ATT – IBK : La guerre d'usure

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Au moment où le RPM s’agite fort, tirant sur tout ce qui bouge et ne faisant nullement mystère de sa colère à propos de l’Accord d’Alger, le gouvernement décide  justement d’aller en congé. Le Premier Ministre se rend dans son village natal, ATT entame sa villégiature en bateau ; des Ministres choisissent l’Europe ou décident de rencontrer de vieux amis du pays. Aucun ne semble se soucier des agitations politiques du RPM. De quoi énerver IBK.

Ce silence du gouvernement ou mieux, du pouvoir en place, a deux explications : ou la situation est désormais sous contrôle (l’on est alors adepte du «bien faire et laisser dire») ou il s’agit pour le pouvoir de reculer afin de bien sauter.

Dans le premier cas, ATT n’a pas faillé à sa logique. Il n’a jamais changé ses habitudes mêmes aux lendemains de l’attaque du 23 mai. Il a décidé de poursuivre sa tournée en première région. Aujourd’hui encore, les agitations du RPM ne l’ont pas empêché de jouir de son congé annuel, lui et les membres du gouvernement de Ousmane Issoufi Maïga. Seul le Général Kafougouna Koné est resté pour contenir les assauts répétés des Tisserands. Il s’en est apparemment bien sorti. Cette sérénité du pouvoir  offre l’image d’un homme jouissant d’un repos bien mérité après un travail bien fait. Est-ce vraiment le cas ? L’on est tenté de le croire. Car la crise du moment n’est que factice, montée de toutes pièces par des politiques en manque de slogans de campagne. Si l’accord d’Alger s’avère critiquable, c’est bien sur la forme et non sur le fond qui donne malheureusement lieu à des échauffourées au sein de certains partis politiques.

Le pouvoir a, par ailleurs décidé de reculer pour mieux sauter. Il n’ignore pas que le RPM, avant la signature de l’Accord d’Alger, se trouvait en mauvaise posture. Si les élections présidentielles s’étaient tenues pendant cette période, Ibrim ne se serait peut-être pas présenté par crainte d’être humilié par son potentiel rival,  Amadou Toumani Touré tant ce dernier, en ce moment avait pulvérisé son propre record de popularité. L’Accord d’Alger, force est de le reconnaître a quelque peu partagé les opinions. Le RPM voit là  une brèche et ne compte pas lâcher prise. Mais voilà : Cette opinion publique se lasse trop vite de la redondance. Elle veut du chaud et du nouveau, toute chose que le RPM n’est en mesure de lui apporter puisque n’étant pas aux Commandes des affaires et obligé d’attendre quelques erreurs de l’autre camp. Mais ce dernier ayant certainement compris, a décidé de garder un silence religieux. Ce vide énerve. Il s’apparente cependant à une stratégie politique : laisser le RPM épuiser ses réserves et munitions et contre-attaquer. C’est presque fait. Les Tisserands viennent d’organiser plusieurs rencontres au cours desquelles ils  n’ont su apporter aucun fait nouveau, aucune proposition concrète. Le tout était vu et entendu. Le phénomène de la banalisation a bel et bien commencé. On retourne donc à la case de départ.

Si Ibrim et sa troupe s’attendaient à semer la panique au sein du camp adverse en adoptant une attitude va-t-en guerre, ils doivent maintenant s’attendre à l’effet boomerang. Les prochaines rentrées parlementaire et gouvernementale risquent de les surprendre. ATT gagnera vraisemblement cette guerre d’usure.

B.S. Diarra

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