuasion et d’autre part le décrochage des communautés de  « l’humanitaire » d’Aqmi. Et tout cela doit, selon le président malien, se greffer sur une approche de décentralisation qui permette une meilleure représentation nationale.

D’où l’imminence des régions de Taoudenit et Menaka pour que des sensibilités communautaires importantes – Arabes et Dawsaq sans doute parlant des deux nouvelles entités proposées au Parlement échappent à l’implacable mécanique des majorités locales. En revenant sur la nécessité d’aider les populations, Att n’aura pas dépaysé ses visiteurs, qui par leur porte-parole, Boubacar Bah, opposant mauritanien, a transmis une idée-force des concertations, à savoir la création d’un « Cemoc économique » à côté du Cemoc sécuritaire.

Adam Thiam

 

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